Le Taulier

Shin. Who else ?
 Shin. Who else ?

 

Je vous souhaite à tous la bienvenue sur mon humble chez moi. J'espère que le voyage vous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas, de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de musique, d'actualité, d'humour ou de plein d'autres petites choses de la vie, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! Le leitmotiv de ce blog se résume en une phrase simple :

La connaissance s'accroît en la partageant.

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La Shinémathèque

Jeudi 15 octobre 2009
Transformers 2 : la revanche
Réalisé par Michael Bay, sorti le 24 juin 2009
Titre original : Transformers: Revenge of the Fallen

Avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, Kevin Dunn, Julie White, John Turturro, Ramon Rodríguez, Isabel Lucas, Rainn Wilson …

"Deux ans se sont écoulés depuis que Sam Witwicky (Shia LeBeouf) a sauvé l'univers d'une bataille décisive entre les deux clans rivaux de robots extraterrestres. Malgré ses exploits, Sam reste un adolescent préoccupé par les soucis des jeunes gens de son âge : alors qu'il s'apprête à entrer à l'université, il doit se séparer de sa petite amie Mikaela (Megan Fox) et de ses parents pour la première fois de sa vie. Il lui faut aussi tenter d'expliquer son départ à son nouvel ami, le robot Bumblebee. Sam aspire à vivre une vie normale d'étudiant, mais il doit tourner le dos à son destin pour y parvenir. Si Sam a fait ce qu'il a pu pour tirer un trait sur le conflit qui a eu lieu à Mission City et revenir à ses préoccupations quotidiennes, la guerre entre les Autobots et les Decepticons, tout en étant classée secret défense, a entraîné plusieurs changements. Le Secteur 7 a ainsi été dissout et son plus fidèle soldat, l'agent Simmons (John Turturro) a été révoqué sans ménagement. Résultat : une nouvelle agence, NEST, a été mise en place..."




Mon avis
:
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Avec plus de 700 millions de dollars de recettes engrangées à travers le monde, Transformers a indéniablement été l'un des plus gros succès cinématographiques de l'année 2007 (un record qui ne sera d'ailleurs battu à l'époque que par des suites de sagas à succès comme Harry Potter et l'Ordre du Phoenix, Spider-Man 3, Pirates des Caraïbes : Jusqu'au bout du monde ou encore Shrek le Troisième). Assez logiquement, Dreamworks n'a donc pas tardé pour mettre en chantier la suite de ce qui s'annonçait déjà comme une franchise particulièrement prometteuse. Enfin, financièrement parlant surtout, parce que, sur le plan artistique, c'est peu dire que le premier volet n'avait rien d'un chef d'œuvre (sauf à parler de chef d'œuvre de beauferie et de mauvais goût me susurrent à l'oreille certaines mauvaises langues avisées). Malgré tout, du fait de l'effet de surprise, relatif cela dit (les pubs Citroën étant quand même déjà passées par là), généré par cette première adaptation cinématographique et de l'enveloppe budgétaire suffisamment bien garnie qui lui a été alloué pour assurer le spectacle (une bagatelle estimée quand même à pas moins de 150 millions de dollars), Transformerspremier du nom ne s'en sortait franchement pas trop mal en tant que gros divertissement bourrin qui tâche (et qu'on apprécie avec un regressif plaisir coupable). Un domaine dont Michael Bay s'est d'ailleurs auto-proclamé roi du monde ; chacun de ses films depuis The Rock (à l'exception notable du bancal, mais néanmoins attachant, The Island) semblant ainsi suivre une courbe d'exigence artistique dégénérescente et inversement proportionnelle à la volonté de surenchère pyrotechnique tous azimuts du réalisateur (il n'y a qu'à comparer, toutes proportions gardées, ne serait que le premier et le second Bad Boys pour s'en convaincre).

Enorgueilli d'un budget dépassant cette fois-ci les 200 millions de dollars, Michael Bay disposait donc à nouveau de tous les moyens nécessaires afin de concrétiser les ambitions les plus folles concernant son Transformers 2. Et il tenait visiblement à ce que cela se sache. De fait, il serait effectivement assez malhonnête d'affirmer que, à ce niveau-là, on n'en a pas pour son argent. Cette revanche des jouets estampillés Hasbro se présente ainsi d'entrée de jeu comme une vaste entreprise de démolition massive où chaque élément visible et potentiellement destructible de l'écran y passe (carrosseries, immeubles, engins militaires, vestiges archéologiques, humains, neurones...). N'en déplaise aux raisonnables, la notion de modération n'est ici déjà plus qu'un lointain souvenir du temps jadis (à l'instar de cette introduction  préhistorique reconstituée avec une fidélité à faire passer le 10 000 de Roland Emmerich pour un documentaire d'Alain Decaux, ou de ces combats titanesques qui poursuivent, et achèvent, le long-métrage dans un gigantesque enchevêtrement de tôles froissées à faire pâlir les plus grandes courses de stock-cars de la NASCAR). Totalement omniprésents et assurément impressionnants, les effets visuels ont vraiment de quoi satisfaire les amateurs du genre, ou tous ceux pour qui Tuning Magazine demeure le nec plus ultra de l'information culturelle (mais bon : "Faut de tout, tu sais. Faut de tout, c'est vrai. Faut de tout pour faire un monde..."). Pour les autres, et surtout pour ceux qui n'avaient déjà pas accroché des masses au premier épisode (c'est à ce moment très précis que votre serviteur lève gentiment sa mimine en l'air), Transformers 2 : la revanche risque d'être un moment (enfin, un "moment", il dure quand même plus de 2h30 le "moment" !) à peu prêt aussi agréable qu'une lobotomie pratiquée sans anesthésie. En même temps, avec le déchaînement de sons abrutissants et l'agression visuelle qui caractérisent le film (d'où une musique semblant quasi inexistante également), il aurait quand même fallu être sacrément chargé niveau médocs pour parvenir à trouver le sommeil pendant cette douloureuse séance de destruction (dés)organisée...

Transformers 2 : la revanche
En l'occurrence, il sera plus question ici d'introduction que d'astronomie... (pardon aux familles, tout ça)

À la réflexion, notez qu'une petite extraction du cerveau effectuée vite fait en amont de ladite séance pourrait aider plus d'un spectateur à supporter l'incommensurable amas de conneries que représente le long (très long) métrage de Michael Bay. D'une laideur esthétique incroyable, Transformers 2 : la revanche symbolise tout ce que Michael Bay sait faire de mieux, et surtout de pire (deux notions globalement similaires chez le bonhomme). Ce dernier est effectivement demeuré (tout jeu de mots tendancieux serait évidemment purement fortuit) tout à fait fidèle lui-même et n'a donc pas pu contenir tous ses habituels travers de mise en scène clipesque. La surenchère d'effets visuels et sonores reste donc le mètre-étalon de son cinéma qu'il enrobe sous un montage épileptique toujours aussi affreux. C'est  à croire que le réalisateur ne supporte pas l'idée qu'un plan puisse excéder les trois secondes et que le cadre puisse rester un tantinet soit peu "statique" (même lorsqu'il film un banal et logiquement plus sage dialogue, il s'entête encore à sur-découper la séquence à base d'improbables travelling circulaires et de plongées/contre-plongées en veux-tu, en voilà). S'ajoutent à ces défauts déjà bien handicapant un humour graveleux (entre plaisir de la misogynie et joie de la scatologie) carrément indigeste, accentué par une vulgarité érigée en modèle stylistique (la plastique de Megan Fox n'étant qu'une des nombreuses victimes collatérales de cette volonté). Quant on en arrive effectivement à filmer les fesses de John Turturro dépassant d'un string d'une innommable laideur, les "testicules" d'un robot géant en gros plan, une bagnole téléguidée se "soulageant" sur la jambe de Megan Fox et des clébards qui s'enfilent pour provoquer un semblant de sourire, c'est vraiment qu'on a touché le fond (sans parler des blagues toujours aussi nazes entre robots et de la consternante mère du héros réduite à débiter des débilités indignes du plus mauvais des American Pie-likes). Dans le fond, que le gars ait la finesse d'un Jean-Marie Bigard n'est pas spécialement dérangeant en soi (il n'a d'ailleurs jamais cherché à faire dans le profondément intellectuel ou spirituel). Toutefois, qu'il n'en possède pas, ne serait-ce que, le quart de l'efficacité dans le domaine est déjà plus embarrassant (c'est un peu comme si on confiait le Stade de France à Cauet pour s'y produire en spectacle...).

Avec près 850 millions de dollars de recettes récoltées dans le monde, la recette semble pourtant plaire. Ce qui laisse quelque peu songeur car, à part provoquer migraines carabinées, déchirements de tympans, hernies mentales lors des scènes de fight et  autres saignements de nez lorsque l'action s'incline devant les formes voluptueuses des comédiennes, Transformers 2 : la revanche ne propose rien de franchement intéressant (entre l'humour lourd déjà évoqué ou les longs tunnels de dialogues insipides ressassant en boucle les mêmes données, il est bien difficile de se passionner pour ce que les personnages racontent en même temps). Déjà à l'office sur le précédant volet, Roberto Orci et Alex Kurtzman ont retenu les leçons du fiasco commercial (injustifié) de The Island et parfaitement intégré le fait qu'un scénario intelligent pouvait gravement nuire à la quantité de billets verts engrangés dans les salles. Ils semblent donc avoir pris l'option de pondre une histoire d'une rare indigence (surtout pour les mêmes capables d'écrire un aussi formidable reboot de Star Trek) et de reduire les enjeux dramatiques au strict minimum. Pendant plus d'heure trente donc,  l'espèce d'intrigue autour des robots n'avance pas d'un pouce (sauf à proposer une avalanche de scènes d'action indigestes qui s'enchaînent en dépit du bon sens) avant que de bien pratiques raccourcis scénaristiques ne fassent miraculeusement leur office ! Qu'importe alors qu'un robot qui mettait vingt bonnes secondes à se transformer le fasse désormais en l'espace d'un instant, ou que (plus affligeant encore) nos joyeux bédouins en herbe parviennent à relier les ruines de Petra en Jordanie et les Grandes Pyramides d'Égypte sur leurs solides guiboles en un éclair (c'est vrai qu'à peine un millier de kilomètres séparent les deux vestiges archéologiques, ça parait jouable en même temps...). Enfin bref, en déplaçant la Tour Eiffel au niveau de la Place de la Concorde ou en filmant des soldats débarquant sur "les plages qui bordent naturellement" Le Caire (à au moins une centaine de kilomètres de la mer la plus proche cela dit en passant ; je sais que le Nil est vaste, mais bon...), Michael Bay n'est plus à une approximation géographique près j'imagine...

Transformers 2 : la revanche
À propos de Megratron et ses sbires : « Je commence à en avoir assez decepticons !»

Remarquez, pour quelqu'un qui aligne autant de clichés xénophobes à la minute qui croit encore que la gastronomie française se résume à une douzaine d'escargots servie à la terrasse d'un café où s'épandent des mimes, et qui pense que LeCaire a encore l'apparence d'un village arriéré de campagne (alors que sa population avoisinne juste les 18 millions d'habitants et qu'il s'agit accessoirement de la plus grande métropole d'Afrique et du Moyen-Orient) – doit-on encore s'étonner ? Pour Michael Bay, Transformers 2 : la revanche est surtout un moyen de se faire plaisir à lui-même, tel un grand gamin disposant d'un gros paquet de pognons pour mettre en scène les combats titanesques qu'il improvisait déjà plus jeune entre ses figurines chéries.  Boom ! Bang ! Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz ! D'un égoïsme à tout épreuve, Michael Bay fait donc joujou avec ses gros robots destructeurs et ses pétards grandeur nature sans jamais un instant en faire profiter le spectateur ; tant la vision du résultat s'avère insupportablement illisible. En surnombre évident (ils ont été multipliés par trois depuis le premier film, et la plupart se contentent de figurer en manquant cruellement d'identité), les robots envahissent l'écran sans jamais l'habiter (le pire étant probalement atteint avec la transformation du "Devastator" qui ne ressemble absolument à rien), tandis que le cadre ne cesse de bouger dans tous les sens pour créer une très artificielle impression de rythme (ce qui, bien évidemment, s'avère tout à fait inefficace). Résultat des courses, on ne comprend rigoureusement rien aux combats (ce qui était déjà le cas dans le premier) et, malgré les mouvements incessants de la caméra, l'ennui guette rapidement (d'autant que, une fois encore, le film est un interminable calvaire pyrotechnique qui s'étend sur plus de 2h30 et dont la fin ne semble jamais arriver...). Et puis, ce n'est vraiment pas la peine d'insérer une vingtaine d'explosions simultanées dans un même plan si on saccage aussi tout le plaisir avec un montage épileptique aussi catastrophique !

Juqu'au boutisme dans l'auto-satisfaction de sa personne, le réalisateur en profite aussi pour s'auto-citer grassement en calquant – sans même chercher à le cacher véritablement – deux des plus fameuses scènes d'Armageddon et de Pearl Harbour, ou en laissant bien entrevoir l'immense poster de Bad Boys II ("l'autre séquelle" réalisée par ses soins) qui orne la chambre de son jeune héros . Au passage, il ne se gêne pas non plus pour se servir chez Joe Dante (les robots ménagers qui détruisenet la cuisine rappellent étrangement les vilaines bêtes éponymes de Gremlins), Richard Donner (avec le robot grabataire "trop vieux pour ses conneries" à la façon Danny Glover dans L'Arme Fatale) ou encore Peter Jackson (avec les robots qui prennent la même pose que King Kong sur les gratte-ciels ; l'original est bien sûr de Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack, mais je reste persuadé que c'est bien Peter Jackson qu'il avant en tête à ce moment-là). Michael Bay n'en oublie pas non plus son amour inaltérable pour l'armée américaine et sort littéralement l'artillerie lourde (des Marines à la Navy, en passant par l'US Air Force) pour assouvir ses plus désespérants penchants patriotiques. Celui-ci nous concocte ainsi une vaste compagne publicitaire de recrutement  pour une armée américaine constamment glorifiée (engagez-vous les jeunes, engagez-vous !) qui semble a priori être la seule apte à sauver le pays, et accessoirement le monde ; le gouvernement de Barack Obama (expressément cité dans le film) se montrant dans le film d'une incapacité totale à gérer la situation efficacement (dissolution du Secteur 7 au profit d'une structure bureaucratique incompétente, Président se terrant dans son bunker à la moindre explosion, conseiller neuneu pacifiste n'ayant aucune conscience de la gravité de la situation...). Certes, les gouvernements sont très couramment présentés comme absolument inaptes (voire même responsables et corrompus) dans les films catastrophes. Néanmoins, le fait de citer ainsi l'actuel Président en place m'a tout de même semblé, sinon douteux, au moins maladroitement opportuniste (comme une sorte de réponse – involontaire peut-être ? aux charges anti-Bush de George A. Romero dans son Land of the Dead : le Territoire des morts).

Transformers 2 : la revanche
C'est quoi le texte, déjà ? "Aaaaahhhhh..." (peut se prononcer en bavant)

Pour finir, parlons un peu du casting. Si la romance entre Shia LaBeouf et Megan Fox ne manquait pas de charme dans le précédent épisode, elle apparait comme de moins en moins crédible à mesure que la caractérisation des personnages s'atrophie (c'est certes le mec que je suis qui parle, mais qui peut croire encore qu'un gars d'apparence aussi banale puisse hésiter un instant à avouer ses sentiments à sa top model de copine folle de lui  ?!). Pire encore, la direction d'acteurs semble définitivement sonner aux abonnés absents et les acteurs sont laissés en totale roue libre. Shia LaBeouf, terriblement attachant dans le précédant métrage et si impeccable chez Steven Spielberg (assurèment l'une des seules raisons d'être du dernier Indiana Jones), voit ici son talent totalement sous-exploité par un Chiant LeBeauf Michael Bay visiblement trop occuppé à faire mumuse avec ses jouets à plusieurs millions de dollars pour lui indiquer qu'il en devient grotesque à trop exagérer ses "crises" hystériques. Je ne reviendrai pas davantage sur la pauvre Julie White contrainte de camper une "maman" de Shia LeBeouf encore plus horripilante que la Karen Allen du récent Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal (facile à imaginer : enlever le capital sympathie apporté par Les Aventuriers de l'Arche Perdue et ajoutez-y à la place un comique de répétition foireux franchement pénible), pas plus que sur le piètre constat d'un John Turturro visiblement très désespéré pour accepter de se compromettre de la sorte après avoir si bien fait le bonheur des aficionados de Spike Lee ou des frères Coen. Et si on peut légitemment éprouver un vague plaisir à voir le très rare Rainn " Dwight Schrute" Wilson de The Office sur grand écran (mais dans ce cas autant se ruer sur The Rocker), les amateurs de Jonah Hill peuvent être soulagé que le protégé de Judd Apatow cède sa place au transparent Ramon Rodríguez pour camper l'insupportable Léo Spitz (clone ado et latino foncièrement raté du Leo Getz de la saga L'Arme Fatale donc).

Pour le reste, il est impossible de ne pas mentionner celle qui fait saliver tous les mâles hétéros (et sans doute un grand nombre de femmes) de la planète : Megan Fox. Malheureusement, alors que le personnage avait une certaine consistance dans le premier volet, Michael Bay s'échigne ici à réduire l'actrice à sa plus simple expression de fantasme vivant et semble davantage la faire racoler que véritablement jouer. Telle une round girl uniquement destinée à faire joli entre deux reprises de boxe, Megan Fox est ainsi carressée sous tous les angles par une caméra libidineuse et n'a que les poses lascives qu'elle prend pour faire exister son personnage. Pas étonnant dans ses conditions qu'elle ait fini par affirmer que les films de Michael Bay n'offraient pas beaucoup d'opportunités de jeu pour les comédiens ; ce qu'a visiblement très mal pris l'intéressé désormais bien décidé semble-t-il à sacrifier l'actrice – et sans nul doute une partie du public masculin dont votre serviteur fait partie dans le troisième volet de la franchise. Mais que le réalisateur ne s'imagine pas non plus qu'il puisse remplacer cet atout charme aussi finalement. Parce que déjà, aussi mignonne soit Isabel Lucas (sorte de clone un brin vulgaire de Vahina Giocante en moins belle), celle-ci est par exemple loin de tenir la comparaison. D'autant que son personnage – qui pille à la fois chez Terminator 3 : le Soulèvement des machines et La Mutante (depuis quand les Transformers ont des langues organiques au fait ?) manque clairement d'épaisseur une fois encore (je n'ai d'ailleurs pas très bien compris ce qu'il venait véritablement foutre ici...). Passés le spectacle offert par l'exubérance des effets spéciaux et les corps de ces magnifiques actrices, Transformers 2 : la revanche reste surtout un terrible gâchis une fois encore bien trop long, monté à l'arrache, mal rythmé et surtout dénué de toute émotion. Une sorte de divertissement boursoufflé qui a les yeux plus gros que le ventre et peine à susciter la moindre once de plaisir (en comparaison, le premier passerait presque pour un modèle de réussite, c'est dire). Alors oui, j'en conviens, on a  parfaitement le droit de foirer un film dans les grandes largeurs (mais jusqu'où ira-t-il pour le prochain ? ^__^). Seulement, à ce prix-là, ça devient franchement indécent...


Films de Michael Bay chroniqués ici : Transformers ; Transformers 2 : la revanche


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Par Shin
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Samedi 10 octobre 2009
(500) jours ensemble Réalisé par Marc Webb, sorti le 30 septembre 2009
Titre original : (500) Days of Summer

Avec Joseph Gordon-Levitt, Zooey Deschanel, Matthew Gray Gubler, Geoffrey Arend, Chloe Moretz, Clark Gregg, Rachel Boston, Minka Kelly ...

"Tom (Joseph Gordon-Levitt) croit encore en un amour qui transfigure, un amour à la destinée cosmique, un coup de foudre unique. Ce qui n'est pas du tout le cas de Summer (Zooey Deschanel). Cela n'empêche pourtant pas Tom de partir à sa conquête, armé de toute sa force et de tout son courage, tel un Don Quichotte des temps modernes. La foudre tombe le premier jour, quand Tom rencontre Summer la nouvelle secrétaire de son patron, une belle jeune fille enjouée. Alors que l'histoire fait des allers-retours au sein de la relation, parfois heureuse, mais souvent tumultueuse, de Tom et Summer, le récit couvre tout le spectre de la relation amoureuse, du premier coup de cœur aux rendez-vous, du sexe à la séparation, à la récrimination et à la rédemption et décrit toutes les raisons qui nous poussent à nous battre aussi ardemment pour arriver à trouver un sens à l'amour... Et, avec un peu de chance, à en faire une réalité."




Mon avis http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif




Doté d'un budget n'excédant pas les 7,5 millions de dollars, réalisé par un illustre inconnu (Marc Webb, dont c'est le premier long-métrage) et porté par deux acteurs à la notoriété balbutiante (Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel qui, malgré plusieurs films notables à leur actif, restent encore assez méconnus du grand public), (500) jours ensemble avait tout de la petite production américaine qui sort dans l'indifférence générale et que le public oublie dès le lendemain. Pourtant, ce long-métrage présenté en sélection officielle aux festivals de Sundance et de Deauville (où il reçut un accueil des plus chaleureux) a su créer la surprise au box-office américain en récoltant pas moins de 30 millions de dollars de recettes depuis le jour de sa sortie (soit quatre fois son budget initial, et ce en dépit un nombre de salles relativement limitées). Plus de neuf mois après sa première diffusion américaine (le 17 janvier 2009 à Sundance donc), le film sort enfin dans nos contrées françaises – dans un nombre de salles néanmoins restreint frôlant franchement l'indécence. Et, autant prévenir les allergiques du genre,
(500) jours ensemble n'a, contre toute attente, finalement rien de la comédie romantique conventionnelle que pouvait laisser suggérer son titre tout droit issu d'un roman de Marc Levy (à la décharge des traducteurs, le jeu de mots du titre original était particulièrement difficile à retranscrire ; l'héroïne s'appelant Summer, à l’instar de la saison estivale dans la langue de Shakespeare), son affiche pastel sentant bon la romance adolescente fleur bleue (l'affiche américaine est d'ailleurs bien plus jolie je trouve) et son pitch de départ aux faux airs de déjà-vu.
 
Le long-métrage de Marc Webb n'est d’ailleurs même pas une comédie romantique à proprement parler. S’il est bien question de l'histoire d'un garçon qui rencontre une fille, ce n'est effectivement pas une histoire d'amour pour autant ; comme nous le signale d’emblée une très sentencieuse voix-off au ton grave. D’amour, il en est pourtant question dans (500) jours ensemble (l'accroche de l'affiche est d'ailleurs particulièrement pertinente : "Ce n'est pas une histoire d'amour, c'est un film qui parle d'amour."). Et si Marc Webb parvient aussi joliment à briser tous les clichés romantiques traditionnels de l’amour passionné, idéaliste et éternel (du mythe d’Ulysse & Pénélope à celui de Roméo & Juliette, en passant par les longs-métrages Titanic de James Cameron ou N’oublie jamais de Nick Cassavetes ; et ce, aussi belles que puissent être ces œuvres), c’est d'abord parce que sa conception du couple est avant tout sincère, lucide et surtout terriblement réaliste. Prouvant que le traitement d’une rencontre amoureuse peut fonctionner en dehors des quelques codes grossiers préétablis que l'on a tendance à retrouver trop systématiquement dans le genre, le jeune réalisateur pose un regard d'une maturité rare et traite son histoire avec un véritable respect du spectateur (qui s'y retrouvera certainement plus dans les errements bruts de ses personnages que dans toutes ces romances fantaisistes qui inondent nos écrans juste avant le printemps). Signé à quatre mains par le duo Michael H.Weber et Scott Neustadter qui avoue s'être inspiré pour sa part d'une histoire personnelle (avec une certaine Jenny Beckman, je présume ? ^__^), le scénario du long-métrage allie ainsi une audace de ton remarquable (avec un humour frais, omniprésent, mais jamais pesant, et une émotion quasi permanente) à une finesse d'écriture absolument réjouissante ; offrant de ce fait au réalisateur un matériau de premier choix pour mettre en images cette romance sibylline. Mieux encore, cette véritable réflexion sur l'amour. Concrètement, ce sentiment que "l'on ne peut comprendre qu'une fois qu'on le ressent" est ici décortiqué à travers le récit en forme de journal intime  (avec ses chapitres marquants et ses épisodes anecdotiques) d'un jeune garçon candide.

(500) jours ensemble
Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel, c'est un peu comme Heath Ledger et Katy Perry se faisant les yeux doux...

Si la narration via une voix-off masculine peut d'abord faire songer au Fabuleux destin d'Amélie Poulain, la description de ce couple mal assorti qui se cherche plus qu'il ne se trouve renvoie finalement plus à l'univers d'un autre frenchy, Yann Samuell (qui s'était malgré tout lui-même grandement inspiré du film de Jean-Pierre Jeunet pour concevoir le sien). À l'instar des personnages de son Jeux d'enfants (qu'incarnaient alors Guillaume Canet et Marion Cotillard), ceux de (500) jours ensemble s'attirent surtout par ce qui les opposent. De la même façon, l
ui paraît être resté assez pur et sentimental, croit avoir trouvé l'élue de son cœur, mais n'ose pas "l'inviter" directement (par peur de passer pour trop brusque peut-être). Elle ne semble plus véritablement croire en l'amour, n'en attend d'ailleurs plus rien et affirme sans détour que la liberté offerte par son statut de célibataire lui convient parfaitement (par peur de l'engagement sans doute). Dans le film de Marc Webb (tout comme dans celui de Yann Samuell), le traditionnel rapport homme / femme semble même s'être inversé. Tom croit encore aux belles histoires de contes de fées (comme l'illustre le bouleversant passage des "attentes" comparées à la "réalité"), alors que Summer a depuis bien longtemps abandonné l'idée du prince charmant. Sentimental et romantique, l'homme semble même ici plus "féminin" que la femme par moment. Tout comme le personnage joué par Billy Crystal dans Quand Harry rencontre Sally, Tom n'envisage pas non plus qu'une amitié puisse réellement exister entre un homme et une femme (sauf le concours d'une petite antipathie physique peut-être ; point qui reste néanmoins négociable pour son collègue de bureau désespéré...) alors que Summer aimerait qu'ils "restent amis" (sentence ô combien terrible qu'on a certainement tous entendu au moins une fois malheureusement). Loin de tout mièvrerie, et sans pour autant verser dans la perversion trash (d'un néanmoins remarquable Les Lois de l'attraction) ou le potache graveleux (tendance American Pie ou 40 ans, toujours puceau), le couple tel que le conçoit Marc Webb est finalement plus proche de l'esprit d'un Woody Allen ou d'un Michel Gondry (sans parler des auteurs de la Nouvelle Vague que le film évoque à travers un très joli hommage cinéphile). La vraisemblance de son propos n'en est alors que plus percutante. Sa vision âprement réaliste rejoint effectivement davantage celle de l'auteur d'Eternal sunshine of the spotless mind, que celle plus romantique de Jean-Pierre Jeunet auquel on pense au prime abord.

Il est également appréciable aussi de constater que le film ne cherche pas non plus à jouer la carte du cynisme désabusé quelque peu ronflant (Toy Boy), ni de celle du cynisme de papier qui s'envole avec l'arrivée du générique final (Jackpot). Ici, les personnages sont semblables à la vie. Imprévisibles, entiers et surtout libres. Ce n'est pas avec un beau bouquet de roses, des violons larmoyants et quelques mots écrits sur une carte que l'on corrompt leur âme. L'amour ne se résume pas à une formule magique où  "tout est forcément bien qui finit bien", Marc Webb l'a bien compris et parvient assez remarquablement à triompher de l'ennemi mortel de ce type de films : la prévisibilité. Son film n'en est pas complètement désespéré pour autant. En fin de compte, son regard est moins cruel et désenchanté que tendre et juste ; aussi amers soient certains passages qu'il met en scène. (500) jours ensemble se présente surtout un film de contraste(s). Contraste évidemment entre le romantisme du héros et le détachement de sa promise, mais aussi entre la naïveté persistante de celui-ci et l'étonnante maturité de sa jeune sœur. Contraste aussi dans le choix des couleurs avec une dominance du jaune lumineux et du bleu intense pour figurer le bonheur (un bleu qui, en outre, met remarquablement bien en valeur les yeux magnifiques de l'actrice), et davantage de couleurs sombres et grises lorsque le moral est au plus bas (y compris sur les petites pancartes colorées qui découpent le film en chapitres). Cette direction artistique réfléchie s'accompagne de choix de mise en scène pertinents qui se jouent également des opposés et illustrent avec force les différents stades affectifs des personnages. Qu'il s'agisse d'une même scène revue avec un point de vue sensiblement divergent ou de la désillusion que fait naître la réalité lorsque les attentes sont trop grandes ; une désillusion capable de faire littéralement s'écrouler le monde autour de nous (là encore, la réalisation est d'une rare virtuosité et parvient remarquablement à traduire par l'image les pensées des protagonistes). Écrans séparés permettant d'observer simultanément l'être qui hésite et celui qui attend, travelling au ralenti pour figurer l'anxieuse attente qui suit une nuit de dispute, images délicieusement rétro pour évoquer le passé des personnages, insert animé pour accentuer le décalage d'une situation, détournement de classiques du cinéma européen... Marc Webb tente vraiment pas mal de choses pour un premier long-métrage, et  parvient à viser juste la majeure partie du temps.

(500) jours ensemble
Pendant que Summer envisage une "joy division", Tom se prépare au "clash"...

En outre, ces effets de style parfaitement orchestrés s'accompagnent d'un montage résolument non-linéaire, mais d'une lisibilité impeccable (le petit "compteur" aidant de surcroît à toujours bien nous positionner dans le temps), qui détourne avec intelligence les conventions narratives du genre et permet à certains passages traditionnellement "casse-gueule" (comme la partie musicale par exemple) de trouver une intensité inattendue. (500) jours ensemble parvient à s'émanciper du schéma traditionnel de la comédie romantique en n'ayant pourtant qu'un seul personnage principal comme moteur de son récit (voire deux tout au plus, si on choisit d'ajouter celui de Zooey Deschanel)là où un Love Actually puisait justement sa force dans le développement d'une galerie de personnages étendue – grâce à une construction en forme de film à sketches qui permet une plus grande souplesse de composition. Totalement décousue, mais parfaitement maîtrisée, cette narration non-conventionnelle permet ainsi (en plus d'entretenir le mystère sur les tenants et les aboutissants de cette relation) de créer de savoureux décalages comiques (celui avec l'ascenseur étant certainement le plus mémorable), bien souvent introspectifs (comme un souvenir chez le disquaire dont l'interprétation change avec le temps), et de mettre en avant, mine de rien, quelques vérités sur le couple qui ne manquent pas de pertinence. Au premier abord léger et décontracté, le traitement faussement naïf est surtout un prétexte à évoquer la tristesse sans verser dans le sentimentalisme, et à parler d'amour sans sombrer dans l'excès de sensiblerie (comme quoi, une simple séance bucolique dans un Ikéa a parfois plus d'impact que toutes les gondoles de Venise). Ce décalage de tons constant n'est pas sans évoquer certaines séries américaines en général, et Pushing Daisies en particulier (d'autant que Zooey Deschanel a ce petit côté lunaire et insaisissable que possède la toute aussi ravissante Anna Friel). Le burlesque de certaines séquences est alors parfaitement justifié pour illustrer la joie immense que provoque l'amour (celle qui donne envie d'aimer l'amour, de se ruer dans la rue pour chanter et danser son bonheur à la façon de Il était une fois), tout comme la morosité que provoque sa perte et le profond désespoir qui l'accompagne (et qui conduit à en vouloir à la terre entière, à ne même plus supporter la vision du bonheur dans la rue et à systématiquement voir le mauvais côté des choses). Entre rire amusé et soupir nostalgique, (500) jours ensemble est un joyau d'émotion pure, sincère et si proche de nous.

Pour camper ses deux personnages qui à la façon d'Ashton Kutcher et Amanda Peet dans le très recommandable 7 de séduction de Nigel Cole vont se croiser à différents stades de leur existence, il fallait évidemment que le casting soit à la hauteur. Là encore, en confiant le rôle des acteurs au physique de "people next door", Marc Webb marque un point de plus dans la crédibilité et la facilité d'identification. Bien entendu, Joseph Gordon-Levitt et Zooey Deschanel (qui s'étaient déjà croisés huit ans auparavant sur le tournage du film Manic de Jordan Melamed) sont loin d'être des laiderons ; mais ils ne représentent pas non plus des modèles de perfection incarnée façon Matthew McConaughey et Jennifer Garner, ou encore Gerard Butler et Katherine Heigl (pour ne citer que les exemples les plus récents). Clairement, le réalisateur ne cherche moins à nous faire rêver avec son histoire qu'à nous toucher vraiment. Or, le charme des interprètes principaux de (500) jours ensemble vaut toute la beauté du monde. À la façon d'un James McAvoy, Joseph Gordon-Levitt campe donc avec une incroyable aisance ce garçon ordinaire auquel on s'attache rapidement et que l'on a plus envie de quitter ensuite. Avec son minois de poupée de porcelaine, la pétillante Zooey Deschanel est quant à elle juste parfaite dans le rôle de cette jeune femme aux airs de fausse ingénue. Et si son personnage pourrait rapidement passer pour insupportable, l'actrice parvient surtout à rendre Summer délicieusement détestable. Certes, celle-ci agace souvent par sa façon de nous rappeler de douloureux et lointains souvenirs (comme un condensé de toutes les échecs amoureux passés), mais on comprend également sans mal qu'elle fasse tourner la tête du pauvre Tom. En effet, qui pourrait résister à ces deux diamants bleus qui irradie son regard ? Bien qu'assez évanescents, les personnages secondaires sont également incarnés avec une sincère conviction par des comédiens attachants. On prend ainsi beaucoup de plaisir à voir Matthew Gray Gubler (Le Dr. Spencer Reid de la série Esprits criminels) évoluer dans un rôle plus "masculin" et le discret Clark Gregg (vu notamment dans La Couleur du mensonge, Photo Obsession et Iron Man) se glisser dans la peau d'un boss aussi sympa, compréhensif et maladroit que le grand Michael Scott de The Office. Dans le rôle du collègue un brin lourd, mais surtout bienveillant, Geoffrey Arend ne déçoit pas non plus. Mais je retiendrai surtout la pétulante Chloe Moretz, et ses précieux conseils avisés (surtout pour une gamine de cet âge !), dont la prestation pleine de fraîcheur m'a vraiment ravi.

(500) jours ensemble
C'est bien connu, les couples finissent toujours par se réconcilier sur l'oreiller...

L'autre élément fondamental de (500) jours ensemble, c'est indubitablement la musique. Rien d'étonnant lorsque l'on sait que Marc Webb (dont c'est le premier film je le rappelle) s'était alors surtout illustré dans le monde du clip en travaillant pour de nombreux artistes ou groupes aussi réputés que Green Day, Maroon 5, Daniel Powter, Fergie ou encore Lenny Kravitz. Qu'il s'agisse d'une chanson de The Smith dont on partage l'écoute dans l'ascenseur, d'une soirée karaoké, d'une séquence onirique en forme de comédie musicale, d'une visite chez le disquaire, de T-Shirts sérigraphiés (Tom arbore ainsi à plusieurs reprises les couleurs de Joy Division ou The Clash) ou tout simplement de conversations entre deux mélomanes (qui n'hésitent pas à disserter sur les Sex Pistols ou The Beatles), la musique n'a ici pas une simple fonction décorative, mais se place véritablement au cœur du film. Entre la magnifique voix de Regina Spektor (pour laquelle Marc Webb avait d'ailleurs réalisé plusieurs clips) et celles non moins remarquables de Feist, Simon & Garfunkel, Daryl Hall & John Oates ou encore Mum-Ra, les chansons rythment véritablement le récit autant qu'elles trahissent (non sans humour) les états d'âme des personnages. Si le choix d'une fameuse chanson interprétée par une certaine première dame pourra toutefois en surprendre plus d'un, il mérite pourtant qu'on s'y attarde plus sérieusement pour en saisir la pertinence. Au-delà du gag immédiat qu'elle provoque, les paroles accompagnent en effet les images avec beaucoup de justesse (les plus anglophones pourront également s'en apercevoir lorsque le titre "Hero" de Regina Spektor vient presque poser des mots sur les images pendant la sublime séquence où le décalage entre les "attentes" du personnage et la "réalité" des faits est mis en exergue). On appréciera également les nombreuses références musicales adressées à d'autres films (du Lauréat de Mike Nichols à Dirty Dancing d'Emile Ardolino, un grand écard cinématographique qui témoigne de la richesse et de la complexité du long-métrage de Marc Webb), ainsi que le plaisir d'entendre une nouvelle fois chanter Zooey Deschanel (qui avait déjà pu montrer ses talents en la matière à un Jim Carrey totalement sous le charme dans le récent Yes Man) lorsque celle-ci se lance dans une adorable reprise du "Sugar Town", qu'immortalisa Nancy Sinatra en son temps.

Pour terminer, je ne sais plus vraiment comment vous motiver de voir ce film sans risquer de vous décevoir par trop d'attente (à trop attendre de quelque chose, on est bien souvent déçu...). Néanmoins : fausse comédie romantique sur l'amour, (500) jours ensemble dissimule derrière une apparente légereté (le film débute et termine d'ailleurs par un gag) une véritable réflexion dans laquelle je me suis intégralement retrouvé (le héros ayant une approche et une vision des choses très semblables aux miennes). Certainement donc qu'une partie de ceux qui liront ces lignes me trouveront  exagérément généreux avec ce film. Mais, à l'instar d'un Garden State, d'un Once ou d'un Punch-Drunk Love : ivre d'amour, (500) jours ensemble est un film bougrement original qui dénote singulièrement des productions standarisées actuelles et attire immédiatement la sympathie. Car  même si ceux qui ne parviendront pas à "entrer" dans le film peuvent y rester de marbre, celui-ci stimule pleinement le sentiment d'identification. (500) jours ensemble peut ainsi éveiller en nous un amour perdu, une passion prématurément finie tout en nous amènant à réfléchir sur le "et si ?". Summer ne croyait plus en l'amour avant de se confronter à la force des sentiments, Tom croyait au destin puis découvre le libre-arbitre ; comme quoi rien jamais n'est joué d'avance. Sachant qu'il ne sert à rien d'attendre un signe providentiel d'on-ne-sait-où en s'attardant sur un passé sublimé par des souvenirs forcément sélectifs (d'où la nécessité de ne pas se focaliser seulement sur le positif, mais d'y réfléchir à deux fois comme le conseille justement la jeune sœur du héros), il convient de saisir les opportunités qui s'offrent à nous en se disant que le bonheur est forcément "avenir" (le 1er jour film, la rencontre, compte d'ailleurs finalement bien moins au final que le 500ème, la conclusion). Servi par un scénario parvenant au juste équilibre d'esprit, d'humour et de tendresse nécessaire, porté par des personnages terriblement attachants, emmené par mise en scène imaginative et un montage malin, (500) jours ensemble est une œuvre qui laisse une agréable sensation d'espoir, des souvenirs plein la tête et pousse à une judicieuse introspection lorsque l'on va mal. On peut d'ailleurs aisément se laisser aller à penser que cette voix-off omnisciente qui narre ce qui se passe sous nos yeux est celle d'un homme d'âge mûr qui a su prendre le recul nécessaire sur sa vie (il s'agit d'ailleurs peut-être bien de celle du héros qui, ayant vieilli, fait à la manière de Ted Mosby dans la série How I met your mother le bilan de sa vie) et en tirer les conclusions qui s'imposent. Comme le souligne d'ailleurs très bien le réalisateur Marc Webb : « derrière l'humour et la légèreté de (500) jours ensemble, il y a une vérité : l'amour a beau pouvoir être dur, cruel et difficile, c'est aussi, de loin, ce que la vie a de mieux à offrir ».


Pour terminer ce billet dans la bonne humeur, je vous invite à présent à découvrir une vidéo réalisée par le même Marc Webb. Conçu dans le but dans le but évident de rendre hommage aux comédies musicales, ce clip met de nouveau en scène le couple  Joseph Gordon-Levitt / Zooey Deschanel et illustre sur fond de braquage de banque fantasque l'un des tubes du groupe She & Him dont la belle actrice au regard lapis-lazuli est la chanteuse : "Why do you let me stay here ?". Si avec ça, vous n'éprouvez pas une envie de débouler dans la rue pour rouler une grosse galoche au premier ou à la première qui passe, je ne peux plus rien faire pour vous ! ^__^



 
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Par Shin
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