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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 00:00
undefinedRéalisé par Cédric Klapisch, sorti 20 février 2008

Avec Romain Duris, Juliette Binoche, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, François Cluzet, Karin Viard, Gilles Lellouche, Mélanie Laurent, Zinedine Soualem, Julie Ferrier, Olivia Bonamy, Maurice Bénichou, Annelise Hesme, Audrey Marnay, Farida Khelfa, Marco Prince ...

"Pierre (Romain Duris), danseur professionnel à Paris, fait part à sa sœur Elise (Juliette Binoche) de ce qu'il vient d'apprendre: son cœur est malade, et il risque de mourir si une greffe ne parvient pas à le sauver. Ne pouvant plus danser, il perd goût à la vie, et passe désormais ses journées à observer les parisiens anonymes du haut de son balcon. Tous ont leurs petits problèmes, comme Roland (Fabrice Luchini), professeur désabusé qui se sent revivre en tombant amoureux d'une de ses élèves (Mélanie Laurent) ; Elise elle-même ne vit pas le bonheur, tout comme le marchand de fruits et légumes (Albert Dupontel) qu'elle voit quotidiennement. Tous ces gens, que tout oppose, se retrouvent réunis dans cette ville et dans ce film. Vous pouvez penser qu'ils ne sont pas exceptionnels mais, pour chacun d'entre eux, leur vie est unique. Vous pouvez croire que leurs problèmes sont insignifiants, mais, pour eux, ce sont les plus importants du monde..."




Mon avis :  http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_smile.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_bof.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif http://s184.photobucket.com/albums/x158/GeniusTF/th_icon_none.gif




Lorsque l'on interroge Cédric Klapisch sur Paris, voilà ce qu'il répond : "On a très vite une connotation snob, prétentieuse, bourgeoise ou désagréable avec en plus le côté râleur qui n'est pas faux, raconte le cinéaste. Il y a un côté "jamais content" chez les Parisiens. C'est aussi une spécificité française : le héros français à la Gabin ou à la Delon, ou même les personnages de Céline, Léo Malet ou de Tardi. Chez eux, le Parisien tire la gueule, a du vague à l'âme, il n'est pas dupe et il est révolté... Il y a aussi quelque chose de beau et d'assez sain dans cette attitude. Paris c'est une ville de spleen. Il y a une mélancolie qui, bizarrement, est du côté de la vie, de la réaction et non de la résignation. Les grandes heures de Paris c'est la Révolution de 1789, la Commune, la Libération, Mai 68... Paris est connu pour ses moments de colères saines. J'ai aussi beaucoup entendu : "Paris n'est plus dans le coup" ou "Paris est une ville morte", et je trouve que ce n'est pas vrai. Après l'épisode des J.O. à Londres, il y a eu toute une série de signes qui tendait à montrer que Paris n'était plus aussi branché ou plus aussi "capitale". En réaction, j'ai voulu parler de Paris aujourd'hui, dans une époque peut-être plus banale. J'avais même pensé donner le sous-titre : Portrait éphémère d'une ville éternelle." Cet interlude est important car il permet de comprendre au mieux les intentions du réalisateur lorsqu'il a conçu son film.

Paris est un film choral comme on aime à le souligner, Paris est un film choral comme Claude Lelouch aime à les réaliser. Mais, il s'agit ici de Cédric Klapisch et Paris, à l'instar de cette ville lumière qu'il met valeur, est avant tout un film cosmopolite où les destins se croisent, se rencontrent, se brisent, se forgent. "Paris, ville lumière. Paris au petit matin, les livreurs, les éboueurs, les employés barbouillés de sommeil, les fenêtres bleues dans l’aube laiteuse. Paris le jour, les passants qui se hâtent, les vitrines de café comme des aquariums, une jupe qui danse sous le soleil. Paris le soir, les ombres crucifiées par les réverbères, les rires qui s’envolent vers la nuit, une fille drapée dans un pan de ciel marine. La vie quoi. Celle que contemple Pierre du haut de son balcon en se demandant si la mort qui le guette va l’emporter. Ces bribes de vie qu’il observe c’est une étudiante qui bouleverse un professeur, une boulangère dont les certitudes vacillent, une maraîchère qui réapprend l’amour, un architecte, un psy. Des gens ordinaires. Joués par des stars. Qui passent comme des comètes, ne laissant que des impressions fugitives, des sillages scintillants qui s’évanouissent sans laisser de traces". C’était bien la peine comme le souligne brillamment Sandra Benedetti in Ciné Live. Pourquoi s'embêter en développements inutiles quand quelqu'un, ailleurs, a retranscrit sur papier sur que j'aurai bien du mal à exprimer plus justement ?

Au milieu de cette fourmillante galerie de personnages (où se côtoient une pluie de stars, où les plus fidèles comme Zinedine Soualem n'ont pas été oubliés), Juliette Binoche illumine l'écran par sa force d'interprétation tout en justesse au mileu de cette nébuleuse d'étoiles (filantes donc) et on l'admire avec ravissement (et pas seulement lorsqu'elle improvise un strip-tease ! ^^) ; son personnage est l'essence qui permet à Pierre de courageusement vivre et au film de simplement vivre. Romain Duris justement est pour sa part bouleversant, âme en sursis au cœur d'une foule insouciante en surface (mais qui se soucie de toutes ces petites choses - sans importance, vraiment ? - qui font la vie) ; il est tout cas bien différent personnage de Xavier qu'il interprétait dans L'Auberge espagnole (même si le Pierre que l'on trouve à la fin du film semble rejoindre Xavier par la façon dont il semble se construire au contact des autres). Et si Fabrice Luchini nous émeut, notamment durant un passage irrésistible chez un psy campé par le bienveillant et jovial Maurice Bénichou, on regrette tout de même que sa relation Mélanie Laurent soit un pareil gâchis. L'approche par texto - évoquée dans la bande-annonce - est certes amusante, mais le reste ne tient vraiment pas debout. On ne comprend réellement pas pourquoi la jolie étudiante (aussi énervante que superficielle dans ce film d'ailleurs, la faute à l'actrice ou à son rôle ?) craque instantanément pour son professeur après l'avoir si violemment démasqué. Leur relation semble plus proche du fantasme d'un professeur vieillissant que d'une véritable histoire d'amour. On ne ressent pas la complicité qui devrait logiquement lier ces deux personnages, et les motivations de la jeune fille demeurent trop obscures pour que l'on s'y intéresse vraiment. Si cette situation ne doit pas être rare, on ne croît ici pas une seconde à cette histoire qui sonne faux dès la première note. Dommage. Mais surtout, dans cette profusion de caméos d'acteurs, retenons l'exceptionnelle participation de Karin Viard en boulangère aussi cyniquement conservatrice que majestueusement hystérique ; elle est surtout délicieusement horripilante. On regrette presque que son truculent personnage ne soit pas plus présent...

Cela dit, et malgré mes réserves, le film de Cédric Klapisch se suit avec plaisir. Et tant pis si le film manque de saveur et que la chorale finisse par devenir inaudible, c'est avant tout un immense hymne à la vie qui nous est offert là. Car, malgré des longueurs et une absence de fond par moment (sur certains personnages, délaissés, quand d'autres sont développés à l'envi), un brin d'optimisme ne fait pas de mal !


Films de Cédric Klapisch chroniqués ici : Ni pour, ni contre (bien au contraire), Paris


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

tinalakiller 23/11/2008 21:26

vu tout le bien qu'on m'a dit, moi aussi je m'attendais à bien mieux

tinalakiller 23/11/2008 20:00

je l'ai vu en cours de cine et j'ai pas trop aimé...
c'est mignon, c'est sympa le contraste mort et vie, le coté optimiste mais j'aime pas du tout !!
c'est pas très bien joué (sauf Binoche, Dupontel et Viard), c'est lent, y a trop de personnages qu'on oublie la relation binoche-duris et au final ça bouchonne comme les emboutaillages à paris :!

Shin 23/11/2008 20:54



Bonjour,





Il est vrai que c'est surtout la prestation impeccable de la resplendissante Juliette Binoche qui m'a plu dans ce film (Albert Dupontel, Karine Viard et Roman Duris n'étant pas trop mal non
plus). Je ne dirai pas que le film est mauvais, mais je m'attendais vraiment à mieux en fait...





Amicalement,





Shin.



Wilyrah 02/04/2008 02:01

Les défauts que tu mets en avant son avérés. Néanmoins, il se suit agréablement et l'on ressort avec le coeur tendre.

helene 06/03/2008 08:47

enfin quelqu'un qui a aimé le film !Je commençais à desespérer d'être la seule...Bon, je trouve que Romain Duris est très touchant (j'aime beaucoup le jeu de cet acteur : pour moi il peut tout jouer !)
et les autres acteurs sont excellents (dommage qu'on ne voie pas assez Karin Viard), la BO il faut absolument que je la trouve...
J'avais aussi des réticences et peur de m'ennuyer, mais il y a eu des moments drôles (même dans la conversation entre pierre et sa soeur : "Ben qu'est ce que je dis aux enfants ?? - Ben dis leur que je vais crever !" le ton de Pierre nous a fait rire...oups !) et des moments très émouvants.
Bon, après j'ai moyennement apprécié le rêve de l'architecte (pfff) et les poulettes qui découvrent le monde du travail, euh bon...
J'ai vraiment passé un bon moment. (le dernier film que j'avais vu était "les liens du sang", qui ne m'avait pas du tout emballée...)

Arteashow 04/03/2008 19:04

après l'escapade via l'auberge espagnole et de sa suite, malgré les critiques souvent formulées, vis à vis de ce nouveau film de Klapisch, un film de genre, je me laisserais tout de même bien tenter...
Arteashow

Shin 17/05/2008 12:49



Bonjour Arteashow,

Le film est loin d'être mauvais, il est juste un peu bancal par moment (alternant entre le très bon et le moins bon). J'ai d'ailleurs passé un bon moment devant (malgré mes
réserves) et je comprends tout à fait l'enthousiasme de leunamme (même si j'ai été nettement moins emballé que lui).

Amicalement,

Shin.



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