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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Ni pour, ni contre (bien au contraire)

Réalisé par Cédric Klapisch, sorti le 5 mars 2003

Avec Marie Gillain, Vincent Elbaz, Zinedine Soualem, Dimitri Storoge, Simon Abkarian, Natacha Lindinger,...


Caty (Marie Gillain), une jeune cameraman (ou camerawoman, comme vous voulez...^_^) de 26 ans, rentre en contact avec Jean (Vincent Elbaz), braqueur, à la suite de l'interview d'une call-girl. Celui-ci lui fait une bien curieuse proposition: filmer leur prochain braquage de lui et de sa bande. Elle accepte la proposition et découvre la vie de ces incroyables gangsters. Tentée par leur style de vie, où elle découvre les plaisirs pimentés d'une vie facile et luxueuse placée sous le signe de l'illégalité la plus totale, Caty devient leur complice, quitte à risquer la prison. Elle accepte même de participer à un dernier gros coup avec la bande : l'attaque d'un dépôt de transfert où sont garés des fourgons blindés remplis d'argent. Caty aura pour mission de séduire le directeur du dépôt..."




Mon avis (passable) : 




Après le très drôle et réussi L'Auberge espagnole (quand on pense que ce film a failli ne jamais voir le jour...), Cédric Klapisch signe un film dans un registre dans lequel on ne l'attendait pas vraiment : le polar. Réussit-il son pari ? La réponse est double : car si le film possède son lot de bonnes (et même très bonnes) choses, Ni pour, ni contre (bien au contraire) n'est pas entièrement réussi pour autant.


Tout commence par un générique tout simplement bluffant et incroyablement réussi. Une sacrée mise en matière qui semble montrer la voie que prendra le film ; une voie très intéressante et plutôt bien réussi en ce qui concerne la première partie du film. Ici, Klapisch ne cherche pas à déjouer les clichés du genre, au contraire même il en joue. Lui même avoue d'ailleurs  : "les incontournables tels Jean-Pierre Melville, John Huston, Jacques Becker, Martin Scorcese ont tellement bien balisé la piste qu’on ne peut que marcher modestement dans leurs traces..." À l'instar des polars des seventies, les voyous sont donc ici les "héros", le scénario est bien ficelé, les dialogues sonnent juste (avec une bonne adéquation entre rire, émotion et tension). Le seul problème du film est que la deuxième partie est nettement moins prenante. Et ça gâche un peu le plaisir.
 
Résultat : Après une première demi-heure impressionnante, le film se dégonfle ; inéxorablement. Ce qui est bien dommage. Car si Klapisch a parfaitement assimilé la forme et l’esprit du "polar", il reste néanmoins prisonnier de ses codes (rédemption du voyou, femme vénale, casse du siècle...) sans pouvoir aller plus loin. Plus on avance dans le film et plus les personnages semblent stéréotypés ; Ni pour, ni contre (bien au contraire) se repliant même paresseusement parfois derrière un humour malvenu qui semble avoir pour objet de relancer le rythme alors qu'il le casse. Les acteurs quand à eux sont pour la plupart bons (Vincent Elbaz, Marie Gillain...) et pour certains très bons (Simon Abkarian, Zinedine Soualem en première ligne, ainsi que la sublime Natacha Lindinger). Néanmoins, ils demeurent prisonniers du film qui sous-exploite leur potentiel, surtout dans cette décevante et particullièrement maladroite seconde partie.


En résumé, il apparaît comme dommage que, après une scène d'ouverture et une première partie vraiment réussie, Klapisch passe à côté de ce qui (on le sent bien) aurait pu être un grand film ; peut-être même un film majeur de sa filmographie. Le film reste néanmoins bien au-dessus de ce que l'on a l'habitude de voir dans le genre (Klapisch restant un réalisateur doué malgré tout), mais on regrette que le talent du réalisateur et des comédiens soit ainsi sous-exploité.

Et même s'il s'avère finalement que je préfère les talents de Cédric Klapisch pour la comédie (Chacun cherche son chat, Un air de famille ou encore L'auberge espagnole), je dois dire que ce film (pour parodier une célèbre pub) "qui a tout d'un grand", mais qui n'y parvient pas, constitue un divertissement des plus honorables ; et ce grâce à la grande qualité de la première partie et à un finish plutôt surprenant.


Films de Cédric Klapisch chroniqués ici : Ni pour, ni contre (bien au contraire), Paris


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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