Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Course à la mort

Réalisé par Paul W. S. Anderson, sorti le 15 octobre 2008
Titre original : Death Race

Avec Jason Statham, Tyrese Gibson, Joan Allen, Ian McShane, Natalie Martinez, Max Ryan, Justin Mader, Robin Shou ...

"Dans une Amérique futuriste, des prisonniers participent à des courses automobiles très violentes dans l'espoir d'avoir la liberté s'il gagnent 5 tournois dans les arènes fermées de la prison. Arrivé dans ladite prison, Jensen Aimes (Jason Statham), ancien coureur automobile ayant fait des séjours derrière les barreaux et qui venait de perdre un emploi stable, est accusé du meurtre de sa femme alors qu'un intrus a débarqué chez lui et a maquiller la scène de tel façon que la police croit Jensen coupable. Sa fille est placée en famille d'accueil. La directrice de l'établissement, Hennessey (Joan Allen), l'assigne à participer à cette course et de se faire passer pour Frankenstein, favori de la course, décédé après une course en échange de quoi, elle le ferait libérer. Mais durant cette course, il va découvrir des éléments entourant le meurtre de son épouse et que ce n'est pas un hasard qu'il a échoué ici..."




Mon avis
:
http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_bof.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif




Quand le roi des nanars à petits budgets (Roger Corman) rencontre le prince des navets à gros budgets (Paul W.S. Anderson), il y a franchement de quoi être méfiant. Bon d'accord, j'abuse un peu. Event Horizon était plutôt réussi dans son genre et Mortal Kombat pas trop mal non plus. En revanche, si Resident Evil constituait un divertissement assez honnête, il faut bien avouer qu'il trahissait complètement le jeu-vidéo dont il s'était inspiré. Et ne parlons même pas de l'infâme Alien vs. Predator qui était parvenu à bousiller deux sagas légendaires en un seul film. Un quasi exploit en soi dont on se serait allégrement passé. Et quand, en plus, le projet consiste à réaliser le remake d'un film aussi joyeusement subversif que La course à la mort de l'an 2000 (qu'on imagine mal être reproduit tel quel de nos jours), on a de quoi sérieusement s'inquiéter devant ce qui s'annonce être un nouveau massacre en règle. Bien sûr, cela aurait pu être encore pire. Uwe Boll n'est pas aux commandes, c'est déjà ça même il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser... Et si la critique de la génération Youtube avide de sensations fortes (à travers ces phases de jeu vendus à un prix exhorbitif) et des divertissements beaufs façon MTV (les clips super ringards utilisés pour présenter les pilotes notamment) auraient pu donner quelque chose d'assez intéressant, Paul W.S. Anderson ne fait que survoler son sujet avec une prudence détestable lorsque l'on connait l'insolence inouïe du film original. Il est d'ailleurs fort à parier que ceux qui ne connaissent pas le film du premier Paul (Bartel) apprécieront davantage les facéties du second Paul (W.S. Anderson).

Bref, comme on pouvait donc le craindre, toute la subversion, la satire sociale et tout le politiquement incorrect du film de Paul Bartel sont complètement passés à la trappe. Le remake de Paul W.S. Anderson n'a ainsi plus rien de cette folie trash et dérangeante qui faisait tout le sel de l'original. Et n'espérez pas non plus voir des "victimes innocentes" écrasées dans celui-ci car il n'y en a pas plus (so shocking ! je présume). Du gouvernement totalitaire de la première version encourageant une sanglante course à tombeaux ouverts sur les routes américaines, où les points se comptabilisent en fonction du nombre de piétons écrasés (les plus faibles, enfants et vieillards, rapportant alors un max), se substitue donc une perfide directrice de prison organisant une banale course à circuit fermé (où les détenus sont les seuls à s'entretuer) dans un seul but mercantile (les prisonniers pouvant quant à eux espérer une libération anticipée au bout de cinq victoires successives). Comme dans l'original en revanche, le pilote Frankenstein est toujours le héros national de la compétition et le show lui doit tout en terme d'audiences. Seulement, ce dernier (doublé par David Carradine dans la version originale, hé hé...) a succombé ici à sa dernière course (qui lui aurait apporté la liberté tant convoitée) et, pour éviter les fatidiques chutes d'audience, la directrice Hennessey propose au nouvellement incarcéré Jensen Aimes (ancien pilote de course tombé en disgrâce, ça tombe bien ! ^__^) de reprendre le flambeau et de s'émanciper ainsi de la peine d'emprisonnement qu'il a reçu suite à l'assassinat de sa femme ; dont il a été (injustement) condamné. Le reste de l'histoire s'articulant principalement autour d'une vague enquête interne de Jensen Aimes peu passionnante, hyper prévisible et grandement pompée sur Les évadés de Frank Darabont : Un homme condamné à tort du meurtre de sa femme contraint d'obéir aux ordres d'un directeur de prison (corrompu jusqu'à la moelle et bien décidé à ne pas tenir ses promesses) et qui va devoir faire équipe avec un  détenu
"vétéran" black quelque peu méfiant pour espérer s'échapper de la prison. Niveau originalité, on repassera.

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/65/69/22/18967016.jpgJason (Statham) va en enfer...

Dans le rôle du héros, Jason Statham est tout à fait crédible ; apportant un peu sensibilité  et surtout beaucoup de charisme au personnage. L'évolution de celui-ci par rapport à l'original est d'ailleurs assez intéressante. Lorsqu'on le découvre pour la première fois dans le film, c'est un mari et un père aimant qui est prêt à tout pour subvenir aux besoins de sa famille dans une Amérique où le taux de chômage a atteint des niveaux astronomiques et où la précarité est devenue la règle ; il reçoit à peine trois cents dollars pour 120 heures de labeur acharné, en  seulement quinze jours, dans une aciérie aux conditions de travail assez douteuses (quand on voit la crise actuelle, le film vise assez juste sur ce point). L'acteur popularisé grâce à la saga Le Transporteur succède ainsi très honorablement à David Carradine. Ce qui n'est absolument pas le cas de Tyrese Gibson (aperçu dans 2 Fast 2 Furious ou encore Transformers), toujours aussi peu charismatique et qui a toutes les peines du monde à faire oublier Sylvester Stallone et son
irrésistible numéro de cabotinage. Il n'y parvient d'ailleurs pas une seule seconde et se fait même chiper la vedette par l'autre "méchant" de la course, Pachinko (incarné par Max Ryan que je ne connaissais pas du tout, mais qui dégage une classe assez surprenante). D'ailleurs, faudrait qu'on m'explique pourquoi le personnage de Machine Gun Joe est devenu homosexuel (un hommage scabreux à la cravate rose portée par Sly dans l'original de Bartel ?) parce que j'ai eu du mal à saisir l'intérêt étant donné que les vannes tournant autour de sa séxualité étaient d'une nullité affligeante (comme la majeure partie des dialogues cela dit). Pour le reste du casting, on retiendra surtout la prestation remarquable de Joan Allen, divinement méchante et diaboliqument sexy dans ce rôle caricatural à mort (normal, avec un tel titre) de directrice fourbe auquel elle essaie tant bien que mal de donner un peu de consistance. Toutefois, on regrettera amèrement que Ian McShane (pourtant si excellent dans la série Deadwood) et Robin Shou (auquel Paul W.S. Anderson avait offert le rôle de Liu Kang dans l'adaptation cinématographique de Mortal Kombat) ne soient pas davantage mis en avant, ainsi que le rôle de potiche réservé à la si ravissante Natalie Martinez (bon pas autant que Megan Fox, mais quand même !).

De toute façon, hormis Joan Allen, les filles ne sont pas beaucoup plus considérées dans ce long-métrage que dans les clips de rap U.S. misogynes habituels. L'idée consiste ici à refourguer une co-pilote issue de la prison pour femmes du coin à chaque détenu participant à cette fameuse course à la mort. Crédibité oblige, elles sont toutes hyper bandantes et, dès que l'une d'entre elles fait un pas dehors, un petit malin (Anderson ?) s'est amusé à appuyer sur la touche ralenti et à balancer une bonne grosse zik de rap bien bourrine (m'est d'avis qu'ils ont dû croire que "prison pour femmes" était le titre d'un obscur film porno...). J'avoue avoir trouvé ça amusant au début, mais cette dérive clipesque m'a vraiment soûlée à la longue. Tout comme cette manie  insupportable qu'a le réalisateur à s'interdire les plans dépassant les cinq secondes (j'ai compté !) durant les séquences de course-poursuite. Heureusement, Paul W.S. Anderson finit par se calmer un peu (le prologue étant un vrai supplice épileptogène), mais malheureusement pas assez pour nous laisser apprécier pleinement toutes les fantastiques explosions, vols planés et  autres froissements de tôle que nous ont concocté l'équipe de cascadeurs (le long-métrage ayant, et c'est une très bonne chose, très peu recours aux effets numériques). Ce qui est bien dommage car le design des véhicules, visiblement très inspiré de Mad Max, était également plutôt réussi ; bien que les bolides aillent néanmoins la fâcheuse tendance à tous se ressembler (hormis l'engin customisé de Machine Gun Joe). Du coup, en plus d'être déjà peu palpitante en soi, cette version carcérale et futuriste de Fast & Furious finit par lasser ; malgré quelques beaux moments de bravoures (comme lorsqu'intervient
cet impressionnant camion de combat relooké spécialement pour l'occasion). Et ce ne sont pas les ridicules rajouts honteusement piqués à Mario Kart, à l'instat de ces check-points lumineux débloquant armes offensives et systèmes de défense, qui vont relever le niveau tout comme ce happy end ridiculement gnan-gnan et franchement inutile. Mais où est donc passé cette si précieuse subversion, l'essence-même, de l'original de Paul Bartel ?

Regardable, mais franchement dispensable (et très vite oubliée contrairement à la première version), cette Course à la mort n'est finalement rien d'autre qu'une vulgaire course automobile poussive vaguement violente (on voit un peu de sang des fois), où  le comique lourdaud a remplacé l'humour noir et où la surenchère est d'abord visuelle avant d'être véritablement contestataire. Ça passe le temps, Paul W.S. Anderson évite de peu le désastre total, mais c'est finalement assez peu ; surtout avec un sujet aussi riche en promesses... Allez Paulo, encore un petit effort, la prochaine fois sera la bonne ! ^__^


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

research papers writing 23/12/2010 09:10



I have been visiting various blogs for my research papers writing assignment. I have found your blog to be quite useful. Keep updating your blog with valuable information... Regards



:0051:Sebiwan 10/11/2008 10:58

J'ai adoré ce film. Ca m'a fait penser à un Fast and Furious.

Shin 11/11/2008 13:23



Bonjour Sebiwan,

C'est un peu le problème du film de Paul W.S. Anderson justement... Le résultat ressemble à un pop-corn movie décérébré à la Fast & Furious alors que l'original préfiguré la noirceur,
la subversion et le cynisme d'un Mad Max. Quand on est fan du film de Paul Bartel, ça a forcément du mal à passer...

Amicalement,

Shin.



Judge Vlad 04/11/2008 20:37

Hello l'ami,Je vais t'envoyer un message privé mais c'était juste pour te dire que c'était annulé pour demain. La grève des trains commence à 20 heures et je préfére pas prendre de risque après la nuit blanche que j'ai passé la nuit dernière du coup je vois pas vincent. Par contre, as tu prévu un truc ce week end ? On pourrait se faire une toile samedi après midi qu'en dis tu ? On se retrouverai vers 14 heures, on se materai un film (ou deux) et on irait boire un coup (ou l'inverse lol).Pour course à la mort, c'est un divertissement sympa mais qui aurait pu donner quelque chose de mieux encore avec une realisation mieux maitrisé et des décors plus variés. Jason Voorhes... euh pardon Statham s'en sort bien donc je boude pas mon plaisir :)Vlad

Shin 04/11/2008 23:21



Bonsoir Vlad,

Tant pis pour demain alors...

Samedi, je vais en Touraine (je reviens dans la journée de dimanche ou lundi) alors ça risque d'être un peu compliqué. On pourra éventuellement se voir vendredi, lundi ou mardi. On se
tient au courant de toute façon.

Concernant le film de Paul W.S. Anderson, c'est vrai qu'on aurait pu espérer mieux. Le film manque effectivement de diversité au niveau des décors (mais aussi au niveau des véhicules qui se
ressemblent presque tous) et, surtout, elle est vraiment énervante cette nouvelle manie américaine de coller un montage ultra saccadé à toutes les scènes d'action. Ici, c'est vraiment
dommage car les cascades sont vraiment époustouflantes (quand on arrive à les voir ! ^__^). Bon, je ne me suis pas complètement ennuyé devant (en grande partie grâce à Jason "la
classe" Statham), mais quand même...

Amicalement,

Shin.