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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Alex Cross

Alex CrossRéalisé par Rob Cohen, sorti le 19 décembre 2012

Avec Tyler Perry, Matthew Fox, Edward Burns, Rachel Nichols, Cicely Tison, Jean Reno, John C. McGinley ...

"Inspecteur de police à Detroit, Alex Cross (Tyler Perry) fait équipe avec son ami de toujours, Tommy Kane (Edward Burns), et l’inspectrice Monica Ashe (Racfhel Nichols) pour élucider une affaire de meurtres en série. Le tueur, surnommé Picasso (Matthew Fox), cherche à s’en prendre à un puissant industriel de la ville, Gilles Mercier (Jean Reno). Mais dans cette affaire, les évidences cachent parfois des pièges et rien n’est vraiment ce qu’il paraît. Alors que Cross emploie toute son expertise psychologique à anticiper les actes du tueur, il doit aussi lutter contre les pulsions que Picasso a fait surgir en lui ..."


   
Mon avis (passable) : 
   


   
Avec sa réputation catastrophique de navet immonde, sa tagline de série B foireuse ("Alex Cross : Ne croisez jamais son chemin" hohoho ! ), et son casting pas franchement exaltant (il ne m'aura d'ailleurs pas fait déplacer en salles à l'époque), c'est peu dire que le visionnage du dernier film de Rob Cohen ne s'annonçait pas vraiment sous les meilleurs auspices. C'est pourtant via son casting que Alex Cross va s'avérer être le plus intéressant ; ou, pour être plus exact, via la prestation hallucinante d'un Matthew Fox totalement méconnaissable (le comédien a perdu plus de 15 kg pour le rôle tout en développant une musculature sèche assez impressionnante). En effet, l'acteur emblématique de la série LOST incarne ici avec beaucoup de conviction cet inquiétant tueur sociopathe aux antipodes du leader positif Jack Shepard qu'il l'a fait connaître dans le monde. D'ailleurs, s'il y a bien une seule bonne raison de s'intéresser à Alex Cross, c'est clairement pour découvrir une autre facette du jeu d'acteur de Matthew Fox. Malheureusement, c'est peut-être bien la seule...

Pour le reste, il faut bien avouer que c'est un peu la Bérézina à tous les niveaux. Dans la peau du héros qui donne ici son nom au film, Tyler Perry est juste catastrophique. Les studios auraient cherché un acteur moins charismatique, plus inexpressif et aussi peu crédible qu'ils n'auraient pas trouvé pire. Mélange improbable des déjà médiocres Tracy Morgan (le gars qui a pourri à lui tout seul le Top Cops de Kevin Smith) et Martin Lawrence (qui, en dehors de Bad Boys, n'a jamais rien fait de fameux), Tyler Perry ne parvient jamais à rendre convaincant, et encore moins attachant, son personnage de profiler brisé par la douleur et assoiffé de vengeance. Sa confrontation finale avec Matthew Fox est d'un pathétique absolu et évoque davantage un passage de Big Mama que le climax du film noir qu'il est supposé être. Pendant les dix premières minutes, je me suis d'ailleurs dit que Morgan Freeman (un peu plus jeune) aurait été parfait pour le rôle ; avant de me rendre compte qu'il avait justement déjà occupé ce rôle, plus jeune, et à deux reprises (Le Collectionneur, Le Masque de l'Araignée). Pire, en lisant le dossier de presse, j'ai surtout appris que Idris Elba avait un temps été envisagé dans le rôle titre. Et bien, je ne préfère même pas savoir ce qui est passé par la tête des producteurs pour préférer un Flanby pareil au formidable interprète de Luther...
                        
Alex Cross
(Slim) Fast & Furious.     
               
Le reste du casting demeure assez anecdotique. Comme à son habitude, Edward Burns brille toujours autant par son absence de prestance. Et même Rachel Nichols, que j'apprécie plutôt habituellement, m'a paru ici totalement transparente (malgré une coloration brune enlaidissante du plus mauvais effet) et assez peu inspirée ; se contentant de platement singer le personnage qu'elle incarna pendant une saison dans la série Esprits Criminels (bien plus intéressante dans le genre d'ailleurs si vous voulez mon avis). Et puis, si je reconnais avoir apprécié voir John C. McGinley (l'inoubliable Dr Cox de Scrubs) et Giancarlo Esposito (l'implacable Gustavo Fring de Breaking Bad ; se retrouvant ironiquement ici soupçonné de protéger un chimiste freelance), leurs personnages restent bien trop anecdotiques pour marquer les esprits. Quant à Jean Reno, il y a un moment où quelqu'un devrait lui dire qu'il ne faut plus jamais qu'il rase sa barbe et surtout que – même si Mission : Impossible était sympa comme tout – le cinéma américain n'est plus fait pour lui. Godzilla, Les Visiteurs en Amérique, La Panthère Rose, Da Vinci Code, Alex Cross... Ça commence à devenir un peu gênant à la longue ; même pour l'interprète mythique du génial Léon.

Nettement moins pire que je ne l'avais redouté, Alex Cross reste un petit thriller qui se laisse regarder principalement grâce à la performance notable de Matthew Fox. Toujours aussi télévisuelle dans la forme que les précédentes adaptations cinématographiques du héros imaginé par James Patterson (Le Collectionneur, Le Masque de l'Araignée), le long-métrage de Rob Cohen souffre du manque d'ambition de celui-ci qu'on a connu plus bourrin, mais aussi plus inspiré (Fast & Furious, xXx) – et surtout de de son acteur principal dont l'absence manifeste de talent flingue tous les efforts éperdus de caractérisation de son personnage (pourtant largement mis en avant au détriment des autres). En l'état, le résultat ressemble plus un pilote assez moyen de série policière américaine qu'à l'objet cinématographique qu'il est censé être. Et il se trouve justement que, dans le domaine, celles-ci s'avèrent quand même bien plus palpitantes à suivre...
   
 
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