Réalisé par Philip G. Atwell
Titre original : War
Avec Jason Statham, Jet Li, John Lone, Devon Aoki, Nadine Velazquez, Luis Guzman ...
"Depuis l'assassinat de son meilleur ami, l'agent du FBI Jack Crawford (Jason Statham) n'a plus qu'une obsession : retrouver Rogue (Jet Li), celui que tout désigne comme coupable, et faire justice lui-même. Mais comment attraper le plus redoutable des tueurs, un véritable
fantôme capable d'apparaître n'importe où pour semer le chaos avant de s'évanouir dans la nature ? Lorsque Rogue refait surface, aussi mystérieux qu'insaisissable, il déclenche une guerre
spectaculaire entre la mafia chinoise et les Yakuza japonais. Malgré les risques, Crawford est plus que jamais décidé à en finir avec Rogue et se jette dans la mêlée. Alors que la guerre des
gangs fait rage, Crawford va s'approcher de plus en plus de son ennemi et découvrir le secret qui se cache derrière chaque combat..."
On ne présente plus vraiment Jet Li, superstar mondial du film d'arts martiaux révélé par le mythique Il était
une fois en Chine de Tsui Hark qui, à l'instar de son compère hong-kongais, est venu faire son bout de chemin à Hollywood. Pour le premier, ça a donné dans le pathétique avec deux des plus
merdiques réalisations de la filmographie de Jean-Claude Van Damme (c'est dire...) : Double Team et Piège à Hong-Kong. Et puis, il reparti en Asie faire des films plus
fréquentables tels que Seven Swords ou La Légende de Zu. Depuis L'Arme Fatale 4, Jet Li quant à lui alterne avec plus ou moins de brio entre le cinéma américain et asisatique
(Roméo doit mourir, Hero, Danny the dog, Le Maître d'armes...). De son côté, Jason Statham est surtout connu pour être le héros de la saga Le
Transporteur, même si on a également pu le voir à l'affiche de Snatch, Cellular ou encore Hyper-tension. Bref, ces deux pros de la baston sont plus que rôdés aux films
d'action bien virils qui déménagent. D'ailleurs, on a déjà pu les voir il y a quelques années partager l'affiche du distrayant The One de James "X-Files" Wong.
Philip G. Atwell est pour sa part un illustre inconnu dont la seule gloire est pour l'instant (et pour un bon moment sans doute) d'avoir réalisé quelques clips de rap US pour des
pointures du genre 50 Cent ou Eminem. Dans un sens, le gars est doué. Parvenir à mettre en boîte un film aussi mou de genou avec des scènes d'action soporiphiques comme pas permis quand on a sous
la main de tels spécialistes du genre est vraiment un exploit en soi. J'en attendais pas grand chose, mais tout de même.
Grosso-modo, pendant une heure et quart (sur une durée totale de 1h40 environ...) le film est d'un ennui quasi mortel ; y compris les scènes de gunfights honteusement pompées sur À
toute épreuve et autres classiques asiatiques du genre, le talent en moins. Le montage du film étant de plus véritablement catastrophique et ponctué d'innombrables faux raccord, les scènes
d'action (de violence ?) sont du coup absolument illisibles. En plus de ça, et ce qui rend d'autant plus interminable l'attente jusqu'à l'inévitable rencontre entre les deux
acteurs principaux, les dialogues sont extrêmement mauvais et insipides. Morceaux choisis (le personnage vient de faire irruption chez deux mafiosis et les tient en joue) : "Je veux
une salade... Sans fromage... Assaisonnement à part." Hum ! À la limite, ça pourrait être amusant au second degré mais, comme le film se prend au sérieux, la vinaigrette ne prend pas...
À vingt-cinq minutes de la fin, et après s'être tapé une plate guerre des clans façon Yakuza contre Triades (le film existe je vous jure !) en pire et un gros
(im)plan(t) mammaire qui traînait dans le coin, survient un retournement de situation qui a le mérite de sortir le spectateur de sa torpeur tellement il tombe à la manière d'un
cheveu sur la soupe. Grotesque et invraisemblable au possible, il peine à faire illusion quelques minutes que déjà un autre, encore plus improbable et capillo-tracté, vient achever le peu
d'indulgence que le spectateur s'efforçait de maintenir tant bien que mal pour ce film. Complètement imbéciles et incompréhensibles, ces révélations successives s'imposent d'emblée comme l'un des
doubles twists les plus pourraves tentés au cinéma. Jugez par vous même (pour les téméraires voulant tout de même voir le film, j'ai écrit ce qui suit en "blanc" ; il vous suffit de surligner
le texte pour le faire apparaître) :
< Début >
(Ce n'est pas tout à fait le texte exact, mais l'idée est là...)
Jet Li : "En fait, c'est moi ton meilleur pote que tu croyais mort depuis
le début ! Je me suis fait passer pour l'assassin venu me tuer, mais que j'ai tué le premier, et j'ai subi une opération de chirurgie esthétique pour lui ressembler ! Gniahahaha
!"
Jason Statham : "Ah ouais ? Et bien en fait, c'est moi qui avait demandé à ce qu'on t'élimine, mais je faisais semblant depuis le début d'être déprimé et de pourchasser ton
meurtrier pour que personne ne se doute de mon super stratagème ! Mouhahahahaha !"
< Fin >
Pour faire court, fuyez ce sous Volte / Face paresseux qui sous-emploie son casting viril jusque dans son ultime affrontement (pourtant, mis en avant dans le titre français) aussi
vite expédié que vite oublié. Il ne vaut absolument pas les classiques du genre, ni même The One où les deux acteurs s'y côtoyaient déjà de manière plus divertissante...
Par Shin
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Publié dans : Cinéma
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