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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Blueberry, l'expérience secrète

Blueberry, l'expérience secrète
Réalisé par Jan Kounen, sorti le 11 février 2004

Avec Vincent Cassel, Michael Madsen, Juliette Lewis, Djimon Hounsou, Eddie Izzard, Temuera Morrison ...

"Mike Blueberry (Vincent Cassel) est marshall d'une petite ville tranquille à la frontière des terres indiennes. Tout bascule le jour où un mystérieux tueur, Wally Blount (Michael Madsen), transforme la bourgade en brasier. Il est à la recherche d'un trésor indien situé dans les montagnes sacrées. Blueberry part à sa poursuite, aidé par Runi (Temuera Morrison), un chamane indien avec qui il a grandi. Les deux hommes doivent empêcher le tueur de pénétrer dans le sanctuaire. Mais là-bas, au coeur des montagnes sacrées, c'est aussi ses démons intérieurs que Blueberry devra combattre ..."



Mon avis : :) http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif



Après avoir dévoré l'hallucinant et bestial Dobermann de Jan Kounen (également avec Vincent Cassel) qui fut l'une des mes plus grosses claques cinématographiques (je ne pensais alors plus le cinéma français être capable d'une telle folie), j'attendais ce Blueberry, l'expérience secrète non sans une certaine impatience (mêlée à une certaine crainte aussi, les ambitions annoncées du réalisateur m'ayant quelque peu laissées perplexe). Exit donc l'anti-héros de Joël Houssin puisque Jan Kounen porte cette fois-ci sur grand écran la fameuse bande-dessinée du duo Jean-Michel Charlier / Jean Giraud. Pour ma part, même si je la connais de nom, j'avoue ne jamais l'avoir lue (tellement à faire, et si peu de temps...). Bonne chose ou non pour appréhender cette adaptation cinématographique ? Je ne sais pas... Voici en tout cas, en l'espèce, ce que j'ai pensé du film de Jan Kounen.

 

Si la première partie du film me paraît relativement accessible à tout le monde (par son traitement finalement assez classique), la seconde est certainement bien plus difficile d'accès selon moi. À l'instar du The Fountain de Darren Arenofsky (qui m'avait terriblement décontenancé, et surtout bien emmerdé...), soit on s'imprègne complètement de l'aura de mystère et de spiritualité que met en place le réalisateur (principalement développée dans la seconde partie donc), soit on y reste totalement hermétique. Malheureusement, c'est dans la seconde moitié que je me range. Car si, d'une manière différente (c'est seulement pour illustrer mon propos), j'avais complètement adhéré aux délires visuels de Las Vegas Parano, Trainspotting ou même Tueurs nés, je me suis senti totalement largué par cette seconde moitié du film pleine d'images, certes enivrantes mais vite soûlantes, et dont le sens m'a quelque peu échappé...

Blueberry, l'expérience secrèteVincent Cassel en cowboy, c'est quand même plus la classe que Franck Dubosc (ceux qui ont subi Cinéman comprendront... ^__^)

Au départ, tout semble nous annoncer un western à la fois efficace et original (ce qui ne surprend pas d'un réalisateur de la trempe de Jan Kounen), mais on glisse ensuite inexorablement vers le "trip" mystico-kaléidoscopo-chamanique dont le rapport avec le support original (d'après ce qu'on m'en a dit, je rappelle n'avoir jamais lu la bande-dessinée) est loin d'être flagrant. D'ailleurs, ici et là, c'est surtout cette "dérive" hallucinatoire de Jan Kounen qui a divisé les spectateurs (certains adorant, d'autres détestant). Moi-même, si j'ai franchement bien accroché à certains morceaux du film (les personnages incarnés  par Djimon Hounsou  ou plutôt désincarné en l'occurrence ^__^ – et Michael Madsen, ou encore les conflits intérieurs du héros), les phases de délires spirituelles à grand renfort d'effets numériques m'ont  franchement gavé jusqu'à l'overdose. À cause de celà, Blueberry, l'expérience secrète m'a relativement laissé de marbre (je n'ai d'ailleurs pas bien compris l'utilité de certaines scènes, comme la fornication maritime entre le barbu hirsute et la toison foisonnante...). J'en attendais peut-être trop un film nerveux dans la verve de Dobermann, ce qu'il n'est manifestement pas ; la longueur excessive de la dernière partie renforcçant d'autant plus cette impression d'absence de rythme, et le sentiment d'ennui qui en découle. En clair, on se fait quand même un peu chier.

Au final, ceux qui attendaient un bon petit western classique devraient vite passer leur chemin ; on n'est pas plus chez John Ford que chez Sergio Leone ou encore chez Clint Eastwood. Pour les autres, je ne sais pas vraiment quoi leur conseiller. Cela dépend un peu de la façon qu'a chacun de visionner un film et d'en apprécier les fantaisies du réalisateur ; même si les allergiques aux films "expérimentaux" devraient propablement s'abstenir. Personnellement, j'aurais vraiment adoré aimer ce film ; mais trop d'incompréhension vis-à-vis de certains choix artistiques m'ont gâché le plaisir. J'avoue que c'est dommage et peut-être que j'y reviendrais (à un moment plus propice sûrement). Mais je reste pour le moment avec la désagréable impression d'être passé à côté d'un chef-d'œuvre d'originalité remarquablement mis en scène, bien interprété, mais par trop osbcur dans ses ambitions. Un peu plus tard 99 Francs, malgré ses défauts (la fin notamment que je trouve moins forte que celle du bouquin),  m'aura permis de renouer avec la folle énergie que j'avais tant appréciée chez Jan Kounen dans Dobermann. Concernant, Blueberry, l'expérience secrète, je vous laisse seuls juges...


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benoît 03/11/2010 11:45



Le problème est complexe : Si on décortique grossièrement le film, on a : le scénario, le jeu d'acteur, la photographie/le son, les effets speciaux, et le message / le sujet profond du film. Je
pense que tous s'accorderont à dire que le jeu d'acteur est très bien, que la photographie et les effets sonores sont jolis (un peu "pub" parfois). Je ne remets pas en question la critique
globale sur le scénario comme quoi il est naze, que ça n'a rien à voir avec la BD, que c'est troué par des ellipses intolérables, et que c'est assez ennuyeux. L'essentiel paraît donc raté.
Pourtant, c'est fou comme les fans de la BD ne connaissent rien son auteur! Sachez que Jean Giraud a cette facette ( réaliste, concret, ancré dans l'histoire) mais qu'il en a une autre sous le
nom de Moebius (une référence en matière de fantastique, de science fiction et d'ésotérisme). Lui a vraiment compris le film, ainsi que tous les initiés à l'art de Moebius et à l'ésotérisme. Jan
Kounen a fait ce film uniquement pour ces initiés et n'a pas levé le petit doigt pour aider la majorité qui est forcément larguée. En cela ce film a mérité son échec.
Dommage car les effets spéciaux et le sens du film (susnommés) sont absolument prodigieux et courageux. Jamais voyage astral n'a été mis en images avec autant de précision, et dans tant de
dimensions différentes. Jamais un film n'a parlé de ce sujet avec autant de sérieux et de foi. Pour cela ce film ( ou plutôt cet essai cinématographique) est génial. Pour tout le reste, oui , il
est bâclé.



locutus57 11/06/2008 18:03

Une grande déception pour ma part. Je me suis vraiment énervé puis ennuyé devant ce long (très long) délire mystique du film. Dommage car le casting était intéressant.

Syncers 30/05/2008 19:36

C'est un film que j'aimerais bien voir

Thib 21/04/2008 15:02

Salut Shin, merci pour des nombreux commentaires.

Blueberry est un film que j'ai beaucoup apprécié mais je comprends très bien qu'il puisse déranger car il traite du chamanisme d'une manière assez déroutante avec des images qui ne sont pas forcément très compréhensibles.

Thib.

Shin 17/05/2008 17:06



Bonjour Thib,

Tu as raison pour Blueberry, je ne suis pas fan du procédé employé par Jan Kounen dans la dernière partie du film. Cela dit, c'était bien moins insupportable que dans The
Fountain...

Amicalement,

Shin.