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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 23:00
        Underworld 3 : le soulèvement des Lycans
Réalisé Patrick Tatopoulos, sorti le 25 février 2009
Titre original : Underworld : Rise of the Lycans

Avec Michael Sheen, Bill Nighy, Rhona Mitra, Kevin Grevioux, Steven Mackintosh, David Ashton, Elizabeth Hawthorne, Jared Turner ...

"Au Moyen-Âge, l'équilibre règne entre les Vampires dirigés d'une main de fer par Victor (Bill Nighy) et leurs serviteurs les Lycans. Mais lorsque la fille de Victor, Sonya (Rhona Mitra), s'éprend de Lucian (Michael Sheen), un Lycan, c'est le début d'une longue guerre sanglante qui continuera jusqu'à aujourd'hui....
"




Mon avis
(nul) :
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J'ai découvert le premier Underworld un peu au hasard et, alors que je pensais me trouver face à petit film sans prétention, j'avoue avoir été agréablement conquis par son univers. S'inspirant à la fois des légendes ancestrales (vampires et loups-garous en tête) et des films de genre modernes (Blade et Matrix en première ligne), Len Wiseman était en effet parvenu –
entre gothisme traditionnel et underground urbain à un joli mélange référencieux plein d'énergie et au style soigné, tout en réussissant à mettre progressivement en place une passionnante mythologie et une belle galerie de personnages. Fort de ce succès, un second opus avait donc été rapidement mis en chantier. Si ce dernier avait quelque peu délaissé l'aspect mythologique de l'histoire au profit de séquences plus spectaculaires (budget plus conséquent oblige), Underworld : Evolution n'en demeurait pas moins un excellent prolongement (conservant l'essence du premier film en plus  d'en être la parfaite suite directe d'un point de vue narratif) tout en parvenant à s'en éloigner suffisamment pour offrir un regard inédit aux spectateurs (un peu à la manière du diptyque Jeepers Creepers de Victor Salva ; dont l'ombre planait un peu sur cette séquelle). Bourrin, mais redoutablement efficace, Underworld : Evolution avait également su apporter une conclusion radicale qui rendait tout prolongement à l'histoire de Selene (héroïne emblématique de la saga qu'incarnait à l'écran la sublime Kate Beckinsale) a priori inutile. En outre, le couple vedette de la saga, Kate Beckinsale et Scott Speedman, tout comme le réalisateur, Len Wiseman, ayant choisis de passer à autre chose, donner une suite au dernier film en date semblait particulièrement peu judicieux. Ne restait plus alors que l'option archi éculée de la préquelle explicative. Toutefois, afin de conserver une certaine continuité au projet, ce nouveau long-métrage fut confié à Patrick Tatopoulos ; jeune prodige français des effets spéciaux et chef décorateur de renom qui travailla notamment avec Roland Emmerich sur Stargate, la porte des étoiles et Independence Day, Alex Proyas sur Dark City et I, Robot, David Twohy sur Pitch Black et Les Chroniques de Riddick, et bien entendu Len Wiseman sur Underworld (pour lequel il réalisa le design des créatures) et Underworld : Evolution (en tant que directeur artistique).

Bien qu'il s'agisse de sa première réalisation cinématographique, le choix de Patrick Tatopoulos semblait assez cohérent ; le technicien ayant une sérieuse expérience dans le fantastique, ainsi qu'une très bonne connaissance de la saga pour y avoir été impliqué dès le premier volet. De plus, si le "remplacement" de Kate Beckinsale par Rhona Mitra m'avait pour le moins laissé perplexe (cette dernière ne m'ayant pour le moment pas franchement convaincu), la perspective de retrouver quelques têtes connues (principalement Michael Sheen et Bill Nighy) n'était pas pour me déplaire. Malheureusement, le résultat n'est clairement pas à la hauteur des espérances. Underworld 3 : le soulèvement des Lycans s'impose d'emblée comme le film le plus mauvais que j'ai vu en ce début année ; une aberration totale qui ne brille que par sa navrante nullité et sa totale inutilité. De toute évidence, la volonté de déplacer l'intrigue dans le passé est ce qu'on peut appeler une fausse bonne idée. Car, si "le soulèvement des Lycans" annoncé dans le titre offrait de belles possibilités narratives, le choix de mettre autant en avant le destin de Sonya n'a franchement rien de judicieux. En effet, le gros de l'histoire présentée ici a déjà été largement traité dans les différents flashbacks des précédents films ; les quelques développements ajoutés ici n'apportant rien d'autre qu'ennui et consternation. Passe encore que l'amour impossible entre deux clans ennemis soit un thème rencontré un millier de fois au cinéma (les deux premiers films s'appuyaient déjà dessus), mais déjà nettement moins la miévrerie avec laquelle cette omniprésente romance puérile est traitée ; les dialogues étant de surcroît – du moins en VO
d'un ringard absolu  (« I love yoouuu my sweetheeaaart ! » ; c'est déjà bien ridicule la première fois, mais ça devient franchement pathétique la dixième...). D'autant que, cette love story gnan-gnan au possible interprétée de surcroît par des acteurs trop âgés pour être crédibles en transfuges moyenâgeux de Roméo et Juliette – est dénuée de toute forme d'ironie salvatrice et tend même à se dérouler avec un sérieux papal tout à fait inapproprié eu égard à l'improbable scène d'amour dont on nous gratifie en début de métrage. De mémoire, il s'agit probablement de la scène d'amour la moins crédible et la plus risible qu'il m'ait été donné de voir au cinéma dans un film a priori non parodique (avec un débordement extatique honteux indignes des teenage movies les plus débiles).

                                http://www.rhonamitra.net/wp-content/uploads/2009/01/rhona_mitra_in_underworld__rise_of_the_lycans_wallpaper_6_1280.jpg
Commentaire d'un spectateur à la sortie : "La meuf à Lucian, c'est Schwarzenegger avec des boucles d'oreilles !"
Alors bien sûr, le film dépassant péniblement les quatre-vingt-cinq minutes, générique inclus (ce qui, au regard des standards cinématographiques actuels, en dit déjà long), ça laisse peu de place au(x) reste(s) ; à savoir une invraisemblable révolte d'esclaves évoquant un mauvais remake au rabais de Spartacus (avec une poignée de Vampires à la débilité confondante en guise de géôliers adeptes du fouet ; déjà qu'ils s'habillent en cuir...), quelques combats sans classe et à l'inventivité tout relative (avec d'improbables arbalètes multi-coups en place des flingues de rigueur dans les autres films), ainsi qu'une inévitable (et très très prévisible) confrontation à l'issue artificiellement maintenue incertaine (alors qu'on sait d'avance comment ça se termine) entre les deux chefs de clans se contentant de calquer bêtement celle qui achevait le premier Underworld (la surprise de son issue en moins, donc). En fait, le fameux "soulèvement des Lycans" annoncé dans le titre est torché en deux minutes et se conclue dans une bataille "qui a tout d'une grande" mais ne parvient jamais à convaincre en raison du très fort sentiment de déjà-vu s'en émanant (tourner en Nouvelle-Zélande ne donne pas le droit de gratifier la mythique trilogie de Peter Jackson d' un tel "hommage" ...). De plus,  le scénario du film (en plus d'être totalement répétitif et insipide) n'apporte strictement rien à la mythologie (enfin, disons plutôt rien "d'intéressant") ; Patrick Tatopoulos aboutissant à une bouillie informe et vaine, d'une grande ringardise et dénuée de tout intérêt. Comme je l'évoquais un peu avant, le fait que le film se déroule exclusivement dans le passé est franchement une idée de chiotte. Non seulement parce que ça prive le film d'enjeu dramatique majeur, mais surtout parce qu'il trahit ainsi complètement l'essence des films originaux. En effet, les deux premiers opus se distinguaient sensiblement par ce savoureux mélange de mythes ancestraux et de modernité technologique (avec d'excellents gunfights en prime ; ici réduits à quelques bref échanges à l'arbalète...). Ce qui permettait à Len Wiseman de multiplier de spectaculaires et diversifiées scènes d'action dans un univers urbain et gothique quant Patrick Tatopoulos se contente d'enchaîner sans génie (compte-tenu la dimension "épique" que sous-tend un tel projet) de bien maigres combats moyenâgeux et pour le moins répétitifs (là encore, ceux des flashbacks des films initiaux avaient plus de gueule ; comme en témoignaient les attaques de villages). On est alors bien loin des montées d'adrénaline dont étaient gorgées les deux précédents (Selene s'échappant d'un immeuble en "trouant" le sol, le combat final contre Viktor, William pourchassant la voiture des héros, la confrontation homérique riche de Lycans surpuissants et d'hélices menaçantes...) ; et rapidement, l'ennui guette.

Pire, Underworld 3 réussit "l'exploit" de décrédibiliser complètement certains personnages. Dans mes souvenirs, les Vampires étaient censés être l'espèce dominante, et non pas un ramassis de fiottes apeurées. Même le charismatique Bill Nighy a du mal à s'imposer tant son personnage semble être devenu une caricature maniérée de lui-même :
« Ha ha ha ha ha ! Je suis le méchant et je veux tuer la gentille ! Hin hin hin ! » (les fans des Inconnus apprécieront). Quant à Michael Sheen, déjà bien mis à mal avec sa romance sirupeuse, il perd ici toute l'ambiguïté torturée qui faisait sa force en étant malacontreusement catapulté héros principal de l'histoire (évoquant un bien triste Kirk Douglas du pauvre lorsqu'il s'impose en sauveur héroïque). De fait, et contrairement à ce que l'affiche française laissait à supposer, Rhona Mitra n'a ici qu'un rôle secondaire ; sorte de faire-valoir mélodramatique justifiant la querelle des deux clans. À ce propos, j'ai vraiment trouvé que l'absence de la précieuse Kate Beckinsale se faisait cruellement ressentir ; les producteurs n'ayant rien trouvé de mieux qu'une actrice vaguement ressemblante pour compenser le manque (l'espèce de fondu final censé illustrer cette "évidente" similitude ne faisant que creuser davantage le fossé béant entre les deux actrices). Malheureusement, Sonya n'a carrément pas la classe ultime de Selene ; l'actrice n'ayant ni le charme et ni même le charisme de Kate Beckinsale (malgré les efforts faits pour renforcer la relative analogie entre les deux actrices, le faciès masculin de Rhona Mitra crée un contraste bien trop important avec le visage raffiné de celle qui fut choisie pour pour incarner Ava Gardner dans le biopic d'Howard Hugues que réalisa Martin Scorsese). Je l'ai également trouvé moins convaincante mais, compte tenu de la faible densité de son rôle, il est difficile de faire une juste comparaison. Malgré le manque de saveur général des personnages principaux et secondaires, j'ai toutefois apprécié retrouver Kevin Grevioux (l'acteur black costaud avec la grosse voix qui avait affronté Kate Beckinsale dans le premier volet). J'aurai quand même apprécié que son personnage soit plus qu'une misérable peau de chagrin. Pour le reste, je ne m'attarderai pas davantage sur des décors qui fleurent bon le studio et la restriction de budget, les costumes cheap qu'on croirait voir sortir d'un avatar honteux de Kaamelott, la surabondance d'effets-spéciaux outranciers et pas toujours très bien gérés (avec les transformations lycanthropes les moins crédibles de la saga) qui surcharge inutilement l'écran et plombent totalement l'impact visuel du film, les grotesques projections de sang synthétique fluorescent que viennent surligner une photographie dégueulasse, la chorégraphie chaotique des scènes d'action ou encore l'incompréhensible "coup de théâtre" de la fin (aussi stupide que profondément inutile compte-tenu des évènement narrés dans les autres volets). En bref, pas même fun au second degré, Underworld 3 est un film que je conseille fortement d'éviter. Mais bon, c'est vous qui voyez...

Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

FredMJG 18/04/2009 10:49

Hello ShinWaouh ! je viens de faire un p'tit tour rapide sur ton blog pour te rendre la politesse et je dois dire que tes analyses m'épatent. Je reviendrai pour une lecture plus attentive. Pour Les lycans, effectivement, outre Nighty qui semble être le seul à s'amuser à se caricaturer, Kevin Grevioux évoque irrésistiblement le rôle tenu par Woody Strode, formidable comédien, et compagnon d'infortune de Spartacus... mais pour quel résultat !?!Que les mânes de Kubrick les croquent !!!

Shin 10/05/2009 18:31



Bonsoir Fred (tu me permets ce petit raccourci affectif, j'espère ? ^__^),

Je vois qu'on ne porte tous les deux pas ce "film" en forte estime... À entendre certains échos plutôt positifs, je commençais à me poser des questions !

Sinon, je serais ravi de te revoir sur mon humble chez moi. N'hésite surtout pas, la porte reste toujours ouverte !

Amicalement,

Shin.



Vlad 14/04/2009 22:05

Grosse deception pour moi aussi ce film même si j'ai été plus généreux que toi en lui ayant mis un smiley sur le forum ^^

Shin 10/05/2009 18:25



Bonsoir Vlad,

De toute manière, étant donné ce que je pense de ce "film", tu ne pouvais être que plus généreux que moi !

Amicalement,

Shin.



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