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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

La Chute de la Maison Blanche

La Chute de la Maison BlancheRéalisé par Antoine Fuqua, sorti le 20 mars 2013
Titre original : Olympus has fallen
Avec Gerard Butler, Aaron Eckhart, Morgan Freeman, Angela Bassett, Dylan McDermott, Ashley Judd, Radha Mitchell, Melissa Leo ...

"Mike Banning (Gerard Butler), ancien garde du corps du président des États-Unis, s’occupe désormais des basses besognes des services secrets. Lorsqu’un commando nord-coréen lance une attaque sur la Maison Blanche, prenant en otage le président américain et son fils, il se retrouve seul à pouvoir leur venir en aide. Deux ans après avoir été tenu responsable de la mort accidentelle de la Première Dame, il va pouvoir faire preuve de sa loyauté et de sa bravoure..."



Mon avis
(grand film) :


  
 
Si le succès indéniable de la franchise Expendables semble être le reflet le plus éloquent de cette vive nostalgie que le public éprouve actuellement envers ce cinéma d'action hard-boiled bourré de testostérone typique des années 1980-90, et de ces anti-héros ultra-badass aussi l'aise pour balancer une mandale dans la tronche qu'une réplique cinglante et ironique, on constate aisément que ce phénomène ne concerne pas seulement les anciennes gloires emblématiques du genre telles que Sylvester Stallone (Du plomb dans la tête), Arnold Schwarzenegger (Le Dernier Rempart), Mel Gibson (Kill The Gringo) et l'indéboulonnable Bruce Willis (Die Hard 5 : Belle journée pour mourir) – mais qu'il s'exprime aussi à travers les représentants plus modernes du cinéma d'action ; qu'il s'agisse de Tom Cruise avec le récent Jack Reacher, de Vin Diesel avec l'inespérée retour de Riddick, ou encore de Gerard Butler qui après Ultimate Game, Que justice soit faite et Machine Gun Preacher prouve une fois de plus ici qu'il ferait bien mieux d'arrêter un peu les comédies romantiques gentillettes pour se consacrer davantage à ces rôles d'action man sévèrement burné qui lui vont comme un gant. Car si le sujet du film (les États-Unis confrontés à un énième attentat de grande échelle), autant que son titre (l'original Olympus has fallen avait quand même plus de gueule ) fleurent plus le direct-to-video bas de gamme que le dernier actioner à 70 millions de dollars, La Chute de la Maison Blanche se révèle être (avec le pétaradant Fast & Furious 5) l'un des films d'action les plus fous que Hollywood nous ait offert ses quinze dernières années !

La Chute de la Maison Blanche ressemble ainsi à une sorte de fusion réussie entre Die Hard, le film emblématique du genre (avec la Maison Blanche en lieu et place du Nakatomi Plaza), et la série évènement 24 heures chrono (les ressorts dramatiques employés par le long-métrage de Antoine Fuqua en à peine deux heures   n'étant pas sans évoquer les moments forts des huit saisons de la fameuse série avec Kiefer Sutherland). Tout comme John McClane, Mike Banning se retrouve donc pris au piège avec les vilains de service au sein d'un immense bâtiment où, totalement livré à lui-même, il devra mettre à profit son ingéniosité autant que sa force brute afin de les éliminer un par un. Même s'il partage aussi avec le héros du film de John McTiernan la même propension aux punchlines savoureuses (« Tu sais quoi ? Si on jouait à "va te faire foutre" ? C'est toi qui commences. »), Mike Banning n'est toutefois pas aussi désinvolte et rigolard que John McClane. À la manière d’un Jack Bauer qui, derrière son ultra-patriotisme de façade, questionnait souvent le gouvernement américain (truffé de taupes et de traîtres), le personnage incarné par Gerard Butler s'avère tout aussi obstiné et prêt à tous les sacrifices pour protéger son pays (quitte à justement s'opposer à son président dans le propre intérêt de celui-ci et à finir comme un paria pour "n'avoir fait que son devoir" comme dirait ce bon vieux Jack). On pense également à la série de Joel Surnow et Robert Cochran lors de ces phénoménales treize minutes durant lesquelles se déroule, presqu'en temps réel, la scène d'attaque de la Maison Blanche. 

 Jusqu'à présent, Antoine Fuqua s'était surtout illustré au travers de thrillers policiers tendus particulièrement réussis tels que Training Day (qui valu à Denzel Washington l'Oscar mérité du meilleur acteur) ou encore L'Élite de Brooklyn (avec un Richard Gere surprenant dans un rôle à total contre-emploi). Et si un film comme Shooter : tireur d'élite avait également pu démontrer que, malgré un script assez indigent, le bonhomme n'était pas non plus un manche lorsqu'il s'agissait de mettre en boîte des scènes d'action solides et efficaces, rien ne nous avait préparé à un tel feu d'artifice d'explosions et de gunfights survoltés. La Maison Blanche ayant été largement reconstituée en dur par l'équipe de décorateurs dirigée par Derek R. Hill (de Pennslyvania Avenue à l'intérieur du hall d'entrée principal, en passant par la façade extérieure) afin de limiter au maximum l'utilisation d'effets numériques, sa destruction n'en est que d'autant plus spectaculaire et réaliste. Ce qui est peu dire tant cette prise d'assaut en jette littéralement plein les yeux (et les oreilles). Je ne dévoilerai pas toutes les incroyables trouvaille de Antoine Fuqua, mais – hormis lors de son très radical anéantissement dans le blockbuster Independence Day jamais ce symbole ultime de la nation américaine n'aura été à ce point mis à mal. Certes, il y aurait bien quelques reproches à faire concernant les effets-visuels "aériens", mais ça serait vraiment faire la fine bouche tant le spectacle proposé est généreux, dense et aussi jouissif qu'une adaptation cinématographique de Call Of Duty. Qui plus est, j'ai particulièrement apprécié la grande crédibilité de cette attaque terroriste, ainsi que la pertinence du choix des méchants (compte tenu de l'actualité géopolitique).

La Chute de la Maison Blanche
Il y a quelque chose de pourri au royaume d'Olympe... et Gégé va faire le ménage !
 

 Indéniablement, les évènements du 11 septembre 2001 ont tristement démontré que la plus grande puissance planétaire n'était à l'abri d'aucun attentat à grande échelle sur son territoire ; y compris lorsqu'il s'agissait d'une poignée d'illuminés armés seulement d'un cutter. À l'époque, personne n'avait vu venir cette tragédie effroyable qui ébranla le monde et, même si les mesures de sécurité se sont largement renforcées depuis, rien ne permet d'affirmer de façon certaine que cela ne pourrait absolument pas se reproduire aujourd'hui. Élaboré grâce au concours de spécialistes de la défense (ayant officiés aussi bien dans services secrets, la CIA, le FBI, que dans la police), le plan d'attaque de La Chute de la Maison Blanche fait en effet preuve d'un réalisme totalement terrifiant. Il est précis, calculé et d'une redoutable efficacité. Le long-métrage de Antoine Fuqua ne se contente pas d'aligner les morceaux de bravoure, la menace présentée apparaît aussi plus vraisemblable que jamais. Si la fin de la guerre froide et l'élimination de Ben Laden ont rendu une attaque russe ou islamiste de cette envergue à présent assez peu plausible, une agression émanant de groupuscules nord-coréens semble, elle, tout à fait envisageable. Depuis que la guerre de Corée a pris fin en 1953, les tensions sont toujours restées fortes dans ce coin du globe. Les États-Unis n'ont d'ailleurs retiré la Corée du Nord de leur liste des États soutenant le terrorisme qu'en 2008 et la présence militaire américaine sur place a souvent permis d'éviter qu'un nouveau conflit armée de grande ampleur n'éclate entre les deux Corée. Mais surtout, les récentes déclarations de Kim Jong-unqui a annoncé (tout juste quelques jours après la sortie de ce film sur grand écran) sa décision d'entrer en conflit avec la Corée du Sud, tout en menaçant de représailles les États-Unis s'ils s'interposaient – pourraient laisser à penser que La Chute de la Maison Blanche pourrait (bien malgré lui) mettre en scène une certaine vision catastrophiste de ce qui pourrait arriver.. .

 Bien sûr, ne nous méprenons pas, le long-métrage de Antoine Fuqua n'a pas de réelle ambition politique. C'est avant toute chose un film d'action pur et dur dont le réalisateur parvient parfaitement à faire monter la pression ; faisant évoluer ce quasi film de guerre explosif en immense huis clos particulièrement brutal et rentre-dedans. La violence exacerbée de La Chute de la Maison Blanche comme en témoigne les passages à l'hôpital où semble s'empiler tous ces corps mutilés  n'est d'ailleurs pas la moindre de ses qualités (ce qui reste hautement appréciable à une époque où les productions lisses et frileuses du genre ne cessent d'inonder les salles obscures). L'un des autres grands atouts du film se situe dans son casting ; à commencer par Gerard Butler qui est absolument impeccable dans la peau de ce dur à cuir (sa prestation n'ayant même pas à rougir face à un Bruce Willis ou un Kiefer Sutherland). Morgan Freeman est, lui aussi, parfaitement convaincant dans ce rôle de chef du gouvernement qu'il connait si bien (il avait déjà été à la tête de la Maison Blanche dans le film catastrophe Deep Impact de Mimi Leder). Les participations solides de la revenante Angela Bassett (Strange Days), du toujours cabotin Dylan McDermott (mais ça colle bien à son rôle), du sympathique Cole Hauser (Pitch Black) ou encore du trop rare Robert Forster (Jackie Brown) sont également très appréciables. Si j'aurais également aimé voir davantage la toujours pétillante Ashley Judd (dont le rôle a failli être confié à Winona Ryder), j'ai trouvé judicieux qu'on ne fasse pas de Radha Mitchell l'éternelle femme-boulet permettant aux méchants de faire chanter le héros. Impossible aussi de ne pas évoquer Rick Yune (savoureux en salopard de service), Aaron Eckhart (en président courageux que n'aurait pas renié le Harrison Ford de Air Force One) et surtout la très talentueuse Melissa Leo (qui en prend littéralement plein la gueule, mais reste digne malgré tout). Alors, comme toujours, avec ce type de productions, il y en aura toujours pour cracher dans la soupe. Mais, franchement, il faut quand même être un sacré pisse-froid foutrement coincé de la verge pour ne pas prendre son pied devant un divertissement aussi fun et généreux !
  

   

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Mr Vladdy 15/04/2013 10:55


Le début est un peu long à se mettre en place mais une fois que l'attaque à commencé, on prends un pied fou :)

Shin 15/04/2013 12:29



Tu parles du passage à Camp David ?


 


Pour ma part, il ne m'a pas gêné outre-mesure. D'une part, parce que ce passage dure assez peu de temps et permet de planter le décor (la présentation rapide des principaux personnages,
l'éloignement forcé de Mike Banning, le resserrement des liens entre le président et son fils). D'autre part, parce que j'apprécie beaucoup Ashley Judd et que j'ai pris grand plaisir à la
retrouver.


 


Tu n'es pas le seul à avoir eu cette impression de démarrage un peu long, mais ce n'est pas mon cas. Et puis, quel contraste saisissant ça permet avec la monstreuse prise d'assaut d'un quart
d'heure qui suit !!!


 


Je n'ai vraiment que peu de reproches à faire (les FX numériques ?) à ce film auquel j'ai d'ailleurs failli mettre la note maximale ! ^^