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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 23:00
Réalisé par Peter Berg, sorti le 9 juillet 2008

Avec Will Smith, Jason Bateman, Charlize Theron, Jae Head, Daeg Faerch, David Mattey, Martin Klebba, Eddie Marsan ...

"Il y a les héros, les super-héros et il y a... Hancock (Will Smith). Ses superpouvoirs lui ont souvent permis de sauver d'innombrables vies, mais les dégâts monstrueux qu'il fait au passage ont fini par le rendre impopulaire. Les habitants de Los Angeles n'en peuvent plus et se demandent ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter un "héros" pareil. Hancock est une tête de mule irascible qui n'est pas du genre à se soucier de ce que pensent les gens... du moins jusqu'à ce qu'il sauve la vie de Ray Embrey Jason Bateman, un spécialiste des relations publiques. Le super-héros le plus détesté au monde commence alors à réaliser qu'il n'est pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire..."




Mon avis
:
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Contrairement aux apparences, Hancock n'est en aucun cas une adaptation cinématographique de la vie du fameux musicien Herbie Hancock. La première fois que j'ai entendu parler de ce film, en n'ayant bien entendu vu aucune image (pas même l'affiche) ni la moindre trame scénaritisque, j’avoue avoir cru à un moment qu'il allait s'agir de cela. Ce qui n'aurait pas été si étonnant que cela quand on y réfléchit. L'acteur-chanteur Jamie Foxx ayant déjà interprété un Ray Charles épatant dans le biopic signé Taylor Hackford, il n'aurait donc pas été si surprenant que Will Smith (également acteur et chanteur) soit choisi pour incarner le célèbre jazzman ; d'autant plus que Jamie Foxx était à l'honneur du dernier film de Peter Berg, dont Hancock est le nouveau film. Par ailleurs, le cinéaste joue également la comédie quand il ne réalise pas (on l'a dernièrement vu aux côtés de Jason Bateman justement dans le Mi$e à prix de Joe Carnahan, et il se gratifie même ici d'un sympathique caméo en prêtant ses traits à un médecin). Ce qui lui permet d’avantageusement diriger les acteurs de son film ; qu'il s'agisse du fidèle Jason Bateman ou des nouveaux venus Will Smith et Charlize Theron. Mais revenons un peu sur le titre du film. En fait, il fait directement référence à John Hancock (comme le soulignera le film), fameux dirigeant américain (qui fut notamment le premier à signer la Déclaration d'indépendance des États-Unis d'Amérique). Il est toutefois bien question de super-héros, comme bon nombre de films sortant sur nos écrans depuis le revival inspiré par le X-men de Bryan Singer et le succès colossal du Spider-Man de Sam Raimi. Toutefois, Hancock est un blockbuster plutôt atypique dans le sens où il n'est issu d'aucun comic-book (même si certains ont vu le jour après la sortie du film), mais se base sur un scénario original écrit pour l'occasion par Vincent Ngo et Vince Gilligan (à qui on doit un paquet d'épisodes de la série que j'idolâtre, X-Files : Aux frontières du réel). Comme c'était déjà le cas pour Le Royaume, Hancock a également bénéficié de l'expérience de Michael Mann, qui supervise le long-métrage sous la casquette de producteur (ce qui ne l'empêchera pas de faire une petite apparition dans le film sous les traits d'un participant à la réunion des "criminels anonymes"). Mais l'affiche ne laisse pas l'ombre d'un doute, à l'instar de Je suis une Légende de Francis Lawrence, le héros du film c'est Will Smith.

Un Will Smith qui, après avoir campé un Robert Neville notable dans une adaptation bancale du roman de Richard Matheson, a toutes les qualités requises pour camper ce super-héros désabusé ; croisement improbable du gentillet Superman et du jenfoutiste Dude de The Big Lebowski, et dont la devise pourrait être l'opposé de celle de Spider-Man : "Un grand pouvoir (n')impose (pas) de grandes responsabilités". Car charismatique, le gaillard l'est. On a d'ailleurs du mal à imaginer un autre acteur que lui pour incarner Hancock , Will Smith s'avérant un choix aussi inévitable en l'espèce que Robert Downey Jr. ne le fut lorsqu'il endossa l'armure d'Iron-Man. Même si le film de Jon Favreau a néanmoins ma préférence, Will Smith nous livre une prestation remarquable ; apportant ce qu'il faut de nonchalance, d'ironie, de classe et d'humanité à son personnage. Et ce dès la scène d'ouverture où il envoie paître un gosse lui demandant d'intervenir dans une course-poursuite, avant de finalement aller à contre-cœur stopper les fuyards ; n'évitant pas de déplumer quelques piafs au passage, de s'enfiler quelques rasades de whisky dans le goulot et de détruire la moitié d'une portion d'autoroute. Cette scène est d'ailleurs la plus impressionnante du film et il n'est aucunement surprenant d'apprendre qu'elle a nécessité à elle-seule plusieurs semaines de tournage. Le résultat est vraiment bluffant, les effets visuels sensationnels. Et ce tout le long du film, même si je pensais être plus impressionné par la séquence des tornades (faudrait d'ailleurs qu'on m'explique ce que fout ce mec monté sur échasses durant ce passage... à moins que j'ai rêvé ? ^__^). On apprécie également l'humour omniprésent, souvent osé et irrévérencieux (comme lorsqu'il envoie voltiger un sale gosse impertinent ou se "débarrasse" de deux taulards particulièrement envahissants). J'ai également vu un clin-d'œil (involontaire ?) à la trilogie Retour vers le futur de Robert Zemeckis dans la façon dont Hancock réagit lorsqu'on le provoque ("Sale con !") ; elle m'a effectivement évoquée celle de Marty McFly quand on l'insulte ("Personne ne me traite de mauviette, personne !").

À l'instar de son précédent film 
Le Royaume, la mise en scène de Peter Berg fait également la différence pour Hancock grâce à son dynamisme et son audace ; le cadrage à l'épaule vif et la photographie faussement sobre ajoutant au réalisme du film. On est assez loin ici des ambiances colorés ou gothiques d'un Hellboy, d'un Hulk ou d'un Batman. Les effets spéciaux, réussis, s’insèrent en outre à merveille dans ce contexte crédible. Ce qui renforce le côté spectaculaire du film dans ses moments fort (à l'instar des passages où notre "héros-malgré-lui" atterri pataudement sur le bitume, laissé en miettes). D'une efficacité indéniable, le film n'en oublie jamais de demeurer gentiment subversif (notamment lorsque  Hancock tourne en dérision les costumes des super-héros de comics que lui présentent Ray) et d'une profondeur surprenante dans sa façon de redéfinir le statut de super-héros. Mieux maîtrisé que la tentative parodique Ma Super-Ex pas franchement convaincante d'Ivan Reitman et plus palpitant que l'Incassable de M. Night Shyamalan, Hancock ne s'émancipe pas complètement des codes établies du genre (on le verra dans la seconde moitié du film, d'ailleurs moins réussie) mais parvient à les ancrer dans une réalité plus tangible. Se détachant ingénieusement de l'exposition habituelle des pouvoirs du super-héros et de ses origines, le film dissémine sa mythologie progressivement le long de son récit (avec un équilibre bien senti entre les différents rebondissements) avant d'être davantage démonstratif. Dès lors que les mystères se dévoilent, Hancock se rapproche par son statut des demi-dieux  antiques (tel Hercules, Achille ou Samson), les héros originels si j'ose dire et dont les super-héros ne sont rien de plus que l'expression moderne. Hancock rappelle également des œuvres plus modernes comme le manga Dragon Ball d'Akira Toriyama (pour son héros solitaire et incompris aux pouvoirs démesurés), le roman Entretien avec un vampire d'Anne Rice (les questionnements sur sa condition et le tragique de sa destinée) et surtout le film Highlander de Russell Mulcahy (la destinée mélancolique de Hancock est en effet assez proche de celle de McLeod).

Hancock : la force tranquille.

Joyeux melting-pot des différents mythes du super-héros, ne manquant ni d'action ni d'humour, Hancock contient son lot de séquences drolatiques (notamment une scène de "ménage" dans une cuisine assez rock'n'roll) et spectaculaires (la scène d'ouverture en particulier). Et s'il n'oublie pas non plus d'offrir une intrigue intéressante et riche en rebondissements, force est d'avouer que la seconde partie arrive bien trop vite. En effet, le super-héros s'assagit trop rapidement alors que sa nature libertine aurait avantageusement pu être développée (j'aurais adoré voir Hancock se gaver de bière avant d'utiliser une voie "naturelle" pour éteindre un incendie ou ou d’autres délires dignes d’un Shrek). Faire d'un simili-clodo conspué par le public (gavé de pouvoirs, certes) un super-héros adulé est pourtant une idée intéressante. Toujours dans l’idée de "Un grand pouvoir impose de grandes responsabilités", avec ce que cela aurait pu amener de catastrophes et d’excès en tout genre. Mais, le tourbillon facétieux de la première partie s’égare par la suite dans un regrettable torrent de bons sentiments gentillets et assez convenus. De plus, si la révélation du film est une belle idée (assez attendue il est vrai, mais bien amenée), son potentiel est quelque peu gâché par un traitement trop expéditif (il y avait pourtant de quoi faire !). En outre, j’ai trouvé le gang de vilains plutôt falots (même si la référence à Peter Pan et son fameux Capitaine Crochet est un plus appréciable) et la fin assez discutable. Attention, je dévoile la fin du film (il vous suffit de surligner le texte pour le faire apparaître) :

< Début >

Si je mets de côté le clin d’œil final à Batman amusant mais un peu poussif , il y a quand même une chose qui m’a chagriné. Comment se fait-il que ni le personnage de Will Smith ni celui de Charlize Theron ne meurt à la fin ? Pourtant, le cœur de cette dernière s’arrête. Pour ma part, j’aurais cru qu’elle se serait sacrifiée pour que Hancock vive (cela aurait été certainement trop triste pour nos petites tête blondes…). Mais non, les deux vont bien à partir du moment où Will Smith s’éloigne... J' avoue n’avoir pas très bien saisi le lien qui les unit. L’un est indissociable de l’autre alors ? Soit ils vivent tous les deux soit ils meurent… tous les deux ?

< Fin >

Au final, Hancock demeure néanmoins une belle surprise, même si le réalisateur n’exploite pas suffisamment les failles de son super-héros. Et il y a en tout cas largement assez de potentiel pour réaliser un second opus (si tant est qu’il ne soit pas un énième film de super-héros et qu’il se concentre davantage sur le côté dévastateur et incontrôlable du personnage). Bénéficiant d’un esprit déluré et de répliques bien senties dans sa superbe première partie, le film nous offre ce qu’il faut d’action ensuite pour ne pas nous décevoir complètement. De plus, Will Smith y est génial et Charlize Theron plus sublime que jamais. Et même si Peter Berg ne pousse pas assez loin le délire burlesque du film, il s’impose de nouveau (après l’excellent Le Royaume) comme un réalisateur remarquable qui sait allier avec talent divertissement de qualité et réflexion sous-jacente. Surtout, j’ai trouvé que ce Superman irrévérencieux bien plus de gueule que l’insipide super-héros de Bryan Singer. Je sais, ma mesquinerie est gratuite mais j’ai vraiment du mal à digérer qu’il abandonne X-men 3 entre les sinistres mimines de Brett Ratner pour nous pondre un Superman Returns aussi décevant que soporifique…


Films de Peter Berg chroniqués ici : Hancock ; Le Royaume


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

Wilyrah 14/08/2008 21:56

Un film assez sympathique, blockbuster décompléxé. Bon ptit moment.

:0051:Sebiwan 07/08/2008 12:15

Film très intéressant et original car n'est pas tiré d'un comics !
J'ai adoré le concept et le jeu d'acteur de Will Smith.

Elodie 07/08/2008 11:47

Plutot d'accord avec toi, comme le confirmera la critique postée sur mon blog. Néanmoins, juste un point de discorde...je trouve que la première scène du film, même bourrée d'effets spéciaux, n'est pas géniale à ce point. Elle est impressionnante, certes, mais je me disais, "est-ce que ça va être ça tout le film?? si c'est ça, ça va pas le faire". Heureusement non. Il est vrai que les deux parties du film sont nettement différentes, mais franchement on se serait ennuyés si le personnage n'avait pas évolué. Je trouve que même si Hancock s'est "assagi", il garde le côté nonchalant, son humour, mais avec toute la classe et la force que Will Smith est capable de transmettre à ses personnages.

Vance 06/08/2008 19:55

Shin, ta critique se rapproche de la mienne : film intéressant, à fort potentiel, acteurs charismatiques, bon rythme et effets spéciaux convenables mais une seconde partie qui n'assume pas les puissants enjeux dévoilés dans la première. Ca reste du bon spectacle, plus qu'honnête, largement au-dessus des FF ou de Daredevil.

Moskau 06/08/2008 17:12

J'ai pas aimé, j'ai trouvé les dialogues creux (s'il suffisait de dire "tête dans le cul" toutes les 5 minutes pour être politiquement incorrect où drôle ça se saurait...), le scénario avait du potentiel (l'anti héros, le retournement de situation au milieu du film), mais rien n'est vraiment exploité et il ne se passe finalement pas grand chose. Ok Will Smith est bon et les effets spéciaux aussi, mais c'est un peu léger... Déception...

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