PARIS (AFP) — L'une des figures du journalisme sportif, Thierry Gilardi, qui assurait les commentaires des grandes rencontres de football sur TF1, est décédé mardi après-midi à l'âge de 49 ans des suites d'une crise cardiaque qui l'a frappé dans la matinée, a-t-on appris auprès de TF1.
Un regard clair, un large sourire sur un visage hâlé et des convictions. Thierry Gilardi alliait rigueur et chaleur, qu'il déclinait devant les caméras. Mais aussi dans la vie.
Lecteur du journal L'Équipe depuis l'âge de six ans, il a toujours été passionné par le sport, en particulier le
ballon ovale qu'il a commencé à jouer à 11 ans à l'école de rugby de Saint-Germain-en-Laye (la ville où il est né le 26 juillet 1958) et qu'il a pratiqué jusqu'à l'âge de 28 ans. Un jour
qu'il fut titillé dans un entretien donné à Nicolas Augot au sujet des rugbyphiles d'"haut dessus de la Loire" à la "famille du rugby" pour une édition Spéciale Stade
français Paris du magazine mensuel Attitude Rugby de la manière suivante : "Mais Saint-Germain-en-Laye, c'est bien le chef-lieu des Yvelines, en Île-de-France. Ça sent à
plein nez le rugby "sans accent"..., il répondit : "Il ne faut pas oublier que le Comité Île-de-France est le premier de France par le nombre de licenciés et que Saint-Germain-en-Laye
est le club formateur de Franck Mesnel...".
Diplômé de Sciences Po Paris, ancien journaliste à France Inter et Canal Plus, Thierry Gilardi avait rejoint TF1 le 1er janvier 2005 pour assurer les commentaires des matches de football en remplacement de Thierry Roland, avec pour objectif de "renouveler le commentaire sportif". Associé au consultant Jean-Michel Larqué, il commentait les matches de l'équipe de France ainsi que les rencontres de Ligue des Champions. Il présentait également l'émission hebdomadaire Téléfoot. Depuis son arrivée à la chaîne privée, il avait su populariser son style très professionnel pour devenir l'une des figures du sport français. Car Thierry Gilardi a longtemps incarné la chaîne cryptée Canal Plus, qu'il avait rejointe en 1987, après avoir fait ses débuts à France Inter en 1982.
Commentateur des grands directs de football pour la chaîne cryptée à partir de 1992, puis présentateur de Jour de foot de 1992 à 95 et de L'Équipe du dimanche de 1995 à 2002, Thierry Gilardi a également été rédacteur en chef football de 1997 à 99, directeur adjoint, rédacteur en chef du service des sports et directeur de la rédaction des sports de Canal (entre 1999 et 2001).
Passionné de rugby, Thierry Gilardi, francilien d'origine italienne, était également vice-président du Stade Français (Top 14) depuis 2001. Il avait d'ailleurs commenté les principales rencontres de la Coupe du monde de rugby sur TF1, en septembre et octobre derniers, étalant la même aisance et la même connaissance que pour le football. "Il nous avait rejoints il y a sept ou huit ans, a commenté Max Guazzini, le président du Stade Français. C'était quelqu'un de bon et de passionné". Thierry Gilardi, amateur de cigares, aimait partager les moments intimes de l'équipe parisienne. "Il remettait les maillots aux joueurs argentins les veilles de finale. C'était la tradition", se souvient Max Guazzini.
Thierry Gilardi, qui devait assurer mercredi soir le commentaire de la rencontre amicale de football entre la France et
l'Angleterre, était marié et père de trois enfants.
Réactions à sa mort :
Jean-Pierre Escalettes (Président de la Fédération française de football) : "Je tiens tout particulièrement, au nom de la Fédération française de football ainsi que celui de toute la
famille du football français, à exprimer notre profonde tristesse suite à la disparition de Thierry Gilardi. Le monde du sport français et celui des médias viennent de perdre, cet après-midi, une
personnalité qui, aux yeux de tous, incarnait la passion et le professionnalisme. En mon nom et celui de la FFF, je transmets mes plus sincères condoléances à sa famille et ses amis."
Gérard Houllier (Directeur technique national) : "C'est non seulement en tant que Directeur technique national, mais surtout en tant qu'ami que je tiens à exprimer ma très grande
tristesse suite à la disparition de Thierry. A travers ce moment douloureux, toutes mes pensées et tout mon soutien vont à son épouse et à ses enfants. Thierry restera dans nos coeurs un homme de
passion, de joie de vivre et de grande compétence."
Max Guazzini (Président du Stade Français) : "C'était quelqu'un de bien, passionné, profondément droit et gentil. Il avait des convictions et un savoir-faire. C'était une figure du
monde du sport."
Michel Denisot (Canal +) : "Thierry, c'est quelqu'un qui avait un appétit de vie, un appétit professionnel jamais rassasié. Il avait toujours beaucoup d'exigences. Il avait un côté
insatisafait et c'était uniquement pour faire avancer notre travail, le traitement journalistique à la télévision."
Thierry Roland (commentateur sportif, M6) : "C'était un garçon très attachant, toujours souriant, la joie de vivre personnifiée. Je crois que c'est l'image qu'il faut garder de lui,
l'image d'un grand sourire, d'un grand éclat de rire. C'était un mec en or, vraiment"
Frédéric Thiriez (Président de la Ligue National de Football) : "Je suis bouleversé. C'était un très grand professionnel et un être humain d'une très grande qualité et intégrité.
C'était devenu un ami. Tous ceux qui aiment le football sont aujourd'hui en deuil et s'inclinent devant sa famille et ses amis."
Personnellement, sans être un grand amateur de football (davantage de rugby sans pour autant le suivre
assidûment), j'avoue que c'est une personnalité que j'appréciais beaucoup. Et puis, mourir à 49 ans au sommet de la gloire en laissant une femme et trois enfants, c'est
moche...
On retiendra aussi l'attitude plus que discutable de TF1 qui n'en parle même pas dans un petit bandeau
d'information (qu'on ne me dise pas qu'ils ne sont pas au courant quand même !), mais se contente de diffuser ses programmes habituels comme si de rien n'était ; y compris une auto-promo
pour le match France / Angleterre de demain soir (que Thierry Gilardi devait commenter, mais qui n'est ici accompagnée d'aucun commentaire). Ça aussi, c'est moche...
Brêves de comptoir