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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

RoboCop

Réalisé par Paul Verhoeven, sorti le 20 Janvier 1988

Avec Peter Weller, Nancy Allen, Dan O'Herlihy, Miguel Ferrer, Ronny Cox, Kurtwood Smith, Ray Wise, Paul McCrane ...

"À l'aube de l'an 2000, Detroit est a proie du crime et de la corruption. Pour pallier ce terrible état, les services de police font appel à la surpuissante entreprise OCP (Omni Consumer Product/). Ceux-ci mettent alors au point une nouvelle arme infaillible : RoboCop, mi-homme, mi-robot. Ce policier électronique de chair et d'acier a pour mission de sauvegarder la tranquillité de la ville. Mais, bien plus qu'une arme, ce cyborg a aussi une âme..."




Mon avis
:
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Après s'être forgé une solide (et sulfureuse) réputation aux Pays-Bas, et même au-delà (avec des œuvres aussi radicales que Turkish Délices, Le choix du destin ou Le quatrième homme), Paul Verhoeven va donc assez logiquement poursuivre sa carrière aux États-Unis. Connu pour être un réalisateur particulièrement subversif (qui montre les choses comme elles sont, sans censure, tant sur le fond que sur la forme), le Hollandais violent – comme le surnomme ironiquement à la fois ses fans et ses détracteurs (en réfèrence à la fameuse légende maritime) – aurait pu s'assagir en traversant l'Atlantique. Mais, ça serait mal connaître le bonhomme que de pensait cela. De fait, le premier film américain qu'il écrit et met en scène en 1985 avec son acteur fétiche Rudger Hauer, consiste effectivement en une épopée médiévale sans concession, et portant excessivement bien son nom, La chair et le sang ; puisque les viols brutaux tout comme les massacres barbares ne seront absolument pas épargnés aux spectateurs. Faut dire aussi que les divertissements familiaux faciles et sans âme (oserais-je dire sans "couilles" ?) dans lequels se fourvoient tant de réalisateurs exilés, Paul Verhoeven n'en a cure. À tel point d'ailleurs que, lorsqu'on lui propose le scénario de RoboCop, le cinéaste commence par l'envoyer valdinguer à l'autre bout de la pièce ; pensant avoir justement affaire à un bête film de super-héros destiné  aux enfants et bâti sur des formules éculées. Heureusement, ce n'est pas encore le cas (ça le sera avec le tristement célèbre RoboCop 3 de Fred Dekker, qui m'est pourtant sympathique) et sa rigoureuse femme (qui a bien compris la richesse du scénario élaboré par Ed­ward Neu­meier et Michael Miner) va rapidement le persuader de s'emparer de cette brillante satire du capitalisme outrancier et des dérives sécuritaires de l'ère Reagan.

La suite est connue, et RoboCop deviendra vite l'une des plus grandes icônes de la science-fiction (donnant suite à plusieurs films, téléfilms, séries télévisées ou même dessins animés). La réussite du film doit également beaucoup au look formidable (et immédiatement reconnaissable) de cet espèce de Terminator policier concocté par le prodigieux Rob Bottin et l'interprétation sans faille de Peter Weller ; qui refusa un temps le rôle avant de prendre des cours de mime qui lui permirent d'adopter cette démarche si particulière, à mi-chemin entre le Frankenstein de James Whale et un automate désarticulé (avec ces mouvements de bras et de tête complètement désynchronisés). Le reste du casting s'avère très réussi également avec l'asexuée Nancy Allen (à l'instar des autres agents de police d'ailleurs dont les douches sont mixtes en plus d'être collectives), l'inénarrable Dan O'Herlihy (le boss de l'OCP) et une flopée de seconds rôles savoureux qui feront par la suite la joie du petit écran. Parmi ceux-ci, citons Kurtwood Smith (le sarcastique Red Forman de That'70s Show), Ray Wise (l'inconsolable père de Laura Palmer dans Twin Peaks), Miguel Ferrer (également au casting de Twin Pinks dans le rôle de l'irascible Agent Rosenfield) ou encore Paul McCrane (pas plus sympa ensuite dans Urgences où il prêtera ses traits à l'impitoyable Docteur Romano). Impossible enfin de ne pas citer l'excellent Ronny Cox (que Verhoeven dirigera encore dans le mémorable Total Recall quelques années plus tard) qui campe ici l'immoral Dick Jones, numéro 2 de l'OPC et incarnation suprême de l'enflure sans scrupule. Au Président de l'OPC, après qu'un de ses sbires se soit fait dézinguer par le déconnant ED-209, ainsi lui rétorque-t-il : « Mais Monsieur le Président, ce n'était qu'une petite anicroche... ». Plus incongru encore, le vieil homme lui répondra « Vous appelez ça une anicroche !? » non pas parce que la mort d'un de ses malheureux employés le chagrine, mais à cause des millions de dollars que cela va lui coûter. Cynique, un jour...

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« Tiens, tout a changé ce matin... Je n'y comprends rien ! » (air connu)

D'une violence inouïe, notamment dans sa version intégrale, certaines scènes de RoboCop s'avèrent plutôt traumatisantes ; et en particulier la scène où Alex Murphy se fait complètement déchiqueter par une averse de balles (le réalisateur ne nous épargnant aucun détail de cette horrible mise à mort). Contrairement aux idées habituellement véhiculées par ce type de films, être un héros n'a parfois rien de glorieux et la mort (aussi douloureuse et impitoyable soit-elle) n'épargne personne. L'
extrême violence visuelle du film est néanmoins rendue supportable par l'emploi d'un humour noir particulièrement bien dosé (justement comme lorsque l'employé de l'OCP se fait malencontreusement tuer par l'ED-209) et d'une surenchère dans le gore qui rapproche inévitablement l'univers du long-métrage de celui d'un comic-book (la scène avec l'acide notamment, particulièrement gratinée). Mais surtout, cette horreur de chaque instant que met en scène Paul Verhoeven n'est nullement dénuée de sens et de sous-entendus subtils. En effet, la volonté première du réalisateur est clairement d'interpeler le spectateur et de l'amener à réfléchir sur cette société futuriste totalitaire et complètement inhumaine présentée le film, et finalement pas tant que ça éloignée de la nôtre (où plutôt de ce qu'elle est en train de devenir). En outre, la complaisance assumée des journalistes n'a ici rien à envier à celle de La course à la mort de l'an 2000. Tout comme dans le film de Paul Bartel, les présentateurs des journaux télévisés de RoboCop ont un sens de la déontologie journalistique pour le moins discutable ; n'hésitant pas à évoquer un évènement aussi grave et improbable qu'un bombardement "accidentel" de Santa-Barbara par un dysfonctionnement du système de défense américain (tuant au passage bon nombre de personnalités politiques d'importance, dont notamment deux anciens Présidents des États-Unis !) comme s'il s'agissait d'un banal reportage sur la naissance d'une otarie dans un zoo californien...

Pareillement empruntes d'ironie macabre, les publicités qui accompagnent ces journaux télévisés en disent également long sur le conditionnement de masse à laquelle la population est soumise (encore une fois, on pense beaucoup au film de Paul Bartel). À ce sujet, la terrifiante publicité présentant un jeu de société "familiale" sous forme de simulation de guerre éducative à base d'attaques nucléaires ultra-réalistes s'avère particulièrement éloquente (et plutôt pertinente dans le contexte persistant de Guerre Froide qui accompagne la sortie du film). Finalement, les hommes se retrouvent ici prisonniers d'un système corrompu qu'ils alimentent eux-même ; une jolie métaphore d'une serpent qui se mord la queue en somme. Dans ce monde absurde sombrant dans une sauvagerie et une folie sans limite, la normalité d'Alex Murphy apparaît presque comme atypique ; alors que le personnage est d'une extrême banalité (à la limite de la fadeur ; ce qui est nullement un reproche). Pourtant, le sentiment d'identification est très fort (cette impression est d'ailleurs admirablement renforcée lors de la scène de "résurrection" que le réalisateur a la pertinence de tourner en caméra subjective) et on ne peut aller que dans le sens de ce martyr assoiffé de vengeance qui fut sauvagement exécuté dans l'une des séquences les plus violentes qu'un film hollywoodien est mise en scène (avant que le réalisateur ne surenchérisse justement lui-même avec son brutal Starship Troopers une décennie plus tard), avant d'être ressuscité par une entreprise tout autant castratrice que la criminalité qu'elle combat (n'hésitant pas à amputer le flic d'un bras devenu inutile par pure commodité). Toutefois, Alex Murphy sera d'une certaine manière tout aussi castrateur que le système dans la façon qu'il a de punir les criminels. À ce titre, le passage où il met fin à une tentative de viol à l'aide d'une balle tirée entre les jambes de la victime semble quelque peu "évocatrice"...

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Murphy : Les bandits ne lui disent pas merci.

Lorsque ce Christ de métal surgit au beau milieu d'un torrent de flammes embrasant une station Shell (dont le logo a perdu sa première lettre...), on comprend de toute manière asser rapidement que la rédemption de ceux qui l'ont offensé s'obtiendra davantage à la façon d'Eric Draven (le héros malheureux du magnifique The Crow d'Alex Proyas) qu'à celle du pacifiste charpentier de Nazareth. En effet
(et de l'aveu même du cinéaste d'ailleurs), Alex Murphy (et son alter-ego métallique) évoque inexorablement la figure christique ; sauf qu'il s'agirait plutôt ici d'une sorte de Jésus américain arborant l'allure d'un inspecteur Harry futuriste (et donc forcément plus violent et vindicatif). Ainsi, lorsqu'il s'approche de Clarence Boddicker (son bourreau), comme marchant littéralement sur l'eau, RoboCop semble nettement plus enclin à appliquer la loi du talion qu'à pratiquer la charité chrétienne. À ce titre, la séquence antérieure où Murphy moleste Boddicker en le balaçant à travers les murs s'avère particulièrement représentative (en plus d'être particulièrement jouissive ^__^) de la volonté  dont le personnage fait preuve pour progressivement s'absoudre des différents "freins" que lui impose la loi (même s'il en reste d'une certaine façont prisonnier par le biais des "directives prioritaires" qu'il ne peut enfreindre). Face à une société fortement décadente et incapable d'enrayer l'inexorable progression de la violence, ce super-flic apparaît (à la manière de Charles Bronson dans la saga du Justicier dans la ville ou de Clint Eastwood dans celle de L'inspecteur Harry avant lui) comme un mal nécessaire ; mieux, comme le dernier rempart des laissés-pour-compte face à l'injustice de la société. À société violente, solution violente (cercle vicieux qui illustre à merveille, et non sans ironie, l'idée que "la violence engendre la violence").

Pour couronner le tout, il convient de saluer le travail de Basil Poledouris qui a su concocté une partition  musicale enflammée qui sied à merveille au long-métrage de Paul Verhoeven. Doté d'un esthétisme puissant et complètement mis au service d'une critique acerbe de la société (sans pour autant en négliger le caractère imminemment spectaculaire), le long-métrage de Paul Verhoeven s'impose dès sa sortie comme l'un des plus grands films d'anticipation de l'histoire et demeure encore aujourd'hui comme l'un des 
chefs-d'œuvre les plus marquantes du hollandais violent. Et même si on pourrait lui reprocher d'avoir un peu mal supporté, d'un point de vue purement visuel, le poids des années (et c'est vrai que, malgré un joli design élaboré par Phil Tipett, la représentation d'ED-209 s'en trouve aujourd'hui quelque peu gâchée par une animation image par image à la Ray Harryhausen un brin désuète), RoboCop  n'en reste pas moins un grand classique du genre dont la portée politique (et même philosophique) demeure intemporelle. Enfin, pour les amateurs (que j'espère nombreux ! ^__^), je conseille vivement de jeter un œil (et même deux) à la version director's cut, bien plus viscérale et explicitement violente, qui correspond bien plus à la vision que Verhoeven avait d'un projet qu'il a finalement su (et au-delà de ses réticences premières) mener d'une main de fer.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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Franck C. 13/12/2008 02:14

Alors finalement tu t'es jeté à l'eau et tu l'as (re)regardé !!!Et d'après ta note et le contenu ton billet, tu l'as apprécié.Me voilà rassuré !!!Bonne continuation, et merci pour tous ces articles qui décortiquent le cinéma assez justement (même si je ne mets pas svt de commentaires, je viens régulièrement te lire).A plus.

Shin 14/12/2008 20:36



Bonsoir Franck,

Effectivement, RoboCop est un long-métrage que j'adore et c'est donc un immense plaisir pour moi de partager avec vous ma passion pour de tels films !

Amicalement,

Shin.

PS: Merci de tes compliments qui me touchent et de ce commentaire. Cela fait toujours plaisir de ressentir que l'on est lu avec autant de plaisir que l'on écrit.



ClashDoherty 12/12/2008 16:56

Excellent film, excellent article, et excellent blog ! Bravo !

Shin 14/12/2008 20:33



Bonsoir ClashDoherty,

Merci de tes commentaires et de tes compliments !

Amicalement,

Shin.



dasola 12/12/2008 14:19

Bonjour Shin, j'ai vu Robocop il y a très longtemps, cela n'est pas un flm qui m'avait marqué, peut-être pas sensible au sujet. Ton billet donne envie de le revoir. C'est bien que des réalisateurs comme Verhoeven existent. Ils font des films  (comme Starship troopers) qui ne laissent pas indifférent. Bonne journée.

Shin 14/12/2008 20:32



Bonsoir Dasola,

Je suis vraiment ravi que mon billet t'ait donné envie de revoir le film !

Sinon, je suis d'accord avec toi à propos de la nécessité de cinéastes comme Paul Verhoeven qui sortent sans vergogne des sentiers battus. Je tiens d'ailleurs Starship Troopers pour l'un de mes
films préférés !

Amicalement,

Shin.



Oreo33 11/12/2008 17:37


De petites précisions le scénar de La Chair et Le Sang fut écrit par Gerald Soeteman fidèle collaborateur de P. Verhoeven sur ces films hollandais. Vision d'une ville pourrie, délabrée, glauque, sale, avec une criminalité galopante. Ironiquement il y a le fueilleton "j'en reprendrais pour 1 dollar)
Robocop serait une solution au problème tout comme ED 209 il a les avantages d'un homme (déplacement souple) et un pouvoir de décision mais peut se révéler intransigeant et violent et bourrin (même si dans ce film c'est une pure vengeance). Ce qui fait que Alex reste avant tout un humain sous sa carapace et qu'il a conservé malgré l'opération des souvenirs (excellente scène quand il rentre dans son ancienne maison).
Et la fin serait positive, Robocop arrête et liquide les bandits / dealers mais peut se venger du responsable de se mort (puisqu'avant il ne pouvait le faire à cause de la directive : ironie mordante vis à vis des patrons et politicards qui se croient au dessus des lois tout en inventant). Le dailogue de fin est génial je trouve
- "Vous êtes un excellent tireur jeune homme. Vous vous appelez ?"
-"Murphy"
Une vision de la police dépassé, désordonnée. Seul A. Murphy semble y croire et les policiers ressemblent plus à des commandos (gilets par balles, casques d'hélicos). De plus la vision que le cinéaste en donne (mixité dans les douches et les vestiaires). Et le fait que les policiers veulent faire et feront grêve (ils ne sont pas des plombiers comme le rappelle le chef)
La solution à ce "problème" pour l'OCP c'est le ROBOCOP (50 % homme, 50 % machine, 100 % flic). Comme le dit C. Bodicker l'OCP contrôle la police. C'est une vision pessimiste et dangereuse de la privatisation et de la rentabilité. L'OCP cherche juste à construire son Delta City (bien qu'ironiquement ils n'y parviendront pas dans les 3 films même si ils prennent possession ). D'acc aussi sur le fait qu'on est dans une impasse Delta City promet de d'améliorer la vie des habitants.
Tout comme les bandits, tueurs protégés par la loi et les avocats véréux ("Ecoute ton client est un fumier, toi t'es un fumier et les fumiers devant le juge mardi matin")
D'acc avec le Jésus américain ou il met en avant les contradictions du pays: une liberté du port d'armes qui serait selon lui responsable de la violence de ce pays.
Des grosses scènes d'action avec une musique épique inoubliable. De nombreux jeunes avaient la démarche du Robocop. J'ai essayé ça ne marche pas. C'est un film sacrémetn subversig et rentre dans le lard. P. Verhoven sous couvert de science fiction n'est pas dupe sur la société urbaine américaine (son économie, les médias, les corporations), c'est un pamphlet qui bat tous les M. Moore. Il te fait un film d'action, de SF mais qui comme Starship Troopers est un gros uppercut dans ta face. Il se moque du pays qui l'acceuille. Un film à double sens comme beaucoup de films de Paulo qu'il a fait aux USA.
 
 
La pub de la crême protectrice solaire est dans le 2ème volet, il me semble. Ironie aussi dans le JT avec K. Wong qui te balance une pub comme ça. Le coeur artificiel digne du téléachat et la SUX 6000
A signaler que le quator (P. Verhoeven, E. Neumeier, J. Davison et B. Poledouris) revient Starship Troopers.
Sorry pour ce fouilli.Tant mieux que le bouquin consacré au cinéaste ait été écrit par un écrivain US. La critique ne l'a pas épargné sur ces films

Shin 14/12/2008 20:30



Bonsoir Oreo,

Merci pour toutes ces précisions très intéressantes !

Pour l'histoire de la publicité sur la crème solaire cancérigène, il s'agit effectivement d'une maladresse de ma part. J'ai vu les deux films à la suite et commencé à écrire leurs chroniques
respectives en parallèle. Résultat : je me suis complètement emmêlé les pinceaux !

En tout cas, j'ai bien entendu corrigé le billet et me suis infligé un quart d'heure de Gus Van Sant en guise de punition... ^__^

Amicalement,

Shin.



Super Vlad 11/12/2008 17:10

Tu m'as donné envie de me remater la saga tiens :P Ca me rapelle de bons souvenirs de mon enfance pour un film qui a marqué son époque :)