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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Ca$h

Réalisé par Éric Besnard, sorti le 23 avril 2008

Avec Jean Dujardin, Alice Taglioni, Jean Reno, Valeria Golino, François Berléand, Samir Guesmi, Caroline Proust, Jocelyn Quivrin, Christian Hecq, Clovis Cornillac...

"Un arnaqueur évite les agressifs. Et encore plus les agressifs armés. Solal a oublié cette règle. Résultat, il est mort, assassiné par un mauvais perdant. L'affaire aurait dû en rester là. Mais Solal (Clovis Cornillac) a un frère : Cash (Jean Dujardin). Et Cash a décidé de le venger. À sa manière. En élaborant une arnaque de haut vol. Toutefois, l'adversaire est sur ses gardes. Et Cash et ses amis se sont peut-être attaqués à plus fort qu'eux... Dans ce genre d'opération, les alliances se font et se défont, les complices sont parfois des traîtres et les traîtres des complices. À la fin, une seule chose compte : qui est le pigeon ?"




Mon avis :  http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_none.gif http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_none.gif http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_none.gif




Avant de se mettre à la mise en scène, Éric Besnard s'est surtout illustré en tant que scénariste. Outre celui de son premier film, Le sourire du clown sorti en 1999, on lui doit ainsi les scénarios des films Le convoyeur de Nicolas Boukhrief (grâce auquel il a rencontré Jean Dujardin), L'antidote de Vincent de Brus, Travaux de Brigitte Roüan ou encore Le nouveau protocole de Thomas Vincent dernièrement. Dans l'ensemble, hormis peut-être Le convoyeur, rien de bien grandiose, ni de très mauvais. Bien évidemment, il signe également celui de Ca$h. À son sujet, il avoue être nostalgique des films qui ont bercé sa jeunesse tels que L'arnaque de George Roy Hill ou L'affaire Thomas Crown de Norman Jewinson. Il déclare ainsi : "J'ai écrit sans producteur. Mais je m'étais dressé un cahier des charges : aucune violence, de l'élégance, et surtout une fin à la hauteur de la promesse. Je suis donc parti de la fin, en me disant que si je me lançais dans ce film-là, le dernier acte devait absolument être digne du suspense." Bien sûr, la trilogie "Danny Ocean" de Steven Soderbergh semble avoir amplement influencée
Éric Besnard, mais j'en reparlerai davantage plus tard.

Pour incarner cet Arsène Lupin en goguette, il lui fallait trouver un acteur français de la classe d'un Paul Newman, d'un Steve McQueen ou d'un George Clooney. C'est donc Jean Dujardin qui s'y colle et se glisse dans le costume de ce gentleman-arnaqueur, un brin séducteur. Et le rôle lui va franchement très bien, l'acteur s'avérant capable de jouer sur tous les régistres de la séduction : du comique d'un OSS 117 à la classe d'un Ca$h. La grande classe pour celui qui semble bien parti pour prendre la relève de son modèle de toujours, le grand Jean-Paul Belmondo. Il cabriole, fait de l'humour, affiche un sourire ravageur et dégage un charme fou. Face à lui, les autres acteurs semblent nettement moins à l'aise. Jean Reno est assez inexpressif et Valeria Golino extrêmement desservie par la mise en lumière du film (enlaidir à ce point une actrice pourtant si belle tiendrait presque du génie). Le reste du casting est trop peu mis à l'honneur pour s'y arrêter davantage  ; notons toutefois la grâce d'Alice Taglioni, toujours aussi belle (elle s'en sort mieux que son homolgue italienne), qui parvient à donner un peu de consistance à son rôle. Dans l'ensemble, les acteurs ne sont donc pas trop à blâmer et délivrent une prestation honorable (même si certains sont vraisemblablement plus inspirés que d'autres). Fait appréciable : les filles sont ici bien plus mis à l'honneur que dans le film de Steven Soderbergh.

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Même couleurs, mêmes poses, mêmes costards, mêmes cravates, mêmes lunettes de soleil... même film ?

Pour en revenir à Ocean's Eleven et ses séquelles, dont l'influence jusqu'à l'affiche du film, il faut reconnaître que le français n'a pas le talent du réalisateur américain. Il a beau tenter de dresser un casting glamour de stars classes et décontractées,  filmer dans les lieux les plus paradisiaques, complexifier son histoire à l'envi, user d'écrans splités, d'arrêts sur image et de changement de rythme similaires ou encore afficher une bande-originale aux partitions analogues... n'est pas Steven Soderbergh qui veut. Le film d'Éric Besnard manque ainsi cruellement d'originalité sur la forme et surtout de style. À trop imiter son modèle américain, on croirait que le réalisateur cherche davantage à faire un remake "à la française" du film de Steven Soderbergh qu'autre chose

Cette impression est également patente sur le fond tant le scénario semble vouloir nous en mettre plein la vue en multipliant les rebondissements. Ce qui ce fait ici souvent de manière superficielle et trop systématique. Trop de rebondissements tue le rebondissement, le film apparaît donc un tantinet brouillon. Bien sûr, l'intrigue est plutôt intéressante (reconnaissons au réalisateur un talent de scénariste certain malgré tout), mais globalement trop rocambolesque et assortie d'un final exagérément grossier pour être complètement convaincante. D'ailleurs, si on essaie de reconstituer les diffèrents pièces de ce puzzle après coup, on s'aperçoit assez rapidement qu'elles ne s'emboîtent pas toutes les unes aux autres. Ça gâche un peu le plaisir...

Éric Besnard souhaitait faire de Ca$h un film "champagne" avant toute chose ("entre bulles qui pétillent et cristal qui tinte"). L'intention est louable et aurait aimé y croire davantage, mais force est de constater qu'on est quand même plus près du pétillant de superette que du champagne de grand cru. Ça n'est pas mauvais et enivre un moment, mais ça n'a malheureusement pas la même saveur ni le même standing. Ca$h reste quoi qu'il en soit distrayant, mais bien en-dessous de ces modèles et un peu en-deça de que l'on aurait pu espérer (la prochaine fois peut-être ?). Les fans de Jean Dujardin et ceux qui veulent voir un petit film divertissant peuvent néanmoins tenter leur chance.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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Wilyrah 10/06/2008 18:33

A voir en dvd également, ça a l'air sympatoche ^^

Shin 10/06/2008 20:00



Bonsoir Wilyrah,

Je te déconseille quand même de l'acheter. Mais si tu as l'occasion de le voir gratos (à la télé, par exemple), tu peux y aller sans soucis !

Amicalement,

Shin.