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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 00:00
Réalisé par Ted Kotcheff, sorti le 2 Mars 1983
Titre original : First Blood


Avec Sylvester Stallone, Richard Crenna, Brian Dennehy ...

"John Rambo (Sylvester Stallone) est un héros de la Guerre du Vietnam errant de ville en ville à la recherche de ses anciens compagnons d'armes. Alors qu'il s'apprête à traverser une petite ville pour s'y restaurer, le Shérif Will Teasle (Brian Dennehy) l'arrête pour vagabondage. Emprisonné et maltraité par des policiers abusifs, Rambo devient fou furieux et s'enfuit dans les bois après avoir blessé de nombreux agents. Traqué comme une bête, l'ex-soldat est contraint de tuer un policier en légitime défense. Dès lors, la police locale et la garde nationale déploient des moyens considérables pour retrouver le fugitif. Le Colonel Trautman (Richard Crenna), son mentor, intervient et essaie de dissuader les deux camps de s'entre-tuer pendant que Rambo, acculé et blessé, rentre en guerre contre les autorités."




Mon avis :  http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.




Rambo (First Blood) fait partie de ces films dont la porté est grandement minimisée en raison de préjugés tenaces. Dans l'esprit de beaucoup, lorsque l'on fait référence à John Rambo, vient l'image du super-soldat  patriote aux mitraillettes rutilantes qui tire bourrinement sur tout ce qui bouge. Si on s'en réfère aux second et troisième opus, c'est assez vrai. Pourtant, enfermer le personnage dans cette caricature grossière est une erreur que ne peuvent commettre ceux qui ont vu le premier opus.

Car si les volumes deux et trois utilisent effectivement le personnage de John Rambo dans des films patriotiques pro-américains (où l'action de l'armée est largement glorifiée : comme quoi, James Cameron a fait des conneries lui-aussi...), le premier volume nous offre une vision diamétralement opposée. En un sens, si le film rend également hommage à la capacité d'intervention des Bérets Verts durant la Guerre du Viêt Nam, il s'agit avant toute chose un véritable drame psychologique dénonçant les horreurs de la guerre et les traumatismes qu'elle peut engendrer.

Il est ici question d'un vétéran de la Guerre du Viêt Nam intérieurement détruit et sans aucun repère social. Machine de guerre à l'efficacité implacable façonnée par l'armée américaine, John Rambo est un pur produit de la guerre froide non assumé et qu'on aimerait oublier (ce qui n'est pas sans évoquer l'histoire de Jason Bourne, machine de guerre créée pour combattre le terrorisme et lâchement abandonnée aussi). Ainsi, Rambo (First Blood) est une critique virulente contre cette Amérique bien-pensante qui a laissé tomber ses soldats partis combattre pour elle au lendemain de cette catastrophe humaine. Fortement encouragés à leur départ par une majorité d'américains, ces soldats se sont ainsi retrouvés très largement conspués par l'opinion publique à leur retour au bercail après le désastre que fut ce lourd conflit. Pourtant, comme le dit à juste titre John Rambo lors de son émouvante tirade finale, ces jeunes soldats n'ont pas choisi cette destinée ("C'était leur guerre, pas la mienne !"). De ce point de vue, on pourrait quasiment considérer que cette machine à tuer créer par les militaristes de Washington - interprêté par un bouleversant Sylvester Stallone (qui prouve au passage qu'il vaut bien mieux en tant qu'acteur que cette réputation qu'on lui colle) - se retourne contre ces officiers civils de l'Amérique profonde, qui sont les premiers à soutenir l'utilisation de la force et des interventions militaires à l'étranger, mais qui pourtant ici le méprisent. John Rambo, ancien héros de la guerre et machine à tuer, aujourd'hui vagabond atteint mentalement et désoeuvré dont les talents sont inutiles en société (le personnage parle peu et ait pris pour un attardé du fait des séquelles psychologiques qu'il a subi au Viêt Nam et qui l'ont enfermé dans une sorte de mutisme), on a du mal à assumer dans le coin. Le shérif interprêté par Brian Dennehy incarne parfaitement ce paradoxe. Le personnage, détestable, fait preuve d'un acharnement désespéré dans dans ce combat perdu d'avance, combat qui est autant celui qu'il mène contre John Rambo que contre lui-même ; l'Amérique aimerait bien oublier aujourd'hui cet échec cuisant et peu importe les moyens.

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It's a long road...

Le film est adapté du roman de David Morrell, First Blood. Lequel, ancien professeur dont certains de ses élèves avaient été soldats au Viêt Nam, a écrit son livre pour parler du problème de réinsertion des vétérans qui avaient quitté l'Amérique de Kennedy sûrs de leur bon droit pour retrouver une Amérique hippie et moralisatrice qui avait de sévères critiques à leur encontre.

Dans une certaine mesure, le film respecte fidèlement l'intrigue du roman mais a changé des aspects importants de l'histoire pour plaire au plus grand nombre. Si John Rambo massacre un par un tout les policiers qui le traquent et s'il tue à nouveau une fois revenue dans la ville dans le roman, il ne tue qu'une personne dans le film, par légitime défense, se contentant généralement de blesser ses poursuivants (la violence supposée de ce personnage trop vite caricaturé ne s'illustrera en effet qu'à partir du second volet). De ce point de vue là, le film, en ne faisant pas de John Rambo un assassin sanguinaire, me semble bien moins caricatural que le roman. Là encore, Sylvester Stallone (co-scénariste avec David Kozoll et William Sackheim) a su faire preuve d'autant de retenue que pour interprétation impeccable dans le film. De retour dans la ville, John Rambo détruit la prison et le palais de justice ; dans le film il détruit en plus des magasins de jouets et de sport, symbolisant la vie moderne américaine. Néanmoins, la plus grande différence provient de la fin du roman. John Rambo meurt alors auprès du Colonel Trautman. Cette fin alternative a été tournée (on l'aperçoit d'ailleurs en rêve dans le quatrième opus), mais les spectateurs de la projection test la trouvaient  trop sombre. Elle n'a donc pas été conservée (laissant le champ libre à des suites) au profit de celle se trouvant dans la version finale du film (très émouvante également).

Sylvester Stallone incarne à la perfection, de part son charisme et son jeu d'acteur (et on imagine mal quelqu'un d'autre à sa place), cette machine de guerre détruite de l'intérieur. Les séquelles laissées par son passé sont brillament exprimées de par la froideur et la complexité du personnage. Le scénario, servi par une mise en scène honorable de Ted Kotcheff (qui n'est John McTiernan non plus, mais fourni un résultat assez efficace), est moins simple qu'il n'y paraît et mais avec justesse en avant l'injustice de son propos. L'histoire d'un homme qui n'a plus rien dans sa vie, sinon un couteau. Il n'aspire à rien d'autre qu'à la tranquillité et à un peu d'humanité, mais on le rejette et l'agresse sans raison. Plus on s'acharne contre lui, plus il marque sa différence, jusqu'à en faire une vrai guerre qu'il n'a - encore une fois - jamais voulu ; guerre qui lui a déjà à la fois tout donné et tout pris. Toute les forces de police (symbolisant l'Amérique profonde) et l'armée (symbolisant les militaristes de Washington) seront à sa poursuite, mais le génie de John Rambo les surpassera tous. Prisonniés d'une guerre - encore une fois - absurde, tous ne trouveront la paix que grâce à l'intervention du Colonel Trautman ("Je ne suis pas venu sauver Rambo de la police, je suis venu sauver la police de Rambo" dira-t-il d'ailleurs)..

Malgré quelques petites faiblesses de mise en scène (rien de bien méchant cependant et qu'on pardonne aisément), ce film demeure une référence incontournable du cinema autant pour le divertissement certain qu'il procure que par la critique sociale réelle qu'il représente. C'est pourquoi je conseille à tous de le voir et le revoir sans modération...


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

:0051:Sebiwan 13/03/2008 16:38

Un bon Rambo c'est bon pour les yeux !!!

Cinéphile Amateur 01/03/2008 01:30

Je vois que toi aussi tu t'es remis à jour avec Rambo. J'ai pas encore parlé du quatrième film (ca devrait venir ^^) mais c'est intéréssant je trouve ce retour en arrière pour revenir sur les trois premier opus

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