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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Taking sides : le cas Furtwängler

undefinedRéalisé par István Szabó, sorti le 30 avril 2002
Titre original :
Taking sides

Avec Harvey Keitel, Stellan Skarsgärd, Ulrich Tukur ...

"Dans l'Allemagne d'après-guerre, les Alliés organisent une vaste campagne de dénazification, désignant et punissant les coupables et restaurant les valeurs démocratiques. C'est dans ce cadre que le major américain Steve Arnold (Harvey Keitel) est chargé d'enquêter sur l'implication du prestigieux chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler (Stellan Skarsgard) dans le régime nazi. Devant faire du "cas Furtwängler" un exemple, il ne recule devant aucune forme de pression et d'intimidation."




Mon avis :  http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_smile.gif http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_smile.gif http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif




Ce film (passé complètement inaperçu) nous montre un duel d'acteurs au sommet (Harvey Keitel - Pulp Fiction, Stellan Skarsgärd - Breaking the waves) dans un huis clos sobre, mais néanmoins efficace. Inspiré de la pièce de théâtre À torts et à raisons de Ronal Harwwod, le film évoque inévitablement Amen de Costa-Gavras (impression d'ailleurs renforcé par la présence du comédien Ullrich Tukur qui interprête ici un rôle de second plan) : un duo d'acteurs brillants, l'allemagne nazi en toile de fond, un sujet ambigü. Pourtant, le propos de Taking Sides est clairement moins tranché. Le réalisateur ne semble ici ne donner de leçons à personne et son film passe ainsi mieux que celui, bien plus orienté, de Costa-Gravas (malgré les qualités évidentes de ce dernier).

En effet, la force de ce film, particulièrement bien maîtrisé, est que le réalisateur ne prend pas partie et nous laisse en proie au doute. Son film possède ainsi une portée sur la complexité des rapports humains brillament illustrée. Le film se suit avec passion.  Qui a raison dans ce drame ? Et qui a tort ? Où commence la complicité du peuple allemand avec le régime nazi ? Où commence sa culpabilité ? La fin justifie-t-elle les moyens lorsqu'il s'agit de pourchasser les nazis ? Les réponses, comme la réalité qui a inspirée le film, sont complexes et loin d'être évidentes. Le réalisateur, s'il laisse le soin aux spectateurs de trancher eux-mêmes, soulève néanmoins un véritable dilemme sur la notion de collaboration avec le régime nazi ; et la part de responsabilité que cela implique. Le face à face entre le major américain Steve Arnold (Harvey Keitel) et chef d'orchestre Wilhelm Furtwängler (Stellan Skarsgard) est d'ailleurs terrifiant. Car si la performance d'acteur de Harvey Keitel est ici irréprochable, il est difficile d'être aussi enthousiaste concernant le personnage qu'il incarne tant les méthodes qu'il emploie n’ont rien à envier à celles du nazisme qu'il combat si ardemment.

Au final, même si l'on aurait aimé un film un peu moins académique par moment (les plans statiques finissant à être un peu pesant par moment), Taking Sides n'en demeure pas moins un film à voir, prenant et intelligent, qui bénéficie, en outre, d'une bande originale magistrale.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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