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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 23:00

Lundi 11 août 2014, il y a très exactement un an, l'immense Robin Williams tirait sa révérence. Pour beaucoup de cinéphiles, et particulièrement ceux de ma génération, le choc fut gigantesque. Bien plus qu'un acteur, il était à la fois cet ami, ce grand frère et cet oncle que l'on rêvait d'avoir. Si Robin Williams nous semblait si familier, c'est parce qu'il était comme nous ; un éternel gamin.

 

À l'image d'un de ses personnages les plus emblématiques, il était cet enfant qui refuse de grandir. Et ce, même si le Peter Pan qu'il incarnait dans Hook ou la revanche du Capitaine Crochet avait paradoxalement oublié sa candeur juvénile pour devenir un homme marié père de famille (et même comble de l'ironieavocat !). Aux yeux des gosses que nous étions dans les années 80-90, Robin Williams n'est d'ailleurs jamais devenu vieux. Il avait peut-être l'apparence d'un homme aux tempes grisonnantes pour les grandes personnes qui se contentent de regarder avec leur yeux, mais pour nous, nous qui savons encore voir avec le cœur, c'était juste l'un des nôtres : un grand enfant dans un corps d'adulte. Il n'est d'ailleurs pas surprenant qu'il soit parvenu à incarner avec telle justesse toute l'innocence, la naïveté et l'espiéglerie de cet enfant dont le corps grandit quatre fois trop vite dans le touchant Jack ; un rôle hors-norme taillé sur mesure, si j'ose dire.

 

Même si nous ne le côtoyions que via écrans interposés, Robin Williams était, tel Tom Sawyer, "pour nous tous un ami". En même temps, à l'ère des réseaux sociaux et des amis "virtuels" jamais rencontrés ailleurs que sur le web, cette "amitié" n'est pas moins valable qu'une autre. Robin Williams était le copain excentrique, le super pote au sourire si communicatif et au regard malicieux, le génie génial (auquel il prêta d'ailleurs sa voix dans le Aladdin de Disney) prêt à toutes les folies pour nous divertir et nous offrir un peu de douceur dans ce monde de brutes ; qu'il incarne pour ce faire cette vieille nounou survoltée (l'inoubliable Madame Doubtfire), ce savant fou excentrique (Flubber), un docteur surdoué aux méthodes peu conventionnels (l'émouvant Dr Patch), un roi fou d'amour vivant sur la lune (Les Aventures du baron de Münchhausen) ou encore celui qui a le bon goût de mentir lorsque la vérité devient trop moche à entendre (Jakob le menteur).

 

Il en aura pourtant endossé des rôles bien différents durant sa carrière. Car Robin Williams ne savait pas seulement nous faire rire, il savait également nous émouvoir ; professeur passionné dans Le Cecle des poètes disparus, marginal attachant dans The Fisher King, animateur radio loufoque dans Good Morning, Vietnam, robot à l'humanité débordante dans le mal-aimé Homme bicentenaire, et bien sûr ce rôle mémorable dans Will Hunting qui lui apporta enfin la reconnaissance de ses pairs (et le seul Oscar de sa carrière). Parfois, il parvenait même à nous effrayer à travers ces incarnations plus sombres, de Photo Obsession au remake américain de Insomnia, qui émaillèrent sa fin de carrière. Mais l'enfant en nous n'était pas dupe, ce n'était que pour du faux ; l'ombre de l'irremplaçable Alan Parrish n'est jamais très loin (et dire que des doux dingues s'imaginent encore pouvoir faire un remake de Jumanji sans lui...).

 

Acteur ô combien attachant dont le caractère jovial et la bonne humeur manifeste lui permirent d'obtenir l'indéfectible sympathie du public, Robin Williams était quelqu'un d'unique dans le paysage cinématographique. Son sourire si communicatif nous manquera, tout comme son regard rempli de malice. Et j'aurai toujours un pincement au cœur, une amère nostalgie, en entendant Michel Papineshi, sa voix française habituelle ; aussi mythique que peut l'être celle de Jean-Philippe Puymartin, qui prête la sienne à Tom Hanks (notre autre grand copain de l'époque). J'ai toujours autant de mal à imaginer qu'il n'est vraiment plus là, que la vie puisse parfois être cruelle.

 

Je n'ai pas spécialement de film préféré à proprement parlé concernant Robin Williams, mais plein de souvenirs de cinéma. Néanmoins, le sublime Au-delà de nos rêves de Vincent Ward me vient à l'esprit actuellement. Ce n'est pas forcément le plus connu de sa filmographie, ni même le plus aimé (et peut-être pas le meilleur d'ailleurs ?), mais j'aime à l'imaginer en ce moment-même galopant le sourire aux lèvres dans de vastes étendues polychromes, dans un paradis idyllique aux mille couleurs où tout devient possible, où le bonheur n'est jamais loin et où les gens qui s'aiment finissent toujours par se retrouver. Il suffit juste pour ça d'avoir su garder suffisament d'enfance en soi pour y croire ; ou juste de fermer les yeux et de regarder au-delà. Définitivement, non, je ne me résous pas à l'irrévocabilité d'un adieu, je conclurai donc par un plus approprié "au revoir l'artiste !"

 

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