Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 23:00
RampartRéalisé par Oren Moverman, sorti le 3 juillet 2013
                
Avec Woody Harrelson, Robin Wright, Sigourney Weaver, Cynthia Nixon, Anne Heche, Ben Foster, Ice Cube, Steve Buscemi...

"L’officier de police Dave Brown (Woody Harrelson) est connu depuis toujours pour ses méthodes expéditives et sa tendance à franchir toutes les lignes. Lorsque la vidéo d’une raclée qu’il administre à un suspect se retrouve sur toutes les chaînes de télé, tout le monde se décide à lui faire payer l’addition. Face au scandale qui pourrait mettre en lumière les pratiques douteuses de la police, ce spécialiste des excès en tous genres fera un magnifique exemple. Coincé entre sa hiérarchie, ses ex-femmes, ses filles et ses peurs qu’il cache comme il peut, Brown va être écrasé, broyé, poussé à bout pour n’être plus que lui-même, loin de son arrogance et de ses méthodes de cow-boy. Cela suffira-t-il à le racheter ?"




Mon avis
 
(pas mal) :
   L'image “http://i184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/icon_bof.gif?t=1201078413” ne peut être affichée car elle contient des erreurs.


 

 

Deuxième long-métrage de Over Moverman après le direct-to-video The Messager (avec déjà Woody Harrelson et Ben Foster), Rampart suit donc la longue descente en enfer de Dave Brown, un flic ripou, violent, raciste, obsédé sexuel et visiblement alcoolique par-dessus le marché. Aussi bien dans sa vie personnelle – où il est présenté comme un mari raté infidèle et un père indigne rejeté par ses gamines que dans son travail où ses frasques et ses méthodes pour le moins discutables sont loin de faire l'unanimité (ses collègues le surnomment G.H.B.) Dave Brown a tout du personnage antipathique par excellence, prompt à ne générer que du mépris chez le spectateur. Heureusement, il est incarné par un Woody Harrelson prodigieux qui, comme à son habitude, irradie complètement le rôle et parvient même, par moment, à rendre son personnage touchant (une vraie gageure compte tenu la lourdeur avec laquelle le trait a été chargé pour le rendre justement détestable au possible). Avec son visage émacié à faire peur – l'acteur a perdu beaucoup de poids (prenant conseil auprès d'un spécialiste du genre, un certain Christian Bale) –  et ses accès fulgurants de violence, l'inoubliable interprète de Mickey Knox (Tueurs nés) est parfaitement crédible dans la peau de cet officier de police caractériel et borderline. Le comédien réussit néanmoins à montrer aussi la part latente de fragilité de son personnage grâce à une partition très juste et nuancée (comme lors du passage où il s'empiffre piteusement jusqu'à la nausée, ou encore durant de la visite de ses filles avec cette chambre d'hôtel emplie de vestiges peu glorieux de son mode de vie lamentable).

 

Assurément, s'il ne devait n'y avoir qu'une seule bonne raison de voir ce film, ça serait Woody Harrelson. Bien que totalement omniprésent (apparaissant à chaque séquence du film), ce dernier est également accompagné d'un casting plutôt prestigieux puisque l'on y croise pêle-mêle Sigourney Weaver, Steve Buscemi, Robin Wright, Ice Cube, Anne Heche, Ned Beatty, Cynthia Nixon ou encore le trop rare Ben Foster dans le rôle d'un minable clochard névrosé. Du beau monde donc (même si l'acteur qui prêta ses traits à Larry Flynt dans le biopic éponyme de Milos Forman reste évidemment l'attraction principale du film) pour un long-métrage qui, en dehors de cette qualité indéniable, n'a que finalement (et c'est fort dommage) peu d'intérêt. Conçu par James Ellroy, un habitué des polars sulfureux se déroulant dans la "bien-nommée" Cité des Anges (L.A. Confidential de Curtis Hanson et Le Dahlia Noir de Brian De Palma étaient déjà adaptés de ses écrits), le script de Rampart souffre malheureusement d'un irrépressible sentiment de déjà-vu. Le film de Oven Moverman s'inspire donc plus ou moins de l'affaire Rodney King (le tabassage "raciste" filmé d'un jeune noir par un policier blanc) et du scandale de Rampart (quartier chaud de L.A. – qui donne d'ailleurs son nom au film et qui fut tristement célèbre en 2001 après la mise en examen de près de 70 membres de la brigade antigang qui furent alors accusés de motifs aussi divers que : corruptions, agressions, falsifications de preuves, braquages de banques, vols de drogue saisie ou encore trafics de narcotiques).
 .

 

Rampart
Les coups, quand ils vous arrivent, oh oui, ça fait mal ! (pardon aux familles, tout ça)

 

 

Déjà abordés dans les précédents scénarios écrits par James Elroy pour le cinéma, Dark Blue de Ron Shelton et Au-bout de la nuit de David Ayer, ces sujets l'ont également été dans deux films formidables récents, Training Day de Antoine Fuqua et End of Watch du même David Ayer (l'inexorable chute de ce flic aux méthodes extrêmes rappelle aussi l'un des modèles genre, Bad Lieutenant de Abel Ferrara). Mais surtout, Rampart et son impitoyable jungle urbaine évoque inéluctablement la géniale série The Shield de Shawn Ryan et sa brigade de choc (la fameuse "strike team" de Vic McKey) intervenant sans grand ménagement dans le quartier "fictif" de Farmington (véritable miroir télévisuelle de Rampart ; dont la série s'inspire énormément). Si le démarrage du film laisse présager le meilleur (la mise en scène efficace donnant, comme chez Shawn Ryan, un aspect docu-fiction très à propos), Rampart ne tient malheureusement aucune de ses promesses en s'enlisant lourdement en dernière heure dans la monotonie et l'ennui, le film se terminant qui plus est probablement une demi-heure trop tard. Bien trop brouillon et partant parfois dans tous les sens (sans donner l'impression de savoir d'ailleurs où il va vraiment ; ce que confirmera la "non fin" du métrage), en plus d'être servi par une mise en scène maniérée qui devient de plus de plus expérimentale et approximative (comme ce passage psychédélique façon Gaspard Noé totalement what the fuck dans une discothèque SM), Rampart n'a clairement pas la précision narrative et la rigueur psychologique d'une série telle que The Shield.

 

Évidemment, réussir en deux heures ce que la création de Shawn Ryan a mis pas moins de sept saisons à faire (avec l'une des meilleures conclusions que j'ai pu voir dans le genre) avait tout du pari impossible. Seulement, en l'espèce, le long-métrage ne raconte quand même pas grand chose et ne développe pas assez les différentes pistes qu'il aborde (la corruption au sein de la police, la manipulation médiatique, les tractations politiques, la solitude des agents de terrain, la misère des ghettos jouxtant les grandes villes). En fait, lorsque le générique apparait, on se dit simplement que long-métrage de Oven Moverman aurait fait un pilote tout à fait honorable pour une série télévisée (qui aurait justement pu prolonger les nombreux questionnements laissés de côté), mais qu'il manque tout de même singulièrement d'épaisseur pour une production destinée au cinéma. Est-ce la raison expliquant qu'il ait mis autant de temps à sortir en France (près de deux ans après les États-Unis) ? Tout juste sauvé par la partition excellente de Woody Harrelson, à laquelle s'ajoute un casting quatre étoiles globalement bon, Rampart souffre quand même du rythme affreusement lent qu'il impose au spectateur et d'un manque manifeste de structure narrative (on se demande trop souvent ce que telle ou telle scène vient foutre là). Pas totalement inintéressant, le film de Oven Moverman reste tout de même un exercice un peu vain dont j'espérais franchement autre chose...

 

 
Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

À propos du blog

LA SHINÉMATHÈQUE
  La Shinémathèque
« La connaissance s'accroît en la partageant.»

s :  CINEMA ACTUALITE MUSIQUE BLOG MANGA CINEMA / TV LA SHINEMATHEQUE
:
Bienvenue dans mon humble chez moi ! J'espère que le voyage nous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de séries, de musique ou d'autres absurdités, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! ;-)

Rechercher

La Pin-up du mois

  La Pin-Up du mois

 

         VOIR TOUTES LES PIN-UP   

Les Listes du Shinéphile

Dans le compteur

          Déjà

      visiteurs !

 

Actuellement, il y a curieux sur ce blog...