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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Da Vinci Code

Da Vinci Code
Réalisé par Ron Howard, sorti le 17 mai 2006

Avec Tom Hanks, Audrey Tautou, Jean Reno, Ian McKellen, Alfred Molina, Paul Bettany, Jean-Pierre Marielle, Étienne Chicot ...

"Une nuit, le professeur Robert Langdon (Tom Hanks), éminent spécialiste de l'étude des symboles, est appelé d'urgence au Louvre : le conservateur du musée a été assassiné, mais avant de mourir, il a laissé de mystérieux symboles. Avec l'aide de la cryptologue Sophie Neveu (Audrey Tautou), Langdon va mener l'enquête et découvrir des signes dissimulés dans les oeuvres de Léonard de Vinci. Tous les indices convergent vers une organisation religieuse aussi mystérieuse que puissante, prête à tout pour protéger un secret capable de détruire un dogme deux fois millénaire. De Paris à Londres, puis en Écosse, Langdon et Sophie vont tout tenter pour déchiffrer le code et approcher les secrets qui remettent en cause les fondements mêmes de l'humanité..."




Mon avis
(très mauvais) :
L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.




Je pense qu'il est désormais inutile de vous parler en détails du best-seller de Dan Brown qui se vendit à plusieurs dizaine de millions d'exemplaire de par le monde. Inutile également de vous rappeler la polémique qui entoura sa sortie (en partie parce que l'auteur sous-entendait que son ouvrage énonçait une vérité, alors qu'il ne s'agissait à l'évidence que d'une simple fiction ; et aussi parce que de nombreux auteurs contestèrent la paternité des réflexions émises dans le bouquin a posteriori), et contribua grandement au succès de l'œuvre. C'est pourquoi je concentrerai surtout mes efforts sur cette adaptation cinématographique sortie il y a près de trois ans. Un temps envisagé par Joel Surnow comme support  narratif à une saison de 24 heures chrono, le projet changea nettement de direction lorsque Dan Brown refusa l'offre du co-créateur de la série qui fit de Jack Bauer l'une des plus grandes icônes télévisuelles modernes. Dès lors, le scénario passa entre différentes mains avant de finir dans celle du fameux scénariste Avika Goldsman qui – hormis en de trop rares occasions – s'est souvent illustré par le caractère plus que douteux de ses compositions (Batman Forever et Batman & Robin de Joel Schumacher c'est de lui, Perdus dans l'espace de Stephen Hopkins et – plus tard – Je suis une légende de Francis Lawrence c'est de lui aussi). Rien de très rassurant donc. Toutefois, en confiant cette adaptation cinématographique à Ron Howard (un réalisateur à la filmographie inégale, mais plutôt honorable à défaut d'être renversante), les grands pontes de Sony Pictures dissimulaient à peine leurs intentions de livrer un blockbuster classique et clairement calibré "grand public" susceptible de faire exploser le box-office (ce qui ne manqua pas, le long-métrange engrangeant plus de 750 millions de dollars dans le monde). Cela dit, l'association entre les deux hommes le réalisateur Ron Howard et le scénariste Avika Goldsman ayant déjà abouti à deux films plutôt efficaces (Un homme d'exception et De l'ombre à la lumière), on pouvait légitimement s'attendre à quelque chose de finalement assez sympathique. Et ce, en dépit d'une campagne marketing à la limite de la saturation médiatique (et franchement gonflante à la longue) et de critiques de la presse spécialisée plus assassines les unes que les autres (l'accueil lors de la première à Cannes ayant été pour le moins glacial). Comme je ne trouve pas particulièrement intéressant de tirer sur l'ambulance en règle générale, j'aurai préféré vous dire que Da Vinci Code est un excellent film. Malheureusement, c'est loin d'être le cas...

Pour commencer, aussi intéressantes que pouvaient être les questions soulevées par le roman original de Dan Brown, force est d'avouer que sa lecture n'était déjà pas des plus passionnantes. Cette grande chasse au trésor historique devant nous amener jusqu'au Saint Graal possédait certes de sérieux atouts (l'intrigue étant honnêtement plutôt prenante), mais le style ampoulé de l'auteur avait tendance à rendre la lecture particulièrement laborieuse à force d'informations et de révélations assénées sans aucune subtilité, ni grande logique (noyant le lecteur sous un flot incessant de données, jusqu'à le perdre définitivement en chemin). Néanmoins, une adaptation cinématographique devant par nature tailler dans le vif et concentrer suffisamment l'histoire pour faire tenir l'essentiel sur une durée raisonnable, le Da Vinci Code version Ron Howard aurait dû assez logiquement corriger ce problème. Malheureusement, s'il est difficile de reprocher quelque chose au scénario Avika Goldsman pour ce qui est de sa fidélité concernant le matériau d'origine (quoique, si on considère ce final risible...), les choix narratifs et filmiques de Ron Howard ont de quoi laisser dubitatifs. Tout d'abord, Da Vinci Code manque assez nettement d'un véritable point de vue artistique. Alors qu'un Peter Jackson avait par exemple su préserver l'univers du roman de J.R.R. Tolkien tout en y insufflant son propre regard afin de parvenir à un subtil et audacieux mélange pour sa trilogie du Seigneur des Anneaux, le film de Ron Howard manque cruellement de personnalité. Certes, on pouvait s'attendre à un certain académisme de sa part, mais certainement pas à ce qui était déjà presque ridicule à l'écrit devienne aussi risible à l'écran. L'ennui guette donc très (trop) vite le spectateur. Et si la mise en scène de Da Vinci Code n'est déjà pas fameuse (et ne parlons même pas de l'atroce photographie dont est affublé le film, renforçant d'autant plus l'aspect téléfilm de luxe de l'ensemble), ce n'est vraiment rien en comparaison de son montage complètement catastrophique. Les premières scènes dialoguées, supposées explicatives, sont d'ailleurs à l'image de la totalité du long-métrage : inutilement étirées, d'une platitude déprimante et dépourvues de tout intérêt. Prisonnier de ce qu'on lui montre, le spectateur n'aura alors d'autre choix que de suivre passivement ce qui se passe à l'écran en attendant que la scène (et par extension, le film) ne se termine. Pire que tout, le grand sérieux avec lequel le réalisateur emballe l'ensemble n'aide vraiment pas la pilule à passer.

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« I've been a bad bad boy, father... »

En effet, il faut une très grande force de caractère pour ne pas exploser de rire (ou pleurer de dépit) à chaque fois qu'un personnage balance
avec une grandiloquence absolue – des répliques prétendument érudites, et surtout hautement ridicules en l'espèce. D'autant plus lorsqu'il s'agit de résoudre une énigme à peine plus tordue qu'une édition junior de Fort Boyard. Comme je l'évoquais un peu avant, on peut  en effet difficilement prendre au sérieux les astuces scénaristiques de Dan Brown lorsqu'elles se traduisent de la sorte à l'écran. Le clin d'œil à l'Homme de Vitruve semblait assez bien pensé dans le roman mais, en l'espèce, on a du mal à concevoir comment ce vieil homme mourrant a ainsi pu réussir à trouver le temps nécessaire pour traverser la moitié du Louvre (pourtant pas réputé pour sa petitesse) et y disséminer tous ces indices dignes du Père Fouras en personne (oui, le jeu de France 2 a énormément marqué ma jeunesse). Pour le reste, je m'attarderai pas plus sur toutes les incohérences de l'histoire (et elles sont nombreuses). Même si on pourra quand même déplorer aussi la maladresse totale avec laquelle Ron Howard la fait progresser (notamment lorsqu'il s'agit d'y inclure des flachbacks très mal intégrés), ses choix artistiques douteux (s'attardant sur les détails en négligeant l'essentiel) et son recours systématique aux subterfuges les plus éculés pour souligner artificiellement chaque sursaut de l'intrigue (Hans Zimmer, qu'on a déjà connu franchement meilleur, signant peut-être même la composition musicale la plus lourde de sa carrière). Si les spectateurs qui connaissent déjà le livre ne pourront que pester devant cette coquille cinématographique vide, les autres risquent rapidement d'être noyer dans l'absconse complexité du film (difficilement à abordable à qui ne connait pas déjà l'histoire) et trouver le temps encore plus effroyablement long (rappelons que long-métrage dure quand même plus de cent cinquante minutes dans sa version cinéma). Surtout que Da Vinci Code ne fait aucun effort pour élever son rythme ; les scènes d'action étant aussi rachitiques qu'affreusement grotesques (à ce titre, on retiendra surtout cette risible course-poursuite à bord d'une surpuissante... Smart). Enfin, ceux qui auront le courage d'aller jusqu'au bout auront tout le loisir de savourer une séquence finale tellement ridicule (surtout lorsqu'on connait le livre) qu'elle nous ferait presque regretter celle d'Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal. C'est dire...

Dans ces conditions, on pardonnera donc aisément le manque de conviction flagrant de l'ensemble du casting. Audrey Tautou semble ainsi avoir perdu toute sa grâce naturelle et a bien du mal à donner un peu de constance à son rôle de cruche intégrale (les amateurs du Fabuleux destin d'Amélie Poulain doivent absolument fuir ce film), Jean Reno (qui dégage pourtant un tel de charisme habituellement lorsqu'il est bien dirigé, particulièrement par Luc Besson) parvient l'incroyable "exploit" d'être encore plus monolithique et caricatural en beauf franchouillard que dans le Godzilla de Roland Emmerich (en même temps, ça n'aide pas à garder la classe lorsque son personnage s'appelle Bézu Fache...), Jean-Pierre Marielle doit très certainement encore se demander ce qu'il est venu foutre dans cette affligeante galère et Alfred Molina s'avère complètement inexistant. Au sein de cet immense guêpier, Tom Hanks fait ce qu'il peut pour être crédible dans la peau de ce Benjamin Gates du pauvre (mais n'a pas l'air d'en vouloir plus que ça à Ron Howard – qui l'avait déjà dirigé dans les nettement plus fameux Splash et Apollo 13 – puisqu'il a accepté de poursuivre l'aventure dans le prochain Anges & Démons) ; on aura quand même connu l'acteur oscarisé bien plus inspiré (et mieux coiffé). Héritant de l'un des meilleurs personnages du roman, Paul Bettany s'en sort pas trop mal en revanche et parvient assez bien à retranscrire l'étrangeté dérangeante de ce moine adepte de l'automutilation. Son rôle m'a d'ailleurs rappeler un autre thriller religieux réalisé par Jean-Jacques Annaud, Le Nom de la Rose, qui m'avait laissé une bien meilleure impression (malgré certaines longueurs, il est tout de même fichtrement mieux foutu je trouve). Ne reste alors plus que l'élégant Ian McKellen qui demeure peut-être la seule et unique raison de voir Da Vinci Code. Comme à son habitude, le comédien britannique brille par son interprétation contrastée et est au centre de toutes les meilleurs scènes du film. À lui seul, son personnage ne parvenant néanmoins pas à sauver un long-métrage aussi minable, je vous conseille vivement de vous pencher sur le reste de sa brillante filmographie. Au final, j'aurai aimé enrichir davantage cette chronique rédigée à la sortie de la scéance, mais j'ai en presque tout oublié ; si ce n'est cette désagréable impression de gâchis, d'ennui et de déception. De fait, et alors que la bande-annonce des prochaines aventures de Robert Langdon laisse à présager un résultat du même acabit (avec un Ewan McGregor me semblant très peu inspiré pour ce que j'en ai vu), il y a de fortes chances que le futur Anges & Démons se fasse sans moi ; quand bien même je sais que ce livre est bien meilleur que l'autre. Parce que, merdalors, faut pas abuser non plus !

Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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Wilyrah 05/05/2009 17:12

Sûrement l'un des plus mauvais films que j'ai pû voir ces dernières années. Au niveau du bouquin, une bouse.

Shin 10/05/2009 19:35



Bonsoir Wilyrah,

Le bouquin est quand même "moins pire". Non ?

Déjà, Jean Reno ne s'y ridiculise pas...

Amicalement,

Shin.



locutus57 01/05/2009 22:18

Ca c'est du nanar. Je me souviens mêtre bien marré devant l'absurdité de la chose. Heureusement que j'ai pas payé cher pour le dvd.

Shin 10/05/2009 19:11



Bonsoir locutus57,

Même en tant que "nanar", j'ai trouvé le résultat trop navrant et pitoyable pour trouver la force d'en rire. Dans un sens, je t'envie presque car si j'avais pu le voir sous cet angle-là,
je me serais certainement moins emmerdé...

Amicalement,

Shin.



Chonchon 29/04/2009 11:55

Le livre m'avait scotchée, mais je l'ai lu avant qu'il y ait tout ce buzz autour. L'idée était vachement sympa et le suspense bien maîtrisé. Et puis tout le monde s'est mis à ne parler que de ça... y a eu des cars de touristes sur le circuit spécial Da Vinci Code... le grand n'importe quoi...Le film est arrivé dessus et je crois qu'il a exaspéré tout le monde : trop, c'est trop !Je le regarderai à nouveau dans trois ou quatre ans, pour le voir sous un meilleur jour. Car il n'était certes pas à la hauteur du plaisir que j'avais eu en lisant le livre.

Shin 10/05/2009 19:09



Bonsoir Chonchon,

Même si je n'avais pas trouvé le livre génial, il m'avait plutôt fait passé un agréable moment (je serais même prêt à le relire). Ce qui n'est malheureusement pas le cas de ce triste
foirage cinématographique (que je ne suis pas prêt de revoir un jour en revanche ! ^__^).

Amicalement,

Shin.



Jérôme 28/04/2009 00:18

Bonsoir Shin, tu as parfaitement synthétisé tout le mal que je pense de ce "film". Vu en salle à l'époque (vive la carte illimitée !), je garde le souvenir d'une demie-sieste, bien calé dans le fauteuil de velours !

Shin 10/05/2009 18:54



Bonsoir Jérôme,

Et dire que je pouvais à peine étendre mes jambes dans la salle de cinéma qui projetait ce film. Imagine un peu la grandeur de mon calvaire...

Amicalement,

Shin.



Ys 26/04/2009 15:15

Bon, je n'ai rien perdu ni côté film ni côté livre on dirait. Mais je m'en doutais, et toi tu as perdu ton temps : on n'a pas idée aussi de regarder de pareils films alors que plein de chefs d'oeuvre ne demandent qu'à être revus !

Shin 10/05/2009 18:52



Bonsoir Ys,

Je sais bien, mais j'ai tendance à me laisser tenter par les belles bandes-annonces et les castings alléchants. Mais promis, on ne m'y reprendra plus ! Avec cette saga en tout cas...

Amicalement,

Shin.