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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Les Chiens de paille

Réalisé par Sam Peckinpah, sorti le 9 février 1972
Titre original : Straw Dogs


Avec Dustin Hoffman, Susan George, Peter Vaughan, Del Henney, Ken Hutchinson, Jim Norton, T.P. McKenna, David Warner  ...

"David Sumner (Dustin Hoffman), jeune mathématicien, fuit l'Amérique et son atmosphère orageuse. Il émigre en Cornouailles avec sa femme Amy (Susan George) où il est confronté dès son arrivée à l'agressivité des autochtones. Atteint dans ses convictions, il aura lui aussi recours à une violence qu'il combat..."




Mon avis
:
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Sam Peckinpah devait à l'origine réaliser l'adaptation cinématographique du mythique Délivrance mais, suite à un différent avec la Warner, c'est finalement John Boorman qui s'en chargea (avec la réussite que l'on connaît). Néanmoins, très attaché à l'idée de mettre en scène un film moderne sur la question de la bestialité naturelle de l'homme et de ses instincts primitifs, le cinéaste fut très enthousiasmé en découvrant  le roman de Gordon Williams, The Siege of Trencher's farm, qu'il retravaillera en profondeur avec son co-scénariste David Zelag Goodman (y ajoutant notamment la fameuse scène de viol). Coutumier des univers sombres où la brutalité est radicale et la noirceur omniprésente, Sam Peckinpah avait  jusqu'à présent dépeint ce portrait au vitriol de l'homme principalement dans des westerns d'une redoutable efficacité et d'une violence graphique sans concession (le segment le plus connu étant assurément l'indémodable La Horde sauvage sorti peu de temps avant). Et d'ailleurs, si l'histoire se déroule ici à une époque plus contemporaine, Les chiens de paille sera dans sa structure-même très proche des précédents films de l'auteur et de certains grands classique du genre (notamment dans l'hallucinante séquence finale qui emprunte beaucoup au Rio Bravo de Howard Hawks).

Dès les premières images du générique, le malaise s'installe. On y voit en effet plusieurs enfants s'amuser dans un cimetière, dégradant ce lieu traditionnellement sacré et maltraitant un petit chien dans l'impunité la plus totale. Comme souvent chez le cinéaste, la mise en image de l'enfance est loin d'être anodine. Ils sont censés représenter l'avenir (de façon générale bien sûr, mais aussi à l'intérieur du film). Ils reflètent la façon dont vivent les gens ici et comment ils éduquent leurs gosses : loin de toute notion de respect, de moralité ou même d'autorité. D'emblée, la critique sociale est corrosive envers ces villageois à peine plus civilisés que des peuplades moyenâgeuses. Les relations entre les hommes sont primaires et la violence palpable dans chaque recoin de ce village perdu de l'Angleterre profonde (les rednecks attardés de Délivrance ne sont décidément pas très loin). Quant à la femme, elle est principalement convoitée comme un objet de pur désir sexuel ; en témoignent les regards lubriques qui suivent l'arrivée de la jolie Amy et de la jeune Janice sur la grande place. On comprend rapidement que, en voulant fuir la folie destructrice de l'Amérique et trouver le repos nécessaire pour travailler, David Sumner n'est probablement pas tombé dans le lieu idéal (le mauvais type au mauvais endroit en quelque sorte, si on veut reprendre un refrain connu). La scène de bagarre qui suit dans le bar est également très symptomatique de cette violence (tant physique que morale donc) à laquelle les hommes semblent s'être accoutumés (le barman ne réagit presque pas aux provocations du vieux Tom). Quant à la loi, représentée par ce vieil officier impuissant, elle semble réduite à sa plus simple expression ; les villageois du coin ayant visiblement une conception très particulière de la justice comme on le verra par la suite.

Alors que le sentiment de malaise n'aura de cesse de monter à mesure que le film se déroulera, Les chiens de paille
s'achèvera en effet dans un hallucinant déchaînement de violence sanguinaire qui n'est assurément pas à mettre entre toutes les mains (malgré sa réussite formelle tout bonnement ahurissante). D'autant plus que le film sera également émaillé de quelques scènes de sexe explicite (dont cet insoutenable viol) et que son propos, assez ambigu à certains moments, aura largement de quoi décontenancer. De fait, il  est impossible pour moi de me contenter d'une analyse en surface qui traiterait un peu trop à la légère les thématiques difficiles du film. C'est pourquoi je préviens de suite ceux qui n'auraient pas vu le film de s'abstenir de lire ce qui suit, car je vais m'attarder plus particulièrement sur certains aspects de celui-ci et immanquablement en dévoiler l'histoire...

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/36/08/52/18450988.jpgLa Belle e(s)t la Bête...

Alors que je gardais un excellent souvenir du film, une des premières choses qui m'a frappé (et même choqué) lorsque je l'ai revu récemment, c'est la description de la femme. Immédiatement réduite à sa simple expression sexuelle, Amy apparaît pour la première fois dans un cadrage serré sur sa poitrine recouverte d'un simple pull qui laisse deviner que celle-ci ne porte pas de soutien-gorge. S'agit-il d'une provocation aguicheuse de cette femme frustrée par un mari absent ou d'une simple méconnaissance d'une citadine peu familiarisée avec les coutumes vestimentaires locales (on sait ô combien les notions de mode évoluent de la ville à la campagne) ? Le doute pourrait s'installer, mais lorsqu'on apprend qu'elle a vécu dans ce village par le passé, on est davantage enclin à retenir la première hypothèse.  Impression renforcée lors de la scène où elle exhibe franchement sa poitrine dénudée devant les ouvriers. Surtout qu'elle n'est pas la seule à afficher outrageusement ses formes libidineuses puisque la toute jeune Janice apparaît également dès le début vêtue d'une courte jupe à la limite de l'indécence. Ce n'est pas tant que je fasse mon mijoré (car j'ai plutôt tendance à apprécier les courtes jupes comme tout bon obsédé qui se respecte ! ^__^), mais plutôt le fait que sa tenue vestimentaire dénote clairement dans ce village arriéré. D'ailleurs, David (le "citadin") est le seul habitant du village à rester de marbre face à ce spectacle suggestif (il ignore complètement la jeune Janice et n'est pas beaucoup plus enthousiaste lorsqu'il s'agit d'honorer sa femme). L'intimité du couple est d'ailleurs représentée sans véritable passion et David ne semble pas comprendre ce besoin irrépressible d'affection d'Amy ; visiblement touchée de plein fouet dans sa féminité. Et quand on apprend que Charlie a été l'amant de cette dernière (chose que David va continuer d'ignorer jusqu'à la fin), la scène de viol qui va suivre prendra un caractère d'autant plus ambigu.

Durant tout le film, les protagonistes sont d'ailleurs présentés dans toutes leurs contradictions. Comme on a pu le voir déjà, Amy affiche un comportement sexuel équivoque qui n'est probablement pas étranger au caractère profondément enfantin de sa personnalité (elle semble aussi assez capricieuse et plutôt naïve). Son absence de force morale significative l'oppose également avec son mari qui, pour le coup, reste bien enfermé dans ses principes, luttant vainement jusqu'au bout contre cette violence qu'il ne parvient pas à comprendre. Pire encore, il semble même la craindre comme en témoigne sa réserve lors de la bagarre dans le bar ou son attitude après qu'il est abattu un oiseau durant une partie de chasse. Les villageois auront d'ailleurs vite fait de déterminer à quelle catégorie appartient David. Exagérément pragmatique (il prétexte ne pas avoir suffisamment de preuves pour affronter les éventuels bourreaux de son chat), facile à duper grâce son excès de gentillesse (la partie de chasse notamment), le personnage (incarné par un Dustin Hoffman sensationnel) manque cruellement d'assurance et se montre sans relief. C'est ainsi que les futurs violeurs de sa femme parviendront à l'éloigner de celle-ci (David n'ayant pas su les envoyer paître avant) et également ainsi que la jeune Janice se jettera désespérément dans les bras du simplet Henry Niles (David ne lui ayant pas apporter un autre réponse que l'indifférence à ses attentions). Terne, hésitant, essayant de ne froisser personne (et de s'intégrer sans fracas), David passe surtout pour un être malléable et, se sentant en position dominante, les ouvriers n'hésiteront pas un instant à lui ravir ce qu'il "protège" sans conviction. Et c'est principalement cette négligeante lâcheté qui amèneront Amy à se faire violer et, indirectement, Janice à se faire tuer. Même si la frustration et l'imprudence de celles-ci auront un rôle plutôt primordial aussi dans les tragédies qui suivront.

Entraîné malgré lui dans une partie de chasse faussement amicale, David apparaît comme bien pathétique et particulièrement méprisable grâce à ce montage ingénieux qui nous montre en parallèle l'insoutenable viol de sa campagne (dont il ne saura jamais rien non plus, toujours aussi incapable d'appréhender les fractures qui se créent chez sa femme). Passage malsain dont l'insoutenable férocité est renforcée par
la mise en scène inventive de Peckinpah, qui pousse même jusqu'à introduire des plans en vue subjective de la femme violée, ce double viol m'a fortement décontenancé. Pas seulement par son caractère cru, mais surtout par l'attitude d'Amy. En effet, alors qu'elle résiste en premier lieu assez violemment à Charlie, j'ai eu l'impression qu'elle prenait du plaisir ensuite (allant même jusqu'à "caresser" son agresseur et l'étreindre tendrement). En quelque sorte, son indécision l'a améné à cette situation terrible où sa conscience tout comme sa volonté de lutter auront été totalement inefficaces. Cet espèce de consentement du viol (qu'on peut comprendre aussi comme une certaine forme d'acceptation de son statut de dominée et de reconnaissance de la force) m'a vraiment dérangé car j'ai trouvé cette vision quelque peu primitive de la femme absolument atroce. Et lorsque son second agresseur la prend de force, si elle ne prend alors visiblement pas de réel plaisir, je n'ai pas trouver non plus que son attitude traduisait un profond désir de s'échapper (comme si elle retrouvait chez ses violeurs l'image de l'homme fort que son mari semble avoir perdu à ses yeux). Bien sûr, un viol (accepté ou non) reste un viol et on pourrait tout à fait arguer que c'est surtout la peur, mêlée un irrépressible sentiment d'impuissance, qui la pousse à agir ainsi.

Pourtant, lorsqu'on la voit tranquillement allongé dans son lit la scène suivante, une clope au bec (symbole habituellement associé à une satisfaction sexuelle post-coïtale), je n'ai pas trouvé que son comportement ressemblait à celui d'une fille venant de subir deux viols successifs. Et je n'ai pas trouvé ça très habile de la part du réalisateur (d'autant plus que cette séquence a été ajouté expressément pour les besoins du films).
De fait, et alors que j'avais tout d'abord pris les flashbacks d'Amy durant le gala de charité comme une marque de traumatisme due aux viols qu'elle venait de subir, j'ai alors davantage ressenti ce passage comme une forme de culpabilité qu'autre chose. Chose que je trouve assez dérangeante également et qui enfonce encore un peu plus l'effroyable image de la femme dans ce film. On n'a vraiment l'impression qu'elles sont toutes méprisables et avides de sexe. La séquence qui suit, où Janice (visiblement en manque) cherche à tout prix que quelqu'un la saute et finit par se rabattre sur l'idiot du village renforce une fois de plus ce portrait ignoble de la gente féminine. Bon, je ne dis pas que ma vision des choses est celle qu'il faut nécessairement retenir, car je pense que Les chiens de paille peut s'analyser de façons très différentes (j'avais d'ailleurs un avis tout à fait contraire à la base). Je peux donc faire fausse route mais, à présent, je trouve vraiment à vomir cette vision dégradante de la femme dominée, facile à violer et qui finalement semble "aimer ça" que fait le film. Amy est d'ailleurs représentée comme un personnage assez faible au final et totalement dépendant des hommes. Elle semble contrainte de subir cette violence de ceux-ci et les suivre servilement en silence jusqu'à la fin, lorsque son mari est pris d'un débordement de violence pire encore que celui des gens du village (mais qu'elle semble acceptée puis qu'elle consent à tuer elle-aussi).

La violence est d'ailleurs au centre du récit de Peckinpah. Elle fait partie intégrante de la nature humaine semble souligner le cinéaste et il ne sert à rien de nier son existence comme le fait le personnage de Dustin Hoffman (qui éclipserait presque le reste du casting par le charisme incroyable qu'il parvient à dégager). Il faut plutôt apprendre à la comprendre, à la dominer et à la canaliser. Le seul personnage
présenté de manière vraiment positif (le représentant de l'ordre) sera d'ailleurs totalement inefficace et ironiquement même le premeir à faire les frais de la sanglante expédition punitive finale. Néanmoins, la prise de conscience de David sur l'irrémédiable violence qu'on porte en nous arrivera bien trop tardivement pour espérer une fin joyeuse. La fin du film est d'ailleurs terrible. La révolte de David se fait pour de "mauvaises" raisons. Alors qu'il n'a rien fait pour protéger sa femme, il met toute son énergie et toute sa fureur pour défendre un assassin simplet, à cheval entre Lennie dans Des souris et des hommes et la créature de Frankenstein, ; son instinct primitif de survie comme réveillé par ce besoin de défendre son territoire. Pire encore, après être devenu l'être violent, impitoyable et assassin qu'il refoulait tant (il affiche même une certaine satisfaction à s'être débarrassé de ses assaillants), il en va jusqu'à abandonner sa femme comme le sous-entend la dernière réplique qu'il adresse à Henry Niles. On aura rarement vu autant de noirceur concentrée en un seul film. C'est pourquoi mon avis reste encore assez mitigé sur ce long-métrage que j'ai tour à tour autant adoré que détesté ; et qui me laisse aujourd'hui dans une grande perplexité. Ne pas laisser indifférent n'est en tout cas pas la moindre des qualités de Sam Peckinpah.

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ClashDoherty 12/12/2008 17:00

Je l'avoue, le film va très loin dans ses idées, et est choquant. Je comprends que tu aie du mal avec "Straw Dogs". Mais c'est également un des meilleurs films d'un de mes réals préférés !

Shin 14/12/2008 20:50



Bonsoir ClashDoherty,

Je sais que Les chiens de paille est un film énormément apprécié par les cinéphiles. Moi-même, je l'aimais beaucoup avant de le revoir récemment et trouver cette scène du viol hyper malsaine en
plus d'être dérangeante. Du coup, je ne suis pas certain d'avoir envie de le revoir un jour. Ce qui est un peu bête j'en conviens...

Amicalement,

Shin.



RobbyMovies 05/11/2008 10:03

Hello Shin,Bon j'ai vu le film et je suis d'accord avec ton analyse concernant le personnage de Amy. Elle est présentée comme une gourde vaguement allumeuse. Mais après tout pourquoi pas, il en a bien le droit. On ne peut pas faire comme si un film se devait d'être forcement "d'utilité publique" on va dire héhé... En revanche on peut parfaitement le critiquer violemment pour ses prises de positions, c'est ce que tu fais.Mais je limiterai le côté le plus douteux à la premiere partie du viol. La relative "mollesse" pour le second pour moi est davantage liée à l'époque du film, moins démonstrative qu'aujourd'hui, même chez Peckinpah. Pour les flashes durant la kermesse, je suis partagé aussi. Culpabilité ou traumatisme, difficile de trancher avec certitude. Pour finir sur le sujet, je ne suis pas du tout d'accord avec l'analyse de la cigarette. A mon sens c'est pousser le bouchon de l'interprétation un peu loin.Globalement, pour moi c'est tout le film qui est idéologiquement douteux. Je ne me satisfait pas du fameux "vision négative de l'être humain". Si c'était le cas, il n'aurait pas utilisé le prétexte de l'ex durant le premier viol pour justifier le fait qu'Amy finit par apprécier l'aggression. Quand on veut démontrer qqchose d'aussi extrême, on n'utilise pas ce genre de petite "lâcheté" pour provoquer un doute chez le spectateur, on y va franco. Tout ça me semble beaucoup plus maladroit qu'autre chose voire un peu glauque du point de vue de l'auteur. Sinon le film lui-même m'a semblé bien long à se mettre en place, et malgré la grande maitrise de la mise en scène je ne suis pas bouleversé par le déluge de violence final. Difficile d'être surpris aujourd'hui par ce genre de scène non ? Reste qu'elle est incontestablement filmée de façon très personnelle qui montre qu'il y a un véritable cinéaste derrière la caméra. Trouver ça passionnant aujourd'hui, c'est une autre histoire...Bon j'arrête là... héhéRobby

Shin 05/11/2008 18:59



Bonsoir Robby,

Nous partageons approximativement la même analyse du film. Le prétexte de "l'ex" est effectivement, en plus d'être douteux, particulièrement hypocrite. Soit on critique à fond, soit on
évite d'avoir recours à de tels subterfuges. Cela dit, et encore aujourd'hui, je trouve tout de même la scène de fin particulièrement efficace.

Concernant la "cigarette", j'extrapole peut-être un peu, mais c'est vraiment ainsi que je l'ai ressenti lorsque j'ai revu le film. Disons qu'elle n'a fait que me conforter dans mon idée.
La scène du viol me semblant alors nettement plus condamnable étant donné que cette "cigarette" lève toute ambiguïté sur l'attitude d'Amy selon moi.

Amicalement,

Shin.



Judge Vlad 25/10/2008 03:28

Concernant "Chiens de paille", je l'ai vu mais je n'en ferais pas un billet sur mon blog. Le film m'as paru un peu long mais bon l'histoire intriguante (pourquoi ce village est entouré de barge ? lol) m'as permis de tenir. C'est pas trop mon genre de came ce film mais je lui reconnais des qualité en revanche, après dix minutes en VF, j'ai opté pour la VO qui est à mes yeux plus crédible et qui permet de mieux mettre en valeur le jeu de Dustin Hoffman (surtout vers la fin du film où je l'ai trouvé epoustouflant). La scène du viol m'as laissé un arrière goût amer. Je n'ai peut être pas bien compris la scène mais je ne comprend pas sa reaction (elle prend son pied). Après, elle fait la sainte qui a été bléssé mais c'est encore vers son violeur qu'elle appelle au secours. Sa reaction pendant et après le viol m'as un peu dérouté et j'avoue que ca a provoqué en moi l'envie d'une chose, c'est que Dustin Hoffman lui en foute une (pourquoi il a pas voullu lui tordre le cou finalement à la fin ? :P lol). Bref, je pense que le film aurait gagné a être meilleur si cette scène aurait été tourné autrement et que le réalisateur (dont c'est le premier film que je découvre et qui pour l'instant ne me fais aps plus d'effet que ça) aurait pû raccourcir un peu.

Shin 25/10/2008 15:09



Bonjour Vlad,

J'espère que tu ne m'en voudras pas si j'ai déplacé une partie de ton message ici, mais j'avais envie de poursuivre sur le film de Sam Peckinpah.

Même si c'est dommage que tu ne consacres pas un billet à ce film (que j'aurai été très curieux de lire à vrai dire), je suis ravi que tu donnes ici ton opinion dessus. Et je suis ravi
aussi de constater que tu as ressenti le même malaise que moi par rapport à la façon dont Amy réagit à son double viol (ce qui prouve que je ne suis pas le seul à penser cela et me rassure un
peu).

Amicalement,

Shin.



Anyone 25/10/2008 00:23

Bonsoir Shin,Je suis tout à fait d'accord avec Rémi, sinon tu oublies que le violeur d'Amy n'est autre que son ex petit ami, plus que l'acte (le viol) c'est la situation qui est ambigue.C'est étrange, je suis pourtant une fille et je n'ai pas trouvé cette scène dérangéante.Amicalement,
Anyone.

Shin 25/10/2008 02:02



Bonsoir Anyone,

Que ce soit son ex-petit ami ne change en rien le fait qu'il s'agisse avant toute chose d'un viol. Cela peut paraître surprenant, mais une femme peut tout à fait se faire violer par son mari. À
partir du moment où elle a un rapport sexuel non consenti et obtenu par la force, c'est un viol.

Or, Amy se refuse assez clairement à Charlie avant de se manger quelques beignes, puis de finir par accepter la situation (ce qui est déjà assez dérangeant en soi, car un viol reste un
viol). Mais quand vient le deuxième violeur auquel elle n'oppose quasiment pas de résistance et que ce double viol (car n'oublions pas que c'est de ça qu'il s'agit à la base) se
conclut par cette vision d'Amy fumant tranquillement une clope à oilpé dans son lit (symbole s'il en est de la satisfaction post-coïtale), on commence à se dire que ce passage sent
carrément la gerbe. Il n'est absolument pas indispensable à l'histoire (c'est d'ailleurs un ajout du film par rapport au livre) et donne une image déplorable de la femme (en gros :
même si elle ne veut pas, il faut la forcer un peu et elle finit par aimer ça ; mon dieu quelle horreur !).

Après, j'adore le reste du film dans sa globalité. Mais ce passage, j'ai vraiment du mal à l'encaisser. Je suis peut-être trop respectueux envers les femmes ou trop fleur bleue pour admettre ça,
je ne sais pas...

Amicalement,

Shin.



Rémi 21/10/2008 08:42

Salut Shin,Assurément tu n'as pas été le seul à avoir été choqué par la peinture de la femme dans ce film. Le personnage d'Amy est particulièrement dérangeant dans son ambiguïté à l'égard de ses agresseurs. Mais c'est tant mieux, et on peut aussi voir son comportement comme un moyen de supporter l'insupportable. Puisque viol il y a, et que son mari n'a rien fait pour l'en empêcher, mieux vaut en quelque sorte l'accepter pour éloigner cette violence et nier le traumatisme.Plus généralement, je partage tout à fait le point de vue de Anyone : c'est le genre humain dans son ensemble qui est mis à mal dans ce film. Tous les personnages sont dépeints dans ce qu'ils ont de plus violent et de plus lâche. Le retour à la bestialité, véritable colonne vertébrale du film, se fait aussi bien au niveau de la violence que du sexe. Et il est d'autant plus dérangeant qu'il est mis en scène d'une manière totale, sans aucune possibilité de rémission.A bientôt, Rémi. 

Shin 21/10/2008 13:07



Bonjour Rémi,

Je te remercie de ton message qui vient un peu étayer ma réflexion sur ce film.

Peut-être alors est-ce moi qui suit trop prude et qui n'arrive pas à admettre qu'une femme puisse "consentir" à un double viol ? Ceci a quelque chose de malsain, de très dérangeant, que
je n'arrive pas à admettre. Ce qui, dans un sens, est regrettable étant donné tout le bien que je pense du film à côté de ce "détail" (guillemets indispensables). Pour moi
Peckinpah n'avait pas besoin de cette ficelle scénaristique pour brosser un portrait au vitriol de l'être humain. Je ne trouve pas cette scène de viol indispensable, juste choquante (et donc
maladroite). Tout ce qui est présenté à côté est tellement brillant !

Mes prochains visionnages du films passeront peut-être par la case "avance rapide" afin de préserver le reste du film...

Amicalement,

Shin.