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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 23:01
Independence Day : ResurgenceRéalisé par Roland Emmerich, sorti le 20 juillet 2016
               
Avec Jeff Goldblum, Bill Pullman, Judd Hirsch, Brent Spiner, William Fichtner, Liam Hemsworth, Maika Monroe, Jesse Usher ...
 
"Nous avons toujours su qu'ils reviendraient. La terre est menacée par une catastrophe d’une ampleur inimaginable. Pour la protéger, toutes les nations ont collaboré autour d’un programme de défense colossal exploitant la technologie extraterrestre récupérée. Mais rien ne peut nous préparer à la force de frappe sans précédent des aliens. Seule l'ingéniosité et le courage de quelques hommes et femmes peuvent sauver l’humanité de l'extinction..."

 


Mon avis (Pas terrible) :  http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_bof.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif
 

 

Roland Emmerich, c'est vraiment un cas à part dans le cinéma américain. Déjà parce que – bien que la majeure partie de ses films soient d'un patriotisme échevelé à faire passer Michael Bay pour un vil anarchiste bolchévo-communiste – le lascar n'est tout bonnement pas américain justement. Ni à moitié américain. Ni même canadien, ou britannique (entre anglophones, tout ça...). Non, tonton Roland est simplement allemand. Et pourtant, le cinéaste teuton n'y est pas allé de main morte à coup de "Independence Day", "The Patriot" ou encore "White House Down" pour montrer à quel point il aimeait les symboles américains. Emmerich ne s'en d'ailleurs est jamais caché ; et le titre même de ses films témoigne de cette fascination pour l'American Way of Life. Bien sûr, à l'écran, le résultat peut souvent paraître un brin lourdingue. Ceci étant dit, le réalisateur a une telle tendance à en faire des tonnes que, volontairement ou non, cet aspect éminement parodique qui se dégage de sa filmographique s'avère, en définitive, assez fascinant. Et, si l'on accepte de recevoir ses créations avec tout le recul et le second degré nécessaires, il est même possible d'y prendre une certaine satisfaction. Ce qui est mon cas. En effet, même s'il est de bon ton de cracher dessus aujourd'hui, Independence Day premier du nom est un film que j'ai toujours aimé et que je continue à revoir avec le même plaisir. Qu'il soit complètement débile et bourré de patriotisme à en gerber (que de barres de rire en voyant le Président américain prendre lui-même les commandes d'un avion de chasse !), c'est évident. Mais il n'empèche qu'il demeure toujours aussi foutrement fun avec ses punchlines hilarantes devant beaucoup à la verve inimitable de Will Smith  et ses inoubliables séquences de destruction massive (même les plus ardents haters de Emmerich penseront directement à l'explosion de la Maison Blanche en lisant ces quelques lignes).

 

Pour ma part, j'allais donc voir ce nouvelle épisode avec un net enthousiasme et une volonté réelle de passer un bon moment devant. Alors certes, il y a tout d'abord ce gros plaisir nostalgique de retrouver Jeff Goldblum, Bill Pullman ou encore Brent Spiner. Vivica Fox ne sert à rien en revanche ; tout comme le pourtant attachant Judd Hirsch avec son idée de génie d'emmener un plein bus scolaire (et un chien !) au beau mileu d'un conflit armée (inutile aussi, mais émouvante, la dernière apparition à l'écran d'un Robert Loggia déjà très affaibli). Par contre, en ce qui concerne les nouveaux, à l'exception du chef de guerre africain totalement WTF (tellement pas crédible mais à la limite on s'en fout et limite ce genre de n'importenawak que j'étais venu chercher), ils sont tous plus insignifiants les uns que les autres. Mention spéciale à l'acteur qui joue le fiston Hiller, AKA le black le moins charismatique du monde, et qui fait cruellement ressentir le vide horrible laissé par l'absence de Will Smith (l'humour et la décontraction fun de son personnage manque terriblement ; et ce ne sont pas les vannes foireuses du frangin lowcost de Thor se touchant la nouille dans le vaisseau alien qui va rattraper le niveau...). On pensera ce qu'on veut de Jurassic World et Star Wars VII (dans le genre revival 90s ils ont bien été critiqués aussi), mais, Chris Pratt et Daisy Ridley, m'est d'avis qu'on s'en rappellera nettement plus que Jesse Usher (il a dû avoir son rôle grâce à son cousin rappeur issu de germain, je ne vois pas d'autres solutions). Échaudé par les flops successifs de Men In Black 3 et After Earth, Will Smith qui reprendra bientôt un autre rôle emblématique de sa carrière avec Bad Boys III a quant à lui assuré ne plus vouloir jouer dans un film de SF. Difficile de savoir ce qu'aurait été Independence Day : Resurgence s'il avait été présent (un second scénario avait d'ailleurs été écrit au cas où), mais force est de constater que son absence ne passe pas inaperçue. Du moins, aux yeux des spectateurs.

 

Independence Day : Resurgence
— Je t'assure, ils avait dit que ça serait bien et même que Roland était de retour...
— Peut-être qu'ils nous ont fait une blague et qu'ils parlaient de Roland Magdane.

 

Oui parce que, dans le film en revanche, tout le monde semble s'en foutre royalement. Il faut d'ailleurs être particulièrement attentif pour noter la pauvre ligne de dialogue où la question de sa disparition est brièvement évoquée (les circonstances de sa mort  un banal vol d'essai foiré à bord d'un vaisseau alien – sont d'ailleurs à la limite du foutage du gueule pour un personnage présenté jusqu'à présent comme une pointure dans son domaine). Bref, tout ceci ne serait finalement pas si grave si les nouveaux personnages avaient un minimum de consistance. Ce qui n'est assurément pas le cas (ça manque d'ailleurs de fous furieux à la Randy Quaid). Ce n'est pourtant pas faute de les insérer dans le scénario à gros coup de truelle... Maika Monroe incarne donc Patricia Whitmore, fille de Bill Pullman, et occupe maintenant le rôle de conseillère privilégiée de la nouvelle Présidente du monde des États-Unis (au temps pour moi, j'ai confondu, je me suis pris pour tonton Roland). Mais ce n'est pas tout, elle est aussi ancienne pilote de chasse (comme papa) et son meilleur ami n'est autre que Jesse Usher, c'est-à-dire le fils de Will Smith (lui aussi pilote de chasse, comme papa). En outre, parce que sinon cela aurait un peu manqué de subtilité, elle est également le love interest de Liam Hemsworth (AKA le nouveau pilote de chasse à croire que c'est le seul job dispo chez les jeunes en 2016 désigné nouveau vanneur trop lolicool en chef). Afin de parfaire ces rapprochements familiaux dignes d'une telenovela brésilienne, Charlotte Gainsbourg interprète aussi l'ex de Jeff Goldblum, que ce dernier retrouvera "miraculeusement" dans une vieille base africaine en bambous. Ah oui, sinon, il y a aussi une chinoise. Je ne sais plus son nom, mais c'est toujours bon pour le marché chinois. Et puis ça flatte la libido du geek aussi les asiat' en cosplay d'Evangelion, alors banco mon coco !

 

Ces nouveaux personnages ayant été introduits dans le postérieur des fans avec toute la subtilité que je viens de démontrer, cela donnera lieu par la suite à des scènes aussi improbables que Will Smith junior qui va tenter de sauver sa maman promue de strip-teaseuse à médecin-chef par la magie du raccourci scénaristique après avoir déserté son bataillon en la voyant au loin ça doit aussi être le fils d'Œil-de-Faucon je crois et en réquisionnant l'hélicoptère présidentiel qui traînait par là ; ce n'est pas comme s'il y avait d'autres personnes importantes à sauver en plein holocauste planétaire en même temps.  En parlant de ça, je veux bien que la logique du bigger and louder soit de mise dans les blockbusters américains, mais il faudrait voir à ne pas trop tirer sur la corde. Dans le premier film, le vaisseau alien faisait 5 kilomètres de diamètre. Cinq kilomètres, c'est un petit footing dominical, j'arrive à peu près à visualiser. Toujours plus gros toujours plus énorme, celui de cette suite fait donc 5 000 kilomètres de diamètre. CINQ MILLE KILOMÈTRES ! Sérieusement ? Les scénaristes ont cru que j'étais Forrest Gump et que je faisais des marathons autour de la terre !? À moins qu'ils aient eu la folie des grandeurs façon Dr Denfer : « You pay me... One hundred billion dollars ! Mouahahaha !! ». Bon, a priori, ça correspond pile-poil à la surface de l'océan Atlantique (admettons). Je me demande bien ce que les aliens cherchent à compenser avec leurs gros engins... Enfin bref, je m'égare. Ce super-hyper-méga-giga-énorme vaisseau va alors se poser dans le plus grand des calmes sur un océan de crédibilité l'Atlantique donc (suivez un peu) – en détruisant des villes entières (cf. la bande-annonce qui montre toutes les scénes d'action du film, c'est dire si elles sont nombreuses), mais sans trop faire de vagues (hohohoho !).

 

Independence Day : Resurgence
The Love Boat 2.0 : Plus c'est gros, plus ça passe...

 

On est en effet loin des tsunamis planétaires attendus. C'est tout juste si la houle était plus violente lors du dernier championnat de surf de Bretignolles-sur-Mer ; épargnant pêcheurs et autre bâteau pirate qui passaient par là. D'ailleurs, il vaut son pesant d'or ce bâteau pirate. En plus d'être à l'épreuve des tsunamis et de la force centrifuge (vous savez le gros trou de 100 kilomètres de diamètre que les aliens font juste à côté dans l'océan), il est aussi équipé du seul exemplaire au monde de Alien Drilling Simulator GO qui permet de déterminer la vitesse de forage de la croûte terrestre par les extra-terrrestres en temps réel, avec le joli petit décompte qui va bien (alors laissez-moi rire là avec vos Pokémon). Balèze. Et bougrement pratique dites-donc. Et puis, de toute façon, les aliens sont devenus nettement plus sympas avec le temps (la maturité tout ça). Ils ont même le bon goût d'éviter d'abîmer la Maison Blanche cette fois-ci. C'est à peine s'ils tordent l'étendard du toit en se garant juste à côte (mais les murs n'ont pas une égratignure !). Et des fois ils ont des boucliers impénétrables qui niquent tous les systèmes de défense de la terre (c'était bien la peine d'étudier leur technologie pendant deux décennies), et des fois ils se laissent gentiment atomiser par un fusil mitrailleur tout pété. Des fois ils désactivent tous les satellites de la terre, et des fois ils nous laisse gracieusement observer en vision infra-rouge satellitaire la scructure même du vaisseau où est planqué leur commandant en chef. Enfin, ils laissent surtout les Américains regarder, hein ! Parce que bon, c'est la paix dans le monde, l'amitié entre les peuples, et tout ça, d'accord. Mais la technologie extra-terrestre c'est pour l'Oncle Sam (les africains n'ont qu'à se battre avec des machettes d'abord !), et c'est aussi pour les Fuckin' Badass Americans de commander toutes les opérations, faut pas déconner non plus !

 

En fait, à bien y regarder, Independence Day : Resurgence c'est juste une sorte de gros remake du premier l'humour en moins, le sérieux en plus (et c'est bien le drame, le film se prend terriblement au sérieux)  avec un peu de destruction massive à la 2012, des touches SF à la Stargate et un bosse de fin façon Godzilla. En gros, tonton Emmerich nous sort un bon gros best-of de toute sa filmographie fantastique (ils manquaient juste les supersoldats vétérans du Vietnam, mais le chef de guerre africain n'est pas mal dans le genre). Bon d'accord, les effets visuels sont réussis, mais ce n'est plus vraiment une valeur ajoutée aujourd'hui. J'ose même dire que les maquettes du premier m'avaient nettement plus impressionnées à l'époque que les effets numériques outranciers de maintenant. Et puis l'impression d'être surtout devant une introduction bien trop longue de l'épisode suivant se ressent fortement aussi. Independence Day : Resurgence demeure bien trop vide en lui-même pour être pleinement satisfaisant (j'ai eu l'impression qu'il durait 2h30 alors qu'il dure une demi heure de moins que le premier). D'autant que vu le flop monstrueux vers lequel il semble se diriger, ce nouveau long-métrage risque de n'être qu'un regrettable coup d'épée dans l'eau (et donc bye-bye le troisième film teasé pendant près de deux heures)... Bien évidemment, et malgré mon évidente déception, le dernier joujou de Roland Emmerich se laisse tout de même regarder (entre plaisir regressif et consternation affichée). Certes, on voit bien pire chaque année en matière de blockbuster formaté tout pourrave. Mais disons aussi que, si je ne me lasse toujours pas de revoir le film original, celui-ci sera aussi vite vu qu'oublié. Un divertissement à peine passable en définitive, aussi vain que peu mémorable...

 

PS : Si quelqu'un a compris pourquoi le personnage de Bill Pullman retrouvait soudainement la motricité parfaite de ses jambes juste après s'être rasé la barbe, je veux bien qu'il m'explique.

 

Films de Roland Emmerich chroniqués ici :  Independence Day : Resurgence ; White House Down 
 
Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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Published by Shin
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commentaires

Mr Vladdy 13/08/2016 21:50

Et Paris détruit on en parle ? Tout est rasé mais merde, il faut bien reconnaitre Paris... Bon, ben rasé tout façon apocalypse mais laissé la Tour Eiffel intact... De toute façon on s'en moque, avec le Tower bridge et Big Ben, on a eu notre quota de monument, on a même réussi à placer la grande roue...

Mr Vladdy 27/07/2016 11:50

Quel plaisir de revoir un brin d'activité sur ce blog :) J'ai lu ton papier en diagonale car je n'ai pas encore vu le film mais tu semble confirmer les très mauvais échos que cette suite traine derrière elle. Du coup, même si je me doute que visuellement c'est un film de cinoche, je le verrais peut-être à la télévision on verra bien. Pour ma part, je reste sceptique, je pense que ce film vient bien trop tard et qu'il ne correspond plus trop à son époque mais je me trompe peut-être ;-)

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