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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 23:00
MalavitaRéalisé par Luc Besson, sorti le 23 octobre 2013
                
Avec Robert De Niro, Michelle Pfeiffer, Dianna Agron, John D'Leo, Tommy Lee Jones, Vincent Pastore, Stan Carp, David Belle ...

" Fred Blake alias Giovanni Manzoni (Robert De Niro), repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie. Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien..."




Mon avis
(pas mal) :
  


 

 

De son formidable prometteur premier long-métrage Le Dernier combat en 1981 jusqu'à son flamboyant Jeanne d'Arc en 1999, Luc Besson s'imposa inexorablement pendant près d'une vingtaine d'année comme l'un des cinéastes contemporains majeurs et, accessoirement, comme LE réalisateur français à suivre. Subway, Le Grand bleu, Nikita, Léon, Le Cinquième élément... autant de films qui firent la joie des nombreux cinéphiles et font à présent partie de ce qu'il est coutume d'appeller les "classiques" du cinéma. Malheureusement, le nouveau millénaire ne fut pas franchement bénéfique pour le réalisateur. Car si Luc Besson devint l'un des producteurs européens les plus influents (Trois enterrements, Danny the Dog, Dikkenek, I Love You Phillip Morris, mais aussi la lucrative saga Taxi), l'un des rares français à pouvoir imposer ses films au box-office américain (les très beaux succès outre-atlantique des franchises Le Transporteur et Taken) et un indéniable découvreur de talents (Louis Leterrier, Pierre Morel, Xavier Gens), les films qu'il mit en scène durant cette période ne furent vraiment pas à la hauteur de sa première (et globalement irréprochable) partie de carrière. Mettant en scène un improbable Jamel Debbouze amoureux romantique dans le gênant Angel-A sorti en 2005, Luc Besson réalise ainsi le premier véritable faux pas de sa filmographie. Les puérils – et cinématographiquement très pauvresArthur et les Minimoys, ses affligeantes séquelles, ou encore Adèle Blanc-Sec qui viendront ensuite n'ayant pas de quoi rassurer les aficionados du cinéaste. Bien que tout à fait regardables, surtout lorsque l'on a moins de douze ans, ses réalisations ne sont clairement pas à la hauteur du géniteur de Nikita, Léon et du Grand Bleu ; et le cinéphile de désespérer du tournant que la carrière de Luc Besson prend inexorablement...

 

L'espoir renaît cependant à l'orée des années 2010 plus précisément en 2011 grâce à The Lady qui semble amorcer un retour à un cinéma plus sérieux ; ou disons, moins "gamin". Je précise que sans doute fatigué d'être systématiquement déçu de Luc Besson réalisateur – j'avais alors préféré passer mon tour (malgré d'excellents retours). Toutefois, la perspective de découvrir un casting aussi prestigieux réunissant Robert De Niro (déjà à l'œuvre sur le doublage américain de Arthur & les Minimoys), Tommy Lee Jones (dont le second long-métrage fut justement produit par EuropaCorp) et Michelle Pfeiffer dans un film 100 % français bien que tourné en langue anglaise avait de quoi attiser mon envie. Et je me plaisais déjà à imaginer le grand retour du réalisateur de Le Cinquième élément... Adapté d'un roman éponyme (d'excellente réputation) de Tonino Benacquista, Malavita possédait donc tous les ingrédients pour régaler mon appétit de spectateur. Malheureusement, le plat servi par Luc Besson n'est rien de plus qu'une soupe un peu tiède où les acteurs incarnent, sans grande motivation, des caricatures grossières de leurs rôles les plus populaires. Ainsi voit-on Robert de Niro nous resservir, une fois encore, son numéro de mafieux cabotin (qui se voudrait être un hommage au mythique Les Affranchis de Scorsese comme en témoigne un clin-d'œil pachydermique au cinéaste américain, également producteur délégué du film  – mais rappelle quand même davantage Mafia Blues) ; tandis que Tommy Lee Jones se contente de nous gratifier de son sempiternel rôle de vieux flic bougon qui lui colle un peu trop à la peau depuis Le Fugitif. Le traitement du personnage incarné par Michelle Pfeiffer est tout aussi frustrant. D'abord présentée comme une maman ultra-badass (son pétage de plomb à la superette est plutôt fun), on a quand même bien du mal à croire qu'elle peine autant à se défendre contre un seul vilain rondouillard un peu loin dans le film... Where is my fucking Catwoman !?

 

Malavita
  Robert de Niro, toujours aussi "fan" de baseball.

 

D'ailleurs, si les personnages de Malavita parviennent malgré tout à demeurer un tant soit peu attachants, c'est surtout grâce au charisme naturel des acteurs ; et à l'affection que le public leur porte. Car le script est, en effet, d'une pauvreté d'écriture effarante. Empêtré dans des dialogues insipides, une caractérisation poussive et une mise en place laborieuse, Luc Besson semble lui-aussi s'auto-caricaturer dans cette comédie d'action lourdingue recyclant les pires stéréotypes de ses productions aseptisées (les habitants de ce village normand sont tout aussi beaufs et arriérés que les marseillais de la saga Taxi), les mêmes poncifs balourds (les ricains avec leurs burgers raillant la bouffe grasse des français à base de beurre et de clacos) et autres facilités narratives improbables (c'est bien connu que tout le monde est parfaitement bilingue dans les petits bleds de campagne). On est très loin de la finesse d'écriture d'un Jacques Audiard par exemple ; avec lequel avait justement travaillé Tonino Benacquista à l'occasion du sublime De battre mon cœur s'est arrêté. Plus dérangeant encore, Malavita demeure tout aussi impersonnel lors des trop rares et très expéditives scènes de fusillades et de baston, ne parvenant jamais à rendre honneur aux capacités du réalisateur de Nikita et Léon (il est tellement dommage d'avoir torché le personnage de David Belle en deux-trois plans !). Certes, le résultat n'est pas honteux, mais un Olivier Megaton ou un Patrick Alessandrin aurait fait le job qu'on n'aurait pas tellement vu la différence. C'est tout de même malheureux que le patron d'EuropaCorp, lorsqu'il repasse derrière la caméra, en soit réduit à faire dans le petit divertissement pépère...

 

Décevant autant par l'indigence de son scénario et son manque de fantaisie que par sa totale incapacité à utiliser intelligemment son casting quatre étoiles, Malavita est tout de même l'occasion de découvrir deux jeunes acteurs prometteurs : John D'Leo et surtout la très jolie Dianna Agron (jusque-là principalement connue pour son rôle dans la série adolescente Glee). Bien sûr, on reste quelque peu embarrassé par le côté un peu trop Spy Kids des scènes d'action les concernant (notamment lors du final). Qui plus est, la romance entre Belle Blake et son professeur n'est pas crédible une seule seconde. Pourtant, l'empathie pour ces deux personnages est réelle et apporte à ce long-métrage un brin ringard un air frais salvateur. Vite vu, vite oublié, Malavita n'est toutefois pas totalement mauvais et se laisse même gentiment suivre ; fidèle qu'il est au cahier des charges habituel des productions EuropaCorp. Mais il faut bien l'avouer : se contenter d'un "mouais c'est pas mal", c'est peut-être déjà bien pour le responsable de Angel-A et Adèle Blanc-Sec, mais ça fait quand même franchement de la peine lorsqu'on se rappelle que Luc Besson est aussi le réalisateur de Subway, Le Grand Bleu, NikitaLéon ou encore Le Cinquième élément. Pour finir, j'en appelle aux fans du roman original Benacquista qui sauront peut-être m'expliquer la pertinence du titre (en fait, le nom du chien de la famille) car, dans le film, ce n'est pas franchement évident (surtout que l'on doit l'apercevoir deux ou trois fois tout au plus)...

 

 

Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici 

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commentaires

Mr Vladdy 25/04/2014 00:50


On est en droit d'attendre mieux mais en est il seulement capable encore ? Tu as vu "The Lady" ? C'est assez manichéen, c'est pas aussi fort que ses oeuvres passés mais j'ai beaucoup aimé. C'est
d'ailleurs ce qu'il à fait de mieux pour moi depuis "Jeanne d'Arc" (même si ce dernier reste sans doute plus fort aussi).


Je comprends qu'on aime pas mais j'ai bien accrocher. Quant à Malavita, je comprends ta frustration même si la mienne n'est pas aussi forte que la tienne ;-)

Shin 25/04/2014 11:10



Ce n'est pas tant que je n'ai pas aimé Malavita (que je considère d'ailleurs comme "pas mal"), c'est surtout que Luc Besson nous a effectivement habitué à mieux.

Je n'ai jamais cherché à l'enfoncer et j'ai même souvent pris sa défense (car c'est notamment l'un des seuls français capable de rivaliser avec les américains). Mais, depuis quelques temps déjà,
je trouve qu'il est devenu paresseux. Tous ses films se ressemblent, ils sont interchangeables. Hormis Pierre Morel qui a su apporté une vraie énergie à ses longs-métrages, tous les autres
semblent se contenter de suivre le cahier des charges du patron. D'ailleurs, le récent Brick Mansions en est une nouvelle preuve : il n'est qu'un bête remake du Banlieue
13 réalisé par Morel (l'histoire et les situations sont quasiment les mêmes).

Ce qui m'attriste, c'est que même le cinéma de Besson devient aseptisé et sans âme. Il avait évoqué l'éventualité d'arrêter sa carrière de réalisateur après 10 films (Arthur & les
Minimoys, il me semble). Je n'irai pas jusqu'à affirmer qu'il aurait dû, mais on sent bien qu'il n'a plus la même passion pour les films qu'il met en scène. On a dû mal à croire que le
réalisateur des géants Léon ou Le Grand Bleu se contente d'un petit Malavita...



Mr Vladdy 24/02/2014 11:04


Hello,


 


Ne pouvant plus trop discuter autour d'un verre (même si il faudra se reprogrammer ça) et ne te voyant plus trop sur le forum, je me suis dis qu'un retour au bon vieux commentaire sur ton blog de
façon old school ça pourrait le faire :P


 


Je comprends parfaitement ta deception concernant ce film. Même si de mon côté je lui ai mis un point en plus (je sais aps si tu as lu ou non mon avis) , je comprends qu'il t'ait laissé sur ta
faim. Tu as vu "The Lady" ? J'aurais été curieux d'avoir ton avis à son sujet. C'est vrai que venant de Besson ont pouvait s'attendre à beaucoup mieux mais bon ce cinéaste est pour moi une
madeleine de proust qui fait que je n'arrive pas totalement à ne pas apprécier ses films même si j'ai été déçu très fortement par certains (dont "Angel-A" même si j'ai enfin trouvé le blu-ray
faisant que j'ai toute sa filmo sur ce support ^^ ).


 


Malavita je pourrais en tout cas très bien le revoir je pense. Pas de façon mémorable mais je pourrais le revoir pour m'amuser sans prise de tête même si c'est clairement pas le film de Besson
qui me marquera le plus ;)


 


Cinéphilement,


Vlad

Shin 23/04/2014 18:12



C'est bien ça le plus triste.

Aussi talentueux soit-il, et il l'est, Luc Besson est devenu un peu flemmard et ses derniers films ne dégage aucun génie. Ils sont seulement sympathiques, ou alors ratés, et s'oublient vite.


Pour un cinéaste qui a réalisé des classiques comme Subway, Le Grand Bleu, Nikita, Léon ou encore Le Cinquième
Elément, ça fait quand même un peut chier...

Encore une fois, Malavita "se laisse regarder", mais c'est tout. Il n'est rien de plus qu'une production EuropaCorp basique. De la part d'un mec aussi talentueux que
Besson, on est en doit d'attendre mieux...



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