Le Taulier

Shin. Who else ?
 Shin. Who else ?

 

Je vous souhaite à tous la bienvenue sur mon humble chez moi. J'espère que le voyage vous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas, de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de musique, d'actualité, d'humour ou de plein d'autres petites choses de la vie, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! Le leitmotiv de ce blog se résume en une phrase simple :

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Artistes

Dimanche 25 octobre 2009
À quelques jours d'intervalles seulement, deux noms qui auront laissé une empreinte indélébile sur les années 1960 nous ont quitté. Le second, Joseph Wiseman, avait marqué toute une génération de cinéphiles en campant le premier "méchant" de la saga James Bond...

Joseph Wiseman
Né le 15 mai 1918 à Montréal au Canada, Joseph Wiseman émigre rapidement aux États-Unis pour entamer une carrière d'acteur. Après s'être fait remarquer à Broadway où il embrase les planches (dans des pièces aussi variées que Journey to Jerusalem, Candle in the Wind, The Barber had two sons, Joan of Lorraine, Antony and Cleopatra, That Lady  ou encore Golden Boy), l'acteur canadien tente sa chance à Hollywood. On le retrouve ainsi dès 1950 à l'affiche du documentaire With these hands que Jack Arnold (jeune débutant qui n'a pas encore réalisé les fameux L'Étrange créature du lac noir, L'Homme qui rétrécit et Le Salaire du diable) consacre à l'évolution des conditions de travail des ouvrières du textile, avant d'apparaître l'année suivante aux côtés de Kirk Douglas et Eleanor Parker dans le polar Histoire de détective de William Wyler (qui fera exploser le box office moins d'une décennie plus tard avec son titanesque Ben-Hur). En 1953, il donne tourne sous la direction du prestigieux Elia Kazan pour le biopic Viva Zapata ! ; dont le scénario est signé John Steinbeck et qui réunit pas moins que Marlon Brando, Jean Peters ou encore Anthony Quinn. Le Calice d'argent de Victor Saville en 1954 lui donne l'occasion de cotoyer d'autres légendes du septième art comme Paul Newman, Jack Palance ou bien Natalie Wood. Puis il décroche à l'orée des années 1960 un rôle dans le western Le Vent de la plaine de John Huston ; dans lequel figurent également Burt Lancaster, Audrey Hepburn et  Lillian Gish.

Cependant, c'est en 1962 que Joseph Wiseman accède véritablement à la notoriété en campant le premier adversaire historique de James Bond sur grand écran. Il s'agit évidemment de James Bond contre Dr. No de Terence Young où, dans la peau du sinistre docteur Julius (reconnaissable entre mille grâce à ses redoutables mains de fer), il fait face à
Sean Connery (premier acteur à endosser le rôle de l'agent 007) et Ursula Andress (première James Bond Girl dont la sortie de bain aura provoquer l'émoi de plus d'un adolescent). Malgré ce rôle marquant (trop peut-être), le comédien ne parviendra plus vraiment à s'imposer au cinéma et restera le plus souvent cantonné à des petits rôles. Il tourne ainsi en 1971 sous la direction de Michael Winner (L'Homme de la loi, avec Burt Lancaster et Robert Duvall), retrouveTerence Young en 1972 pour Le Dossier Valachi  (avec Charles Bronson et Lino Ventura), est dirigé par le réalisateur Ted "Rambo (First Blood)" Kotcheff en 1974 (L'Apprentissage de Duddy Kravitz, avec Richard Dreyfuss et Randy Quaid), campe le Colonel Haki dans Le Voyage de la peur de Daniel Mann en 1975 (dans lequel jouent aussi Ian McShane, Shelley Winters, Donald Pleasence ou enocre Vincent Price), côtoie de nouveau Robert Duvall ainsi que Laurence Olivier et Tommy Lee Jones à l'occasion de The Besty (réalisé par Daniel Petrie en 1978), ou donne enfin la réplique à Robin Williams dans le méconnue Seize the Day de Fielder Cook (1986). Parallèlement, il s'illustre à la télévision dans plusieurs téléfilms et séries à succès comme Les Incorruptibles de Quinn Martin, ainsi que Les Incorruptibles de Chicago  (que produisit Michael Mann) près d'un quart de siècle plus tard.

Récemment, il avait également l'occasion de revenir à ses premières amours en s'illustrant de nouveau à Broadway dans la pièce Le Jugement de Nuremberg. Il décède le lundi 19 octobre à New-York alors qu'il avait 91 ans ; emportant avec lui une partie de la légende du plus célèbre des agents de Sa Majestée...

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Par Shin
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Lundi 21 septembre 2009
Patrick Swayze

Né le 18 août 1952 à Houston, dans le sud du Texas, ce fils d'un ingénieur part pour New York en 1972, où il y achève ses études de danse. Après s'être produit dans les parades des parcs d'attractions Disney, il est recalé en 1978 à une audition (en tant que bassiste) pour un certain groupe de hard rock français appelé... Trust ! De retour aux États-Unis, il fait ses premiers pas au grand écran dans Skatetown, USA ; un film musical réalisé en 1979 par William A. Levy  – qui n'est pas sans rappeler la mythique Fièvre du samedi soir de John Badham qui vient de révéler John Travolta au monde entier et dans lequel joue également Scott Baio (le rôle titre du Bugsy Malone d'Alan Parker aux côtés de Jodie Foster en 1976). Avec quelques membres du Brat Pack (Rob Lowe, Emilio Estevez et Matt Dillon), il tourne ensuite sous la direction du grand Francis Ford Coppola dès 1983 dans Outsiders, avant de camper l'un des membres du commando de Retour vers l'enfer que réalise Ted "Rambo (First Blood)" Kotcheff la même année et dans lequel apparaissent aussi Gene Hackman, Robert Stack ou enore Fred Ward. Les talents de danseur qu'il a hérité de sa mère (danseuse et chorégraphe), et qu'il a eu l'occasion de peaufiner durant les premières années de sa carrière professionnelle, tout comme sa belle gueule de jeune premier, lui donnent parallèlement l'opportunité de rencontrer le véritable héros de La Fièvre du samedi soir, John Travolta, puisqu'il décroche le rôle d'un danseur dans la suite des aventures de Tony Manero, Staying Alive, que met en scène Sylvester Stallone toujours en 1983. L'année suivante, John Milius (scénariste génial qui a participé, entre autres, à l'écriture de L'Inspecteur Harry de Don Siegel, Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, Juge et hors-la-loi de John Huston, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, 1941 de Steven Spielberg ou encore Extrême préjudice de Walter Hill) lui confie ensuite le rôle du chef des Wolverines dans son film guerrier, L'Aube rouge. Si ce long-métrage d'anticipation au scénario ambitieux s'est malheureusement fait un peu oublier aujourd'hui,  il permet toutefois à l'acteur de donner la réplique à Charlie Sheen (autre membre fameux du Brat Pack), ainsi qu'à Jennifer Grey (avec laquelle il connaîtra la consécration quelques années plus tard grâce au film Dirty Dancing).

En 1986, il donne de nouveau la réplique à Rob Lowe, ainsi qu'à Keanu Reeves (qu'il retrouvera plus tard lui aussi à l'occasion de Point Break : Extrême limite), dans Youngblood de Peter Markle, remarquable film sportif sur les coulisses du hockey-sur-glace.
Entre temps, il aura également enchaîné les rôles pour la télévision ; dont The Renegades de Roger "Demain ne meurt jamais" Spottiswoode ; et surtout la fresque historique à succès Nord et Sud de Richard T. Heffron dans laquelle il tient le rôle phare et où son nom côtoie d'autres noms aussi prestigieux que Kirstie Alley, Jean Simmons, David Carradine, Robert Mitchum, Johnny Cash, Gene Kelly, Elizabeth Taylor, James Stewart ou encore Forest Whitaker. Les deux saisons de quinze épisodes réalisent de très beux scores au point qu'une suite sera même mise en chantier une dizaine d'années plus tard (l'acteur ne sera néanmoins pas de la partie, et le succès non plus). Déjà bien connu du public américain, Patrick Swayze accédera enfin à la reconnaissance internationale en 1987 grâce au film culte de toute une génération : Dirty Dancing d'Emile Ardolino. Dans le rôle du charismatique prof de danse Johnny Castle, il initie la craquante Jennifer Grey à la sensualité de la danse, et récolte même une nomination aux Golden Globe Awards en prime. Avec son déhanché torride, son corps sculptural et sa voix de velours (il écrit et interprète le tube "She's like the wind", qui devient rapidement un tube,  pour l'occasion), l'acteur-danseur-chanteur est propulsé au véritable rang de sex-symbol.  Non content de faire succomber toutes les filles de la planète, Patrick Swayze enchaîne deux ans plus tard avec les nettement plus virils Roadhouse de Rowdy Herrington (série B attachante dans lequel il campe un videur de bar adepte des arts martiaux auprès de l'impeccable Sam Elliott) et Un flic à Chicago de John Irvin (polar vengeur et musclé riche d'un casting de haute volée puisqu'on y retrouve tout de même Liam Neeson, Adam Baldwin, Helen Hunt, Bill Paxton, Ted Levine ou encore Ben Stiller).

Patrick Swayze
Les années 1990 marque le retour de l'acteur au genre romantique avec le mythique Ghost que met en scène Jerry Zucker (membre du trio ZAZ ; ici nettement plus sage) et dans lequel on retrouve aussi la très belle Demi Moore et la survoltée
Whoopi Goldberg (dans l'un de ses trop rares bons rôles). Toujours prompt à casser son image de gentil séducteur, Patrick Swayze enchaîne ensuite avec le très efficace Point Break : Extrême limite de Kathryn Bigelow en 1991 dans lequel il interprète l'inoubliable surfeur-parachutiste-braqueur de banques, Bodhi Salver. Ne se contentant visisiblement pas de voler littéralement la vedette de son coéquipier Keanu Reeves, celui-ci est parallèlement désigné par le magazine People comme "l'homme le plus sexy au monde" la même année. Avec son rôle poignant de médecin arpentant une Inde meurtire par la pauvreté en 1992 dans La Cité de la joie de Roland Joffé (réalisateur du brillant Mission avec Robert de Niro et Jeremy Irons) Patrick Swayze prouve à tous ses détracteurs quel comédien talentueux il peut être. Malheureusement le film est un injuste bide et – rongé aussi par des problèmes d'alcoolisme depuis plusieurs années l'acteur aura bien du mal à retrouver ensuite des rôles de valeur au cinéma. On le verra ainsi dans des comédies légères telles que Un père en cavale de Darrell Roodt ou Extravagances de Beeban Kidron (où il campe, à l'instar de ses deux complices Wesley Snipes et John Leguizamo, un improbable rôle de drag queen). Après avoir suivi une cure de désintoxication à la mort de sa jeune sœur en 1994, Patrick Swayze essaie tant bien que mal de se remettre sur les rails (malgré une étoile obtenue sur le Hollywood Walk of Fame le 17 août 1997) avec quelques efficaces séries B (comme l'actioner routier Black Dog de Kevin Hooks et le sympathique thriller Lettres à un tueur de David Carson en 1998), avant d'accéder à une nouvelle reconnaissance tardive en forme de résurrection en 2002 grâce au film-évènement de Richard Kelly,  Donnie Darko (où, face à Jake et Maggie Gyllenhaal, il endosse un rôle pour le moins intense et difficile).

Malgré les évidentes qualités d'un film comme 11:14 de Greg Marcks, sa carrière ne parvient pourtant plus à redécoller et Dirty Dancing 2, dans lequel il interprète un petit rôle, est un échec cuisant. Viennent ensuite quelques rôles de guest insignifians (comme dans la comédie Secrets de famille de Niall Johnson avec Rowan Atkinson et Kristin Scott Thomas). Puis la télévision lui ouvre à nouveau ses bras. Pour elle, il sera donc un nouveau Allan Quaterman dans une énième  version réalisée par Steve Boyum en 2004, King Solomon's mines ; avant qu'un cancer du pancréas extrêmement agressif ne lui soit diagnostiqué et ne l'éloigne des plateaux. Pourtant très affaibli physiquement, Patrick Swayze revient néanmoins sur le petit écran en 2009 dans la série The Beast de Michael Dinner (on espère pouvoir rapidement découvrir l'histoire de cet agent du FBI pas comme les autres en France) et accepte de tourner à nouveau pour Timothy Linh Bui (qui l'avait dirigé dans Green Dragon en 2001 aux côtés de Forest Whitaker) à l'occasion de Powder Blue (film qui, après les vidéos torrides de Jessica Biel ayant déjà largement crées le buzz sur la toile, risque de voir son attente d'autant plus accrue). Lucide sur maladie, mais toujours aussi combatif, l'acteur déclarait récemment à propros de la délicate question de son espérance de vie :
« Cinq ans, ce serait un vœu pieux. Deux ans semble une échéance probable si l'on en croit les statistiques. Je veux tenir jusqu'à ce que les chercheurs trouvent un remède. ». Trop lente, la science n'aura malheureusement pas réussi à le sauver, et c'est auprès de sa femme Lisa (qu'il avait rencontré en 1970 alors qu'elle prenait des cours de danse avec sa mère, et qu'il n'avait jamais quitté depuis) qu'il succombe à ce fichu fléau le 14 septembre 2009 dans son ranch du Nouveau-Mexique. Patrick Swayze avait (seulement) 57 ans, un charisme intact et certainement encore plein de choses à nous offrir.


Patrick Swayze
Par Shin
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