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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 23:00
La Cabane dans les boisRéalisé par Drew Goddard, sorti le 2 mai 2012
Titre original : The Cabin in the Woods 

Avec Kristen Connolly, Chris Hemsworth, Anna Hutchison, Jesse Williams, Fran Kranz, Amy Acker, Richard Jenkins, Bradley Whitford  ...

"Cinq amis partent passer le week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Ils n’ont aucune idée du cauchemar qui les y attend, ni de ce que cache vraiment la cabane dans les bois..."




Mon avis
 
(pas mal) :
   L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs. 


 

 

Achevé dès 2009, La Cabane dans les bois est un projet un brin farfelu, un petit film d'horreur inclassable et quasiment invendable qui aurait très bien pu prendre la poussière des années encore sur les étagères des studios si un certain Joss Whedon ne s'était pas vu confier les commandes de l'un des blockbusters les plus attendus de la décennie. Car en devenant le chef d'orchestre attitré du titanesque Avengers, celui-ci a effectivement fait de son nom l'un des plus bankables d'Hollywood. Du coup, ce qui n'était à la base qu'un "petit film d'horreur inclassable et quasiment invendable" est soudainement devenu un retour sur investissement nettement moins négligeable. D'autant plus que, entre temps, l'un des acteurs principaux du film (Chris Hemsworth) a également connu une renommée fulgurante en devenant l'incarnation vivante du superhéros Thor pour les besoins de l'adaptation signée Kenneth Branagh (on murmure d'ailleurs que le créateur de Buffy contre les Vampires aurait lui-même soufflé le nom de l'acteur au réalisateur britannique), puis logiquement ensuite dans le super-blockbuster Avengers du même Joss Whedon. Mais au-delà de cet intérêt tardif, et précisément très intéressé, des investisseurs, le premier long-métrage de Drew Goddard a également su attirer l'attention des amateurs du genre grâce à une promotion aussi énigmatique qu'alléchante – à la manière d'un Cloverfield, qu'avait justement scénarisé le réalisateur du film – et qui laissait à penser que, derrière son titre volontairement banal, La Cabane dans les bois avait les atouts nécessaires pour surprendre le public.

 

Et en effet,  derrière son pitch de départ ultra-conventionnel (une bande de jeunes et beaux adolescents en manque de... sensations fortes qui décide de partir en week-end dans une vieille cabane isolée au fond des bois), le film de Drew Goddard et Joss Whedon cherche très nettement à se démarquer des productions horrifiques actuelles. Ni suite, ni préquelle, ni remake, La Cabane dans les bois est une œuvre éminemment originale sur le fond (aidé en cela par un scénario aussi extravagant qu'improbable), mais totalement bâclée sur la forme (le film ne réussissant jamais complètement à faire cohabiter l'horreur pure traditionnelle et son côté ultra-parodique outrancier). Ainsi, si les premières minutes du long-métrage intrigue en proposant une narration à deux niveaux riche en perspectives, La Cabane dans les bois ne parvient jamais à décoller sur l'un ou l'autre de ces fils narratifs. Au contraire, plus le film avance et plus la superposition des deux récits semble n'être qu'une trouvaille artificielle, un gadget mal employé, pour tenter d'apporter du neuf dans cette histoire qui excelle surtout dans l'art du recyclage systématique et paresseux des vieux classiques du genre ; à commencer par Evil Dead (dont l’une des scènes les plus emblématiques est reproduite quasi au plan près ; le génie visuel en moins). Mais si le premier long-métrage de Sam Raimi est clairement la source d’inspiration la plus évidente − entre remake officieux et plagiat grotesque − de la première partie, bien d’autres films seront passés à la moulinette de l’hommage référentiel.       

 

La Cabane dans les bois
♪ Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux, maint'nant !!

 

On y trouvera donc pêle-mêle – et avec plus ou moins d’habileté − des allusions à Cube, The Truman Show ou Passé Virtuel durant les passages mettant en avant les manipulations opérées par les scientifiques ; mais aussi à The Grudge, La Maison de l’horreur ou encore Resident Evil (je parle malheureusement du film) lors de ceux impliquant plutôt les jeunes et s’intéressant davantage alors aux aspects les plus horrifiques de l’histoire. Un mélange des genres bouffant un peu à tous les râteliers qui se veut débordant d’originalité, mais dont le traitement à la va-comme-j’te-pousse laisse tout de même, bien souvent, sérieusement à désirer. Surtout lorsque l’on en vient à songer à Scoobi-doo (un des personnages étant par ailleurs le portrait craché de Sammy) ou, pire encore, à un mix improbable de 13 Fantômes et La Colère des Titans dans le dernier acte (ce qui, convenons-en, est tout sauf glorieux). Car si les ruptures de ton systématiques entre premier degré horrifique et dixième degré parodique amuse les dix premières minutes, l’exercice trouve donc (très) rapidement ses limites ; au  point d’en devenir extrêmement lassant. Ces jeunes sont vraiment trop stupides (du genre à rester planté comme des cons dix minutes devant une fenêtre pour être bien sûr de se faire choper par les créatures sévissant à l’extérieur), les dialogues franchement trop indigents (n’épargnant ni les blagues consternantes ni les théorisations pseudo-ingénieuses façon Scream du pauvre), et les situations carrément trop convenues (avec des mises à mort aussi éculées que prévisibles).

 

Comme je l’évoquais déjà plus haut, La Cabane dans les bois est clairement prisonnier de son propre concept schizophrénique ; échouant d’un côté à dénoncer efficacement le traitement ultra-balisé auquel le cinéma d’horreur américain est soumis,  tout en s’échinant de l’autre à en reproduire servilement tous les stéréotypes. Pire, lorsqu’il essaie laborieusement de détourner les codes du genre, le cinéaste obtient la plupart du temps l’exact inverse de l’effet recherché ; tant les ficelles soi-disant anti-conventionnelles sont grossières et la démarche si ouvertement calculée que le long-métrage s’enlise alors bien vite dans une caricature d’exercice de style totalement vaine. Pénalisée en outre par une écriture balourde et manquant singulièrement de cette folie propre aux classiques du genre fréquemment cités ici en exemple, la première partie − qui semble avoir été déjà vue cent fois ailleurs (et en mieux) – est bourrée d’incohérences grotesques (un couteau dans le dos qui se retire tout seul, un personnage miraculeusement guéri d’une blessure mortelle, un T-shirt que se recoud tout seul) et se révèle surtout particulièrement pénible à suivre. Il est quasiment impossible de s’attacher un tant soit peu à ces clichés ambulants dont on a fait les héros de cette histoire. Car si leur caractérisation est volontairement sommaire et caricaturale (la bimbo, le sportif, l’intello, le drogué et la vierge), la débilité exagérément démesurée dont ils font preuve les rend totalement antipathiques ; Chris Hemsworth s’attribuant incontestablement autant par l’incroyable bêtise de son rôle que du fait de l’affligeante rigidité de son jeu – la palme du personnage le plus insupportable du métrage. Quant aux "méchants", l’extrême banalité de leur nature s'avère malencontreusement aussi décevante que les masques garantis 100% papier mâché qu’ils arborent…

 

La Cabane dans les bois
   « Attention, derrière toi, c'est affreux !! »

 

Vissés devant leurs écrans de contrôle, le duo de scientifiques est déjà nettement plus intéressant. Les discussions de l’excellent Richard Jenkins et de son complice sur l’apparence de telle bestiole ou sur la probabilité que telle créature apparaisse  ne manquent pas de causticité ; au point qu’on en regretterait presque que leurs savoureuses interventions ne soient plus fréquentes durant la (très) pesante première heure. Par malheur, on déplorera une nouvelle fois le manque d’inspiration des scénaristes qui, partant d’une idée originale (la manipulation externe des personnages expliquant la stupidité de leurs actes), aboutissent à un résultat décevant tant le capillo-tractage est manifeste (une décoloration des cheveux qui rend stupide, des phéromones vaporisés dans l’air qui poussent les personnages à se chevaucher en pleine nature…. mouaaaaaais). Là encore, on assiste donc au triste spectacle d’un script dont les idées (souvent ingénieuses) se retournent presque systématiquement contre lui. De la même façon, si la dernière partie est certainement la plus aboutie et la plus généreuse pour le spectateur fantasticophile, cette déferlante foutraque d’hémoglobine arrive bien trop tard – à un quart d'heure seulement de la fin pour véritablement parvenir à balayer le sentiment d’insatisfaction qui s’était installé jusque là. Qui plus est, cette conclusion délirante souligne alors une autre source de frustration évidente. En effet, avec un tel bestiaire (enfin révélé) à disposition (et quand bien même les clins d’œil à certaines figures emblématiques − comme Grippe-sou ou Pinhead − font vraiment plaisir), on se demande alors vraiment pourquoi le cinéaste s’est contenté de mettre en avant des créatures aussi peu originales durant la majeure partie de son film. À l’instar du personnage amateur de tritons incarné par Bradley Whitford, on aurait vraiment apprécié un peu plus d’originalité…


Bien sûr, cette apothéose finale apporte quand même une ampleur appréciable et inespérée au long-métrage. Pourtant, aussi hautement jouissive soit-elle, cette fin n’est pas exempt non plus de défauts assez gênants. Visuellement déjà, les effets numériques sont franchement laids (ce serpent en CGI toute moisie…). Mais surtout, en cherchant de nouveau à être plus original et ingénieux qu’il ne l’est vraiment, le scénario s’enlise une fois encore dans un gros n’importe quoi totalement risible, multipliant les twists à ne plus finir – le plan final (en plus d’être affreusement moche) est d’ailleurs d'une connerie abyssale – tout comme les raccourcis et autres facilités scénaristiques les plus pourraves *. Finalement, La Cabane dans les bois est l’exemple même du projet audacieux et original sur le papier qui ne parvient jamais à transcender un concept de base certes intéressant, mais bien trop inabouti pour convaincre. Fortement bancal, le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur des grandes espérances qu’il avait pu légitimement générer. Et s’il n’est pas exclu que, la désillusion passée, le film s’avère assez plaisant à (re)voir, la déception n’en reste pas moins foncièrement amère tant le potentiel formidable de l’œuvre semblait évident. Un semi-ratage donc, ou une demi-réussite ; selon que l'on préfère voir le verre à moitié vide, ou à moitié plein.

 

* Attention, ce qui suit dévoile des éléments importants de l'intrigue (il vous suffit de surligner le texte pour le faire apparaître) : < Début >  Le film ne permet jamais de bien comprendre comment sont choisis les profils-types dont le sacrifice est exigé, et encore moins pourquoi ces critères différent autant d'un pays à un autre (cinq jeunes adultes aux États-Unis, une classe d'écolières au Japon). Il semble y avoir en l'espèce un manque total de logique que seule l'indigence patentée du scénario permet encore ici d'expliquer (comme si ces critères avaient été choisis juste parce que ça le faisait). Qui plus est, dans sa volonté de jouer à tout prix la carte de l'anti-conformisme dissimulé derrière les clichés, le long-métrage ne cesse de mettre l'accent sur le fait que la bimbo n'est en fait pas si bimbo que ça, que l'intello n'en est finalement pas un et que la vierge ne l'est plus vraiment non plus. Mais alors, dans ce cas, on est quand même en droit de se demander pourquoi ces jeunes continuent néanmoins à être comme considérés comme ces "stéréotypes" qu'ils n'incarnent, de fait, même pas véritablement. Et si la nature des sacrifiés n'a pas plus d'importance que cela, que des écolières comptent autant que cinq jeunes, et que ces cinq jeunes n'ont même pas besoin d'être conformes aux stéréotypes attendus, pourquoi donc la centaine de morts survenant dans le laboratoire la toute fin  ne suffit-elle pas alors à étancher la soif de la bête ? Plus prosaïquement encore, n'aurait-il pas été plus simple (et aussi moins risqué pour la survie du monde) de simplement remplir les flasques sacrificielles des quelques centilitres de sang nécessaires (et que l'on aurait alors prélevés aux cobayes en amont) ? Bien sûr, j'ai parfaitement conscience que La Cabine dans les bois n'est qu'un film et que cela sous-entend implicitement qu'il n'est pas nécessaire que tout soit parfaitement logique. Mais enfin, quand même, de là à ce que ça soit aussi débile et aberrant... Fais chier, quoi.  < Fin >

                
Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

kevin 18/06/2013 03:43


exellente description XD je me suis marré tout du long et je ris encore plus de voir chris hemsworth (qui apparait dans ce film dans toute sa splendeure) se faire mettre tristement et justement à
nue lol enfin ce type a plombé tous les films dans les quels je l'ai vu ... il serait trés bien en arbre à la kermesse de l'école non ? :)

locutus57 20/05/2013 13:40


Pour moi une vraie réussite jouant sur les codes du film de genre pour nous surprendre dans un final dantesque.

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