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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Cloverfield

Réalisé par Matt Reeves, sorti le 6 février 2008

Avec Michael Stahl-David, Lizzy Caplan, Jessica Lucas, Mike Vogel, T.J. Miller, Odette Yustman ...

"New York. Une quarantaine de ses amis et relations ont organisé chez Rob ( Michael Stahl-David) une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux, Hud (T.J. Miller), vidéaste d'un soir, chargé d'immortaliser l'événement. La "party" bat son plein lorsqu'une violente secousse ébranle soudain l'immeuble. Les invités se précipitent dans la rue où une foule inquiète s'est rassemblée en quelques instants. Une ombre immense se profile dans le ciel, un grondement sourd se fait entendre... et la tête de la Statue de la Liberté s'effondre brutalement sur la chaussée. L'attaque du siècle vient de commencer. Au petit matin, Manhattan ne sera plus qu'un champ de ruines..."




 

Mon avis (très bien) :   L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.





Attention, grosse claque cinématographique en vue ! Ce soir, j'ai vu Gérard Depardieu.

 

Hein ? Comment ? On m'aurait menti ? Astérix aux jeux olympiques serait une grosse claque cinématographique !? T'as pété un câble garçon !


Stop, stop, stop. De deux choses l'une :
1 / Je n'ai pas vu le film en question (faut pas déconner non plus).

2 / Il s'agit du "vrai" Djeyroard Deupawdiou (celui que les States nous envient).
Bah oui, j'allais voir Cloverfield en fait et il se trouve qu'il sortait justement de la salle adjacente au moment où j'arrivais... C'est fort, non !? Non ? Ah... Tout le monde s'en fout ? D'accord, d'accord, bande de rabat-joie jaloux... n'empêche que quand même !
 
Bref, revenons à nous moutons broutant dans un champ de trêfles, comme chacun le sait ("Cloverfield", "champ de trêfles", tout ça... hum... enfin bon - j'aurai pas un peu trop abusé du lait-menthe moi ?). Je disais donc. Après une campagne marketing savamment orchestrée sur le net par l'ingénieux, et surtout très malin, J.J. Abrams, le créateur de LOST (un habitué du genre donc), le film a failli sortit dans un premier temps sous le titre pour le moins obscur de 01-18-08 (date de sortie américaine) ; une bande-annonce intrigante et un silence radio étant les seules éléments mis à notre disposition pour attiser notre curiosité grandissante. À ce sujet, et pendant que j'y pense, je vous propose tout d'abord d'y jeter un œil (à la bande-annonce) avant de poursuivre.


OK, alors on peut y aller. "Pourquoi est-ce que je fais cette disgression à deux balles ?" me chuchote-t-on dans le creux de l'oreille. Pour une raison très simple : un bon nombre de personnes ont été très déconcertés par le parti pris, extrêmement osé, du film. Certains ont même crié au scandale devant ce qu'ils estimaient être une sombre arnaque mal filmée ; à l'instar de cette bande de "wouech-wouech" demeurés huant le film et n'ayant visiblement rien capté au gros délire d'une heure trente qu'on vient de leur proposer...

Passons. Cloverfield, c'est quoi en fait ? Né de l'imagination de J.J. Abrams et du scénariste Drew Goddard (oui c'est garçon, non il n'a rien à voir avec Jean-Luc : les deux "d" en attestent), il s'agit tout simplement de l'une des choses les plus ahurissantes qu'on ait vues sortir de Hollywood depuis très longtemps !

Comme vous l'avez déjà compris, le film est intégralement tourné caméra au poing, exactement comme le serait une de ses nombreuses vidéos amateurs visibles sur Youtube. D'ailleurs, le film n'est accompagné d'aucune autre bande originale que celles émanant des enceintes que les protagonistes côtoient. Aller le voir en s'attendant à voir une resucée de Godzilla serait donc extrêmement naïf en plus d'être particulièrement stupide. Bien entendu, l'influence du monstre légendaire japonais (dont Roland Emmerich a joyeusement "pourri" le mythe) est certaine. En revanche, le traitement du film en est très différent. Ici, le divertissement est laissé de côté (même s'il existe aussi grâce à l'humour involontaire des réflexions de Hud : "le taré du métro" ! ^^) au profit d'une intense terreur primaire à dimension humaine et incroyablement éprouvante. On en ressort littéralement essoré. Voir Cloverfield au cinéma (ce que je conseille), c'est un peu comme s'enfiler une heure trente de Space Mountain (les queues interminables, les musiques entêtantes, les gosses braillards et la place à 50 euros en moins). Ça donne un peu la nausée, mais c'est plutôt jouissif... à condition de se laisser embarquer dans ce délire pour le moins original. Et là où ça aurait durer plus de deux heures ailleurs (un standard à Hollywood désormais), le réalisateur a eu ici le bon goût de "réduire" le trip à une petite heure trente. Une durée plus correcte pour ce spectacle stupéfiant qui, étendu sur une longueur inappropriée, aurait pu être lassant ; la caméra balladeuse (au centre de l'originalité et de la force émotionnelle du film) pouvant s'avérer assez éreintante.

Bien sûr, le film possède quelques petites imperfections et invraisemblances (à l'image d'un personnage qui se remet bien vite d'une blessure ou d'autres qui échappent miraculeusement à une mort assurée), mais il dépoussière le genre du film catastrophe et celui de film de monstres avec tellement d'audace et de maîtrise  dans son propos qu'on lui pardonne aisément ces quelques ficelles scénaristiques. En outre, le film, qui est sans nul doute le plus désespéré qui nous a été proposé dans le genre depuis La Guerre des Mondes de Spielberg (à la réflexion, 28 semaines plus tard était pas mal aussi dans le genre), réussit brillament à ne pas être aussi frustrant dans sa conclusion qu'un Blair Witch Project (fallait bien que je le cite à un moment donné vu que tout le monde en parle...) grâce une astuce scénaristique - au demeurant pourtant toute bête - bien pensée. Un quasi exploit.

Enfin, pour les puristes, je tiens à faire une petite mise en garde. Si vous n'êtes pas du tout anglophone, mais que vous ne jurez tout de même que par la VO, réfléchissez bien avant quand même. D'une part, s'agissant d'un film "amateur", les sous-titres incrustés risquent de plomber un peu la pseudo authenticité du truc. D'autre part, l'image bouge tellement dans tous les sens par moment (eh, on n'est pas chez David Lynch hein !) que la lecture des sous-titres risquent de peser trop lourdement dans l'ambiance générale du film. Pour ma part, je crois que j'aurais peut-être trouvé le film insupportable si j'avais dû m'en acquitter... Question de goût après.

Terriblement éprouvant et incroyablement insolite, le film de Matt Reeves - qui ne ressemble véritablement à nul autre - est une expérience rare et, selon moi,  immanquable !

L'image “http://images3.hiboox.com/images/0608/uwt2skpp.jpg” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.
New York 1997 de John Carpenter : la référence qui tue !


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

PS : Restez bien attentifs à la fin...

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RobbyMovies 20/09/2008 11:27

ah nous voilà en profond désaccord héhé

Shin 20/09/2008 13:48



Bonjour RobbyMovies,

On ne peut évidemment pas être d'accord sur tout. En outre, je sais que ce film assez controversé parmi les cinéphiles...

Amicalement,

Shin.



Dinosaureman 21/08/2008 00:35

Trés bon dossiers je partage vraiment ton jugement ;)

kschoice 09/07/2008 17:32

Pour ma part je fais partie de ceux qui n'ont pas du tout apprécié ce film. Pour une raison très simple en fait, l'utilisation de la caméra subjective unique qui fait prisonnier notre regard. Un regard malmené qui plus est car il n'y a pas grand chose à voir tellement ça bouge. Ce qui est bien dommage parce que les rares plans qui sont stables laissent entrevoir des purs décors qui avec des prises de vues en multi angles auraient pesé encore plus dans la balance. Car si le film de monstre n'est pas nouveau, on peut le tourner de différentes manières. Le fait que la provenance du monstre (et par la même le pourquoi du comment) n'est pas expliqué, n'est pas franchement grave, c'est un exercice de style que beaucoup ont utilisé avec plus ou moins de bonheur. Mais le filmer de cette manière enlève toute admiration quant aux décors, et aux créateurs du monstre et de ses ....(chut) Et puis, je ne comprends pas vraiment cet engouement de filmer caméra à l'épaule, alors que des tas d'inventeurs ont créé du matériel sublime pour avoir de la belle image...tout ça pour se sentir au beau milieu de l'action. Je viens d'aller voir Hancock au cinoche, et voilà encore un film tourné caméra à l'épaule, avec un opérateur qui zoom à mort pour faire des gros plans super tremblants, qui pour moi gâchent un peu l'ensemble. Ce n'est qu'un avis bien personnel bien sûr et je comprends tout à fait que certains se soient pris une claque avec ce film. Mais ce n'est pas mon cas.
Sinon bravo pour ton blog et tes articles très bien écrits ;-)

Pierre 08/07/2008 13:42

Le monstre est superbe mais le film manque de rythme. 7/10

cybellah 02/07/2008 11:38

j'ai beaucoup aimé ce film aussi, il fait très sréaliste ,surtout les images de fuite dans la ville.