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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 00:00
Boulevard de la mort, un film Grindhouse
Réalisé par Quentin Tarantino, sorti le 6 juin 2007
Titre original : Grindhouse : Death Proof

Avec Kurt Russell, Rosario Dawson, Tracie Thoms, Zoe Bell, Mary Elizabeth Winstead, Vanessa Ferlito, Sydney Tamiia Poitier, Jordan Ladd, Rose McGowan, Marley Shelton ...

"C'est à la tombée du jour que Jungle Julia (Sidney Tamiia Poitier), la DJ la plus sexy d'Austin, peut enfin se détendre avec ses meilleures copines, Shanna (Jordan Ladd) et Arlene (Vanessa Ferlito). Ce trio infernal, qui vit la nuit, attire les regards dans tous les bars et dancings du Texas. Mais l'attention dont ces trois jeunes femmes sont l'objet n'est pas forcément innocente. C'est ainsi que Mike (Kurt Russell), cascadeur au visage balafré et inquiétant, est sur leurs traces, tapi dans sa voiture indestructible. Tandis que Julia et ses copines sirotent leurs bières, Mike fait vrombir le moteur de son bolide menacant...
"




Mon avis
:
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Hommage assumé aux films d'exploitation fauchés "Grindhouse" (séries B généralement proposées en "double feature") que Quentin Tarantino a réalisé en association avec son complice Roberto Rodriguez (qui s'occupera lui du second volet : Planet Terror), Boulevard de la mort a une nouvelle fois été conçu comme un melting-pot référentiel ultra jouissif. Exercice dans lequel le réalisateur s'est illustré dès son premier long Reservoir Dogs ; et dont il passé maître jusqu'à son récent dyptique Kill Bill. De fait, citer tous les clins d'œil que Quentin Tarantino adresse aux films l'ayant influencé et dont il s'inspire relèverait de la mission quasi impossible et archi fastidieuse. Par paresse donc, et surtout par manque de répères dans le domaine, je m'abstiendrai donc de développer ce point. Comme beaucoup, je mentionnerai juste le mythique Point Limite Zero
de Richard C. Sarafian (que je n'ai d'ailleurs pas encore eu l'occasion de voir) dont l'ascendance me paraît inévitable (les personnages du film le citent eux-mêmes en exemple et la fameuse Dodge Challenger fait également une apparition remarquée). Pour le reste, le cinéaste s'amusera aussi à glisser des références plus ou moins subtiles à ses propres réalisations. Au détour d'une scène, on verra donc un paquet de "Red Apple" (marque de cigarettes fictive apparaissant dans chacun de ses films), un magazine avec en couverture la série Les Experts (dont Tarantino a réalisé double épisode) ou encore un jukebox proposant le titre "Misirlou" (thème phare de Pulp Fiction). Les personnages évoqueront aussi directement Daryl Hannah (qui joue dans Kill Bill), le "Big Kahuna Burger" (chaîne de fast-food fictive déjà mentionné dans Pulp Fiction) et même indirectement "Twisted nerve" de Bernard Hermann (que Daryl Hannah justement sifflotait déjà dans Kill Bill). Là encore, la liste est longue (du Zoe Bell, ici actrice, qui doublait Uma Thurman dans Kill Bill ; à la bagnole jaune à bandes noires qui évoque la tenue de l'actrice dans le film, déjà un hommage à celle de Bruce Lee dans Le Jeu de la mort ; jusqu'au fétichisme des pieds, qu'ils appartiennent à la belle Uma ou à la non moins sublime Sydney Tamiia Poitier).

Globalement, on peut considérer que le film tel qu'il nous ait présenté en France (on a eu le droit à une version rallongée différente de celle proposé aux États-Unis) se compose de deux parties. Dans la première, on découvre donc le personnage de "Stuntman" Mike ; psychopathe notoire qui ne prend son pied qu'à travers des meurtres routiers. Dans cette version modernisée, et véhiculée, de John Ryder (le tueur incarné par Rutger Hauer dans le Hitcher de Robert Harmon), Kurt Russell (gratifié d'une cicatrice qui n'est pas sans évoquer l'inoubliable Snake Plissken du fameux New York 1997) excelle totalement. Pour ma part, je trouve que l'acteur n'avait pas été aussi convaincant en motherfucker classe et ironique depuis bien trop longtemps. Rien que pour ce rôle en or qu'il offre au comédien fétiche de John Carpenter (que le cinéma a trop souvent négligé), Quentin Tarantino mérite mon respect éternel. Il le mérite aussi pour la rigueur exemplaire avec laquelle il a fignolé son long-métrage. Couleurs criardes, poussières et rayures sur la pellicule, montage volontairement foireux (la bande "saute" à plusieurs reprises),  faux raccords, effets exagérés (le séquence avec la musique au piano, ou encore le carnage routier démultiplié et bien gore), musiques seventies savoureuses (les BO sont toujours irréprochables chez le cinéaste)... On a véritablement l'impression de suivre un vieux film des années 1970/80. Seuls l'évocation d'outils moderne de communication (un téléphone portable par exemple) et la présence d'acteurs de notre époque dissipent l'illusion. Malgré tout, l'esthétisme de Boulevard de la mort est tout à fait remarquable. Et Quentin Tarantino a vraiment un don unique pour mettre en scène de savoureuses séquences absolument décalées. Comme il l'avait fait pour Pulp Fiction avec la mémorable histoire de la "montre" (peut-être mon passage favori d'ailleurs) il s'amuse ici à insérer quelques passages incongrus et totalement géniaux. À ce titre, celui où les deux flics (les mêmes qui découvraient le corps de la mariée dans Kill Bill) discutent de tout et de rien dans un hôpital est un véritable must. Fausse réduction de budget oblige, on les voit en effet passer à plusieurs reprises devant le même décor. Le résultat est forcément irrésistible !

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/62/88/98/18759773.jpgPervers à tendance nécrophile dans Kill Bill ; garagiste louche dans Boulevard de la mort.
Jonathan Loughran :"the bad man at the bad place".

Mais surtout, avec une classe incroyable en dépit un scénario complètement indigent, Tarantino parvient à nous captiver en un quart de seconde. Les pérégrinations de notre cascadeur sanguinaire (sortes de préliminaires avant la grande jouissance gore) se suivent ainsi avec un malin plaisir aussi sadique que complice. Les dialogues restent toujours aussi délirants et les personnages ont franchement de la gueule (avec une apparition fatalement fun de Tarantino lui-même et de son pote Eli Roth). Le bonhomme sait également y faire lorsqu'il s'agit de recruter de pures bombasses. Dans cette première partie, je retiendrais surtout la magnifique fille de Sidney Poitier (Sydney Tamiia) et la jolie Marley Shelton (qui incarne une infirmière et qui apparaîtra aussi dans le Planet Terror de Robert Rodriguez). Je suis déjà plus partagé concernant Vanessa Ferlito dont le nez me dérange toujours autant (tout comme dans la saison 3 de 24 dans laquelle elle jouait, j'avais vraiment du mal à m'en détacher). Malgré tout, la lap-dance plutôt torride qu'elle exécute demeure diablement redoutable. Même si, dans le même genre, celle de Salma Hayek dans Une nuit en enfer de l'ami Rodriguez (où jouait justement Tarantino) m'avait nettement plus émoustillée (là encore, le clin
d'œil est évident). Quoi qu'il en soit, j'ai vraiment adoré cette première partie et encore plus son apothéose fortement jubilatoire. Brutal et sanglant à souhait, le crash qui clôt ce chapitre est tout bonnement hallucinant. Le réalisateur n'hésite à sacrifier des personnages clés (comme avait pu le faire avant lui Alfred Hitchcock dans Psychose) et à multiplier les prises de vues ambitieuses ; présentant la scène sous plusieurs angles complexes qui illustrent les différents points de vue des personnages (une technique déjà éprouvée avec brio dans Jackie Brown justement). Il n'y a pas dire, Quentin Tarantino maîtrise son art. Malheureusement, si Boulevard de la mort est une parfaite illustration de savoir-faire de son auteur, il en possède également quelques fâcheuses habitudes. Ainsi, la seconde partie (abusivement construite comme une relecture de la première), m'a nettement moins convaincue. Paradoxalement, ce que j'avais trop excellent devient d'un coup fatiguant. Même si de beaux moments demeurent.

À l'atmosphère sombre et quasi expérimentale du début évoquant un peu le cinéma de genre d'un John Carpenter (outre la présence de Kurt Russell, impossible de ne pas penser à Christine et sa bagnole démoniaque), Quentin Tarantino accole une seconde partie
plus lumineuse (mais tout aussi oppressante qu'un Duel de Steven Spielberg) et davantage léchée (l'image est littéralement plus propre). Avec une recherche esthétique qui lorgne même par moment vers le cinéma indépendant d'un Jim Jarmush (surtout à travers cette séquence transitoire en noir et blanc stylisé). Grâce une photographie qui semble plus soignée (c'est juste qu'elle était volontairement malmenée avant cela), les couleurs semblent ainsi plus intenses et le rendu fait plus "moderne". Ce qui n'est pas un mal en soi, mais qui a contribué à me faire décrocher un peu. Peut-être moins second degré et plus "tarantinesque", j'ai eu ici l'impression que le réalisateur s'auto-parodiait. Notamment durant les interminables (et totalement inintéressantes !) séquences dialoguées qui cassent complètement le rythme du film et où les filles déblatèrent d'insignifantes conneries (Tarantino a déjà été nettement plus inspiré à ce niveau-là). Si la première partie porte bien son nom (Death Proof, littéralement "à l'épreuve de la mort" ; la traduction française n'a d'ailleurs aucun sens), celle-ci aurait largement pu être titrée "Death Pouf" tant j'ai trouvé les personnages féminins fortement insipides (malgré le charme naturel des superbes Rosario Dawson et Mary Elizabeth Winstead). Pire, je les ai même trouvé totalement antipathiques, hormis l'attachante nunuche Lee (et je ne pense pas que c'était voulu). Et même si la course-poursuite finale dépote sévèrement (c'est au moins aussi bandant que du Mad Max), sa conclusion est franchement décevante je trouve ; voire même carrément absurde (même si j'accorde volontiers que l'espèce de "Finish him !" est fun). Pourquoi le si charismatique "Stuntman" Mike devient-il d'un coup une vieille fiotte flippée ? Et surtout pourquoi les filles deviennent-elles aussi tarées (la transition victimes/bourreaux me semblent assez peu crédible, tout comme la désinvolture avec laquelle elles abandonnent lâchement leur copine dans une situation hautement peu enviable) ? À cause de ce final décevant (« Tout ça pour ça ! » me suis-je dit) et des tunnels de dialogues fadasses, j'ai eu une désagréable sensation d'inachevé qui m'a quelque peu gâché le plaisir.

Malgré tout, j'avoue avoir globalement passé un bon moment (et il est à parier que ma légère déception s'atténuera au fil des visionnages). Je ne peux pas terminer non plus sans souligner l'excellente bande-originale qu'a une fois encore concoctée le mélomane Quentin Tarantino (nous gratidiant d'une reprise décoiffante du fameux "Laisse tomber les filles !" de l'inimitable Serge Gainsbourg). Finalement, peut-être ne manquait-il qu'à ce métrage l'indissociable Planet Terror ; dont la stupide séparation a conduit à des rajouts de dernière minute
peu utiles (si ce n'est allonger artificiellement la durée européenne du film) ? Peut-être lui manquait-il aussi les fameuses "bandes-annonce" ; dont l'absence n'est vraiment pas passée inaperçue ?

Pour la peine, je vous glisse celle de Machete (qui n'en est finalement plus une de "fausse" bande-annonce puisque Robert Rodriguez a officialisé la mise en chantier réelle du long-métrage : youpi ! ^__^) :


La VF me fait encore plus délirer : « du seuspense » ! ^__^


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

Bastien 06/03/2009 21:36

Peut-être le moins bon Tarantino (j'ai bien dit "moins bon" et pas "plus mauvais" ^^) : les idées sont là mais, je ne sais pourquoi, je rigole bien mais j'ai quand même l'impression à la fin de m'être fait arnaquer en payant une place de ciné pour ce film... Allez, je retourne voir Jackie Brown !

Shin 07/03/2009 15:39



Bonjour Bastien,

Je suis d'accord avec toi. Boulevard de la mort est le film de Tarantino que j'aime le moins. Faut dire aussi que le reste de sa filmographie est tellement enthousiasmant que la moindre
"baisse de régime" se fait cruellement ressentir...

Amicalement,

Shin.



Vlad 27/02/2009 00:08

Au fait, je suis moi même content du projet de faire un long sur machete même si apparament ca serait un direct to dvd

Shin 05/03/2009 01:41



Direct-to-DVD ou pas, tant que ça se fait, ça me va !

Même si je reconnais que ça serait le pied ultime de voir ça sur grand écran !!

Amicalement,

Shin.



Vlad 27/02/2009 00:08

Heureusement que je viens faire un tit tour sur ton blog car j'ai l'impression qu'il y a quelques newsletter que je n'ai pas reçu comme celle de ce billet. Boulevard de la mort à ses défaut (a cause de ses rajouts pour l'exploitation européene) mais ca reste un bon divertissement même si je préfére planéte tereur plus jouissif. Maintenant, grindhouse est une oeuvre à savourer dans son intégralité je pense et c'est ce qui rend l'ensemble encore plus plaisant (quel dommage de l'avoir coupé)Vlad

Shin 05/03/2009 01:40



Bonsoir Vlad,

Grâce à ce "bug", tu visites ma page d'accueil. C'est déjà ça ! ^__^

Sinon, j'ai une légère préférence pour l'opus de Rodriguez que je trouve plus jouissif et plus fun (la chronique viendra... un jour ^__^).

Amicalement,

Shin.



Franck C. 25/02/2009 14:46

Encore une bonne critique de ta part, avec laquelle je suis tout à fait d'accord.J'avais parlé de ce film (un peu plus briévement que toi, comme d'hab) sur mon blog (Death Proof), et avais eu le même réaction concernant la version disponible en France : "[...] Ce film permet de passer un bon moment de cinéma sans être le meilleur de Tarantino. En effet, la version non américaine (comprenez « le montage » et non pas le dialogue ici) ralentie l’action. Tiré d’une saga de 3h pour deux films à l’origine, la version dure 2h à elle seule à la traversée de l’atlantique, ce qui lui fait perdre en rapidité pour rajouter des dialogues et des scènes des fois inutiles.[...]".Mais ce qui m'énerve le plus pour l'instant, c'est qu'un coffret DVD GrindHouse est sorti, contenant Death Proof et Planet Terror, mais sans les fausses bandes annonces... donc pour l'instant je le boude, nah... (je pensais qu'ils feraient un truc du genre Death Proof, Planet Terror, les bandes annonces, et un calendrier avec les filles de GrindHouse s'il était sorti pour les fêtes.... si même moi j'y ai pensé, je pense que les commerciaux aussi !!!).En tout cas, bonne continuation !!!

Shin 27/03/2009 18:45



Bonsoir Franck,

Le coffret dont tu parles semble rejoindre le clan des tristements célèbres arlésiennes du DVD. Quid de l'intégrale Kill Bill ? D'Assaut dans une version digne de ce nom ? De
1941, La Forteresse Noire, Léon - version intégrale, Une étrange soirée ou encore Le Locataire en zone 2 ?

Amicalement,

Shin.



tinalakiller 21/02/2009 21:19

je n'ai toujours pas vu ce film... mais bon... je ne m'attends pas à un chef d'oeuvrepar contre le nouveau Inglourious Basterds a l'air violent j'ai l'impression qu'il va etre interdit aux moins 16 ans !!

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