Réalisé par Jan Kounen, sorti le 11 février 2004
Avec Vincent Cassel, Michael Madsen, Juliette Lewis, Djimon Hounsou, Eddie Izzard, Temuera Morrison ...
"Mike Blueberry (Vincent Cassel) est marshall d'une petite ville tranquille à la frontière des terres indiennes. Tout
bascule le jour où un mystérieux tueur, Wally Blount (Michael Madsen), transforme la bourgade en brasier. Il est à la recherche d'un trésor indien situé dans les montagnes sacrées. Blueberry
part à sa poursuite, aidé par Runi (Temuera Morrison), un chamane indien avec qui il a grandi. Les deux hommes doivent empêcher le tueur de pénétrer dans le sanctuaire. Mais là-bas, au coeur
des montagnes sacrées, c'est aussi ses démons intérieurs que Blueberry devra combattre ..."
Après avoir dévoré l'hallucinant et bestial Dobermann de Jan Kounen (également avec Vincent Cassel), j'attendais
ce Blueberry, l'expérience secrète non sans une certaine impatience (mêlée de crainte aussi). Cette fois-ci, Jan Kounen porte donc sur grand écran la fameuse bande-dessinée du duo
Jean-Michel Charlier / Jean Giraud. Pour ma part, même si je la connais de nom, j'avoue ne jamais l'avoir lue. Bonne chose ou non pour appréhender le film ? Je ne sais pas... Voici en tout cas ce
que j'ai pensé du film de Jan Kounen.
Si la première partie du film me paraît accessible à tout le monde (par son traitement), la seconde est certainement
plus plus difficile d'accès selon moi. À l'instar de The Fountain de Darren Arenofsky (qui m'avait terriblement décontenancé), soit on s'imprègne
complètement de l'aura de mystère et de spiritualité que met en place le réalisateur (principalement développée dans la seconde partie), soit on y totalement hermétique. Malheureusement,
c'est dans la seconde moitié que je me range. Car si j'avais, d'une manière différente, complètement adhéré aux délires
visuels de Las Vegas Parano, Trainspotting ou même Tueurs nés, je me suis senti totalement largué par cette seconde moitié du film pleine d'images, certes enivrantes mais
vite saoulantes, dont le sens m'a quelque peu échappé...
Pourtant, tout semble commencer de manière à nous offrir un western original dans la première partie (ce qui ne surprend pas
d'un réalisateur de la trempe de Jan Kounen), mais on glisse ensuite inexorablement vers le "trip" mystico-kaléidoscopo-chamanique dont le rapport avec le support original
(d'après ce qu'on m'en a dit, je rappelle n'avoir jamais lu la bande-dessinée) est loin d'être flagrant. D'ailleurs, ci et là, c'est surtout cette "dérive" hallucinatoire de Jan
Kounen qui a divisé les spectateurs (certains adorant, d'autres détestant). Moi-même, si j'ai adoré certains
morceaux du film (le perso incarné - ou plutôt désincarné ^__^ - par Djimon Hounsou, celui de Michael Madsen, ou encore les conflits intérieurs du héros), les phases de délires
spirituelles et numériques m'ont gavé jusqu'à l'overdose. À cause de celà, Blueberry, l'expérience secrète
m'a relativement laissé de marbre (je n'ai d'ailleurs pas bien compris l'utilité de certaines scènes, comme la fornication
maritime entre le barbu hirsute et la toison foisonnante...). J'en attendais un film nerveux dans la verve de Dobermann, il n'en est rien. De plus, la longueur excessive de la
dernière partie renforce cette impression d'absence de rythme. En clair, on se fait quand même un peu chier.
Au final, ceux qui attendaient un bon petit western classique devraient vite passer leur chemin ; on n'est ni chez John Ford, ni
chez Sergio Leone et encore chez Clint Eastwood. Pour les autres, je ne sais pas vraiment quoi leur conseiller. Cela dépend un peu de la façon qu'à chacun de visionner un film et d'en apprécier
les fantaisies du réalisateur. ; même si les allergiques aux films abstraits devraient également s'abstenir. Personnellement, j'aurais vraiment adoré aimer ce film ; mais trop d'incompréhension
vis-à-vis de certaines scènes m'ont gâché le plaisir. J'avoue que c'est dommage et peut-être que j'y reviendrai (à un moment plus propice sûrement). Pour l'instant ,je reste avec la
désagréable impression d'être passé à côté d'un chef-d'œuvre d'originalité remarquablement mis en scène, bien interprété, mais trop osbcure dans ses ambitions. Un peu plus tard, et malgré ses
défauts, 99 Francs m'aura permis de renouer avec la folle énergie que j'avais tant appréciée chez Jan Kounen dans Dobermann. Concernant, Blueberry, l'expérience secrète, je vous laisse seuls juges...
Par Shin
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Publié dans : Cinéma
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Tu as raison pour Blueberry, je ne suis pas fan du procédé employé par Jan Kounen dans la dernière partie du film. Cela dit, c'était bien moins insupportable que dans The Fountain...
Amicalement,
Shin.