Je vous souhaite à tous la bienvenue sur mon humble chez moi. J'espère que le voyage vous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas, de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de
musique, d'actualité, d'humour ou de plein d'autres petites choses de la vie, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! Le leitmotiv de ce blog se résume
en une phrase simple :
Réalisé par Paul W. S. Anderson, sorti le 15 octobre 2008 Titre original :
Death Race
Avec Jason
Statham, Tyrese Gibson, Joan Allen, Ian McShane, Natalie Martinez, Max Ryan, Justin Mader, Robin Shou ...
"Dans une Amérique futuriste, des prisonniers participent à des courses
automobiles très violentes dans l'espoir d'avoir la liberté s'il gagnent 5 tournois dans les arènes fermées de la prison. Arrivé dans ladite prison, Jensen Aimes (Jason Statham), ancien
coureur automobile ayant fait des séjours derrière les barreaux et qui venait de perdre un emploi stable, est accusé du meurtre de sa femme alors qu'un intrus a débarqué chez lui et a
maquiller la scène de tel façon que la police croit Jensen coupable. Sa fille est placée en famille d'accueil. La directrice de l'établissement, Hennessey (Joan Allen), l'assigne à participer
à cette course et de se faire passer pour Frankenstein, favori de la course, décédé après une course en échange de quoi, elle le ferait libérer. Mais durant cette course, il va découvrir des
éléments entourant le meurtre de son épouse et que ce n'est pas un hasard qu'il a échoué ici..."
Mon avis :
Quand le roi des nanars à petits budgets (Roger Corman) rencontre le prince des navets à gros budgets (Paul W.S. Anderson),
il y a franchement de quoi être méfiant. Bon d'accord, j'abuse un peu. Event Horizon était plutôt réussi dans son genre et Mortal Kombat pas trop mal non plus. En revanche, si
Resident Evil constituait un divertissement assez honnête, il faut bien avouer qu'il trahissait complètement le jeu-vidéo dont il s'était inspiré. Et ne parlons même pas de l'infâme
Alien vs. Predator qui était parvenu à bousiller deux sagas légendaires en un seul film. Un quasi exploit en soi dont on se serait allégrement passé. Et quand, en plus, le projet
consiste à réaliser le remake d'un film aussi joyeusement subversif que La course à la mort de l'an 2000(qu'on imagine mal être reproduit tel quel de nos jours), on a de quoi sérieusement s'inquiéter devant ce qui s'annonce être un nouveau massacre en règle. Bien sûr, cela aurait pu être
encore pire. Uwe Boll n'est pas aux commandes, c'est déjà ça même il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser... Et si la critique de la génération Youtube avide de sensations fortes (à
travers ces phases de jeu vendus à un prix exhorbitif) et des divertissements beaufs façon MTV(les clips super ringards utilisés pour présenter les pilotes notamment)
auraient pu donner quelque chose d'assez intéressant, Paul W.S. Anderson ne fait que survoler son sujet avec une prudence détestable lorsque l'on connait l'insolence inouïe du film original. Il
est d'ailleurs fort à parier que ceux qui ne connaissent pas le film du premier Paul (Bartel) apprécieront davantage les facéties du second Paul (W.S. Anderson).
Bref, comme on pouvait donc le craindre, toute la subversion, la satire sociale et tout le politiquement incorrect du film de Paul Bartel sont complètement passés à la trappe. Le remake de Paul
W.S. Anderson n'a ainsi plus rien de cette folie trash et dérangeante qui faisait tout le sel de l'original. Et n'espérez pas non plus voir des "victimes innocentes" écrasées dans
celui-ci car il n'y en a pas plus (so shocking ! je présume). Du gouvernement totalitaire de la première version encourageant une sanglante course à tombeaux ouverts sur les routes
américaines, où les points se comptabilisent en fonction du nombre de piétons écrasés (les plus faibles, enfants et vieillards, rapportant alors un max), se substitue donc une perfide
directrice de prison organisant une banale course à circuit fermé (où les détenus sont les seuls à s'entretuer) dans un seul but mercantile (les prisonniers pouvant quant à eux
espérer une libération anticipée au bout de cinq victoires successives). Comme dans l'original en revanche, le pilote Frankenstein est toujours le héros national de la compétition et le
show lui doit tout en terme d'audiences. Seulement, ce dernier (doublé par David Carradine dans la version originale, hé hé...) a succombé ici à sa dernière course (qui lui aurait
apporté la liberté tant convoitée) et, pour éviter les fatidiques chutes d'audience, la directrice Hennessey propose au nouvellement incarcéré Jensen Aimes (ancien pilote de course
tombé en disgrâce, ça tombe bien ! ^__^) de reprendre le flambeau et de s'émanciper ainsi de la peine d'emprisonnement qu'il a reçu suite à l'assassinat de sa femme ; dont il a été
(injustement) condamné. Le reste de l'histoire s'articulant principalement autour d'une vague enquête interne de Jensen Aimes peu passionnante, hyper prévisible et grandement pompée
sur Les évadés de Frank Darabont : Un homme condamné à tort du meurtre de sa femme contraint d'obéir aux ordres d'un directeur de prison (corrompu jusqu'à la moelle et bien décidé à
ne pas tenir ses promesses) et qui va devoir faire équipe avec un détenu"vétéran"black quelque peu méfiant pour espérer s'échapper de la prison. Niveau originalité, on repassera.
Jason (Statham) va en enfer...
Dans le rôle du héros, Jason Statham est tout à fait crédible ; apportant un peu sensibilité et surtout beaucoup de charisme au personnage. L'évolution de celui-ci par rapport à
l'original est d'ailleurs assez intéressante. Lorsqu'on le découvre pour la première fois dans le film, c'est un mari et un père aimant qui est prêt à tout pour subvenir aux besoins de sa
famille dans une Amérique où le taux de chômage a atteint des niveaux astronomiques et où la précarité est devenue la règle ; il reçoit à peine trois cents dollars pour 120 heures de labeur
acharné, en seulement quinze jours, dans une aciérie aux conditions de travail assez douteuses (quand on voit la crise actuelle, le film vise assez juste sur ce point). L'acteur
popularisé grâce à la saga Le Transporteur succède ainsi très honorablement à David Carradine. Ce qui n'est absolument pas le cas de Tyrese Gibson (aperçu dans 2 Fast 2 Furious ou encore Transformers), toujours aussi peu charismatique et qui a toutes les peines du monde à faire oublier Sylvester Stallone et sonirrésistiblenuméro de cabotinage. Il n'y parvient d'ailleurs pas une seule seconde et
se fait même chiper la vedette par l'autre "méchant" de la course, Pachinko (incarné par Max Ryan que je ne connaissais pas du tout, mais qui dégage une classe assez
surprenante). D'ailleurs, faudrait qu'on m'explique pourquoi le personnage deMachine Gun Joeest devenu homosexuel (un hommage scabreux à la cravate rose portée par Sly dans l'original de
Bartel ?) parce que j'ai eu du mal à saisir l'intérêt étant donné que les vannes tournant autour de sa séxualité étaient d'une nullité affligeante (comme la majeure partie des
dialogues cela dit). Pour le reste du casting, on retiendra surtout la prestation remarquable de Joan Allen, divinement méchante et diaboliqument sexy dans cerôle caricatural à mort (normal, avec un tel titre)
de directrice fourbeauquel elle essaie
tant bien que mal de donner un peu de consistance. Toutefois, on regrettera amèrement que Ian McShane (pourtant si excellent dans la série Deadwood) et Robin Shou (auquel
Paul W.S. Anderson avait offert le rôle de Liu Kang dans l'adaptation cinématographique de Mortal Kombat) ne soient pas davantage mis en avant, ainsi que le rôle de potiche réservé
à la si ravissante Natalie Martinez (bon pas autant que Megan Fox, mais quand même !).
De toute façon, hormis Joan Allen, les filles ne sont pas beaucoup plus considérées dans ce long-métrage que dans les clips de rap U.S. misogynes habituels. L'idée consiste ici à refourguer une
co-pilote issue de la prison pour femmes du coin à chaque détenu participant à cette fameuse course à la mort. Crédibité oblige, elles sont toutes hyper bandantes et, dès que l'une d'entre
elles fait un pas dehors, un petit malin (Anderson ?) s'est amusé à appuyer sur la touche ralenti et à balancer une bonne grosse zik de rap bien bourrine (m'est d'avis qu'ils ont
dû croire que "prison pour femmes" était le titre d'un obscur film porno...). J'avoue avoir trouvé ça amusant au début, mais cette dérive clipesque m'a vraiment soûlée à la longue. Tout
comme cette manie insupportable qu'a le réalisateur à s'interdire les plans dépassant les cinq secondes (j'ai compté !) durant les séquences de course-poursuite. Heureusement,
Paul W.S. Anderson finit par se calmer un peu (le prologue étant un vrai supplice épileptogène), mais malheureusement pas assez pour nous laisser apprécier pleinement toutes les
fantastiques explosions, vols planés et autres froissements de tôle que nous ont concocté l'équipe de cascadeurs (le long-métrage ayant, et c'est une très bonne chose, très peu
recours aux effets numériques). Ce qui est bien dommage car le design des véhicules, visiblement très inspiré de Mad Max, était également plutôt réussi ; bien que les bolides
aillent néanmoins la fâcheuse tendance à tous se ressembler (hormis l'engin customisé de Machine Gun Joe). Du coup, en plus d'être déjà peu palpitante en soi, cette version carcérale
et futuriste de Fast & Furious finit par lasser ; malgré quelques beaux moments de bravoures (comme lorsqu'intervientcet impressionnant camion de combat relooké spécialement pour
l'occasion). Et ce ne sont pas les
ridicules rajouts honteusement piqués à Mario Kart, à l'instat de ces check-points lumineux débloquant armes offensives et systèmes de défense, qui vont relever le niveau tout
comme ce happy end ridiculement gnan-gnan et franchement inutile. Mais où est donc passé cette si précieuse subversion, l'essence-même, de l'original de Paul Bartel ?
Regardable, mais franchement dispensable (et très vite oubliée contrairement à la première version), cette Course à la mort n'est finalement rien d'autre qu'une vulgaire course
automobile poussive vaguement violente (on voit un peu de sang des fois), où le comique lourdaud a remplacé l'humour noir et où la surenchère est d'abord visuelle avant d'être
véritablement contestataire. Ça passe le temps, Paul W.S. Anderson évite de peu le désastre total, mais c'est finalement assez peu ; surtout avec un sujet aussi riche en promesses... Allez
Paulo, encore un petit effort, la prochaine fois sera la bonne ! ^__^
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