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24 août 2012 5 24 /08 /août /2012 23:00
Tony Scott
Tony Scott • 1944 - 2012 

S'il y a bien un cinéaste que j'aurais aimé honorer de son vivant, c'est bien ce cher Tony. En effet, parmi la short-list de réalisateurs modernes que je vénère par-dessus tout (qu'ils se prénomment Steven, David, Danny, John ou encore Quentin), Tony Scott a trop souvent à mon goût subi le statut de "mal aimé" du cinéma hollywoodien ; piégé entre l'ombre écrasante d'un frère par trop charismatique et la si réductrice (et odieuse !) réputation de "yes man" dont il aura tant de mal à se défaire suite au succès planétaire d'un certain Top Gun. Pourtant, Tony Scott valait mieux que ça. Non, Tony Scott vaut mieux que ça. Infiniment mieux que d'être assimilé à tous ces faiseurs sans talent qui, en plus de nous inonder chaque année d'œuvres sans âme et parfaitement formatées, se seront très largement inspirés de son travail tant celui-ci aura marqué le cinéma d'action américain (mais pas que) de ces vingt-cinq dernières années...

Tony Scott, de son vrai nom Antony David Scott, naît le 21 janvier 1944 à North Shield (Royaume-Uni). Le plus jeune des trois fils d'Elizabeth et Francis Percy Scott entame sa carrière cinématographique à l'âge de 16 ans en tournant dans le premier court-métrage de son grand frère Ridley, Boy and Bicycle, que celui-ci réalise en 1965 alors qu'il était encore étudiant en photographie au Royal College of Art de Londres. Très vite, le jeune Tony suit les traces de son aîné en intégrant à son tour le Royal College of Art. S'il envisage tout d'abord de devenir peintre, le développement de la société de production de son frère, Ridley Scott Associates (RSA), à partir de 1968 et à laquelle il est logiquement associé, l'incite à s'intéresser à la télévision et au cinéma .

 Durant plus de dix ans, Tony Scott réalisera ainsi des centaines de publicités pour RSA, ainsi que deux courts-métrages : Loving Memory en 1969 et One of the Missing en 1971 (deux pépites de très bonne réputation que je n'ai malheureusement pas encore eu l'occasion de voir). Après le succès de son frère au cinéma – Les Duellistes qui sort en 1977, mais surtout Alien, le huitième passager qui crée la surprise en 1979 Tony Scott commence à être sérieusement approché à son tour par les grands pontes de Hollywood. Alors que le troisième long-métrage de Ridley (Blade Runner) reçoit à un accueil plutôt tiède de la part des professionnels en 1982 (cette première adaptation de Philip K. Dick ne tardera pourtant pas à faire l'objet d'un véritable culte chez les cinéphiles), l'année suivante voit donc Tony Scott faire ses premiers pas dans le septième art. En dépit des indéniables qualités d'une œuvre à l'esthétique recherchée (on y trouve dejà le goût de Tony pour les expérimentations tant visuelles que sonores, la sophistication de la mise en scène, ou encore le soin particulier  apporté à la photographie ), aux thématiques fortes (l'homosexualité, la libéralisation de la femme et les prémisses du SIDA y étant traités avec une remarquable pertinence) et au casting alléchant (on peut ainsi y voir Catherine Deneuve, David Bowie, Susan Sarandon, et même Willem Dafoe le temps d'une séquence), Les Prédateurs est un échec critique et commercial ; une injustice pour un film encore trop méconnu – tout à fait atypique dans la filmographie du bonhomme et qui, malgré le poids des années, n'a rien perdu de sa puissance évocatrice (la scène de vieillissement accéléré de Bowie reste, encore aujourd'hui, l'un des mes souvenirs de cinéma les plus intenses !). 

 

Top Gun
Top Gun • 1986

 

 Si la carrière de Tony Scott ne démarre pas avec ce premier long-métrage, elle ne tardera pourtant pas à littéralement décoller. Sous la houlette des producteurs Don Simpson et Jerry Bruckheimer, Tony Scott explose ainsi totalement le box-office en 1986 avec le mythique Top Gun (le film rapportera plus de 175 millions de dollars sur le seul sol américain ; le plus gros succès de l'année, et aussi le plus gros succès du cinéaste tout court). Son ode à la US Air Force, en plus d'imposer définitivement Tom Cruise comme superstar hollywoodienne, va irrémédiablement marquer la carrière de Tony. L'année suivante, il retrouve donc le duo Don Simpson-Jerry Bruckheimer une première fois pour Le Flic de Beverly Hills 2  (l'épisode le plus hard-boiledet aussi le plus efficace ! de la franchise ; marquant déjà le penchant de Scott pour le roman noir et l'action fun décomplexée) puis, en 1990, pour Jours de tonnerre (qui, à défaut de révolutionner le film de course automobile, marque ses retrouvailles avec Tom Cruise et met à nouveau en évidence son goût pour les personnages de chiens fous anticonformistes). Plutôt efficaces et parfaitement calibrés pour le divertissement grand public, ses deux films seront à leur tour d'immenses succès puisqu'ils rapporteront à eux-seuls plus de 235 millions de dollars sur le seul territoire américain. Malheureusement, serais-je tenté de dire, ils vont également contribuer à marquer encore un peu plus, et de façon presque indélébile (pour combien de temps encore ?), la carrière de Tony Scott ; l'éternel "frère de".


Car si le prénom de Ridley s'est rapidement imposé grâce à des œuvres visionnaires exigeantes – mais populaires telles que Alien, le huitième passager (succès en salles immédiat) ou Blade Runner (œuvre culte en devenir), celui de Tony restera trop souvent méconnu. Pour beaucoup, il sera donc le "frère de Ridley", le "mec qui a fait Top Gun" (comme s'il n'y avait jamais eu, après ce hit, True Romance, Ennemi d'Etat ou encore Man on fire) ou, au mieux, cet "efficace faiseur de films d'action". Pourtant, dès son premier long-métrage, mais aussi avec Revenge en 1990 (une director's cut plus nerveuse est d'ailleurs sortie en DVD – le blu-ray se fait cruellement attendre en France ! il y a quelques années) dans lequel il dirige Kevin Costner aux côtés d'Anthony Quinn et John Leguizamo, Tony Scott a su démontrer que son savoir-faire n'était pas que technique, mais qu'il était également capable de signer des œuvres fortes, magnifiquement filmées et racontant de vraies bonnes histoires. Des histoires où les dimensions sociales et humaines ne sont jamais sacrifiées au pur spectacle ; et ce, même si la forme, souvent ébouriffante chez le cinéaste britannique, a tendance à masquer le fond (pourtant bien présent si on prend la peine de s'y intéresser un tant soi peu). Seulement, voilà, dès que Tony Scott sort des sentiers battus et livre quelque chose de plus personnel ou ambitieux, le box office ne suit pas. Revenge est donc également un échec (il rapporte à peine plus que son pourtant modeste budget d'une dizaine de millions de dollars aux États-Unis) et, à l'instar de Les Prédateurs, il reste aujourd'hui encore très largement méconnu... 

 

True Romance
True Romance • 1993

 

 En 1991, pour son unique collaboration avec Joel Silver (l'autre producteur de films d'action en vogue à Hollywood à l'aube des nineties), Scott livre le formidable Le Dernier Samaritain. Bénéficiant d'un scénario du toujours aussi brillant Shane Black (qui n'a pas encore écrit Last Action Hero ou Au revoir à jamais, mais auquel on doit les déjà très réjouissants L'Arme Fatale 1 et 2, ainsi que l'hyper attachant The Monster Squad), ce buddy-movie dynamite complètement le genre avec ses punchlines ultra-savoureuses et un duo d'acteurs en super forme : Bruce Willis (qui vient d'être révélé par John McTiernan grâce à Die Hard) et Damon Wayans (qui continuera à faire carrière dans la comédie, notamment via la sitcom Ma famille d'abord). Le résultat est un petit bijou d'humour décomplexée et d'action rentre-dedans totalement jouissif ! Malheureusement, la critique (une fois encore) est assassine et le box-office ne suit pas. Deux ans après l'échec artistique et commercial de ce dernier, Tony Scott livre l'une de ses plus belles œuvres . Film complètement atypique dans la carrière du cinéaste, True Romance, au-delà d'une mise en scène impeccable, doit sa réussite artistique autant au script déjanté de Quentin Tarantino et Roger Avary qu'à l'interprétation fabuleuse de ses acteurs : Gary Oldman, Brad Pitt, Christopher Walken ou encore Denis Hooper s'en donnant visiblement à coeur joie (la digression sur les siciliens est absolument géniale !), tandis que Christian Slater et Patricia Arquette forme un couple immédiatement attachant ; à tel point d'ailleurs que Scott exigera, contre l'avis de Tarantino, de changer leur destinée. Aujourd'hui considéré comme l'un des plus beaux films du cinéma américain, True Romance fait également un flop immérité à sa sortie puisqu'il peine même à se rembourser au box-office américain. 


Ce n'est qu'en retrouvant Don Simpson et Jerry Bruckheimer qui produisent son USS Alabama en 1995 que Tony Scott renoue enfin avec le succès. Film d'action nettement plus classique que ses précédentes réalisations, USS Alabama n'en reste pas moins un divertissement particulièrement efficace aux répliques savoureuses (certaines lignes de dialogues auraient d'ailleurs été écrites par Tarantino en personne si l'on en croit certaines sources) ; la confrontation exemplaire entre Gene Hackman et Denzel Washington (dont il s'agit ici de la première des cinq collaborations avec le cinéaste) n'est évidemment pas étrangère au succès du long-métrage. La même année, Tony et son frère Ridley créent également la société Scott Free Productions. En plus de produire dorénavant tous les films des deux frangins, la société s'illustre plus largement au cinéma (Dragon Rouge de Brett Ratner, L'Assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford d'Andrew Dominik, Welcome to the Rileys de Jake Scott, Le Territoire des loups de Joe Carnahan...), ainsi qu'à la télévision (The Hungers, Numb3rs, The Good Wife, Les Piliers de la terre...). De son côté, Tony Scott récidive l'année suivante au cinéma avec Le Fan, petit thriller sympathique, à défaut d'être franchement mémorable, qui vaut surtout pour l'interprétation outrancière d'un Robert de Niro harcelant un presque "vulnérable" (emploi de guillemets obligatoire) Wesley Snipes  . 

 

Ennemi d'État
Ennemi d'État • 1998 

 

1998 est une année importante dans la filmographie de Scott. Outre le fait de réunir à l'écran Will Smith, Gene Hackman, Jon Voight, Barry Pepper, Jake Busey, Tom Sizemore encore ou Jason Robards, Ennemi d'État marque en effet l'orientation du cinéma de Scott vers une action plus accès sur la haute technologie ; avec cette idée de revanche de la rue sur la bureaucratie technocrate en filigrane (le héros ne trouvera d'ailleurs son salut qu'en se libérant des chaînes de son cocon privilégié faussement rassurant et en se confrontant à la réalité de la rue ; une thématique sociale que l'on retrouvera souvent par la suite chez le cinéaste). Dénonçant l'inquiétante constriction croissante des libertés individuelles des citoyens (le film débute d'ailleurs par l'assassinant d'un député farouchement opposé à une nouvelle loi sur les télécommunications résolument liberticide), le paranoïaque Ennemi d'État semble presque dénoncer avec une troublante anticipation les dérives du tristement célèbre Patriot Act (mis en place après les tragiques évènements du 11 septembre 2011) ! Au-delà de sa pertinence quasi prophétique, le long-métrage de Tony Scott est aussi un trépidant thriller d'action, sans doute l'un des meilleurs du genre, aux séquences parfaitement millimétrées (son exploitation redoutable de la vue satellite marquera durablement les mémoires, y compris celles des autres cinéastes).


En 2001, Tony Scott enchaîne avec une nouvelle claque cinématographique dans laquelle il réunit Brad Pitt et Robert Redford. Proposant des scènes d'action ahurissantes (l'introduction dans la prison est un modèle d'intensité dramatique) et des prises de vue toujours plus inventives (notamment durant les scènes de "snipage"), Spy Game, jeu d'espions mêle thriller et action avec une redoutable efficacité, et s'impose rapidement comme un nouveau modèle du genre ; à tel point que Ridley Scott lui-même s'en inspirera très (trop ?) fortement quelques années plus tard en réalisant son Mensonges d'État. Tony Scott retrouve ensuite Denzel Washington pour Man on Fire  en 2004 ; remake d'un film éponyme d'Élie Chouraqui de 1987 qui, à l'instar de La Totale de Claude Zidi après la sortie du True Lies de James Cameron, va rapidement être très largement éclipsé par sa relecture américaine. Avec Man on Fire, Tony Scott livre l'œuvre la plus dramatique, la plus violente, mais aussi la plus touchante de sa carrière. Cette rédemption sur le tard d'un ex-agent de la CIA alcoolique, dépressif et solitaire qui redécouvre la beauté, mais aussi la cruauté, des sentiments humains grâce à une petite fille (qui aurait pu être la sienne) place une fois encore la compassion humaine au cœur d'une histoire, juste, sincère, et émouvante, écrite par un Brian Helgeland plus inspiré que jamais. Après plus de vingt cinq ans de carrière, et près de douze longs-métrages, le cinéaste obtient enfin la reconnaissance de la critique, globalement enthousiaste, en même temps que le succès populaire (le film lui permet d'ailleurs d'alors entrer dans le cercle très fermé des réalisateurs ayant rapporté plus d'un milliards de dollars de recettes). 

 

Man on Fire
Man on Fire • 2004

 

L'année suivante, Domino lui offre enfin l'occasion inespérée de mettre en images un projet qui sommeillait en lui depuis plus de dix ans. Malgré des expérimentations sonores et visuelles sur-travaillées jusqu'à l'overdose, et un script un poil déséquilibré de Richard Kelly (si l'héroïne est admirablement traitée, on ne peut pas en dire autant des différents personnages secondaires qui gravitent autour d'elle), le résultat n'est pourtant pas totalement dénué de charme. Le parcours de son héroïne destroy et résolument anticonformiste (incarnée par une Keira Knightley qui aura rarement été aussi juste) se suit même souvent avec une réelle jubilation ; notamment lorsqu'il est question d'égratiner le superficialité du monde médiatique à grands coups de tatanes dans la gueule ! Film littéralement casse gueule(s) donc, Domino fera également les frais de son exubérance et se prendra un joli petit four au box-office (il lui faudra d'ailleurs attendre son exploitation vidéo pour se rembourser complètement). Afin de se relancer une fois encore, Tony Scott retrouve donc le producteur de ses plus gros succès, Jerry Bruckheimer, ainsi que son acteur fétiche, Denzel Washington, dès l'année suivante pour le thriller technologico-futuriste Déjà vu. Malgré ses allures de blockbuster pré-calibré, le long-métrage surprend à nouveau agréablement par l'efficacité toujours aussi solide de la mise en scène de Tony Scott, mais aussi par son soucis de laisser toujours plus de place à l'humain (ce n'est d'ailleurs sans doute pas un hasard si l'intrigue se déroule dans une Nouvelle-Orléans en pleine reconstruction après le passage dévastateur de l'ouragan Katrina et si la dimension affective y prend là encore une place aussi importante).


Visiblement décidés à ne plus se quitter, Tony Scott et Denzel Washington s'associent donc à nouveau dès 2009 pour L'Attaque du métro 1.2.3, dans lequel joue également John Travolta. Si le film déçoit un peu, se révèlant finalement assez chiche en action pure et ne parvenant malheureusement pas non plus à égaler l'intensité de l'original de 1974, Les Pirates du métro avec Walter Matthau et Robert Shaw, cette relecture du classique de Joseph Sargent ne manque pourtant pas complètement d'intérêt. Le rythme est certes mollasson, mais le portrait nuancé de ses hommes ambivalents en prise avec un système écrasant est plutôt astucieux. Entre Graber, vrai-faux samaritain entaché par une affaire de corruption qu'il aimerait bien faire oublier (c'est peut-être d'ailleurs le moins "héroïque" des héros de Scott tant ses motivations réelles restent obscures), et Ryder, citoyen lambda devenu criminel après avoir été ruiné par la crise financière et les magouilles politico-politiciennes (ses méthodes sont expéditives, mais ses motivations, à défaut de se justifier, peuvent se comprendre), il semble assez difficile de prendre formellement parti. Vers la fin du métrage, Scott déplace l'action dans la rue, obligeant le personnage de Washington à quitter l'illusoire tranquillité de son bureau pour se confronter à la réalité du terrain. Bien que cette conclusion soit tout à fait logique et cohérente au regard de la filmographie du cinéaste (elle rappelle d'ailleurs son précédant Ennemi d'État), elle semble pourtant ici peu crédible à l'écran (la transformation radicale de ce petit gratte-papier pépère en simili-clone de McClane est sans doute trop brutale pour franchement convaincre). 

 

Unstoppable
Unstoppable • 2010

 

Tony Scott ne déçoit en revanche pas en 2010 avec son réjouissant Unstoppable (pour lequel il fait une dernière fois équipe, hélas, avec Denzel Washington). Parfaitement mis en scène et doté d'un montage d'une extrême précision faisant monter la tension crescendo tout du long, Unstoppable est un brillant film de catastrophe ferroviaire (presque un film de monstre d'ailleurs, tant ce train fou semble "vivant" à l'écran), autant qu'une passionnante peinture de cette fraternité virile à laquelle le réalisateur est attaché depuis Top Gun ; à la différence notable qu'il ne s'agit plus à présent de glorifier l'élite de la US Air Force, mais plutôt de faire l'éloge du dévouement (jusqu'au sacrifice) de la classe laborieuse ; nombreux seront ces ouvriers, ces hommes de la rue héroïques, ces sans-grades hautement respectables, qui prendront les risques les plus fous, quitte à donner leur vie, pour le bien du plus grand nombre. Comme souvent chez Scott, les personnages ne sont pas toujours ce qu'ils semblent être et révèlent souvent une profondeur insoupçonnée. Et celui de Chris Pine n'échappera pas à la règle. D'abord présenté comme quelqu'un de plutôt égoïste et individualiste, cette jeune tête brulée aussi se surpassera finalement en œuvrant, avec une parfaite abnégation, à cette protection de l'intérêt général. Le symbole est fort, et le fait qu'il s'agisse d'une histoire vraie ne fait que renforcer l'authenticité de la démarche de Scott ; un cinéaste chez qui la fraternité entre les hommes, les valeurs sociales, et plus généralement l'humain en tant que tel n'ont eu de cesse de prendre une place toujours plus importante au sein d'une filmographie bien plus riche et complexe qu'elle pouvait en avoir l'air au premier (rapide) coup d'œil. 


Des projets, Tony Scott en avait plein la tête. On évoquait dernièrement un sempiternel Top Gun 2 pour lequel Tom Cruise aurait été partant, mais surtout un alléchant remake du mythique Les Guerriers de la nuit de Walter Hill dont l'intrigue aurait cette fois pris place en plein cœur d'un Los Angeles brûlant et mis à contribution les véritables gangs de la ville, ou encore un projet de film sur les emblématiques Hell's Angels avec Mickey Rourke en leader forcément charismatique qui avait un potentiel carrément dément ! Malheureusement, le cinéaste décide de mettre fin à ses jours le 19 août 2012 en se jetant du pont Vincent-Thomas de Los Angeles. Les rumeurs vont bon train pour expliquer ce geste désespéré (on dit qu'il aurait été atteint d'une inopérable tumeur au cerveau), mais  le fait est que plus jamais nous ne verrons un prochain film de Tony Scott. Sa filmographie est, telle quelle, déjà formidablement riche (même si certains s'en défendent, je suis persuadé que beaucoup donneraient cher pour arriver à son niveau ; "même" pour un Top Gun tant décrié). Ses films n'en finiront probablement pas non plus de ravir des générations de spectateurs. Pourtant, il manquera certainement au cinéma. Quelque part, avec toutes les belles promesses cinématographiques qui s'envolent avec lui, je trouve même qu'il lui manque déjà...

 

Tony Scott

 

 
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 00:00
Peter Graves
« Bonjour, Monsieur Phelps. Votre mission, si toutefois vous l'acceptez... ».

Avec la disparition de Peter Graves le 14 mars 2010, c'est une véritable légende du petit écran qui s'éteint.  Alors âgé de 83 ans, le célèbre patron de l'IMF (Impossible Mission Force)
aurait été retrouvé dimanche dernier à son domicile de Pacific Palissades, près de Malibu, après avoir succombé à une attaque cardiaque.

Peter Graves, de son vrai nom Peter Aurness, est né le 18 mars 1926 à Minneapolis. Il devient speaker à la radio dès l'âge de 16 ans et, après avoir passé deux ans dans l'US Air Force, il étudie l'art dramatique à l'Université du Minnesota. Dès le début des années 1950, il commence à apparaître au cinéma et à la télévision.
Avant de s'afficher dans le film de science-fiction bisseux It conquered the world de Roger Corman en 1956 (aux côtés de Lee Van Cleef et Dick Miller), il aura tout même réussi à s'illustrer alors qu'il n'a même pas trente ans ! sous la direction de réalisateurs aussi prestigieux que Billy Wilder (Stalag 17), John Ford (Ce n'est qu'un au revoir), Jacques Tourneur (Un jeu risqué ), Otto Preminger (Condamné au silence) ou encore Charles Laughton (La Nuit du chasseur). Pour ce dernier, il campe en 1955 le fameux compagnon de cellule de Robert Mitchum, celui qui a précisément caché un énorme butin que le sinistre Révérend Powell va tenter de récupérer par tous les moyens (im)possibles. Déjà à l'époque, Peter Graves tourne beaucoup pour le cinéma, si bien que son visage est rapidement familier du public. Néanmoins, la reconnaissance lui viendra surtout de la télévision, une poignée d'années plus tard.

À partir de 1967, il incarne donc "Monsieur" Jim Phelps, l'imperturbable cerveau au regard bleu acier de l'équipe d'espionnage Mission : Impossible, et ce dès la seconde saison ; succédant ainsi de fait à l'ancien chef de l'IMF, Dan Briggs (que campe Steven Hill durant la première saison). Il tiendra le rôle dans cent quarante-trois épisodes jusqu'à la fin de la série, en 1973. Il reprendra ensuite son rôle dès 1988 à l'occasion de la "résurrection" tardive de la série, Mission : Impossible, 20 ans après, qui s'achève sur un échec commercial après moins de deux saisons, et trente-cinq épisodes  tournés jusqu'en 1990 (aujourd'hui, suite à de multiples rediffusions, la série jouit malgré tout d'un certain aura auprès du public). Infiltrations complexes à base de masques réalistes, maquillages élaborés, gadgets en tout genre sur fond de ce thème musical si caractéristique composé par Lalo Schifrin... Mission : Impossible a acquis au fil des années un véritable statut de série culte et aura même droit – à l'instar d'autres séries mythiques comme Chapeau melon et bottes de cuir, Drôles de dames
ou prochainement L'Agence tout risque à son adaptation cinématographique en 1996. Finalement peu respectueux de l'univers original, le film de Brian de Palma connaîtra malgré tout l'honneur de deux séquelles, l'une signée John Woo en 2000 et  l'autre de J. J. Abrams en 2006. Et même s'il se murmure que le créateur d'Alias, LOST et Fringe aurait proposé à "Jim Phelps" d'apparaître dans le quatrième volet de la franchise cinématographique avant sa dispartion prématurée, Peter Graves ne retrouvera jamais un tel rôle (pour lequel il avait d'ailleurs reçu un Golden Globe en 1971).

Ayant pourtant endossé plus d'une centaine de rôles en plus de 60 ans de carrière, l'acteur n'aura effectivement jamais réussi à  faire
véritablement oublier  l'icône télévisuelle qu'il était devenu grâce à la série créée par Bruce Geller. Malgré tout, Peter Graves aura tout même réussi à s'illuster avec succès au cinéma auprès des amateurs du trio de réalisateurs et scénaristes formé par David Zucker, Jim Abrahams et Jerry Zucker en incarnant le loufoque commandant de bord Clarence Oveur dans leur cultissime Y a-t-il un pilote dans l'avion ? en 1980 et sa séquelle (toujours signée par les ZAZ deux ans plus tard). Pour l'occasion, il partage alors l'affiche aux côtés de Lloyd Bridges (qui sévira de nouveau dans la série des Hot Shots!), Leslie Nielsen (le fameux Frank Drebin de la saga Police Squad / The Naked Gun), Robert Hays, Julie Hagerty ou encore l'inénarrable William Shatner. Pour Barry Sonnenfeld, il se prêtera ensuite aussi au jeu des caméos en 1993 pour Les Valeurs de la famille Adams et en 2002 pour Men In Black 2. Guest régulier de séries télévisées inoubliables comme  La Croisière s'amuse ou Arabesque, Peter Graves s'était fait plus rare sur écrans américains depuis quelques années. Néanmoins, les téléspectateurs avaient toutefois pu le voir apparaître occasionnellement dans des séries à succès telles que Sept à la Maison (où il interprétait le grand père de la famille Camdem), Cold Case ou encore Dr [H]ouse.

Dernièrement, en octobre dernier, Peter Graves
s’était vu décerner la 2391e étoile du Walk of Fame sur le Hollywood Boulevard de Los Angeles accompagné de son épouse Joan, de ses enfants et petits-enfants. Une reconnaissance certes tardive, mais tout à fait méritée et à la hauteur de la légende qu'il incarnait, et continue d'incarner encore aujourd'hui pour plusieurs générations de fans.


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24 octobre 2009 6 24 /10 /octobre /2009 23:00
À quelques jours d'intervalles seulement, deux noms qui auront laissé une empreinte indélébile sur les années 1960 nous ont quitté. Le second, Joseph Wiseman, avait marqué toute une génération de cinéphiles en campant le premier "méchant" de la saga James Bond...

Joseph Wiseman
Né le 15 mai 1918 à Montréal au Canada, Joseph Wiseman émigre rapidement aux États-Unis pour entamer une carrière d'acteur. Après s'être fait remarquer à Broadway où il embrase les planches (dans des pièces aussi variées que Journey to Jerusalem, Candle in the Wind, The Barber had two sons, Joan of Lorraine, Antony and Cleopatra, That Lady  ou encore Golden Boy), l'acteur canadien tente sa chance à Hollywood. On le retrouve ainsi dès 1950 à l'affiche du documentaire With these hands que Jack Arnold (jeune débutant qui n'a pas encore réalisé les fameux L'Étrange créature du lac noir, L'Homme qui rétrécit et Le Salaire du diable) consacre à l'évolution des conditions de travail des ouvrières du textile, avant d'apparaître l'année suivante aux côtés de Kirk Douglas et Eleanor Parker dans le polar Histoire de détective de William Wyler (qui fera exploser le box office moins d'une décennie plus tard avec son titanesque Ben-Hur). En 1953, il donne tourne sous la direction du prestigieux Elia Kazan pour le biopic Viva Zapata ! ; dont le scénario est signé John Steinbeck et qui réunit pas moins que Marlon Brando, Jean Peters ou encore Anthony Quinn. Le Calice d'argent de Victor Saville en 1954 lui donne l'occasion de cotoyer d'autres légendes du septième art comme Paul Newman, Jack Palance ou bien Natalie Wood. Puis il décroche à l'orée des années 1960 un rôle dans le western Le Vent de la plaine de John Huston ; dans lequel figurent également Burt Lancaster, Audrey Hepburn et  Lillian Gish.

Cependant, c'est en 1962 que Joseph Wiseman accède véritablement à la notoriété en campant le premier adversaire historique de James Bond sur grand écran. Il s'agit évidemment de James Bond contre Dr. No de Terence Young où, dans la peau du sinistre docteur Julius (reconnaissable entre mille grâce à ses redoutables mains de fer), il fait face à
Sean Connery (premier acteur à endosser le rôle de l'agent 007) et Ursula Andress (première James Bond Girl dont la sortie de bain aura provoquer l'émoi de plus d'un adolescent). Malgré ce rôle marquant (trop peut-être), le comédien ne parviendra plus vraiment à s'imposer au cinéma et restera le plus souvent cantonné à des petits rôles. Il tourne ainsi en 1971 sous la direction de Michael Winner (L'Homme de la loi, avec Burt Lancaster et Robert Duvall), retrouveTerence Young en 1972 pour Le Dossier Valachi  (avec Charles Bronson et Lino Ventura), est dirigé par le réalisateur Ted "Rambo (First Blood)" Kotcheff en 1974 (L'Apprentissage de Duddy Kravitz, avec Richard Dreyfuss et Randy Quaid), campe le Colonel Haki dans Le Voyage de la peur de Daniel Mann en 1975 (dans lequel jouent aussi Ian McShane, Shelley Winters, Donald Pleasence ou enocre Vincent Price), côtoie de nouveau Robert Duvall ainsi que Laurence Olivier et Tommy Lee Jones à l'occasion de The Besty (réalisé par Daniel Petrie en 1978), ou donne enfin la réplique à Robin Williams dans le méconnue Seize the Day de Fielder Cook (1986). Parallèlement, il s'illustre à la télévision dans plusieurs téléfilms et séries à succès comme Les Incorruptibles de Quinn Martin, ainsi que Les Incorruptibles de Chicago  (que produisit Michael Mann) près d'un quart de siècle plus tard.

Récemment, il avait également l'occasion de revenir à ses premières amours en s'illustrant de nouveau à Broadway dans la pièce Le Jugement de Nuremberg. Il décède le lundi 19 octobre à New-York alors qu'il avait 91 ans ; emportant avec lui une partie de la légende du plus célèbre des agents de Sa Majestée...

http://media.mysofa.es/_images_/verticales/2/c/6/b/imagen_joseph_wiseman_0102_0.jpg
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20 septembre 2009 7 20 /09 /septembre /2009 23:00
Patrick Swayze

Né le 18 août 1952 à Houston, dans le sud du Texas, ce fils d'un ingénieur part pour New York en 1972, où il y achève ses études de danse. Après s'être produit dans les parades des parcs d'attractions Disney, il est recalé en 1978 à une audition (en tant que bassiste) pour un certain groupe de hard rock français appelé... Trust ! De retour aux États-Unis, il fait ses premiers pas au grand écran dans Skatetown, USA ; un film musical réalisé en 1979 par William A. Levy  – qui n'est pas sans rappeler la mythique Fièvre du samedi soir de John Badham qui vient de révéler John Travolta au monde entier et dans lequel joue également Scott Baio (le rôle titre du Bugsy Malone d'Alan Parker aux côtés de Jodie Foster en 1976). Avec quelques membres du Brat Pack (Rob Lowe, Emilio Estevez et Matt Dillon), il tourne ensuite sous la direction du grand Francis Ford Coppola dès 1983 dans Outsiders, avant de camper l'un des membres du commando de Retour vers l'enfer que réalise Ted "Rambo (First Blood)" Kotcheff la même année et dans lequel apparaissent aussi Gene Hackman, Robert Stack ou enore Fred Ward. Les talents de danseur qu'il a hérité de sa mère (danseuse et chorégraphe), et qu'il a eu l'occasion de peaufiner durant les premières années de sa carrière professionnelle, tout comme sa belle gueule de jeune premier, lui donnent parallèlement l'opportunité de rencontrer le véritable héros de La Fièvre du samedi soir, John Travolta, puisqu'il décroche le rôle d'un danseur dans la suite des aventures de Tony Manero, Staying Alive, que met en scène Sylvester Stallone toujours en 1983. L'année suivante, John Milius (scénariste génial qui a participé, entre autres, à l'écriture de L'Inspecteur Harry de Don Siegel, Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, Juge et hors-la-loi de John Huston, Apocalypse Now de Francis Ford Coppola, 1941 de Steven Spielberg ou encore Extrême préjudice de Walter Hill) lui confie ensuite le rôle du chef des Wolverines dans son film guerrier, L'Aube rouge. Si ce long-métrage d'anticipation au scénario ambitieux s'est malheureusement fait un peu oublier aujourd'hui,  il permet toutefois à l'acteur de donner la réplique à Charlie Sheen (autre membre fameux du Brat Pack), ainsi qu'à Jennifer Grey (avec laquelle il connaîtra la consécration quelques années plus tard grâce au film Dirty Dancing).

En 1986, il donne de nouveau la réplique à Rob Lowe, ainsi qu'à Keanu Reeves (qu'il retrouvera plus tard lui aussi à l'occasion de Point Break : Extrême limite), dans Youngblood de Peter Markle, remarquable film sportif sur les coulisses du hockey-sur-glace.
Entre temps, il aura également enchaîné les rôles pour la télévision ; dont The Renegades de Roger "Demain ne meurt jamais" Spottiswoode ; et surtout la fresque historique à succès Nord et Sud de Richard T. Heffron dans laquelle il tient le rôle phare et où son nom côtoie d'autres noms aussi prestigieux que Kirstie Alley, Jean Simmons, David Carradine, Robert Mitchum, Johnny Cash, Gene Kelly, Elizabeth Taylor, James Stewart ou encore Forest Whitaker. Les deux saisons de quinze épisodes réalisent de très beux scores au point qu'une suite sera même mise en chantier une dizaine d'années plus tard (l'acteur ne sera néanmoins pas de la partie, et le succès non plus). Déjà bien connu du public américain, Patrick Swayze accédera enfin à la reconnaissance internationale en 1987 grâce au film culte de toute une génération : Dirty Dancing d'Emile Ardolino. Dans le rôle du charismatique prof de danse Johnny Castle, il initie la craquante Jennifer Grey à la sensualité de la danse, et récolte même une nomination aux Golden Globe Awards en prime. Avec son déhanché torride, son corps sculptural et sa voix de velours (il écrit et interprète le tube "She's like the wind", qui devient rapidement un tube,  pour l'occasion), l'acteur-danseur-chanteur est propulsé au véritable rang de sex-symbol.  Non content de faire succomber toutes les filles de la planète, Patrick Swayze enchaîne deux ans plus tard avec les nettement plus virils Roadhouse de Rowdy Herrington (série B attachante dans lequel il campe un videur de bar adepte des arts martiaux auprès de l'impeccable Sam Elliott) et Un flic à Chicago de John Irvin (polar vengeur et musclé riche d'un casting de haute volée puisqu'on y retrouve tout de même Liam Neeson, Adam Baldwin, Helen Hunt, Bill Paxton, Ted Levine ou encore Ben Stiller).

Patrick Swayze
Les années 1990 marque le retour de l'acteur au genre romantique avec le mythique Ghost que met en scène Jerry Zucker (membre du trio ZAZ ; ici nettement plus sage) et dans lequel on retrouve aussi la très belle Demi Moore et la survoltée
Whoopi Goldberg (dans l'un de ses trop rares bons rôles). Toujours prompt à casser son image de gentil séducteur, Patrick Swayze enchaîne ensuite avec le très efficace Point Break : Extrême limite de Kathryn Bigelow en 1991 dans lequel il interprète l'inoubliable surfeur-parachutiste-braqueur de banques, Bodhi Salver. Ne se contentant visisiblement pas de voler littéralement la vedette de son coéquipier Keanu Reeves, celui-ci est parallèlement désigné par le magazine People comme "l'homme le plus sexy au monde" la même année. Avec son rôle poignant de médecin arpentant une Inde meurtire par la pauvreté en 1992 dans La Cité de la joie de Roland Joffé (réalisateur du brillant Mission avec Robert de Niro et Jeremy Irons) Patrick Swayze prouve à tous ses détracteurs quel comédien talentueux il peut être. Malheureusement le film est un injuste bide et – rongé aussi par des problèmes d'alcoolisme depuis plusieurs années l'acteur aura bien du mal à retrouver ensuite des rôles de valeur au cinéma. On le verra ainsi dans des comédies légères telles que Un père en cavale de Darrell Roodt ou Extravagances de Beeban Kidron (où il campe, à l'instar de ses deux complices Wesley Snipes et John Leguizamo, un improbable rôle de drag queen). Après avoir suivi une cure de désintoxication à la mort de sa jeune sœur en 1994, Patrick Swayze essaie tant bien que mal de se remettre sur les rails (malgré une étoile obtenue sur le Hollywood Walk of Fame le 17 août 1997) avec quelques efficaces séries B (comme l'actioner routier Black Dog de Kevin Hooks et le sympathique thriller Lettres à un tueur de David Carson en 1998), avant d'accéder à une nouvelle reconnaissance tardive en forme de résurrection en 2002 grâce au film-évènement de Richard Kelly,  Donnie Darko (où, face à Jake et Maggie Gyllenhaal, il endosse un rôle pour le moins intense et difficile).

Malgré les évidentes qualités d'un film comme 11:14 de Greg Marcks, sa carrière ne parvient pourtant plus à redécoller et Dirty Dancing 2, dans lequel il interprète un petit rôle, est un échec cuisant. Viennent ensuite quelques rôles de guest insignifians (comme dans la comédie Secrets de famille de Niall Johnson avec Rowan Atkinson et Kristin Scott Thomas). Puis la télévision lui ouvre à nouveau ses bras. Pour elle, il sera donc un nouveau Allan Quaterman dans une énième  version réalisée par Steve Boyum en 2004, King Solomon's mines ; avant qu'un cancer du pancréas extrêmement agressif ne lui soit diagnostiqué et ne l'éloigne des plateaux. Pourtant très affaibli physiquement, Patrick Swayze revient néanmoins sur le petit écran en 2009 dans la série The Beast de Michael Dinner (on espère pouvoir rapidement découvrir l'histoire de cet agent du FBI pas comme les autres en France) et accepte de tourner à nouveau pour Timothy Linh Bui (qui l'avait dirigé dans Green Dragon en 2001 aux côtés de Forest Whitaker) à l'occasion de Powder Blue (film qui, après les vidéos torrides de Jessica Biel ayant déjà largement crées le buzz sur la toile, risque de voir son attente d'autant plus accrue). Lucide sur maladie, mais toujours aussi combatif, l'acteur déclarait récemment à propros de la délicate question de son espérance de vie :
« Cinq ans, ce serait un vœu pieux. Deux ans semble une échéance probable si l'on en croit les statistiques. Je veux tenir jusqu'à ce que les chercheurs trouvent un remède. ». Trop lente, la science n'aura malheureusement pas réussi à le sauver, et c'est auprès de sa femme Lisa (qu'il avait rencontré en 1970 alors qu'elle prenait des cours de danse avec sa mère, et qu'il n'avait jamais quitté depuis) qu'il succombe à ce fichu fléau le 14 septembre 2009 dans son ranch du Nouveau-Mexique. Patrick Swayze avait (seulement) 57 ans, un charisme intact et certainement encore plein de choses à nous offrir.


Patrick Swayze
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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 23:00
Sim


Dimanche 6 septembre 2009, à Saint-Raphaël dans le Var,  l'un des personnages les plus attachants du paysage audiovisuel français s'éteignait à l'âge de 83 ans, succombant à une saloperie d'embolie pulmonaire. Né le 21 juillet 1926 à Cauterets dans les Hautes-Pyrénées de son véritable nom Simon Berryer, ce fils d'ingénieur électricien à l'éternelle allure canonique passe son enfance à Ancenis. C'est dans cette ville de Loire-Atlantique que, encore tout gamin,  le petit Simon sera pour la première fois confronté au monde du spectacle en occupant un petit emploi... d'ouvreur dans le cinéma tenu par ses parents ! Après avoir suivi ses parents sur Nantes – partis y prendre la gérance d'une salle, le jeune Sim débute sa vie professionnelle à proprement parlé en devenant opérateur de cinéma à Rennes au sein du Royal.

Lucide et avisé, Sim comprend rapidement que sa drôle de trombine peut devenir un « fonds de commerce inépuisable ».  Publiée en 1983 chez Flammarion, sa première autobiographie s'intitulera d'ailleurs Elle est chouette, ma gueule. Visage élastique rendant possible une infinité de grimaces, crâne dégarni bien avant l'heure, peau ridée lui conférant un indéboulonnable sourire bienveillant et un regard rieur communicatif, silhouette maigrichonne lui donnant l'air d'un vieux jockey chétif... Le bougre avait bien raison ; elle était vraiment chouette, sa gueule ! Forcément inimitable (bien que mon défunt grand-père partagea avec lui une curieuse ressemblance physique qui me donnait cette étrange impression que l'artiste faisait, en quelque sorte, pratiquement "partie de la famille"), cette "tronche" pour le moins singulière – cadeau espiègle d'une « étoile farceuse » comme il aimait lui-même à s'en amuser – va ainsi faire le bonheur de plusieurs générations de gosses (y compris de ceux ayant dépassés la date prescrite), et par la même le sien. C'est grâce à elle en effet, à ses irrésistibles mimiques et à son sens de l'humour raffiné que les portes des cabarets parisiens s'ouvrent à lui dès 1953. Si le succès de ce premier tour de chant comique demeure plutôt confidentiel, cela permet quand même à ce sympathique trublion de côtoyer des artistes de renom (ou qui allaient rapidement le devenir) tels que Fernand Raynaud, Gilbert Bécaud ou encore Charles Aznavour.

Sans pour autant devenir une célébrité du même acabit que ces illustres légendes de la scène française, Sim accèdera néanmoins à une certaine reconnaissance du public à travers le prisme télévisuel. Tombé sous le charme inhabituel et attachant de l'artiste alors qu'il faisait le pitre au Crazy Horse Saloon (la tête évidemment à  hauteur adéquate, juste au niveau des poitrines des sublimissimes "Girls"), Jean Nohain (figure incontournable de l'ORTF) lui offre ainsi l'opportunité de faire ses premiers pas sur le petit écran. Sim participe donc à l'émission 36 chandelles avant d'acquérir une véritable notoriété (travesti d'une robe, d'une perruque, d'un chapeau et d'un maquillage outrancièrement rococo) avec son inénarrable interprétation de la "Baronne Adélaïde de la Tronche-en-Biais", créée à l'occasion d'une émission de Guy Lux (
« du gros comique » s'en amusera-t-il lui-même où il ne cessera « raboter, peaufiner, raffiner » son art). Après avoir animé plusieurs programmes dédiés à la jeunesse au début des années 1960, le fantaisiste deviendra un fidèle des émissions de variétés dans les années qui suivront ; qu'il s'agisse des shows extrêmement populaires de Guy Lux bien entendu, de ceux Maritie et Gilbert Carpentier ou encore de la fameuse Académie des neuf présentée par Jean-Pierre Foucaud avec L'Académie des 9 (s'y illustrant à chaque fois par nombre de pitreries et autres clowneries).

Sim
Se plaisant à amuser la galerie et à pratiquer l'art de l'auto-dérision en toute allégresse (
« L'erreur est humaine, regardez-moi ! » avait-il d'ailleurs l'habitude de plaisanter), Sim usera de sa volubile exubérance bien au-delà du petit écran de télévision. En effet, avec son goût prononcé pour la parodie, la gaudriole et une peur du ridicule quasi inexistante, le joyeux luron aimait également pousser la chansonnette. Davantage gags bon enfant que tirades poétiques, les chansons auxquelles il prête sa voix ont alors pour noms colorés J'aime pas les rhododendrons (1971), C'est pas moi, c'est ma sœur (1972), Je joue de l'hélicon (1975), Pépé Reggae (1980) ou encore l'étonnante (et totalement appropriée) reprise du Quoi, ma gueule ? popularisé par Johnny Hallyday. Pour les amateurs, le tube le plus fameux de l'artiste reste évidemment le mémorable Où est ma ch'mise grise ? sorti en 1978 en duo avec Patrick Topaloff ; une parodie pour le moins enjouée de You're the one that I want du film Grease, et qui sera par ailleurs Disque d'or ! Parallèlement, à cette activité musicale, cette impayable tronche va aussi faire la joie de nombreux spectateurs.

Bien que le plus souvent cantonné à de petits rôles de faire-valoir, Sim tourne néanmoins pour des réalisateurs aussi variés que Michel Audiard  (comme Une veuve en or en 1969, et surtout Elle boit pas, elle fume pas, elle drague pas... mais elle cause en 1970 où il campe une étonnante libellule !), Philippe Clair (La Grande Maffia en 1971, La Brigade en folie en 1973), Jean-Pierre Mocky (Le Roi des bricoleurs en 1977) ou encore Guy Lux (Drôles de zèbres en 1997, où le public a l'immense bonheur de le voir reprendre son mythique rôle de Baronne). Coutumier des apparitions fugaces dans de gros succès populaires (Cartouche de Philippe de Broca en 1963, Les Mariés de l'an II de Jean-Paul Rappeneau en 1971, Pinot simple flic de Gérard Jugnot en 1984, ou plus récemment Astérix & Obélix contre César en 1999 et Astérix & Obélix aux Jeux Olympiques de Frédéric Forestier et Thomas Langmann en 2008 dans lesquels il campe à merveille son double de papier : Agecanonix), Sim n'hésite pas non plus à donner de sa personne pour des films moins réputés, parfois nanardesques, mais qui ne manquaient pourtant pas de charme comme en témoigne les titres Les Gaîtés de l'escadrille de Georges Péclet en 1958, Sacrés Gendarmes et Touch' pas à mon biniou (parfois renommé Gueules de vacances) de Bernard Launois en 1980, ou encore l'improbable Andréa de Henri Glaeser (un obscur film érotique de 1976 pour lequel il apparaît furtivement sous le nom de Sim O'Connor ; déjà tout un programme !).

Sa plus grande fierté dans le domaine cinématographique était – à forte raison et bien qu'il s'agisse là-encore d'un petit rôle
le cadeau que lui avait le grand Federico Fellini en 1990 en lui confiant le personnage du joueur de flûte lunaire vivant dans une tombe à l'occasion du bien-nommé La Voce della luna (une apparition certes éphémère, mais dont l'intensité poétique aura su marquer durablement les spectateurs) ; comme une preuve (si besoin était) que l'homme n'était pas qu'un clown naturellement doué, mais aussi un être sensible et un artiste complet. On avait ainsi pu le voir se produire sur les planches dans deux pièces à succès écrites et mises en scène par son ami Victor Lanoux (Le Tourniquet et La Ritournelle), avant qu'il n'écrive et ne mette en scène sa propre pièce de théâtre (Une cloche en or) qu'il jouera près d'un demi-millier de fois. Le petit Simon était d'ailleurs revenu à la télévision en 2007 auprès de son complice de scène en occupant un rôle récurrent dans la série à succès de France 3, Louis la brocante, pour laquelle il écrivit plusieurs scénarios. Également auteur de plusieurs ouvrages où cet amateur de Raymond Devos pouvaient laisser libre cours à son humour subtil et délicat (comme Elle est chouette, ma gueule donc, mais aussi Pour l'humour de Dieu, Elles sont chouettes, mes femmesLe Penseur ou encore son ultime livre au titre tragiquement prophétique : Et la retraite, bordel ?), pour la plupart d'entre nous, Sim restera surtout indissociable de l'émission culte (d'abord radiophonique, puis télévisée) de Philippe Bouvard, Les Grosses Têtes, à laquelle il assiste dès sa création en 1977 et où il parvenait à faire mourir de rire les nombreux auditeurs de RTL chacune de ses interventions ; son humour imparable (souvent absurde, mais jamais vulgaire) et son esprit avisé (Sim se définissait lui-même comme un « rigolo qui réfléchit »  ce qui, soulignait-il, «paraît évidemment baroque ») avait fait de lui un personnage éminemment populaire (bien au-delà de cette image de simple "faiseur de grimaces" qui lui collait à la peau) et terriblement attachant qui nous manquera profondément...
   

Sim
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23 juillet 2009 4 23 /07 /juillet /2009 23:00
Après, les montages réjouissants autour de Terminator vs. Robocop, je vous invite à découvrir un autre projet hallucinant d'AMDS Films concernant la saga Matrix . Pour commencer, une petite mise en bouche avec le combat virtuel opposant Neo vs. Robocop. Puis, pour les plus gourmands, l'intégrale du projet Fight of the Universe où l'Élu devra faire face à bien d'autres adversaires !

Neo vs. Robocop

Fight of the Universe : part 1

Fight of the Universe : part 2

Je vous invite bien entendu une nouvelle fois à découvrir les autres travaux de cet internaute bougrement doué en allant (re?)visiter le blog que voici : spiritsnodeal.canalblog.com


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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 23:00
Alors que le quatrième opus de la saga Terminator est récemment sorti dans les salles, et en attendant le futur Robocop réalisé par Darren Aronofsky, je vous propose de découvrir (ou même de redécouvrir, car certains d'entre vous doivent déjà les connaître) ces vidéos qui, grâce à d'habiles trucages, parviennent à rendre presque réel l'un des plus gros fantasmes cinéphiles... À savoir : la possibilité d'un Terminator vs. Robocop !

Terminator vs. Robocop : part 1

Terminator vs. Robocop : part 2

Terminator vs. Robocop : part 3 (teaser)

Je vous invite bien entendu à découvrir les autres travaux de cet internaute bougrement doué en allant visiter le blog que voici : spiritsnodeal.canalblog.com


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11 juillet 2009 6 11 /07 /juillet /2009 23:00
http://img5.imageshack.us/img5/5300/jimcarreyz.jpg
Plus connu chez nous pour ses rôles à succès au cinéma (The Mask, Ace Ventura, Dumb & Dumber, The Truman Show, Man on the moon...) que pour ses prestations télévisées, Jim Carrey n'en demeure pas moins un formidable showman formé à l'école du Saturday Night Live
qui a déjà eu l'occasion de s'illustrer à de nombreuses reprises à la télévision américaine. La preuve en images...

On commence avec le plus célèbre : son fameux "pétage" de plombs lors du passage à l'an 2000 !

Voyez ensuite combien le comédien d'origine canadienne adore Steven Spielberg, et le prouve... à sa manière !

Tout jeune, le jeune Jim se montrait déjà remarquable lorsqu'il s'agissait d'imiter ses illustres modèles !

Après l'avoir vu singer David Caruso, vous ne regarderez certainement plus jamais Les Experts : Miami du même œil...

Bien entendu, je ne pouvais pas terminer ce billet sans vous faire danser au rythme de "What is love ?" !



Alors oui, ce mec est définitivement dingue... Mais c'est certainement ça aussi qui le rend si génial ! ^__^

http://img9.imageshack.us/img9/7589/jimcarreyp.jpg


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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 23:00
Michael Jackson

À la fois auteur-compositeur-interprète et danseur-chorégraphe américain, Michael Jackson est né le 29 août 1958 à Gary dans l'Indiana. Septième d'une famille de neuf enfants, il a commencé sa carrière à l'âge de onze ans au sein des Jackson Five, dont il devient rapidement la vedette en raison de la qualité extraordinaire de sa voix et de ses prestations scéniques époustouflantes. Tout en restant d'abord membre du groupe, il se lance dans une carrière solo à partir de 1971 (sortant alors pour le compte de la Motown les albums Got to be there et Ben en 1972, Music and Meen 1973 et  Forever, Michael en 1975) Rejoignant Sony par la suite (avec qui il sort l'album Off the Wall en 1979), il prend intégralement son envol en 1982 grâce au mythique album Thriller. Vendu à près de 100 millions d'exemplaires dans le monde selon certaines sources, et demeurant aujourd'hui encore l'album le plus vendu dans l'histoire de la musique, ce disque marque la consécration définitive du "Roi de la Pop" qui fait danser la terre entière au rythme de titres aussi légendaires que Billie Jean, Beat it, Wanna be startin' somethin' ou encore Thriller bien évidemment (enchaînant les tubes bien au-delà de la simple musique pop, il reste avant tout un artiste à la popularité inégalable). Sept des neuf titres de l'album ont d'ailleurs fait l'objet d'une sortie en single (atteignant tous le top 10 du Billboard Hot 100) tandis que celui-ci remporta pas moins de huit Grammy Awards (un autre record). Viendront ensuite d'autres albums studio figurant parmi les plus vendus au monde comme Bad en 1987, Dangerous en 1991, HIStory :  Past, Present and Future en 1995 (composé à moitié d'anciens titres et à moitié d'inédits), Blood On The Dance Floor en 1997 et Invincible en 2001 (en plus de très nombreuses compilations).

Au cours de sa carrière, Michael Jackson n'a eu de cesse de battre des records  et de révolutionner complètement l'industrie du disque. On estime ainsi à près de 750 millions le nombre total de ses ventes (ce qui le classe comme meilleur vendeur d'albums de tous les temps pour un artiste solo). Avec plus de 230 récompenses (la plupart dans le domaine musical), "The King of Pop" est également l'artiste le plus récompensé de l'histoire ; il a d'ailleurs été nommé Artiste du Millénaire aux World Music Awards de 2000. Michael Jackson a également récolté et donné plus de 400 millions de dollars pour des œuvres caritatives, notamment grâce à sa tournée Dangerous World Tour. Malheureusement, son image publique a été considérablement ternie à cause de certains aspects de sa vie privée ; en particulier son changement d'apparence physique, son mode de vie excentrique et les deux accusations d'abus d'enfants pour lesquelles il a été respectivement relaxé et acquitté. Ses deux mariages et ses trois enfants ont également été à l'origine de polémiques mais, malgré ces controverses, Michael Jackson demeure l'une des figures majeures de la musique de ces quarante dernières années. Le Livre Guiness des Records le déclare d'ailleurs "Homme de spectacle le plus célèbre du monde" (Source : Wikipédia) D'un talent artistique indiscutable, ce génie musical qui n'avait jamais véritablement su s'adapter aux règles de ce monde nous quitte le 25 juin 2009 à Los Angeles des suites d'une défaillance cardiaque ; laissant le monde de la musique dans un inconsolable deuil.


Ayant totalement révolutionné le monde de la musique, tout comme celui des vidéos-clips, let artiste au talent sans égal était également intimement lié au septième art. On avait ainsi pu le voir dans plusieurs longs-métrages tels que Bugsy Malone d'Alan Parker en 1976, The Wiz de Sidney Lumet en 1978, Men in Black II de Barry Sonnenfeld en 2002 ou encore Miss Cast Away en 2004 de Bryan Michael Stoller ; certains ayant même été conçu autour de sa propre personne comme  Captain EO de Francis Ford Coppola en 1986 (pour les parcs d'attraction Disney), Moonwalker de Jerry Kramer et Colin Chilversen 1986 (mémorable davantage pour le show de l'artiste que pour ses qualités artistiques), en encore Ghosts du regretté Stan Winston en 1996 (un véritable petit bijou visuel qui aurait sans doute mérité de devenir un long-métrage). Michael Jackson avait également impressionné tout ceux qui ont eu la chance de l'admirer lors de ses nombreux concerts et apparitions publiques en direct, durant lesquels il popularisa de nombreux pas de danse, et notamment le "Moonwalk" qui restera sa signature éternelle. Ce grand fan de Diana Ross qui bouleversa littéralement le monde de la musique, comme rarement avant lui, eu aussi une influence considérable sur les générations d'artistes suivantes. Si la musique classique avait Wolfgang Amadeus Mozart, la musique contemporaine avait Michael Joseph Jackson. Tous deux n'eurent jamais le temps de véritablement vieillir et moururent décidément trop jeunes, alors qu'il aurait pu apporté encore tant de choses à la musique et à la culture au sens large... Rest In Peace Michael, tu nous manques déjà.

Avant de clore cet hommage, je vous propose de voir (ou revoir) la longue publicité (près de 3 minutes 30) dédiée à la gloire de Michael Jackson que diffusa
la chaîne anglaise ITV1 le dimanche 8 mars 2009 pour préparer le grand come-back que le Roi de la Pop ne pourra finalement jamais faire  :




À noter qu'une rétrospective de ses clips les plus marquants suivra également dans les jours qui viennent...
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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 23:00
David Carradine

Né le 8 décembre 1936 à Hollywood – capitale mondiale du septième art, David Carradine est décédé dans la nuit du 3 au 4 juin 2009 dans sa chambre d'hôtel à Bangkok en Thailande alors qu'il participait au tournage du film Stretch réalisé par le français Charles de Meaux. Àgé de 72 ans, il aurait accidentellement succombé à un jeu sexuel ayant mal tourné. Fils de l'illustre comédien John Carradine, l'acteur s'était rapidement fait connaître du grand public grâce à la très populaire série télévisée Kung Fu imaginée par Bruce Lee dans les années 1970. Il y incarnait le maître en arts martiaux Kwai Chang Caine, alias "Petit Scarabée". Un rôle qu'il avait d'ailleurs eu l'occasion de reprendre dans les années 1990 lorsque fut produit la série dérivée Kung Fu, la légende continue pour laquelle il donna la réplique à l'acteur canadien Chris Potter qui y interprétait son fils. Les téléspectateurs avaient également pu l'apercevoir dans le feuilleton qui avait révélé Patrick Swayze, Nord et Sud, ainsi que dans d'autres séries telles que Charmed, Médium ou encore Largo Winch (où il campait alors le rôle de Nério Winch, père de Largo). Habitué aux seconds rôles qui font toute la différence, David Carradine était aussi apparu dans des productions aussi diversifiées que Le Privé de Robert Altman en 1973, Mean Streets de Martin Scorsese en 1976 ou encore Je te tiens, tu me tiens par la barbichette de Jean Yanne en 1979.

C'est en 1972 que David Carradine fait une entrée fracassante au cinéma en incarnant un syndicaliste anarchiste aux côtés de Barbara Hershey dans le premier long-métrage de studio réalisé par Martin Scorsese, Bertha Boxcar. Fort du succès de la série Kung Fu à la télévision – qui fut nommée pas moins de sept fois à l'Emmy au cours de sa première saison (dont une pour le comédien)
celui-ci décroche ensuite le premier rôle du biopic En route pour la gloire que Hal Ashby (monteur réputé ayant souvent œuvré pour Norman Jewinson) consacre au chanteur et compositeur libertaire Woody Guthrie en 1976. Cette prestation lui vaudra le prix du National Board of Review et une citation au Golden Globes. Remarqué par le réalisateur Ingmar Bergman, David Carradine part alors pour Munich en 1976 où il se glisser dans la peau du trapéziste juif américain Abel Rosenberg pour le film L'Œuf du serpent. Toujours au cours des années 1970, il tourne à deux reprises dans des séries B luxueuses du réalisateur Paul Bartel. Il incarne ainsi le légendaire Frankenstein dans le jouissif La Course à la mort de l'an 2000 – Les Seigneurs de la route en 1975 et un autre pilote intrépide dans le plus mésestimé Cannonball ! en 1976.

En 1980, il décroche le rôle du mythique Cole Younger dans Le Gang des frères James de Walter Hill. Composé de plusieurs fratries d'acteurs – comme les Keach (James et Stacy), les Quaid (Dennis et Randy) ou encore les Guest (Christopher et Nicholas)
ce film offre l'opportunité à David Carradine de donner la réplique à ses deux demi-frères, Robert et Keith (il retrouvera ensuite ce dernier en 1997 lors du tournage du téléfilm Last Stand at Saber River de Dick Lowry, dans lequel apparaissent également Tom selleck et le jeune Haley Joel Osmond). Pâtissant allègrement de la consommation excessive de drogues et d'alcool de l'acteur, sa carrière s'avèrera malheureusement moins florissante par la suite pour ce dernier qui devra alors enchaîner les productions fauchées comme Œil pour Œil (1983) de Steve Carver avec Chuck Norris, Río abajo (1984) de José Luis Borau avec Victoria Abril, Armés pour répondre (1986) de Fred Olen Ray avec Lee Van Cleef, ou encore Waxwork II (1992) d'Anthony Hickox avec Zach Galligan (pour ne citer que les moins honteuses). En 1990, il tournera tout de même aux côtés de Mel Gibson et Goldie Hawn dans la comédie d'action Comme un oiseau sur la branche de John Badham.

Il faudra toutefois attendre les années 2000 pour David Carradine revienne réellement sur le devant de la scène grâce à son inoubliable rôle d'homme à abattre dans le bien-nommé diptyque Kill Bill (dont les deux volets sortent respectivement en 2003 et 2004). Après John Travolta (Pulp Fiction), Pam Grier (Jackie Brown) et avant Kurt Russell (Boulevard de la mort, un film Grindhouse), Quentin Tarantino aura donc une nouvelle fois réussi à orchestrer le fulgurant come-back d'une figure emblématique trop rapidement tombée dans l'oubli. Loin de choper la grosse tête pour autant, l'acteur n'hésitera d'ailleurs pas un instant à jouer avec son image ; comme en atteste l'atypique film de zombies
Dead & Breakfast de Matthew Leutwyler sorti en 2004 (dans lequel joue également sa nièce, Ever Carradine) ou encore le décalé Big Stan que réalise le comédien Rob Schneider en 2007. En plus de cents films au cours de toute sa carrière et pas moins que quatre nominations aux Golden Globe Awards, David Carradine aura souvent réussi à se diversifier et démontrer, si besoin était, qu'il avait du talent à revendre. Ainsi, il n'est pas vain non plus de rappeler qu'il s'était aussi essayé à la réalisation avec les longs-métrages You and me en 1972, Mata Hari en 1978 et surtout Americana en 1981. Ce drame dans lequel il se mit également en scène lui permettra ainsi de remporter le prestigieux Prix du public à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes.

Les amateurs et orphelins de ce bon vivant, qui se maria à cinq reprises et eut deux enfants, pourront se consoler une dernière fois en découvrant David Carradine prochainement à l'affiche du très attendu Hyper Tension 2 du duo Mark Neveldine & Brian Taylor, dans lequel on retrouvera également la belle Amy Smart et le survolté Jason Statham.



David Carradine
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Bienvenue dans mon humble chez moi ! J'espère que le voyage nous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de séries, de musique ou d'autres absurdités, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! ;-)

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