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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

The Hours

The HoursRéalisé par Stephen Daldry, sorti le 19 mars 2003

Avec Nicole Kidman, Julianne Moore, Meryl Streep, Ed Harris, Allison Janney, Claire Danes, Toni Collette, Eileen Atkins, John C. Reilly, Miranda Richardson, Stephen Dillane, Jeff Daniels ...

"Dans la banlieue de Londres, au début des années vingt, Virginia Woolf (Nicole Kidman) lutte contre la folie qui la guette. Elle entame l'écriture de son grand roman, Mrs Dalloway. Plus de vingt ans après, à Los Angeles, Laura Brown (Julianne Moore) lit cet ouvrage : une expérience si forte qu'elle songe à changer radicalement de vie. À New York, aujourd'hui, Clarissa Vaughan (Meryl Streep), version moderne de Mrs Dalloway, soutient Richard, (Ed Harris) un ami poète atteint du sida. Comment ces histoires vont-elles se rejoindre, comment ces trois femmes vont-elles former une seule et même chaîne ? La littérature est si puissante qu'un chef-d'oeuvre peut, par-delà les époques, modifier irrévocablement l'existence de celles qui le côtoient..."




Mon avis http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif




Depuis le brillant Billy Elliotqui fut reçu avec un bel enthousiasme un peu partout dans le monde (et, chose rare, aussi bien par la presse que par le public) et révéla l'excellent jeune comédien Jamie Bell chaque nouveau projet de Stephen Daldry semble faire l'objet d'un mini-évènement en soi. Ainsi, son prochain long-métrage (Le Liseur avec Kate Winslet) n'est pas encore sorti en France qu'il est déjà au centre de bon nombre de conversations cinéphiles (l'Oscar de la meilleure actrice reçu par celle qui fut  jadis l'inoubliable Rose du légendaire Titanic de James Cameron n'étant évidemment pas étranger à cela). Entre ces deux films prestigieux, le réalisateur fit également parler de lui lorsqu'il s'attaqua à la délicate adaptation du fameux roman Les Heures de Michael Cunningham. Récompensé par le prix Pulitzer en 1999, ce livre avait surpris professionnels et amateurs lors de sa publication ; la maîtrise avec laquelle l'auteur était ainsi parvenu à construire son histoire à partir d'une œuvre majeure (et quasi intouchable) de la littérature anglaise, Mrs Dolloway de Virginia Woolf (Les Heures était par ailleurs le titre provisoire du roman en question autour duquel gravitent les trois héroïnes du livre, et a fortiori du film) ne passa pas franchement inaperçue à l'époque. Le film de Stephen Daldry non plus. À tord ou à raison ? J'avoue être un peu partagé...

Avec tout le tapage qui a été fait autour de ce film (surtout avec les différentes nominations aux Oscars dont il a fait l'objet), avec un tel casting (jugez plutôt : Nicole Kidman y côtoie rien de moins que Julianne Moore, Meryl Streep, Ed Harris, Claire Danes, Toni Collette, John C. Reilly ou encore Jeff Daniels) et en considérant aussi qu'il s'agissait de l'adaptation d'un bouquin unaniment salué aux quatre coins du mondre, je ne pouvais attendre (trop ?) la sortie de The Hours qu'avec une impatience non dissimulée. D'autant que, même si le fait d'adapter un livre au cinéma n'est jamais chose aisée et que bon nombre de réalisateurs s'y sont déjà cassés le nez, Stephen Daldry m'avait déjà tellement conquis avec son précédent long-métrage (le sublime Billy Elliot donc) que je ne voyais pas comment il pourrait ne pas y parvenir à nouveau cette fois-ci. Et à vrai dire, il y est en partie parvenu. Bien que The Hours soit un film profondément mélancolique traitant de sujets aussi graves et peu réjouissants que la dépression, la maladie ou la mort, le réalisateur possède toujours cette parfaite maîtrise de son sujet. On parvient donc aisément à se prendre d'empathie pour les différents protagonistes de l'histoire. Qu'il s'agisse de leurs joies ou surtout de leurs peines, on vraiment le sentiment d'avoir traversé ces épreuves difficiles de la vie au plus près d'eux et on se sent proche de leur souffrance.

The Hours
The Hours : un film avec beaucoup de Julianne, mais très peu d'hu(moore).

À la fois subtils et puissants, les dialogues du scénariste David Hare (qui a également travaillé avec le réalisateur sur le prochain The Reader) sont ainsi disséminés dans le récit avec une parcimonie remarquable. Sans jamais entraver le récit et l'interprétation poignante des comédiens, les séquences dialoguées offrent un juste complément à ces visages pétris de mouvements de lèvres terriblement expressifs et de regards qui en disent longs. Apportant aussi par moment une certaine note de légèreté inattendue, les mots prononcés par les personnages permettent également d'atténuer parfois la tension dramatique (sans pour autant en diminuer la force émotionnelle) et de mieux supporter le poids de toute cette souffrance qui défile sous nos yeux. À l'inverse, la musique un peu trop académique de Philip Glass (auquel on doit notamment les bandes originales plutôt réussies de Candyman, The Truman Show ou plus récemment celle du Rêve de Cassandre) a trop souvent tendance à venir surligner l'émotion sans que cela soit toujours véritablement nécessaire, quitte à s'avérer quelque peu pesante par moment (même si cela n'empêche pas pourtant le score d'être de très belle composition). De fait, si le film ne comporte pas de longueurs à proprement parlé (chaque séquence me paraissant assez justifiée en l'espèce), sa vision n'en demeure pas moins un peu laborieuse par moment.

Au-delà du manque d'originalité de la partition et de la relative lenteur avec laquelle le réalisateur déroule son film, il se dégage de The Hours une certaine austérité qui m'a un peu dérangé. Si le long-métrage de Stephen Daldry est objectivement très beau et particulièrement soigné esthétiquement (la photographie, les décors et costumes rendant parfaitement compte des époques qu'ils sont supposés représenter), j'ai tout de même trouvé que l'ensemble manquait un peu de "vie" (surtout au regard de la gravité des thèmes abordés) et apparaissait comme un peu froid. Les interrogations que soulèvent le film sur les difficultés que les individus peuvent ressentir pour supporter leurs souffrances (les leurs et celles des autres) ne manquent pas d'intérêt et nous interpellent forcément. Toutefois, The Hours m'a semblé globablement un peu trop sinistre et déprimant. Si certains peuvent tout à fait y trouver leur compte, j'avoue être assez mal à l'aise avec cette vision un peu shakespearienne de la nécessaire souffrance. Comme s'il fallait nécessairement que les gens vivent les pires des tragédies pour que les histoires deviennent belles. Si je comprends tout à fait le sens de cela, disons que j'
aurais préféré que cela soit davantage suggéré et nettement moins dramatisé. Si l'émotion passe le plus souvent avec force, elle passe aussi parfois en force. Et c'est un peu dommage compte-tenu des qualités d'un long-métrage qui n'avait franchement pas besoin de cela.

The Hours
À présent, cela fait bien longtemps que le personnage d'Ed a rit...

Comme on l'a déjà remarqué avec Billy Elliot, s'il est bien un point sur lequel Stephen Daldry excelle, c'est bien la direction d'acteurs. Là encore, ils sont tous brillants. Qu'il s'agisse des premiers rôles (d'une Nicole Kidman singulièrement méconnaissable à une Julianne Moore admirable de retenue, en passant par une Meryl Streep plus expansive et toujours aussi impériale) ou des seconds (les trop rares Toni Colette, Jeff Daniels et surtout le formidable Ed Harris dans l'un de ses rôles les plus poignants), le casting en lui-même ne comprend aucune fausse note et participe largement au plaisir global que l'on ressent à découvrir le film. Je trouve cependant extrêmement regrettable le choix qui a consisté à vouloir absolument affubler la belle Nicole Kidman d’un nez factice aussi disgracieux. Certes, elle est ainsi esthétiquement bien plus proche de la véritable Virginia Woolf. Pourtant, j'ai trouvé que cela manquait paradoxalement de crédibilité. On devine trop aisément le visage de la comédienne derrière cette prothèse qui attire fatalement toute l’attention à chaque fois que l'actrice australienne (qui, gauchère, a été jusqu'à apprendre à écrire de la main droite pour interpréter la romancière) intervient. Bien sûr, il s'agit d'un détail insignifiant me direz-vous (mais est-il vraiment nécessaire ?), mais j'ai tout de même trouvé que cela donnait un côté artificiel un peu trop "visible" au film et dénaturait malheureusement aussi en partie les subtilités du jeu de Nicole Kidman.

Dissimulés derrière cet épais maquillage,
les traits de son visage s'en trouvent nécessairement voilées et ses expressions faciales inexorablement altérées. Celle qui fut la divine Satine du flamboyant Moulin Rouge ! de Baz Lhurmann n'a donc que d'autant plus de mérite à être ainsi parvenue à s'affranchir de ces lourdes contraintes et donner corps à son personnage avec une telle intensité dramatique (héritant au passage d'un Oscar de la meilleure actrice bien mérité). Dans ce film que j'ai tout de même particulièrement aimé (mais que j'éviterai néanmoins de revoir en période de déprime... ^__^), ce n'est finalement qu'une accumulation de petits détails fâcheux qui est venu gâcher mon plaisir. Rien de bien méchant certes, mais en tout cas suffisament gênant pour que The Hours ne reste "qu'un bon film" à mes yeux alors qu'il avait largement de quoi devenir un très grand film. Je le reverrai je pense toutefois avec un certain plaisir, et je n'hésite pas un instant non plus à vous le conseiller également. Après, c'est à vous de voir... ou pas ! ^__^


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dasola 14/06/2009 17:29

Bonjour Shin, j'aurais rajouté un smiley en plus pour la musique envoûtante de Philip Glass. Bonne journée.

Shin 14/06/2009 19:03



Bonjour dasola,

Bizarrement, je ne l'ai pas trouvé si géniale que ça la musique de Philip Glass. Faudrait peut-être que je revois le film. En attendant, je reste sur ma position ! ^__^

Amicalement,

Shin.