Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 23:00
http://img291.imageshack.us/img291/1748/guillaumedepardieurk5.jpg

Né le 7 avril 1971 dans le 14e arrondissement de Paris, Guillaume Depardieu est décédé brusquement lundi 13 octobre 2008 à l'hôpital de Garches (en banlieue parisienne) des suites d'un choc septique, consécutif à une pneumonie foudroyante contractée en Roumanie lors du tournage de L'enfance d'Icare d'Alex Iordachescu. Véritable enfant de la balle, il était le fils des acteurs Gérard Depardieu et Élisabeth Guignot-Depardieu, frère aîné de l'actrice Julie Depardieu et demi-frère de Roxane et de Jean Depardieu, le comédien français était un artiste atypique, à la fois talentueux et torturé. Il aura traversé la vie comme une étoile filante, dans une traînée de douleur et de peine, se nourrissant d'une carrière cinématographique singulière faite de films inattendus où il brillait autant que lorsqu'il participait à des projets destinés au  grand public. Passionné de musique également, il avait écrit plusieurs chansons, pour Barbara notamment et préparait actuellement un album qu'il tenait à défendre sur scène. On sait aussi que la réalisation l'intéressait.

Guillaume Depardieu commença très jeune à fréquenter les plateaux de tournage aux côtés de son père. Ainsi  figurera-t-il dans quelques-uns de ses films comme Pas si méchant que ça de Claude Goretta en 1974 (il avait à peine trois ans), Jean de Florette de Claude Berri en 1986 (dans lequel joue également sa mère
Élisabeth) et Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau en 1990 (fameuse adaptation de la pièce d'Edmond Rostand). Mais, il n'est pas aisé pour enfant rêvant de cinéma de se construire dans l'ombre d'un géant du septième art tel que Gérard Depardieu. Ainsi, se sentant écrasé par la personnalité et la célébrité de son père dont il cherche désespérément la reconnaissance, Guillaume Depardieu se révolte et sa jeunesse est marquée par les excès de toutes sortes : vitesse, violence, alcool ou encore drogue. Ainsi, alors qu'il n'a pas encore atteint la majorité, et après s'être fait renvoyé de plusieurs lycées, ce "fils de" rebelle et turbulent tombe la délinquance et est condamné en 1988 à une peine d'emprisonnement dans le quartier des mineurs. Quelque temps après, sa toxicomanie destructrice le conduira de nouveau à effectuer plusieurs mois de prison ; une expérience d'où il sortira plus détruit encore et complètement asocialisé comme il le confiera par la suite dans le livre-entretien qu'il a co-écrit avec Marc-Oliver Flogiel, Tout donner (paru en 2004). Ses démêlés avec la justice, ponctués d'outrages et d'infractions routières diverses, continueront effectivement par la suite et lui vaudront d'ailleurs plusieurs condamnations.

T
outefois, grâce au césarisé Tous les matins du monde d'Alain Corneau, sorti en France en 1991 et dans lequel il incarne Marin Marin dans sa jeunesse (tandis que son père prête ses traits au personnage devenu adulte), sa carrière va prendre un premier tournant marquant et lui apporter un début de reconnaissance. Il sera d'ailleurs nommé aux César l'année suivante dans la catégorie Meilleur espoir pour ce rôle (ce sera toutefois Manuel Blanc qui recevra le prix pour sa prestation  remarqué dans J'embrasse pas d'André Téchiné). La reconnaissance de la profession ne tardera pourtant pas à se concrétiser puisqu'il obtient le César du Meilleur espoir masculin et le Prix Jean Gabin en 1996 pour son rôle de colocataire glandeur dans Les apprentis de Pierre Salvadori. Fidèle à ce réalisateur qui l'avait fait tourner dès 1993 aux côtés de Jean Rochefort dans Cible émouvante, Guillaume Depardieu le retrouvera en 1997 à l'occasion de Comme elle respire face à la regrettée Marie Trintignant, puis en 2000 pour Les marchands de sable. Mais, cruel, le destin s'acharne contre lui en 1995 car, avant même qu'il ne rencontre le succès aux côtés de François Cluzet dans le film de Pierre Salvadori, une bête chute à moto sous le tunnel de Saint-Cloud l'oblige à une hospitalisation douloureuse (il subira dix-sept interventions et restera cloué sur son lit de douleur durant près d'un an). Les conséquences s'avèreront dramatiques.

Après avoir partagé un temps la vie de l'actrice Clotilde Courau, il épouse la comédienne Élise Ventre le 4 janvier 2000, avec qui il a une petite fille, Louise, la même année. L'année suivante, i
l semble avoir la paix avec lui-même et avec son père, comme en témoigne le film Aime ton père, aux allures biographiques et rédemptrices, qu'il tourne avec celui-ci et où il est question d'un fils rejeté qui kidnappe son père, écrivain célèbre. Néanmoins, atteint d'une maladie noso­comiale contractée suite à son accident de moto, il décide courageusement de se faire amputer la jambe droite pour mettre fin à huit années de souffrance intolérable que les antibiotiques et la morphine ne soulagent plus, et se fait poser une prothèse pour pouvoir marcher de nouveau. Il devient alors un emblème pour les victimes des maladies nosocomiales dont il défend largement la cause à travers la fondation qui porte son nom. Entre temps, il se sera tout de même illustré au cinéma dans des films aussi variés que Pola X de Leos Carax où il partage l'affiche avec la grande Catherine Deneuve, Peau d'ange réalisé par le comédien Vincent Perez qu'il retrouve à l'occasion du thriller Le pharmacien de garde de Jean Veber, Comme un avion de et avec Marie-France Pisier ou l'expérimental Process de C.S Leigh où figure aussi Béatrice Dalle, une autre actrice tumultueuse ; confirmant ainsi l'anticonformisme et la volonté de diversité qui a émaillé sa filmographie de l'historique Marthe de Jean-Loup Hubert à l'artisanal Alliance cherche doigt de Jean-Pierre Mocky, et en passant par le projet L'@mour est à réinventer dont le titre est inspiré d'une citation d'Arthur Rimbaud. D'ailleurs, Guillaume Depardieu rêvait d'incarner ce poète incompris qui acheva tragiquement son existence, amputé de la jambe droite, et dont la vie faisait fatalement écho au destin de l'acteur.

Le comédien avait également participé à plusieurs téléfilms dont l'épique Comte de Monte-Criso et le feuilleton Les Rois maudits de Josée Dayan aux côtés de son père, mais aussi de sa sœur Julie. On le vit également à la télévision dans Napoléon d'Yves Simoneau (où jouait encore son père), Milady et venait d'achever le tournage de Château en Suède avec Jeanne Moreau (et toujours mis en scène par Josée Dayan). Dernièrement, il avait rencontré un joli succès dans la comédie Célibataires de Jean-Michel Verner, tourné pour Jacques Rivette dans Ne touchez pas la hache, prêté sa voix au long-métrage d'animation Peur(s) du noir et s'était fait remarqué au Festival de Cannes pour deux films actuellement à l'affiche : De la guerre de Bertrand Bonello avec la belle Asia Argento et Mathieu Amalric et surtout Versailles de Pierre Schoeller. D'ailleurs, j'avais reçu une invitation pour l'avant-première de ce film dont la bande-annonce m'avait bien plu, mais je n'avais finalement pas pu m'y rendre. Guillaume Depardieu était un personnage ambigu qui pouvait tour à tour me passionner ou m'agacer royalement. C'était surtout pour moi un acteur que je connaissais assez mal, mais dont je reconnaissais néanmoins l'indéniable talent, et qui, à 37 ans seulement, avait encore toute la vie devant lui pour nous surprendre...

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/00/02/54/61/ph3.jpg

Partager cet article

Repost 0
Published by Shin - dans Artistes
commenter cet article

commentaires

delph 08/11/2008 00:11

sa vie n'aura pas été facile, la vie ne lui a pas fait de cadeau. Il était enfin arrivé à sortir de l'ombre de son père, paix à son ame comme on dit

Shin 11/11/2008 13:36



Bonjour delph,

Guillaume Depardieu a vécu beaucoup de choses dans sa courte vie, peut-être trop même pour un seul homme. Et il part également bien trop vite. La vie est parfois cruelle et vraiment moche...

Amicalement,

Shin.



dasola 29/10/2008 08:32

Bonjour Shin, comme toi, j'avais peu de film de G. Depardieu mais dans Versailles et Ne touchez pas la hache (deux rôles antinomiques), il était très bien. Il n'avait pas un physique passe-partout mais il avait de la grâce. Merci pour ce bel hommage. Bonne journée.

Shin 31/10/2008 11:58



Bonjour Dasola,

C'est vraiment regrettable d'attendre sa mort pour cela, mais j'ai bien envie d'approfondir sa filmographie malgré tout. En commençant par Versailles qui me tente bien.

Amicalement,

Shin.



Anyone 25/10/2008 00:28

Bonsoir Shin,Bel hommage, le peu que j'ai vu de lui j'aime beaucoup.Ce qui me dérange c'est que les médias le "mythifie" maintenant alors qu'ils n'arrêtaient pas de le critiquer (même si lui n'était pas tendre sur les plateaux lol).Amicalement,
Anyone.

Shin 25/10/2008 01:48



Bonsoir Anyone,

Cette sacralisation du bonhomme prêterait presque à sourire, si elle n'était pas aussi pathétique (comme souvent lorsqu'un artiste nous quitte). pour ma part, je le connaissais assez mal
et je le regrette un peu car il semblait plein de promesses...

Amicalement,

Shin.



RobbyMovies 22/10/2008 09:15

Bonjour,Je recommande les 2 films de Pierre Salvatori qui sont très réussis, avec un ton original, au delà même de la présence de l'acteur.Robby

Shin 23/10/2008 21:09



Bonjour Robby,

De quels films parles-tu exactement ? Sauf erreur de ma part, Guillaume Depardieu a joué dans quatre films de Pierre Salvadori : Cible émouvante, Les apprentis, Comme elle
respire,
 et Les marchands de sable ?

Amicalement,

Shin.



Judge Vlad 21/10/2008 16:51

Hello l'ami,Comment ca va ? J'ai jamais été attiré par cet acteur. Son image rebelle qu'il avait parfois lors des interviews qu'il donnait ne me plaisait pas trop et du coup, à force de ne pas être attiré par le personnage, j'ai vu peu de film avec lui. J'aimerais cependant un de ses quatres découvrir quelques unes de ses interprétations histoire de me faire une idée plus juste et plus objective. J'ai en tête "Aime ton père" et "Le pharmacien de garde" qui sont ces deux films qui m'attire le plus pour l'instant.Quoiqu'il en soit, sa disparition est une bien triste nouvelle et assombri encore un peu plus le monde du cinéma qui cette année n'aura pas été gâté en ayant perdu de grand nom (surtout que d'autres grands acteurs ont eux aussi disparus sans avoir de battage mediatique mais quand on fait un bilan, c'est une véritable hecatombe :/ )A bientôt,Vlad

Shin 23/10/2008 21:05



Bonsoir Vlad,

Tout comme toi, j'avais un peu du mal avec le personnage et je suis donc bêtement passé à côté de ses films. Toutefois, Aime ton père, Le pharmacien de garde, Les apprentis
ou encore Versailles me tente bien.

Amicalement,

Shin.



À propos du blog

LA SHINÉMATHÈQUE
  La Shinémathèque
« La connaissance s'accroît en la partageant.»

s :  CINEMA ACTUALITE MUSIQUE BLOG MANGA CINEMA / TV LA SHINEMATHEQUE
:
Bienvenue dans mon humble chez moi ! J'espère que le voyage nous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de séries, de musique ou d'autres absurdités, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! ;-)

Rechercher

La Pin-up du mois

  La Pin-Up du mois

 

         VOIR TOUTES LES PIN-UP   

Les Listes du Shinéphile

Dans le compteur

          Déjà

      visiteurs !

 

Actuellement, il y a curieux sur ce blog...