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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 23:00
Only God ForgivesRéalisé par Nicolas Winding Refn sorti le 22 mai 2013
                
Avec Ryan Gosling, Kristin Scott Thomas, Yayaying Rhatha Phongam, Tom Burke, Vithaya Pansringarm, Byron Gibson, Gordon Brown, Joe Cummings ...

"À Bangkok, Julian (Ryan Gosling), qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère , chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy (Tom Burke) : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers.Julian devra alors affronter Chang (Vithaya Pansringarm), un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics … "




Mon avis
 
(pas mal) :
   L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


 

 

Bien étrange film que ce déroutant Only God Forgives. En même temps, Nicolas Winding Refn a toujours été un cinéaste atypique qui a très souvent privilégié le style à l'histoire. Bronson et  Le Guerrier silencieux : Valhalla Rising misaient effectivement déjà beaucoup plus sur leurs ambiances respectives et les expérimentations esthétiques du cinéaste que sur ce qu'ils étaient censés raconter ; pour peu qu'ils racontaient vraiment quelque chose parce ce que, de ce dont je me souviens, c'était pour le moins nébuleux. Mais, ces deux films possédaient toutefois un atout notable qui manque assez cruellement à ce nouveau long-métrage : l'interprétation magistrale de leur acteur principal. Car si Tom Hardy avait su marquer les esprits par son incarnation hallucinée et hallucinante du plus violent détenu de Grande-Bretagne, et que la prestation monstrueuse de Mads Mikkelsen en guerrier silencieux à la brutalité bestiale était également parvenue à faire oublier quelques unes des (nombreuses) faiblesses du film de Nicolas Winding Refn, Ryan Gosling et son interprétation monolithique à la limite du non-jeu n'inspire que peu d'intérêt. L'acteur emblématique de Drive (précédente réalisation du cinéaste) a certes une présence indéniable à l'écran, mais il donne ici l'impression de se contenter de caricaturer un peu plus encore le rôle du Driver qu'il l'a rendu célèbre (alors que le très joli The Place beyond the pines sorti la même année avait pu montrer qu'il était quand même capable de jouer de manière un brin plus subtile).

 

Et comme il partage l'écran avec une Kristin Scott Thomas ayant opté pour un registre diamétralement différent à la limite du cabotinage (ses allures de transsexuel sapé comme Frigide Bardot ne l'aide pas beaucoup faut dire), et un Vithaya Pansringarm lui volant complètement la vedette (et dont le charisme reste intact même lorsqu'il pousse la chansonnette au karaoké), l'interprète du mémorable Danny Balint a ici toutes les peines du monde à donner de la consistance à un personnage qui en est, de toute façon, totalement dénué. Construit autour d'une sombre histoire de vengeance où la loi du Talion est de mise (chaque clan se renvoyant les coups avec une violence toujours plus barbare), mais dont les motivations des personnages restent désespérément floues (le comportement radical et autodestructeur du frère, l'obéissance aveugle de Julian à sa mère, les penchants incestueux et castrateurs de celle-ci, la férocité glaçante de ce policier omnipotent, le rôle trouble de la prostituée), le scénario du film est pour le moins nébuleux. Pourtant, il serait injuste d'affirmer que le long-métrage de Nicolas Winding Refn ne raconte strictement rien. Comme le souligne son titre, Only God Forgives est une allégorie sur la question du pardon (que l'on s'octroie) et de la rédemption (divine). Ainsi le cinéaste illustre-t-il son propos à l'aide d'une symbolique des mains associée au pêché et à la culpabilité. Il est ainsi dit dans le film que Julian a tué son père à "mains nues", auquel s'ajoutent les passages où ces mêmes mains s'attardent sur un vagin ou encore pénètrent littéralement un corps (la conclusion proposée par le réalisateur va d'ailleurs dans ce sens avec cette "libération divine" violente pour le moins radicale et évocatrice).

 

En définitive, si l'histoire narrée ici s'avère, il faut bien le reconnaître, peu passionnante et que les 90 minutes sembleront sans nul doute interminables pour bon nombre de spectateurs, j'ai malgré tout trouvé ce Only God Forgives moins abscons que Le Guerrier silencieux : Valhalla Rising et, peut-être aussi, un peu moins bordélique que Bronson. Bien sûr, je regrette que le traitement scénaristique n'ait pas été plus rigoureux. D'autant que s'il n'avait pas écrit le très bon Drive, Nicolas Winding Refn avait su prouver avec son excellente trilogie Pusher qu'il était également capable de livrer une histoire autrement plus passionnante (le deuxième opus est d'ailleurs un modèle de précision et de profondeur dans le domaine). Heureusement, cette faiblesse narrative manifeste est contrebalancée par une mise en scène ultra-soignée (quelque part entre Paul Thomas Anderson et Wong Kar-waï), que vient souligner la photographie époustouflante de Larry Smith (la scène où Ryan Gosling est montrée dans une salle de bain bleue aux extérieurs rouges est magnifique, tout comme celle dans le dojo thaïlandais) et où la musique planante electro-rock délicieuse de Cliff Martinez (on lui doit déjà celle de Drive) fait une fois encore des merveilles. J'ai également adoré la façon dont le réalisateur filme les personnages à travers les rues trop étroites d'un bidonville ; la caméra se retrouvant comme "contrainte" de passer à travers ces maisons sans porte pour parvenir à les capter pleinement (des trouvailles visuelles comme celle-ci m'ont d'ailleurs permis de ne jamais trouver le temps m'ennuyer). Cela dit, je comprends tout à fait le rejet massif qui a accompagné la sortie de Only God Forgives (étant moi-même habituellement plutôt réfractaire à ce genre de cinéma abstrait et tape-à-l'œil façon Lars Von Trier). Pourtant le "pire film de l'année" (comme j'ai pu le lire souvent) ne m'a pas paru si mauvais que cela. Imparfait – c'est indéniable – et totalement perfectible, mais il affiche quand même quelques beaux restes et une réalisation en béton.


 
Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici 

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