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10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 00:00
Réalisé par Stefan Avalos & Lance Weiler, sorti aux États-Unis le 23 octobre 1998


Avec David Beard, Jim Seward, Lance Weiler, Stefan Avalos, Rein Clabbers, Michele Pulaski ...


"Le 15 décembre 1995, deux présentateurs (Stefan Avalos, Lance Weiler) de l’émission de TV “Fiction ou réalité” se rendent en pleine forêt avec l’intention de réaliser le premier reportage en direct sur les traces du légendaire “Diable du New Jersey”. Pour les accompagner, ils engagent un preneur de son (Rein Clabbers) et un médium (Jim Seward). Afin de satisfaire un public de moins en moins nombreux, le groupe à l'idée de retransmettre l'émission en direct sur Internet. Partis dans les bois, les jeunes gens installent un campement à la tombée de la nuit, alors que le médium leur indique les endroits précis où il sentirait le fameux monstre. Les corps atrocement mutilés de deux des hommes seront retrouvés dans les bois, tandis que seul le bonnet et du sang du dernier seront découverts. Seul le médium reviendra vivant. Il va alors être rapidement soupçonné et incarcéré..."

 



Mon avis (passable) :   





Alors que les films de type "cinéma-vérité" font leur grand retour depuis quelque temps sur grand écran (qu'il s'agisse de Cloverfield, Redacted, Diary of the Dead, [REC], de son remake américain En quarantaine ou encore du prochain Paranormal Activity), il est grand temps de s'intéresser à l'un des précurseurs du genre : The Last Broadcast. Le film part d'un postulat simple. Le journaliste David Leigh va mener son investigation afin d'élucider cette étrange histoire de meurtres sordides et démontrer que l'accusé, Jim Suerd, qui vient d'être retrouvé mort dans sa cellule, était innocent. Théorie que l'apparition d'une mystérieuse bande vidéo va rapidement accréditer. Véritable témoignage filmé des évènements qui ont conduits à cette tragédie, cette cassette pourrait bien disculper Jim Suerd. En effet, à l'aide d'une experte nommée Shelly Monarch qui va mettre en place un éditeur d'images pour reconstruire une séquence floue de la bande où apparaît une étrange forme  (qui pourrait bien représenter le véritable responsable de tout cela), la vérité que va découvrir David Leigh risque d'être pour le moins inattendue... Bien sûr, le concept avait déjà été utilisé auparavant (notamment avec l'abominable Cannibal Holocaust ou, plus récemment, avec le caustique C'est arrivé près de chez vous), mais c'est clairement l'engouement phénoménal autour du Projet Blair Witch qui a relancé le genre – succès que parviendra d'ailleurs assez incompréhensiblement à réitérer le fauché Paranormal Activity d'Oren Peli.

 

Pour en revenir au Last Broadcast de Stefan Avalos & Lance Weiler, il est indéniable qu'il présente bien des similitudes avec Le Projet Blair Witch de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez. Et ce, en dépit du fait que la direction empruntée par les réalisateurs tend à les différencier dans leur conclusion et, finalement, leur ambition. Réalisé pour une poignée de dollars encore plus dérisoire que le film culte de Daniel Myrick et Eduardo Sánchez (a priori moins de 1000 $ contre près de 35 000 $), The Last Broadcast sort aux États-Unis de façon très confidentielle le 23 octobre 1998  soit plusieurs mois avant Projet Blair Witch (sorti pour sa part Outre-Atlantique le 28 juillet 1999). Le film de Stefan Avalos & Lance Weiler (qui interprètent d'ailleurs les deux présentateurs de "Fiction ou Réalité" dans le film) a ensuite grandement bénéficié du succès de son "petit frère" trop vite accusé de plagiat (on peut d'ailleurs lire sur la jaquette : "Une terreur aussi forte, aussi réelle que Le Projet Blair Witch."). En effet, comme je soulignais plus haut, si le traitement et les histoires sont proches, l'approche des réalisateurs est suffisamment différente pour n'y voir là qu'un simple curieux concours de circonstances. En outre, Le Projet Blair Witch étant déjà bien avancé lors de la sortie (très discrète) de The Last Broadcast, la coincidence me semble aussi évidente que celle qui explique la résurgence massive de ce genre actuellement.

http://img260.imageshack.us/img260/6409/thelastbroadcast.jpgPour notre équipe de télé, la chose est acquise : il n'y a pas de fumée sans feu...


Pour mettre en scène leur film, les deux réalisateurs ont donc choisi d'emprunter la voie du documentaire horrifique. Bien qu'il soit évident que tous ne goûteront pas de la même façon à ce parti pris, il faut reconnaître qu'ils parviennent à un résultat plus qu'honorable pour une production aussi maigre. Assez efficacement donc, la tension n'aura de cesse d'augmenter durant tout le film à mesure que l'on avancera dans l'enquête des journalistes. Comme on le comprend assez rapidement, et contrairement à la thèse officielle, les meurtres semblent avoir été commis dans des circonstances plus qu'étranges qui tendraient à écarter une simple présence "humaine". Dès lors, l'utilisation de la caméra à l'épaule va une nouvelle fois réussir à impliquer le spectateur dans cette sombre histoire où le surnaturel semble planer. Et ce, il faut bien le reconnaître, en dépit d'un jeu d'acteurs assez approximatif et d'un rythme un brin faiblard par moment. Les images des cadavres sont en revanche vraiment très bluffantes pour un film de cet envergure et la scène qui illustre justement la jaquette du DVD plutôt saisissante. Sans atteindre les sommets de terreur d'un Projet Blair Witch ou d'un [REC] (tout en partageant une même tendance à la maladresse), le film ne s'en sort donc pas pas si mal. Enfin, presque...


En effet, les dernières minutes du film vont complètement  faire retomber à plat une idée de départ pourtant intéressante, par une tentative hasardeuse et peu convaincante d'explication à la Scream à l'époque où ils ont tourné The Last Broadcast, il faut néanmoins rappeler que le long-métrage de Wes Craven finissait à peine d'exploser tous les records au box-office mondial et de relancer totalement l'engouement autour de tout un genre. Pire, si le reste du film est construit comme un documentaire, la fin est tout autre et prend l'aspect d'un film conventionnel. Du coup, ça décrédibilise complètement l'esprit du film de façon plus dramatique encore que la malheureuse séquence du rembobinage dans [REC]. Dès lors, on ne se sent plus du tout impliqué et, en une fraction de seconde, l'illusion de visionner un "vrai" documentaire s'envole inexorablement. Ce qui est d'autant plus dommage que ce revirement de style me semble davantage maladroit que stupide en fin de compte. Néanmoins, malgré ce final raté, et le fait que j'aurais bien aimé que la mythologie autour du Diable du New-Jersey soit plus explicitée, The Last Broadcast est un film intéressant à voir. En dépit de ses maladresses, le film de Stefan Avalos & Lance Weiler comporte donc son lot de séquences effrayantes, mais est surtout une preuve évidente que, l'ingéniosité et le talent aidant, on peut faire de belles choses (à défaut d'être grandioses) avec un budget ridicule (quelques centaines d'euros). Et même si Le Projet Blair Witch offrira plus tard une expérience plus percutante, ça demeure vraiment méritoire.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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