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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Blade Runner 2049

Blade Runner 2049

Réalisé par Denis Villeneuve, sorti le 4 octobre 2017

Avec Ryan Gosling, Harrison Ford, Ana de Armas, Jared Leto, Sylvia Hoeks, Robin Wright, Mackenzie Davis, Dave Bautista... 

"En 2049, la société est fragilisée par les nombreuses tensions entre les humains et leurs esclaves créés par bioingénierie. L’officier K (Ryan Gosling) est un Blade Runner : il fait partie d’une force d’intervention d’élite chargée de trouver et d’éliminer ceux qui n’obéissent pas aux ordres des humains. Lorsqu’il découvre un secret enfoui depuis longtemps et capable de changer le monde, les plus hautes instances décident que c’est à son tour d’être traqué et éliminé. Son seul espoir est de retrouver Rick Deckard (Harrison Ford), un ancien Blade Runner qui a disparu depuis des décennies..."
 


Mon avis (bien) :    



En affirmant que « Blade Runner 2049 est Le Parrain 2 de la science-fiction », le magazine Première ne pouvait pas être plus à côté de la plaque. En effet, au-delà de ce que l’on peut penser de la réussite de ces films, celui de Coppola avait pour particularité de sortir seulement deux ans après le premier, d’être basé sur une trame scénaristique déjà préexistante – le roman de Mario Puzo – et surtout d’être à nouveau réalisé par le même Francis Ford Coppola. Quitte à comparer Blade Runner 2049 avec une autre suite à succès, il aurait paru plus logique de mentionner Aliens ; séquelle également acclamée d’un autre classique de science-fiction réalisé par… Ridley Scott (tiens donc !). Aidé tout comme Denis Villeneuve d’un des co-scénaristes de l'original (Walter Hill), James Cameron avait alors eu pour tâche colossale de compléter l’univers mis en place par le premier film tout en apportant sa propre pierre à l’édifice ; de trahir tout en restant fidèle, en quelque sorte. La démarche du créateur de Terminator fut couronnée du succès que l’on sait ; même si certains ne furent pas franchement emballés par le résultat. À commencer par Scott lui-même qui ne supporta pas les ajouts mythologiques du réalisateur de Avatar (et notamment la Reine Alien) ; au point de vouloir se réapproprier complètement la saga via Prometheus, puis Alien : Covenant, et de faire capoter le projet Alien envisagé par Neill Blomkamp (sans doute bien trop lié au film de Cameron à son goût, puisqu’il était question d’y faire revenir les personnages de Newt et du Caporal Hicks ; le réalisateur de District 9 ayant de plus commis le crime de lèse-majesté ultime en déclarant que Aliens était son film préféré...).

Si un nouveau Blade Runner est en projet depuis plusieurs années, Ridley Scott eut donc à cœur cette fois-ci de ne pas se faire déposséder de son œuvre par un autre (d’autant que l'on sait les difficultés que le cinéaste rencontra pour imposer sa vision, via le Final cut de son film, vingt-cinq ans après sa sortie initiale). Sans doute bien trop occupé à revisiter/saccager (rayez la mention inutile) la saga Alien via des films aux questionnements sur la création et l’humanité paraissant davantage liés aux replicants qu’aux xenomorphes – à bien des égards, Prometheus et Alien : Covenant semblent bien plus proches de Blade Runner que de Alien –, le réalisateur de Gladiator tenta néanmoins de garder un contrôle certain sur cette suite. En plus d’être produit par Scott lui-même, ce Blade Runner 2049 sera donc écrit par Hampton Fancher et Michael Green (respectivement co-scénaristes du premier Blade Runner et de Alien : Covenant), et Jóhann Jóhannsson (compositeur attitré de Denis Villeneuve depuis Prisoners et dont les expérimentations sonores sur Premier contact auguraient le meilleur quant au travail qu’il aurait pu réaliser ici) fut donc "retiré" du projet à la dernière minute – il n'a contractuellement même pas le droit de s’exprimer sur le sujet – au profit de Benjamin Wallfisch et Hans Zimmer (ce dernier étant pour sa part l’un des compositeurs fétiches de Scott depuis Black Rain). Enfin, sur les trois courts-métrages conçus pour présenter l’univers de cette suite, deux furent réalisés par Luke Scott... fils de Ridley. Plus que jamais, papa Scott veille donc au grain.

Autre référence évidente à Ridley Scott : les prototypes de replicants de Blade Runner 2049 ressemblent beaucoup aux ingénieurs de Prometheus (que dieu nous épargne d'un crossover !)

Dans ses conditions, les marges de manœuvre laissées à Denis Villeneuve pour briller sous l’ombre tutélaire de Ridley Scott ne paraissaient pas énormes. À plus forte raison s’agissant d’une œuvre aussi emblématique que Blade Runner. Mais après tout, Peter Hyams réalisa bien une très recommandable suite – bien que totalement oubliée aujourd’hui – du classique absolu de Stanley Kubrick, 2001 : l’odyssée de l’espace, dix-huit ans après sa sortie. Qui plus est, après des films aussi hétéroclites que Incendies, Prisoners, Sicario, Enemy ou Premier contact, le talent de Denis Villeneuve ne semble plus franchement à prouver. En faisant appel à un cinéaste de sa dimension – et non pas à un vulgaire yes-man –, les studios ont clairement démontré leur désir de faire de ce Blade Runner 2049 un projet audacieux qui ne soit pas qu'une simple opération commerciale opportuniste (coucou Terminator : Genisys !). Il est d'ailleurs amusant de noter que l'un des premiers choix de la production était Christopher Nolan, également connu pour sa capacité à lier blockbuster ambitieux et dimension auteuriste ; tout comme par son aptitude à être, lui aussi, tout autant adulé que conspué au sein de la communauté geek. Or, s'il y a bien un film vénéré chez les fans du genre, c'est clairement Blade Runner. Ce dont Denis Villeneuve a parfaitement eu conscience lorsqu'il s'est attelé à mettre en images ce prolongement cinématographique, faisant preuve du plus grand respect envers son illustre prédécesseur ; quitte à flirter avec un fan-service parfaitement assumé mais, par moment aussi, un brin poussif (j’y reviendrai plus tard).

En parlant justement d'images, je crois que – sauf à faire preuve d'une irréductible mauvaise foi – il y aura peu de personnes pour ne pas saluer l'incroyable richesse graphique de ce nouvel opus. Si la composition des plans et la profondeur de champs opérées par Denis Villeneuve sont toujours aussi admirablement recherchées, on est surtout ébloui par le travail époustouflant effectué sur la photographie. Passer après un géant tel que Jordan Cronenweth n'était déjà pas chose aisée – à plus forte raison s'agissant d'apposer sa patte sur un univers visuel aussi marqué et emblématique que celui de Blade Runner – mais le génial Roger Deakins aura su démontrer une fois encore – après ses prouesses sur 1984, Fargo, True Grit, Le Village, Skyfall, ou encore Rango – qu'il était à l'aise dans tous les registres : des environnements urbains aliénants aux paysages poussiéreux désertiques, en passant par les ambiances post-apocalyptiques déliquescentes ou les panoramas enneigés implacables. Au-delà d'une direction artistique de toute beauté (qu'il s'agisse des décors, véhicules, costumes ou accessoires), Roger Deakins est celui par qui le résultat final se sera élevé bien au-delà du simple blockbuster lambda aseptisé. Au point qu'il aurait presque pu être crédité co-réalisateur du film tant son incroyable partition chromatique – les spectateurs garderons longtemps en tête ses brumes blanches, bleutées et orangées traversant le long-métrage – en fait l'indiscutable chef d'orchestre visuel. À l'ère des blockbusters insipides dénués de toute direction artistique identifiable, Blade Runner 2049 fait figure de véritable miracle esthétique. Même s'il n'évite malheureusement pas défauts et maladresses (je reste toujours aussi sceptique quant aux expérimentions industrielles inaudibles de Hans Zimmer qui  – après avoir déjà parasité Dunkerque – mettent encore nos oreilles à rude épreuve). 

Pour imposer Zimmer, Scott laisse Jóhannsson.

En état de cause, s'il parait tout d'abord difficile de reprocher à Denis Villeneuve son désir de sublimer ces splendides tableaux cinématographiques, son entêtement à étirer chacun de ses plans devient vite exaspérant. Ce n'est pas tant que durée excessive et rythme lent soient absolument rédhibitoires, mais encore faut-il les utiliser à bon escient et que cela soit justifié par le propos développé. De fait, malgré une durée plus courte de trois quarts d'heure, le chef d’œuvre originel de Ridley Scott prenait également son temps. Ce n'est donc pas le problème – même si le reproche lui a souvent été adressé aussi – car cela ne l'empêchait pas pour autant de faire preuve d'une évidente concision et d'une redoutable limpidité narrative ; tout en restant d'une formidable richesse thématique et philosophique. Derrière ses airs de polar noir futuriste à la trame apparemment simpliste – une vulgaire chasse à l'homme (ou justement pas tout à fait) –, Blade Runner dévoilait ainsi une formidable réflexion sur ce qui forge l'humanité dans un monde où des "robots", ou plutôt des "êtres artificiels" (les replicants étant davantage des clones humains que des machines), semblent éprouver plus d'émotions que les humains eux-mêmes ; jusqu'à apparaître comme les seuls étant véritablement capables de faire preuve de compassion, et plus simplement d'aimer (sentiment "humain" ultime s'il en est). Le "héros", le détective blade runner Rick Deckard, portait d'ailleurs moins en lui l'essence de ce qu'est le film Blade Runner que le replicant pourchassé Roy Betty, dont le caractère à la fois tragique, philosophique et métaphysique trouvait son apogée dans son inoubliable speech final ; peut-être le plus troublant, magnifique et poétique des monologues improvisés du cinéma :

« I've seen things you people wouldn't believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I watched C-beams glitter in the dark near the Tannhäuser gate. All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die. ».

Au final, de Rick Deckard, on ne savait finalement rien ou presque. Et le montage habile du Final cut nous laisser encore à penser que lui-même ne savait somme toute pas grand chose de ce qu'il était vraiment. C'était d'ailleurs en cela que résidait toute la force du personnage de Deckard : dans son ambivalence et son mystère (ce qui attisa moult débats enflammés parmi les fans). Dans l'œuvre de Philip K. Dick, le héros est d'ailleurs bien souvent confronté au doute face à la réalité qu'il perçoit. Douglas Quaid est-il vraiment allé sur mars dans Total Recall ? John Anderton peut-il échapper à sa destinée prédite dans Minority Report ? Qui sont les "hurleurs" dans Planète hurlante ? Rick Deckard est-il lui-même un replicant dans Blade Runner ? En filigrane, Philip K. Dick questionnait aussi beaucoup sur ce qu'est un être humain. Ce qu'avait parfaitement réussi à intégrer Ridley Scott dans son long-métrage – enfin, avant de se perdre en déclarations délirantes où il apportait une réponse aussi claire que parfaitement inutile (la question ayant toujours été plus intéressante que sa réponse) quant à la nature de son héros –  ; à la différence du scénariste originel, Hampton Fancher (encore à l'œuvre ici), dont je partage complètement le point de vue : « S'il l'est, c'est fini. ». Avec Blade Runner 2049, Denis Villeneuve semble adopter ici pour une approche assez différente ; si ce n'est même inverse.

ALERTE SPOILERS : À partir de maintenant, les révélations vont fuser, alors ne lisez pas la suite si vous ne voulez pas vous gâcher le plaisir de la découverte

Filez à Roger Deakins son putain d'Oscar !!!

Dès le départ, le personnage incarné par Ryan Gosling n'a ainsi aucun doute quant à son inhumanité, et encore moins de celle de sa "compagne" holographique. Si Deckard était un être humain qui finissait par douter de son humanité, K est un être artificiel qui se conduit certes "comme un humain" mais a parfaitement conscience de sa nature. Et ce, même si une intrigue inutilement alambiquée à base de twists multiples tentera de nous faire douter. En vain. Car le spectateur n'est jamais dupe, tant chaque "découverte" semble téléphonée. C'est d'ailleurs l'un des principaux écueils de ce Blade Runner 2049 (le rendant si laborieux à suivre par moment, bien plus que sa durée excessive). Dans le premier film, nombreuses étaient les scènes qui restaient longtemps énigmatiques et n'étaient comprises qu'a posteriori, après avoir pris le temps d'intégrer toutes les différentes pièces du puzzle ; alors qu'ici le spectateur semble tellement pris par la main – véritable mal des blockbusters modernes – qu'il comprend souvent les choses a priori. Ce qui explique pourquoi la "révélation" quant à la vraie nature de K ne surprend pas franchement ; pas plus que celle concernant l'identité du mystérieux « miracle » du film. D'ailleurs, il faut vraiment que K soit neuneu pour ne pas comprendre, lorsque le docteur Ana Stelline pleure à chaudes larmes en regardant les fameux "souvenirs", que ceux-ci appartiennent à elle, et non pas à lui. Ce que ne manque pas de lui faire remarquer la chef des replicants renégats Freysa lorsqu'elle lui dit d'un ton presque moqueur (comme s'adressant aussi aux spectateurs un peu trop crédules) : « Tu imaginais que c'était toi ? C'est ça ? C'est ça !? ». LOL MDR !

Pour ma part, c'est justement en découvrant le Final cut de 2007 que j'ai commencé à réellement me passionner pour le Blade Runner de Ridley Scott. À partir du moment où la voix-off n'explicitait plus chaque zone d'ombre, chaque intention, il était alors possible de pleinement apprécier le spectacle. Ce côté contemplatif laissait au spectateur du temps pour réfléchir ; il était méditatif, et relevait chez Scott d'une véritable personnalité. Alors que la contemplation chez Villeneuve semble ici bien trop souvent n'être qu'une posture ; élégante mais aussi artificielle qu'un Nexus 6. Abusivement explicatif – Villeneuve et Scott ont même cru bon en rajouter une couche supplémentaire pour expliquer encore un peu plus les "mystères" du film via trois courts-métrages introductifs –, Blade Runner 2049  finit même par donner une impression de longueur emphatique là où son illustre modèle revêtait une lenteur poétique. Si l'original nous laissait libres de nous interroger quant à la nature profonde de son héros Deckard, sa séquelle ne fait que surligner chaque élément pour orienter inexorablement notre réflexion sur qu'est le personnage de K. Et Villeneuve a beau tant bien que mal tenter de brouiller les pistes, une fois le rideau levé, il est difficile de ne pas se dire : tout ça pour ça ? Car finalement, Blade Runner 2049 se contente surtout de recycler les thèmes de son prédécesseur : création et eugénisme, acceptation sociale des intelligence artificielles, objetisation de la femme (réelle ou non), capitalisme et individualisme. Les questionnements liés à l'humanité des êtres conscients (la tangibilité de leurs souvenirs et sentiments) – le fameux cogito ergo sum de René Descartes (auquel le nom de Rick Deckard fait référence) – et leur nécessaire besoin d'affranchissement sont évidemment toujours posés. Mais tout cela n'apporte finalement rien de plus que le premier film ne nous racontait pas déjà.

Et si le vrai "miracle", c'était cette petite fleur jaune immaculée dans un monde privé de végétation ?

Surtout que Blade Runner 2049 a aussi la fâcheuse tendance à se perdre en détails et autres digressions superflues qui ne font qu'alourdir l'ensemble et nuire à l'efficacité de son propos. Par exemple, pourquoi passer autant de temps dans cette déchetterie ? Surtout si c'est pour nous gratifier d'interminables séquences inutiles comme ce passage abusé sur des enfants exploités dans une usine clandestine. Pour nous montrer la déshumanisation complète de l'homme qui va jusqu'à exploiter sa propre progéniture ? Bonjour la subtilité. Et tout ça, pour récupérer un vulgaire cheval de bois (ce qui aurait pu être expédié en quelques secondes au lieu de se perdre en longues minutes laborieuses). De la même manière, pourquoi passer autant de temps à voir déambuler Ryan Gosling dans ce Las Vegas fantomatique ? Si les séquences avec ces immenses statues hyper-sexualisées de femmes ne manquent pas de frapper la rétine, quel intérêt alors de nous montrer cette ruche d'abeilles saugrenue ? Si ce n'est nous rappeler à quel point leur présence est stupide dans un monde où arbres et végétation ont disparu, un monde où l'on se demande alors comment les êtres (humains comme replicants) font pour respirer – la noyade finale de Luv tendrait à prouver qu'ils ont justement besoin d'air – et par quel miracle des fleurs d'un jaune éclatant peuvent pousser – alors que Doc Badger semble dire que le seul fait de posséder un cheval de bois authentique fait de K un être incommensurablement riche – ou encore d'où vient ce putain de papier blanc dont Gaff se sert pour faire ses origami (via un caméo de Edward James Olmos aussi sympathique que parfaitement inutile) ?

Blade Runner 2049 esquisse bien quelques nouvelles thématiques pas inintéressantes mais, au-lieu de les développer, il se perd en circonvolutions stériles jusqu'à en oublier l'essentiel. De fait, on a franchement du mal à saisir quel était l'intérêt d'insister sur ce blackout ayant rendu les replicants illicites si c'est pour nous montrer avec quelle facilité leur réintégration s'est faite aussi facilement (interdits hier, omniprésents aujourd'hui). Et en vertu d'ailleurs d'un concept complètement fallacieux puisque, si l'on nous "vend" les nouveaux modèles Nexus 9 comme des êtres parfaitement dociles et obéissants, ces replicants nouvelle génération passeront l'essentiel du film à n'en faire qu'à leur tête et à agir de façon complètement autonome (qu'il s'agisse de K avec sa quête identitaire personnelle ou de Luv affirmant carrément mentir à son maître pour dissimuler le meurtre qu'elle s'apprête à commettre). En fin de compte, ces "nouveaux" replicants ne sont donc pas si différents des "anciens" du premier Blade Runner ; si ce n'est qu'ils ne sont plus condamnés à une durée de vie aussi limitée que leurs prédécesseurs (ce qui les rend de fait nettement moins tragiques aussi). C'est d'autant plus dommage que c'était l'une des rares pistes inédites évoquées qui soit vraiment pertinente. Car si je peux comprendre que la possibilité que les replicants puissent enfanter suscite une certaine curiosité (ça reste du domaine plausible vu qu'il s'agit de parfais clones humains), le postulat de base n'en demeure pas moins quelque peu frelaté ; en plus de manquer cruellement d'originalité après Indiana Jones 4 et Star Wars VII (comme si le retour des personnages emblématiques de Harrison Ford ne pouvait se faire que via l'unique prisme de leur paternité ; ce qui est pour le moins redondant). 

Quelle tristesse que Roy Batty ait tué Hannibal Chew et ainsi empêché Niander Wallace d'avoir de beaux yeux tous neufs...

Surtout, les replicants n'ayant plus de durée de vie limitée comme auparavant – et pouvant même désormais se reproduire ! – en quoi différent-ils donc à présent des humains ? Villeneuve pousse ici l'humanisation de ses "machines" à son paroxysme ; au détriment des humains eux-mêmes, devenus de véritables caricatures ambulantes – les personnages de Robin Wright et Jared Leto (seuls "véritables" humains du film) sont d'ailleurs réduits à des rôles purement archétypaux : l’intègre lieutenant de police Joshi et le mégalomane milliardaire Wallace. Un manque de subtilité évident qui n'est pas sans rappeler les délires démiurgiques développés par Ridley Scott depuis Prometheus, et à plus forte raison Alien : Covenant (au point de se demander si Niander Wallace n'est pas le propre père de Peter Weyland). J'ai d'ailleurs eu bien du mal à saisir l'objectif du personnage interprété par Jared Leto (dont le rôle était initialement prévu pour le regretté David Bowie) ; et je ne suis toujours pas certain d'avoir compris. Dans quel but au juste cherche-t-il à avoir davantage de replicants pour son armée ? En-dehors du fait que les quelques humains qui ont l'air d'encore peupler la terre ne semblent pas très belliqueux, le plan en mode "soulèvement des machines" capables de s'auto-reproduire ne me paraît pas franchement être l'idée du siècle (sauf à souhaiter que le judgment day de Terminator se réalise). Et surtout, en quoi avoir recours à la fécondation naturelle – nécessitant neuf mois de gestation et des années de croissance – au lieu du clonage – qui permet d'obtenir de parfaits adultes immédiatement opérationnel – serait un moyen plus rapide pour mettre en place son armée ? Soit ce plan est prodigieusement con, soit le film l'explique très mal (peut-être les deux).

Ce développement de l'intrigue à l'échelle planétaire est d'ailleurs un pari assez casse-gueule. Dans le premier Blade Runner, bien que les questionnements soient universels, l'intrigue n'en restait pas moins celle d'un polar intimiste. La survie de Deckard, Rachel ou Roy Betty n'avaient pas de réelle incidence sur le monde, et l'histoire pouvait légitimement être restreinte à la seule ville de Los Angeles. En donnant à son film une dimension plus révolutionnaire à la Matrix Reloaded, Villeneuve se voit contraint d'ouvrir son monde. Malheureusement, celui-ci semble aussi vaste que vide (ce qui contraste largement avec le Los Angeles foisonnant d'avant), alors même qu'on nous le présente surpeuplé (drôle d'idée d'ailleurs que de vouloir augmenter le nombre de replicants devant se nourrir sur une terre déjà affamée...). Il est surtout difficile de croire que les tractations d'un marginal milliardaire de Los Angeles puisse changer le sort de la planète toute entière (mais admettons). Blade Runner 2049 devient déjà plus pertinent lorsqu'il esquisse une révolte à venir de replicants renégats. Ceux-ci pouvant désormais se passer des humains pour se reproduire (et n'étant plus condamnés par une durée de vie abrégée), ils n'ont plus à être esclaves d'êtres dont ils semblent désormais en tous points supérieurs. Enfin, c'est que semble nous laisser à penser le film lorsqu'il suggère que K pourrait être la représentation quasi parfaite – le choix de la gravure de mode Ryan Gosling n'est pas un hasard – de ce que serait un "enfant" replicant. Or, il s'avère que ce n'est justement pas le cas. Car non seulement K n'est pas le fameux "messie caché" des replicants mais, qui plus est, celui-ci semble cruellement imparfait avec son système immunitaire déficient l'astreignant à l'isolement total.

Mais pourquoi est-elle aussi méchante ?

Je regrette d'ailleurs que Blade Runner 2049 ne développe pas plus cet aspect : les replicants sont-ils seulement capables de donner naissances à des êtres réellement viables ? À moins que la perfection à rechercher ne soit pas physique, mais plutôt intellectuelle. Car la fille aux souvenirs semble effectivement jouir d'une créativité débordante. Et si la véritable humanité résidait justement moins dans notre aptitude à nous reproduire que dans notre capacité à créer ? Bien que passionnante, la question sera malheureusement laissée de côté dans ce film qui, après avoir pris (trop ?) son temps dans ses deux premiers tiers, semble complètement s'emballer dans sa dernière partie en multipliant seconds rôles et sous-intrigues inutilement trop nombreux. C'est ainsi que des individus qui ne traversaient alors que très furtivement le métrage se révèlent être des acteurs déterminants du récit à la toute dernière minute. Si la révélation tardive de ces personnages pourrait permettre au film de se renouveler de façon assez inattendue, leur manque crucial de développement préalable et leur catapultage narratif bien trop retardé dans l'histoire peinent à convaincre du rôle fondamental qu'ils sont censés jouer dans l'intrigue et son dénouement. À tel point d'ailleurs que ces sous-intrigues bazardées à la toute fin resteront largement inachevées. Après avoir été contemplatif à l'excès, Blade Runner 2049 devient donc soudainement expéditif. Ce faisant, il délaisse aussi peu à peu l'émotion que l'on pouvait ressentir pour certains personnages.

Wallace n'apparaît alors plus que comme un méchant manichéen qui récite pompeusement de longues tirades creuses (l'ombre de l'Architecte de Matrix plane), tout en élaborant des plans aussi ridiculement alambiquées que ceux du Dr Denfer dans Austin Powers ; comme menacer d'expédier Deckard à l'autre bout de l'univers pour le faire parler, au lieu de le torturer immédiatement sur terre (ce qui est aussi persuasif que de promettre de compter jusqu'à trois). Pseudo menace peinant à égaler la force évocatrice de l'insondable Tyrell, Wallace finit surtout par ressembler à un vilain de James Bond au rabais – Dr No avait les mains bioniques, pour Wallace ça sera les yeux (gadget aussi cool qu'inutile) – flanqué de son inévitable garde du corps irascible. Quelque part entre la Famke Janssen de GoldenEye et la Kristanna Loken de Terminator 3 (jusqu'à son look de dominatrice strict), Sylvia Hoeks ne sera d'ailleurs jamais guère plus qu'un sbire caricatural qui fait du kung-fu – via des combats très chorégraphiés qui contrastent un peu trop avec le côté rugueux plus réaliste de celui inaugurant le film – et dont certaines décisions stupides font très série B (comme lorsqu'elle décide de façon complètement illogique de ne pas tuer K). Comme s'il était soudainement pressé d'en finir après avoir pris conscience de la longueur de son film, Villeneuve accélère donc le rythme dans sa dernière ligne droite en dépit de toute cohérence narrative – quitte à laisser certains personnages sur le bord de la route (Wallace et les replicants renégats disparaissent ainsi complètement du récit) – et cela jusqu'à flirter avec le plus complet freestyle.

Le replicant K est-il un Nexus 9 ou un Terminator amélioré ?

Alors que le massif Dave Bautista luttait âprement pour faire passer Ryan Gosling à travers une simple cloison délabrée en introduction, on voit désormais ce dernier traverser un massif mur de béton comme s'il s'agissait d'une vulgaire feuille de papier. Poussive, la dernière partie de Blade Runner 2049 enchaîne surtout les facilités scénaristiques : Luv qui va assassiner le lieutenant Joshi dans un commissariat où l'on rentre comme dans un moulin, Luv qui retrouve K à Las Vegas après que celui-ci ait pourtant cassé l'antenne permettant sa géo-localisation, Joi qui décide de ne pas prévenir K que la prostituée replicant a mis un traceur dans sa poche, Luv qui prend le temps de tuer Joi mais va étonnement épargner K... Mêmes les hommages au premier film deviennent alors démonstratifs et maladroits : ce clone gratuit de Rachel (visuellement saisissant mais complètement dispensable à l'histoire), ce baiser de la mort inopiné de Luv (singeant bêtement celui de Roy Batty), et surtout cette "mort" factice de K sous la neige qui n'est qu'une bien pâle copie de celle de Roy Batty sous la pluie (jusqu'à la réutilisation poussive de la musique originale mythique de Vangelis). En fait, le véritable point de césure intervient à partir du moment où Blade Runner 2049 essaie de raccrocher les différents wagons de son récit avec la locomotive Deckard. Car c'est alors Villeneuve se vautre dans le fan-service paresseux, la facilité narrative, et qu'un passéisme réactionnaire prend définitivement le pas sur les velléités révolutionnaires que le film tente de développer. Alors que Deckard n'était qu'une ombre fantomatique, omniprésente mais invisible, qui flottait sur le récit, l'apparition de Harrison Ford vient totalement déséquilibrer la balance.

Certes, l'interprétation apathique de Ryan Gosling – comme figé dans le même rôle depuis Drive – parvenait déjà assez péniblement à susciter la moindre émotion ; Sean Young était monolithique aussi, mais son jeu semblait spontané, quand celui de "Gosling the Shell" paraît forcé (sans parler de ce grand moment de gênance où il se met à crier comme un taré). Néanmoins, le spectateur éprouvait quand même un certain attachement pour lui. Mais, à partir du moment où la superstar Harrison Ford apparaît, l'attention du public est alors totalement vampirisée. Un problème déjà rencontré avec Star Wars VII, où l'arrivée tardive de Han Solo captait soudainement toute la lumière au détriment des nouveaux héros. Sauf que, ici, on ne voit jamais vraiment l'énigmatique Deckard derrière l'acteur, mais seulement la star charismatique Harrison Ford. Si son absence n'aurait sans doute pas permis de lever les 185 millions de dollars nécessaires au budget, force est de constater que sa présence n'apporte aucun réel intérêt narratif. Sans lui, K aurait découvert sa vraie nature, les replicants renégats auraient préparé leur révolte, et Wallace aurait tenté de constituer son armée. Blade Runner 2049 ne semble d'ailleurs pas vraiment savoir comment terminer l'histoire du personnage (avec cette fin qui n'en est pas une), et Ford lui-même paraît bien peu inspiré par son retour (il avait d'ailleurs longtemps affirmé ne pas vouloir reprendre le rôle). Au point que, lorsqu'il apparaît pour la première fois à l'écran, il donne presque l'impression de s'être pointé à l'arrache dès le saut du lit avec son vieux T-shirt Uniqlo et son bas de pyjama usagé (sans parler de ce numéro d'acting plus que douteux lors de la pseudo noyade en voiture). À croire que la réplique que Deckard balance à K lorsque celui vient le chercher était à double sens : « Fallait me laisser crever ! ».

Réelle ou virtuelle, Ana de Armas est incontestablement l'une des plus belles femmes du monde...

Et si la réponse à LA question sur le personnage est judicieusement éludée au détour d'une vanne astucieuse (— Il est réel ? Je ne sais pas. Demande-lui...), le passage où Wallace semble vouloir éclairer Deckard quant à sa véritable nature fait quand même un peu froid dans le dos ; laissant alors entrevoir un instant avec quelles conséquences désastreuses une révélation aussi radicale pourrait dramatiquement, et définitivement, altérer le visionnage du premier film. Fort heureusement, si Ridley Scott n'avait pas pu s'empêcher de se répandre en explications aberrantes sur l'origine des xénomorphes (réduisant ainsi considérablement leur impact), Denis Villeneuve a ici le bon goût d'évacuer assez vite le sujet. Et ce, même si cette confrontation entre les deux "hommes" (?) apparaît dès lors comme passablement inutile, ne faisant progresser ni le récit ni les personnages. Cette prise en otage du film par Harrison Ford est d'autant plus regrettable qu'elle se fait aux dépens du reste ; à commencer par la fabuleuse Joi, dont la disparation coïncide justement avec le moment où Deckard fait son entrée. Incroyable trouvaille scénaristique que campe avec subtilité la divine Ana de Armas (véritable révélation du film), cette entité holographique – irrémédiablement artificielle par nature, et paradoxalement la plus "humaine" de tous – porte en elle les questionnement les plus passionnantes du métrage : dépendance technologique, solitude des êtres, artificialité des sentiments, marchandisation affective... Incarnant l'authentique âme de ce Blade Runner 2049, Joi est aussi au cœur de la séquence la plus inventive du film : cette incroyable scène de sexe "à trois", aussi esthétiquement troublante que symboliquement puissante. De quoi déplorer que son sort soit "conclu" de manière aussi bâclée (d'autant que sa fin s'avère terriblement prévisible car, dès lors qu'elle suggère à K d'effacer sa sauvegarde principale, l'issue est inévitable).

En définitive, Blade Runner 2049 a quelque chose de vraiment énervant. Car j'aimerais sincèrement l'aimer sans aucune réserves. Malheureusement, en dépit de son incroyable beauté formelle qui le démarque incontestablement du tout-venant (faisant de Villeneuve et Deakins le duo idéal pour porter à bien la pharaonique adaptation cinématographique du Dune de Frank Herbert), je reste vraiment gêné par son intrigue inutilement alambiquée, ses défauts d'écriture agaçants, ses errements narratifs, et surtout par sa durée abusivement excessive. Trop long pour les prolongements du premier film qu'il entreprent (ou peut-être trop court pour développer les nouvelles pistes qu'il tente d'ébaucher), Blade Runner 2049 apparaît en l'espèce comme une œuvre fondamentalement incomplète. Malgré les près de trois heures laissées à sa disposition, Denis Villeneuve ne semble ironiquement pas trouver le temps nécessaire pour conclure son récit de façon convenable et offrir une fin satisfaisante à ses personnages ; comme s'il espérait qu'une hypothétique suite s'en charge. Ni ratage intégral ni réussite totale, Blade Runner 2049 est pourtant un vrai beau film. Mais peut-être un peu trop propre et trop lisse, il peine à retrouver l'âpreté et la poésie du classique de Ridley Scott ; nous laissant sur un amer goût d'inachevé. Il y a d'ailleurs une courte scène au tout début du film, et en apparence anodine, qui résume finalement assez bien mon impression générale. On y voit le héros s'apprêter à manger un plat de nouilles fadasse, avant que sa très serviable compagne virtuelle ne vienne y superposer l'image d'un appétissant steak-frites. Mais aussi alléchant soit alors le produit présenté, il n'en devient pas meilleur pour autant ; plus beau que bon, à la réflexion. Reste à savoir désormais si, avec le temps, le Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve finira par prendre le chemin du Aliens de James Cameron, traversant les années et les générations, ou celui du 2010 : l'année du premier contact de Peter Hyams, se perdant dans l'oubli comme les larmes dans la pluie...

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M
Toujours pas vu ce film mais en même temps, même si j'ai bien aimé, je ne suis pas un grand fan du premier film et de ses 542667 versions montées différemment pour que l'on en trouve bien une qui nous conviennent... Je verrais cette suite un jour je pense mais j'ai quand même un peu peur de m'ennuyer. On verra bien en tout cas du peu que j'ai vu, la photographie à l'air très belle :-)
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H
Très bel article. J'ai mis une note plus haute mais je suis d'accord avec presque tout: la "musique" insupportable de Zimmer, les incohérences du plan général, les quelques longueurs (j'aurai aimé une version plus resserrée de 20 minutes même si je ne me suis pas ennuyé). Et bien sûr le jeu limité de l'endive (je peux pas le piffer lui c'est quasi physique) qu'on fait passer pour un grand acteur.
J'avais jamais tilté sur Descartes non plus ^^
Je crains aussi qu'il passe moins bien sur petit écran.
Par contre je continue à beaucoup aimer 2010.

Et ça m'a rendu envie de relire les bouquins de KW Jeter (lus il y a trop longtemps, j'en ai peu de souvenirs)
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S
J'ai vraiment eu un problème pour noter le film... Mais comme chaque note correspond à un qualificatif chez moi, 4/5 était un peu trop élevé du coup. Je trouve en effet le film "très bon", mais trop de choses me dérangent pour que je puisse le qualifier "excellent" : la musique insupportable de Zimmer en effet, ainsi que les nombreux problèmes d'écriture que je pointe.

Je suis d'accord aussi avec toi, 20 bonnes minutes en moins n'aurait pas été du luxe. Ce qui était largement faisable en plus. Le passage de la déchetterie pouvait être facilement écourté par exemple (même si je n'ai pas ressenti d'ennui non plus).

Concernant Ryan "Gosling the Shell", j'ai vraiment eu du mal aussi. En fait, hormis dans Danny Balint à ses débuts, je le trouve assez mauvais dans le registre dramatique pur. J'avais bien aimé Drive pourtant, mais je le préfère dans les registres plus légers, voir comiques (comme dans Crazy, Stupid, Love ou The Nice Guys par exemple).

L'allusion à Deckard est subtile, mais elle a du sens lorsqu'on connaît le film, une brillante trouvaille de nom.

J'ai un peu peur aussi que Blade Runner 2049 s'avère moins "captivant" sur un petit écran, étant pour moi avant tout une formidable expérience esthétique, mais on verra bien (j'ai l'avantage d'avoir un assez bel écran à la maison, alors j'espère que ça ira quand même ; car je pense me prendre le film malgré ma légère déception).

Je n'ai absolument rien contre le 2010 de Peter Hyams que je trouve bien trop mésestimé et méconnu justement. J'y ai fait référence surtout par rapport au fait qu'il n'a pas réussi à subsister dans le temps aux yeux du grand public, à la différence du Aliens de Cameron, mais ça ne m'empêche pas de l'aimer beaucoup.

Tu fais bien de rappeler le nom de K.W. Jeter à bon souvenir. J'ai toujours voulu lire les suites de Blade Runner qu'il avait écrites sans jamais prendre le temps de le faire. Il faudrait vraiment que je corrige ça à présent.
Q
Je suis pas trop d'accord, au contraire le film de Denis Villeneuve apporte de nouvelle choses et se démarque totalement du premier film. Il a eu carte blanche pour son film, Scott n'étant pas le seul décisionnaire car les droits de Blade Runner appartiennent avant tout à Alcon Entertainment (qui avaient produit le Prisoners de Villeneuve).
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S
Je sais que le film a été largement apprécié chez les cinéphiles, alors je ne suis pas étonné que mon avis ne fasse pas l'unanimité... Et dans un sens, c'est tant mieux. Blade Runner 2049 est un film intéressant à plus d'un titre comme je le précise dans mon avis. Malheureusement, il prend trop son temps à faire de la redite des thématiques du premier, et pas assez à développer les nouvelles pistes qu'il esquisse seulement. D'où une sensation regrettable d'inachevé, en dépit de sa longueur excessive (trop de choses sont laissées en suspens comme s'il fallait qu'une suite hypothétique comble les trous un peu plus tard). Pour le reste, je ne dis pas que Scott est le seul décisionnaire, mais j'ai franchement un doute que Villeneuve ait eu vraiment carte blanche lorsqu'on constate qu'il a été autant "entouré" par l'équipe de Scott (le co-scénariste de Alien : Covenant, Luke le fils de Ridley qui réalise deux courts métrages sur trois, et surtout l'exclusion pur et simple du compositeur choisi par Denis Villeneuve, Jóhann Jóhannsson, au profit du pote de Ridley Scott, Hans Zimmer)... Villeneuve a eu une certaine liberté créative, mais Ridley Scott a clairement joué un rôle important sur la tonalité générale (il voulait sûrement éviter que ne se reproduise l'incident Aliens).