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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Blood : The Last Vampire

Blood : The Last Vampire
Réalisé par Chris Nahon, sorti le 17 Juin 2009

Avec Gianna Jun, Allison Miller, Liam Cunningham, JJ Feild, Koyuki, Yasuaki Kurata, Larry Lamb, Colin Salmon ...

"À la veille de la guerre du Vietnam, une base américaine est infestée par d'étranges créatures démoniaques à l'apparence humaine. Une jeune fille répondant au nom de Saya (Gianna Jun) est envoyée sur place par une organisation gouvernementale secrète dans le but de les éliminer. Pour mener à bien sa mission, elle adopte alors l'identité d'une écolière et intègre le collège de la base...."




Mon avis
:
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Conçu par le fameux Mamoru Oshii, Blood : The Last Vampire est à la base un film d'animation japonais réalisé par Hiroyuki Kitakubo (Golden Boy) et produit par le très renommé studio d'animation Production I.G. ; auquel on doit quelques fleurons de la japanimation tels que  Patlabor, Ghost in the Shell, Jin-Roh : la Brigade des Loups ou encore le segment animé de Kill Bill : volume 1. Suite à son succès, et après avoir connu plusieurs déclinaisons (jeux-vidéo, manga, série animé) Blood : The Last Vampire débarque donc aujourd'hui dans une version live co-produite par les hongkongais de East Wing Holdings et les français de SAJ. D'une durée assez courte (à peine plus de 90 minutes)à l'instar de son modèle (moins de 50 minutes) et comparativement aux standards actuellement (frôlant plutôt les deux heures de projection) Blood : The Last Vampire se présente rapidement comme un film lorgnant du côté des productions précalibrées de Luc Besson (tendance Le Baiser mortel du Dragon, Banlieue 13 ou Hitman), voire même des derniers "joyaux" formatés de la Fox (du style Elektra, Les 4 Fantastiques et le Surfer d'Argent ou encore DragonBall Evolution)... Ou comment torcher un film en moins de 100 minutes top chrono en simplifiant le scénario à l'extrême et en misant tout sur des scènes d'action s'enchaînant le plus rapidement possible le montage clipesque étant aussi fortement conseillé au détriment de toute profondeur intellectuelle . De fait, Chris Nahon, le réalisateur (ayant justement déjà officié sur Le Baiser mortel du Dragon), paraît suivre cette voie puisque son long-métrage semble précisément avoir été conçu comme une course contre la montre mal ficelée. Dès les premières minutes, son Blood : The Last Vampire nous plonge directement au cœur de l'action en reprenant, dans les grandes lignes, la séquence d'ouverture de l'anime original. Plutôt efficace, cette mise en bouche aurait pu laisser augurer le meilleur si le film n'avait ensuite pas sombré dans le grand-n'importe-quoi total. Car malheureusement, comme on aurait pu s'en douter avec une durée aussi faible (et probablement calculée ainsi uniquement dans le but d'accroître le nombre de diffusions potentielles dans les salles), le scénario va très vite se distinguer par son manque évident de développement et le caractère hautement grossier de ses protagonistes.

Effectivement, on ne parvient jamais à s'intéresser
véritablement à cette intrigue qui ne prend pas le temps de se mettre en place tout en accumulant les fautes de goûts et les situations grotesques, ni à ces personnages ultra-caricaturaux pour la plupart et dénués de toute épaisseur psychologique. À ce titre, les scènes prenant place dans ce campus d'un lycée militaire américain sont d'ailleurs d'un ridicule absolu et donnent l'impression d'avoir été tournées pour une obscure resucée de teenage movies façon Elle est trop bien ou 10 bonnes raisons de te larguer ; avec en prime deux pimbêches américaines friquées et agaçantes (doux euphémisme) prêtent à tout pour charrier gratuitement la pauvre japonaise introverti et mystérieuse (on apprendra bien vite qu'il s'agit en fait de – ô surprise ! – deux créatures démoniaques venues chercher des noises à notre tueuse vampire préférée : toute ressemblance avec une série créée par Joss Whedon étant évidemment purement fortuite...). Hormis l'héroïne qu'incarne une prometteuse Gianna Jun (tout à fait crédible en impitoyable tueuse vampire à moitié humaine) et un démon secondaire incarné par le toujours trop rare Colin Salmon (à l'affiche du récent The Club et de l'inédit The Punisher : War Zone), le casting est de toute façon loin d'être à la hauteur. Ainsi Liam Cunningham se contente de singer mollement le Jean Reno des petits jours (revoyez DaVinci Code ou L'Empire des loups dudit Chris Nahon justement pour comprendre où je veux en venir) pendant  que JJ Feild tente très laborieusement de nous faire le psychopathe de service (mais n'est malheureusement pas Gary Oldman qui veut). Quant à Allison Miller – lorsqu'elle ne survit pas à des chutes de 30 mètres mortelles pour qui ne possède pas de squelette en adamantium (ce qui peut-être le cas ici remarquez, mais on aurait tout de même bien aimé le savoir avant) – elle est tout simplement transparente et clairement pas à la hauteur de sa partenaire japonaise (franchement, on se demande même à quoi sert son personnage si ce n'est pour plaire au public adolescent que semble viser le film). Pour le reste, circulez, il n'y a rien à voir (mention spéciale tout de même pour l'involontairement comique sosie de Tom Jones qui vient se glisser dans les habits d'un improbable enquêteur de l'armée à la fin du métrage... ^__^).

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  « Bruce Lee ? C'est qui c'blaireau !? »

Pour ne rien arranger, 
Blood : The Last Vampire en profite également pour balancer son lot de clins d'œil appuyés au cinéma américain en général (comme Wanted : Choisis ton destin, L'Empire contre-attaque – oui, ils ont osé la référence ultime ! – et surtout Underworld 2 durant une séquence avec une créature ailé frôlant le pathétisme absolu), et à Quentin Tarantino en particulier (le mythique "You never can tell" de Chuck Berry entendu dans Pulp Fiction  utilisé ici de façon bien poussive, un flashback sur l'entraînement de l'héroïne avec son vieux maître rappelant furieusement celui Kill Bill : volume 2, une reproduction foireuse du bar de goules d'Une nuit en enfer, un combat final évoquant celui Kill Bill : volume 1 tenue cérémonielle blanche immaculée de la méchante et pétales de fleurs inclus – ou encore un très appuyé « Kill Onigen » asséné par l'héroïne). Incrustés en l'absence de toute subtilité, ces emprunts cinématographiques nous rappelle surtout ô combien les films cités surclassent aisément celui de Chris Nahon. Après le départ de Ronny Yu (qui avait certainement dû sentir le projet 100 % lose arriver) en cours de route, le français a essayé tant bien que mal d'assurer la relève. Si on aurait  tout de même préféré quelqu'un de la trempe d'un Guillermo Del Toro (ou même d'un Christophe Gans quitte à choisir un français), Chris Nahon nous propose malgré tout une version de Blood : The Last Vampire correctement réalisée dans l'ensemble (sa mise en scène n'est franchement pas ce qu'il y a de pire ici). Certes, le long-métrage ne dégage rien d'exceptionnel esthétiquement (la succession de plans nerveux et de ralentis qui accompagne le film n'étant pas toujours de bon goût ; celui-ci manquant surtout singulièrement d'âme), mais demeure globalement assez lisible (c'est déjà ça, même s'il est dommage que cela ne serve aucun scénario digne de ce nom). Paradoxalement, là où un Michael Bay aurait tendance à gâcher des effets spéciaux hyper coûteux par un montage épileptique ne leur rendant pas honneur (bon d'accord, par moment, c'est aussi le cas ici), les trucages visuels ne se voient ici que trop bien. De mémoire, je crois même que, depuis les séries ouvertement kitsch Xena la guerrière, Angel ou encore Charmed (et encore, c'est probablement pire ici...), je n'avais pas vu d'effets spéciaux aussi ridicules depuis très très très longtemps... Parce que franchement, pour oser de la stop-motion façon Ray Harryhausen et des intégrations numériques façon L'Histoire sans fin (la classe et l'excuse de l'âge en moins) au vingt-et-unième siècle, faut vraiment pas avoir peur du ridicule !

À l'époque, si le film d'animation
de Hiroyuki Kitakubo s'était illustré pour l'excellence de ses ajouts numériques, celui de Chris Nahon (qui, aux dernières nouvelles, aurait même préféré se désolidariser du projet) risque plutôt de marquer les esprits par son aspect visuel totalement foiré (et encore, je vous passe les détails concernant ce sang moléculaire risible qui gicle à grosses gouttes pixelisées pendant les combats ; comme à la bonne vieille époque du premier jeu-vidéo de la saga Mortal Kombat...). Pour le reste, si l'intrigue n'a rien de palpitante (une banale histoire de vengeance écrite sans passion) et les effets spéciaux clairement pas à la hauteur, il faut admettre que le film n'est pas avare en scènes d'action (et puis, en 1h30, on a presque pas le temps de s'ennuyer). De toutes celles qui ornent le long-métrage, j'en retiendrai surtout deux. La première – qui aurait pu être un véritable morceau de bravoure se déroule sous une pluie battante et met en scène l'héroïne face à une véritable armée de démons. Alternant entre combats aériens suspendus et arts martiaux au sol, la séquence ne manque pas d'ambition (bien que l'utilisation de câbles se fassent un peu trop ressentir par moment). Malheureusement, elle fait pâle figure face au spectaculaire affrontement entre La Mariée et les Crazy 88 de l'éternel Kill Bill (source d'inspiration inépuisable du réalisateur visiblement) ; d'autant que la texture hideuse du sang, l'aspect grotesque des créatures et le passage bancal en ombres chinoises n'aident franchement pas à ressentir l'intensité de cette violence représentée (contrairement à ce dont est précisément capable Quentin Tarantino). La seconde nettement plus réussie prend place dans une forêt médiévale, et montre le combat entre le maître de l'héroîne et une escouade de ninjas au look évoquant furieusement le Raiden de Mortal Kombat (à plus forte raison lorsqu'ils s'extirpent de la terre). Malheureusement encore, les très belles chorégraphies de Cory Yuen ne parviennent pas à faire oublier les fautes de goût du long-métrage (à l'image d'une attaque verticale hautement navrante ou de cette séance incongrue de suspension sado-maso que l'on croirait provenir d'une abominable séquelle de Saw). Heureusement, le résultat esthétique est au final tellement navrant (faut vraiment voir le monstre ailé et les incrutations de pétales dans le duel ultime pour le croire !) que – pris au second degré ce Blood : The Last Vampire peut s'avérer être un hilarant moment de plaisir coupable... Du moins, c'est comme ça que j'ai préféré l'appréhender.


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Moskau 09/07/2009 19:01

Tu as raison, les innombrables critiques négatives de ce film ne donne envie que d'une chose, revoir l'anime, qui, même s'il ne dure qu'à peine 3/4 d'heure, vaut largement le coup d'oeil...

Sith 09/07/2009 13:36

Si je veux voir un film de série B, j'y penserai ;)

Vlad 09/07/2009 00:18

Hello,Et oui j'ai vu ce film (je sais pas si je dois en être fier lol) et donc j'ai lu ton article ^^ Je suis plutôt d'accord avec toi et tout comme toi, je préfére le voir comme un film hilarant plutôt qu'autre chose. Le long métrage aura au moins le mérite de me donner envie de revoir l'anime qui lui est très largement supérieur ^^Vladhs : T'as pas pu t'empêcher de faire une boutade sur Michael Bay :P