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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Jumper

jumper-dougliman.jpgRéalisé par Doug Liman, sorti le 20 février 2008

Avec Hayden Christensen, Samuel L. Jackson, Jamie Bell, Rachel Bilson, Diane Lane, Tom Hulce ...

"Depuis qu'il a découvert qu'il pouvait se téléporter n'importe où sur terre, le monde n'a plus de limite pour David Rice (Hayden Christensen). grâce à son pouvoir, il peut déjeuner en Egypte sur la tête du Sphinx, passer la journée à faire du surf en Australie, dîner à Paris et prendre le dessert au Japon. Les murs ne l'arrêtent plus et aucun coffre de banque ne lui résiste. Libre comme personne, David vit dans l'insouciance la plus totale, jusqu'à ce que..."




Mon avis :  http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif


 

Adapté d'une fameuse nouvelle de Steven Gould sortie en 1992, Jumper est le nouveau film d'un des spécialistes du film d'action à la fois moderne et efficace : Doug Liman (l'instigateur de la saga Bourne via La Mémoire dans la peau, mais aussi le cupidon qui a réunit  le couple ultra glamour Brad Pitt et Angelina Jolie via Mr. & Mrs Smith). En 1999, il avait également réalisé l'iconoclaste Go avec Katie Holmes. Déjà, sa mise en scène était prometteuse et, depuis, il n'a pas dépareillé. La Mémoire dans la peau (que, contrairement à une majorité, j'ai préféré aux suites du néanmoins talentueux Paul Greengrass) comme Mr. & Mrs Smith m'avaient beaucoup plus par leur efficacité autant que par leur nature de divertissements luxueux et astucieux.

En outre, Jumper marque le retour de Hayden Christensen en haut de l'affiche. Ce qui ne lui était pas réellement arrivé depuis le dernier opus de la saga Star Wars. De ce fait, il renoue ici avec le fantastique et affronte une nouvelle fois Samuel L. Jackson (inoubliable Mace Windu de la saga de George Lucas). À ce duel au somment vient se greffer l'interprète de Billy Elliot, Jamie Bell (dans un rôle à contre-emploi surprenant), et l'une des héroïnes de la série Newport Beach, la charmante Rachel Bilson.

À la fois en raison du "retour" de Hayden Christensen, à la présence du talentueux Doug Liman derrière la caméra, et à un effet d'annonce le présentant comme la nouvelle référence du genre, il est peu dire que Jumper était attendu au tournant. Et si la presse comme une partie des spectateurs semblent s'être déchaînés sur ce film, j'y ai pour ma part trouvé un certain plaisir à le suivre (cas de figure que j'avais déjà rencontré avec
Hitman qui s'était finalement révélé être un divertissement assez recommandable, malgré tout le mal qui en avait été dit).

Concernant l'histoire tout d'abord, elle part d'un postulat assez classique qui n'est pas sans rappeler X-men. En effet, un peu partout dans le monde, des individus développent des pouvoirs paranormaux (en l'occurrence, la faculté de se téléporter en instant là où leur pensée le souhaite). Par peur d'être rejetés par les humains "normaux", les "jumpers" ont pris l'habitude de vivre reclus et de ne pas faire de démonstration publique de leurs facultés. Néanmoins, une société secrète est bien décidée à éradiquer ces "anormaux" en envoyant des guerriers sur-entraînés les traquer et les éliminer. Ceux-là sont appelés les "paladins" et leur origine semble remonter au temps de l'Inquisition. Cette trame, assez banale donc, n'est pas aussi finement menée que par Bryan Singer avec les fameux mutants de Marvel ; en grande partie à cause de trop nombreux trous dans le scénario et des dialogues parfois peu inspirés. Toutefois, le film de Doug Liman parvient à placer les prémices d'un univers prometteur où, à l'instar des vampires d'Entretien avec un vampire ou des immortels de Highlander, les jumpers seront confronter à l'incompréhension et à la haine des  simples mortels,  mais surtout à une solitude extrême.

Mais surtout, on ressent assez vite les similitudes entre les deux réalisations de Doug Liman que sont La Mémoire dans la peau et Jumper. Dans les deux cas, le héros est traqué par une sorte de cellule para-gouvernementale et évite de tisser des liens trop étroits avec les humains (et ne pas les mettre en danger). Ce qui va l'amener à se déplacer continuellement à travers le monde. Chose bien plus aisée ici pour David Rice que pour Jason Bourne ; ce dernier devant se contenter des moyens conventionnels (malgré tous les contrôles, il voyage d'ailleurs en avion avec une facilité déconcertante) quand l'autre n'a besoin que de la seule force de son esprit. De ce fait, le film nous emmène à travers une multitude de paysages aussi divers que variés : New-York à Paris, de Tokyo à Rome, de Sydney  à Londres, en passant par le désert du Sahara et les étendues arctiques. Dépaysement garanti.

La mise en scène très particulière de Doug Liman (photographie poussiéreuse et caméra à l'épaule) permet à Jumper de nous donner une impression d'immersion qui n'est pas sans rappeler celui de La Mémoire dans la peau. Cette réalisation efficace est également servie par des effets spéciaux à la pointe de la technique. Le rendu des "sauts" est très agréable (même si peu novateur, X-men 2 oblige), les combats énergiques (aidés en cela par des chorégraphies impeccables et d'inflexibles paladins particulièrement voraces) et les cascades sensationnelles (je pense notamment à la fabuleuse scène avec le bus). D'un point de vue purement visuel, Jumper est une réussite majeure (je tiens aussi à saluer le remarquable travail de l'équipe technique sur les décors qui sont de grande qualité) ; si on passe outre quelques incohérences risibles (comme cette improbable résistance des jumpers aux courants à haute tension...).

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Le premier qui se moque de mon sabre s'en prend une !

Toutefois, car il y a un bémol, le film souffre trop pesamment de son scénario qui survole plein d'idées mais n'en développe aucune suffisamment. Du coup, on a plus le sentiment d'assister un préambule qu'à un véritable film.  Ainsi, lorsque la fin arrive, elle laisse un goût d'inachevé regrettable. Le personnage de Samuel L. Jackson n'a clairement pas montré tout son potentiel et celui de Diane Lane n'est que vaguement abordé (alors qu'il y aurait eu vraiment moyen de développer un peu plus). Bien sûr, le film ayant été construit comme le premier d'une saga, ces "absences" peuvent se comprendre, mais, malgré tout, je reste persuadé que le scénario (et donc le film) aurait grandement gagné à être plus travaillé ; surtout que le film ne dure à peine plus d'1h30 (20 minutes de plus n'auraient pas été du luxe pour cela).

Concernant le casting enfin, Hayden Christensen et Samuel L. Jackson ne m'ont pas convaincu plus que ça. Ils ne sont pas mauvais, mais pas exceptionnels non plus. En revanche, le personnage joué par Rachel Bilson est assez foireux et la romance qu'elle entretient le héros bien peu passionnante (un peu niaise, même). En revanche, j'ai adoré celui interprété par l'excellent Jamie Bell (et qui mérite d'être plus amplement développé dans les hypothétiques séquelles). Clairement, c'est le personnage le plus charismatique du film.

Au final, Jumper est un film efficace et spectaculaire dont j'espère sincèrement que la suite (si elle se fait) laissera une part plus importante à l'approfondissement du scénario et au développement psychologique des personnages. Peut-être sera-t-il alors le préambule d'une grande saga. En attendant,
même s'il se suit avec plaisir, le film n'en demeure pas moins qu'un simple divertissement honnête qui se voudrait ambitieux, mais manque surtout de saveur .


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Elodie 14/07/2008 12:48

il est certain que le développement du film et l'approfondissement psycologique des personnages ne seraient pas un luxe! les effets spéciaux ont beau être bons, le scénario est prévisible et Hayden Christensen ne connait que deux émotions : "waou jsuis trop amoureux elle est trop belle" et "aïe je souffre" (et encore on n'y croit pas!)

Syncers 30/05/2008 19:36

Super le film

cinecritik 04/04/2008 22:58

pour répondre à ta question, oui j'ai bien aimé jumper : même si la réalisation est un peu "classique", elle réussit à nous transporter et à nous faire voyager. D'où mon "jumpez au cinéma" pour dire que ça vaut le coup. A bientôt !

Cinéphile Amateur 31/03/2008 18:18

Divertissant même si il y a un arière gout de deception devant un film qui paraissait plus prometteur.

Shin 17/05/2008 16:37



Salut Vlad !

En effet, on aurait pu espérer bien mieux de Jumper qui n'est au final qu'un divertissement un peu plat...

Amicalement,

Shin.