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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Bienvenue au Cottage

Réalisé par Paul Andrew Williams, sorti le 9 juillet 2008

Avec Andy Serkis, Reece Shearsmith, Jennifer Ellison, Steve O'Donnell, Dave Legeno, Logan Wong, Jonathan Chan-Pensley, Doug Bradley ...

"Peter (Reece Shearsmith) et David (Andy Serkis), deux frères diamétralement opposés, organisent le kidnapping de la fille du boss de David, Tracey (Jennifer Ellison). Mauvaise idée pour eux, puisque ladite proie se révèle être une insupportable tigresse, qui profite rapidement de la lâcheté de Peter, et de l'idiotie du troisième complice, Andrew (Steve O'Donnell), son beau-frère. Retranchés dans un cottage isolé, ils doivent la poursuivre lorsqu'elle finit par s'évader, et atterrissent dans une ferme voisine, qui cache un terrible secret..." 




Mon avis
:
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On le savait déjà. Les néo-zélandais et leurs voisins australiens sont plutôt habiles lorsqu'il s'agit de marier le gore et l'humour ; en atteste le culte Braindead de Peter Jackson, l'inégal (mais sympathique) Undead des frères Spierig ou plus récemment le déjanté Black Sheep de Jonathan King. L'ensemble n'est pas toujours très subtil, et lorgnerait plutôt sur le gros n'importe quoi délicieusement irrévérencieux, mais je reste très friand de ce mélange des genres. C'est pourquoi je me régale bien souvent de ce type de productions. Il est donc tout à fait logique que  je me réjouisse également du bon goût de nos amis britanniques qui s'y sont
également mis pour notre plus grand plaisir ; avec quelques pépites comme le déjà culte Shaun of the Dead d'Edgar Wright, l'excellent Severance de Christopher Smith et ce Bienvenue au Cottage de Paul Andrew Williams... la première bonne surprise de l'été !

Savant mélange donc entre le film d'horreur et la farce,
Bienvenue au Cottage démontre une fois encore le talent de nos voisins d'outre-Manche et leur sens de l'humour "so british" irrésistible. Se rapprochant davantage du film de Christopher Smith que celui d'Edgar Wright, celui-ci en conserve l'esprit "survival horror", mais fait également une petite incursion du côté des films de gangsters. Ainsi, à l'instar du mémorable Une nuit en Enfer de Robert Rodriguez, un virage narratif brutal s'opère à mi-récit. Ici, le film commence donc – comme un polar des frères Coen – par un kidnapping raté orchestré par des loosers magnifiques qui rappelle inévitablement le fameux Fargo, avant de prendre effectivement un tournant radicalement gore à mi-parcours avec l'arrivée d'un nouveau personnage tout droit issu du remake de La colline a des yeux d'Alexandre Aja. Chose à laquelle je ne m'attendais absolument pas (ce fut d'ailleurs également le cas lorsque je vis le film de Robert Rodriguez la première fois) et qui m'a vraiment emballé ! D'ailleurs, je m'en veux presque de vous dévoiler ce "détail", mais que me resterait-il à vous narrer sinon ?

Tout commence dès le générique avec un thème musical entraînant de Laura Rossi qui rappelle grandement ceux que Danny Elfman a composés pour Tim Burton et Barry Sonnenfield, et place directement le film de Paul Andrew Williams dans la pure tradition des comédies macabres dont les anglo-saxons raffolent, et moi aussi. On fait ensuite connaissance avec les trois anti-héros du film, interprétés par des acteurs au sommet de leur forme, auxquels rien sera épargné. Dans le rôle de David, un voyou de petite envergure qui a surtout la malchance de ne pas savoir s'entourer, on trouve Andy Serkis. Vous savez le gars qui a "joué" Gollum et King-Kong dans les films de Peter Jackson (celui-là même qui a réalisé Braindead justement) ? Jouant pour une fois à découvert, l'acteur fait preuve d'un charisme incroyable et est assurément l'atout majeur du long métrage. J'ai pris autant de plaisir à le suivre à l'écran que j'en ai lorsque j'aperçois l'inimitable Steve Buscemi dans un film ; en bref, autant dire je l'ai trouvé particulièrement génial. Ensuite, vient le personnage de Peter, le frangin froussard, frustré et très soupe-au-lait qui a une peur panique des papillons. Ce personnage est incarné par Reece Shearsmith, un acteur que je ne connaissais pas mais qui est tout autant excellent. Comme j'ai pu le lire sur un autre blog, il est immédiatement attachant avec son côté Olivier Gourmet à la sauce Kevin Spacey ; et ce malgré le fait qu'il soit aussi un boulet de première ! Enfin, comment ne pas mentionner la surprenante Jennifer Ellison qui, sous ses fausses allures de Jenny McCarthy (ou Pamela Anderson, si vous préférez), campe une bimbo siliconée de services assez particulière... En effet, son personnage est aux antipodes des clichés du genre. Combattive, cogneuse et gueularde, elle ne servira jamais de faire-valoir et aura même méchamment tendance à mener la barque comme elle l'entend grâce à son caractère bien trempé et ses coups de tête fracassants. Avec elle, nos deux frangins vont vraiment en baver !

Outre ce trio énergique et haut en couleurs, le film de
Paul Andrew Williams dispose d'une galerie de personnages secondaires mémorables. Des villageois farouches au simplet maladroit, en passant par deux tueurs asiatiques stupides accro à la machette et un déglingos amateur d'arrachages de colonne vertébrale façon Predator, Bienvenue au Cottage incorporera subrepticement différents intervenants dans le récit ; permettant à l'intrigue de sans cesse se renouveler grâce à ces divers rebondissements, jusqu'à basculer dans l'horreur totale. Avec sa tronche de mutant dégénéré (grandement esquintée par une rencontre avec moissonneuse-batteuse qui a mal tourné), sa collection d'articles de bricolage affutés et sa passion pour les masques en peau humaines, notre fermier rappelle fortement le Leatherface du Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel (une autre inspiration flagrante avec le film d'Alexandre Aja). Aux situations savoureusement burlesques du début succèdent alors un jeu de massacres oppressant (comme lorsque la blonde et le binoclard se retrouvent pourchassés dans la vieille baraque pourrie) et aux mutilations féroces à souhait (avec gros plans bien explicites, s'il vous plaît). Néanmoins, et c'est là tout le charme de ce film s'adressant principalement (exclusivement ?) aux fans du genre, cette seconde moitié est tout aussi burlesque, sinon plus ; exagérant le côté kitsch du monstre (avec sa gueule 100 % latex), accentuant les effets gores  sanglants et exacerbant à outrance la personnalité de nos trois anti-héros. Ce qui aboutit à des passages délicieusement décalées comme un chantage à la photographie, une attaque de papillons de nuit sur fond de musique onirique (peut-être bien la scène la plus décalé et hallucinante du film), un binoclard hurlant comme une gonzesse, une blonde vociférant une nuée d'insultes à ses agresseurs ou encore une réconciliation fraternelle à la belle étoile. Un régal je vous dis !

Réussissant avec panache ce mélange des genres (ce qui était loin d'être gagné d'avance),
Bienvenue au Cottage est cependant parfois un peu trop proche de ses modèles (les films d'Aja et de Nispel notamment) et c'est un peu dommage. Heureusement, ce manque d'ambition de ce film au second degré revendiqué est largement compensé par un travail d'écriture soigné sur les personnages, des dialogues aux petits oignons et une maîtrise du politiquement incorrect qui fait plaisir à voir. Sublimé par son casting de haut vol, le film de Paul Andrew Williams régalera les amateurs de films à l'horreur débridée, décalée et complètement décomplexée, quitte à laisser quelques grincheux sur le bord de la route. Détail important pour finir : pour les plus patients d'entre vous, une petite séquence assez amusante vous attend après le générique...


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N
Il faut absolument que j'aille le voir moi qui comme toi adore ce genre de film, je pense ne pas être déçu.
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C
Bonsoir!<br /> j'aime beaucoup l'humour british. Le dernier en date qui m'avait bien plu, c'est Joyeuses funérailles avec M Macfadyen.
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T
Salut Shin,<br /> <br /> Merci de tes commentaires. "Bienvenue au cottage" m'a l'air bien sympathique, ton article ne fait que confirmer mon impression. Le mélange entre l'horrerur et le comique n'est pas chose facile, il y a toujours le danger de tomber dans l'excès.<br /> <br /> Ca n'a pas l'air d'être le cas ici.
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G
Tu connais déja mon avis sur ce film :p<br /> <br /> C'est pour ça que j'aime le ciné , parce qu'on n'est jamais au bout de ses surprises et The Cottage en est une sacrée !!!<br /> <br /> Et vive Andy Serkis et sa voix grave et cet air navré qu'il arbore du début a la fin du film ...
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