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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Wolverine, le combat de l'immortel

Wolverine : le combat de l'immortelRéalisé par James Mangold, sorti le 24 juillet 2013
Titre original : The Wolverine
                
Avec Hugh Jackman, Tao Okamoto, Rila Fukushima, Hiroyuki Sanada, Svetlana Khodchenkova, Brian Tee, Hal Yamanouchi, Famke Janssen ...

"Wolverine (Hugh Jackman), le personnage le plus emblématique de l’univers des X-Men, est entraîné dans une aventure ultime au cœur du Japon contemporain. Plongé dans un monde qu’il ne connaît pas, il doit faire face au seul ennemi de son envergure, dans une bataille à la vie à la mort. Vulnérable pour la première fois et poussé au bout de ses limites physiques et émotionnelles, Wolverine affrontera non seulement l’acier mortel du samouraï mais aussi les questions liées à sa propre immortalité..."




Mon avis
 
(pas mal) :
  


 

 

Après être apparu aux côtés des autres mutants de l'école du Professeur Xavier dans la trilogie cinématographique initiée par Bryan Singer, ce cher Logan a donc été le premier X-Men – et pour l'instant le seul – à bénéficier d'une aventure en solo dès 2009 via le mal aimé X-Men Origins : Wolverine. Effectivement très imparfait, le long-métrage de Gavin Hood pâtissait surtout d'une narration chaotique (se contentant de reprendre maladroitement ce qui avait plus ou moins déjà été raconté dans X-Men 2), d'une surabondance de personnages secondaires sous-exploités (notamment les emblématiques Gambit et Deadpool qui méritaient un bien meilleur traitement), ainsi que d'effets visuels assez lamentables pour une production de cet acabit (la laideur du combat final piquait d'ailleurs furieusement les yeux). Néanmoins, il n'était pas tout à fait inintéressant pour autant ; surtout lorsqu'il racontait la genèse de son personnage (à travers une introduction superbe) et qu'il le confrontait à son frère ennemi Dents de Sabre (l'animal Liev Schreiber remplaçant très avantageusement le transparent Tyler Mane, jusqu'à parfois même écraser de son charisme Hugh Jackman). Et, pour être tout à fait honnête, je trouvais même que, malgré ses défauts évidents, il se laissait assez bien suivre durant sa petite heure trois quart. En outre, bien que peu apprécié d'une grande majorité de fans, X-Men Origins : Wolverine avait tout de même bénéficié d'un joli succès au box-office ; rapportant pas moins de 375 millions de dollars un budget de 150 millions. Il était donc assez évident qu'une suite ne tarderait pas à voir le jour.

 

Même si Gavin Hood a laissé entendre qu'il pourrait être de retour (évoquant alors déjà une suite se déroulant au Japon), c'est Bryan Singer qui fut tout d'abord abordé – une façon de se réconcilier avec les fans de la première heure ? – pour réaliser cette nouvelle aventure de Wolverine. Après le refus de celui-ci, Darren Aronofsky a été longtemps pressenti ; avant de finalement abandonner le navire à son tour. C'est alors que le projet fut confié au plus confidentiel James Mangold, cinéaste parfois inégal, mais dont la filmographie est quand même loin d'être honteuse (Cop Land, Identity, Walk the Line, 3h10 pour Yuma) et qui s'y connaît aussi pour trousser des scènes d'action efficaces (aussi décrié soit-il, j'avais pour ma part vraiment apprécié son Night & Day qui était plutôt bien foutu à ce niveau-là). Étant particulièrement fan des X-Men et appréciant aussi le boulot du réalisateur, j'abordais donc ce nouveau volet avec enthousiasme et confiance. Malheureusement, s'il n'est pas totalement raté non plus, ce Wolverine, le combat de l'immortel restera malgré tout comme une réelle déception ; James Mangold n'ayant pas franchement réussi à faire mieux que son prédécesseur. Loin de là. Car si son long-métrage corrige effectivement certains aspects douteux du film de Gavin Hood (effets visuels globalement moins moches – même si encore perfectibles – et mise en scène plus énergique), c'est pour mieux se perdre dans d'autres défauts tout aussi gênants.

 

Wolverine, le combat de l'immortel
"Would you have some Schweppes just me and you ?"

 

La première chose qui dérange lorsque l'on découvre Wolverine, le combat de l'immortel, c'est son échec à exploiter tout le potentiel que possède son histoire. Lorsque l'on connaît un peu les comics originaux de Frank Miller et Chris Claremont, on sait pourtant combien cet épisode au Japon est riche et déterminant dans la mythologie du personnage. Mais tous les efforts fournis pour donner du sens à cette escapade japonaise l'introduction à Nagasaki est brillante et démontre une fois encore la capacité iconique du cinéaste – sont globalement réduits à néant par un script bancal (Mark Bomback ayant totalement réécrit saccagé ? le premier traitement de Christopher McQuarrie) qui essaie désespéramment de faire de ce Wolverine, le combat de l'immortel une sorte de X-Men : l'affrontement final 1.5. En effet, l'omniprésence du personnage incarné par la très belle Famke Janssen à travers des séquences oniriques un peu kitsch inscrit irrémédiablement le film de James Mangold dans la continuité du troisième opus de la saga mutante. Et cette résolution du trauma Jean Grey occupe ici bien trop de place ; ne laissant jamais la relation sentimentale qui lie Logan à Mariko prendre l'importance qu'elle devrait avoir. Alors qu'il devrait être capital, le personnage de Mariko devient accessoire. Pire, si sa disparition permettait justement au Wolverine du comic de laisser sa colère refoulée exploser, la mort de Jean Grey enferme ici Logan dans un deuil introspectif traînant en longueur qui sabre tout autre enjeu narratif potentiel ; comme en témoigne l'autre gâchis du film : le Samouraï d'Argent, dont la rivalité supposée avec notre héros manque cruellement d'épaisseur.

 

Hormis celui de Yukio (Rila Fukushima, bien plus pétillante que la lisse Tao Okamoto), les personnages secondaires souffrent d'ailleurs d'un traitement bien peu passionnant. Et à ce titre, Vipère reste un incompréhensible foirage. En plus d'être passablement transparente (Jessica Biel ou Amanda Seyfried, un tant envisagées, aurait sans doute été un meilleur choix), l'actrice se contente ici de faire la Uma Thurman du pauvre façon "Poison Ivy" dans Batman & Robin (c'est dire le niveau...). Son personnage n'est pas seulement bâclé (avec ses différents poisons sous-exploités et ce grand moment de tristesse cinématographique dit de la "mue capillaire"), il semble surtout inutile. Il y avait sans doute des façons plus pertinentes pour changer l'invincible mutant en humain fragile. Une fausse-bonne d'idée d'ailleurs (qui veut voir un film sur Wolverine sans Wolverine ?), assez mal employée (la douleur physique du personnage ne se ressent pas vraiment), grandement gâchée par un classement PG-13 (ça manque cruellement d'hémoglobine pour un film où tout le monde se fighte à l'arme blanche), et qui sert surtout de prétexte à l'allongement superflu notre héros étant supposé souffrir de certaines scènes d'action (à l'instar de l'attaque du train, pourtant très efficace, et du combat contre le Samouraï d'Argent). C'est d'ailleurs lors des passages les plus condensés (cette chambre d'hôtel où Logan laisse enfin échapper sa fureur) ou les plus représentatifs de la vulnérabilité latente de Wolverine (la séquence dans le village enneigé avec les ninjas) que Wolverine, le combat de l'immortel trouve enfin ce souffle épique qui lui fait tant défaut et dont l'apogée tardive n'interviendra, ironiquement, que lors d'une euphorisante scène post-générique salvatrice (mais sans doute aussi assez révélatrice de ce qui fait tant défaut aux films consacrés au mutant griffu). 

 

 

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