Dimanche 17 février 2008
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Réalisé par Marcus Nispel, sorti le 21 janvier 2004
Titre original : The Texas chainsaw massacre
Avec Jessica Biel, Eric Balfour, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen, Mike Vogel, R. Lee Ermey, Andrew Bryniarski ...
"En 1973, lors d'une perquisition à la ferme de Thomas Hewitt (Andrew Bryniarski), ancien employé de l'abattoir de Travis
County, au Texas, la police découvrait les restes de 33 êtres humains. Cette effroyable trouvaille mit en émoi la population locale. Arborant les grotesques masques de chair de ses victimes et
brandissant une tronçonneuse, le tueur fut macabrement surnommé "Leatherface". Les autorités
locales abattirent un homme portant un masque de cuir, mettant ainsi fin à l'affaire, mais au cours des années suivantes, plusieurs personnes accusèrent la police d'avoir bâclé l'enquête et
d'avoir tué un innocent en toute connaissance de cause. Pour la première fois, la seule victime ayant survécu au massacre brise le silence et raconte ce qui est vraiment arrivé cette nuit-là, sur une route
déserte du Texas, à cinq personnes (Jessica Biel, Eric Balfour, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen, Mike Vogel) qui sans le savoir, roulaient vers leur pire cauchemar..."
Remake du cultissime film de Tobe Hooper sorti en 1974 (il y a déjà plus de 35 ans), le Massacre à la
tronçonneuse de Marcus Nispel était très attendu (au tournant) par les fans de l'original. Et c'est vrai qu'il y avait de quoi émettre des doutes avec un cinéaste au subtil
que Michael Bay à la production du projet ; malgré une certaine affinité avec le genre du bonhomme qui produira également par les suites les versions rebootées de Amityville (avec Ryan Reynolds), Hitcher (avec Sean Bean), Vendredi 13 (du même Nispel) ou encore Les Griffes de la nuit (qui évacuera sciemment le second dégré qui faisait tout le charme du long-métrage
original). Mais, revenons un peu sur l'original de Tobe Hooper. Face à un film aussi radical, les avis se divisent
généralement assez nettement entre ceux qui le considèrent comme un chef-d'oeuvre révolutionnaire et unique, et les autres comme un navet désuet et chiant...
Pour ma part, je me place un peu entre les deux. D'un côté, j'admets volontiers le côté "culte" du film pour la modèle qu'il représente indiscutablement dans le cinéma d'horreur. De
l'autre, j'ai trouvé le film très long, avec des scènes s'étirant inutilement (surtout la poursuite finale), et assez décevant (ça a pris un méchant coup de vieux, je trouve).
Plus généralement, je trouve tout de même que Tobe Hooper est un réalisateur un peu trop surestimé. Son dernier bébé, Mortuary, est une daube infâme et je soupçonne papa
Spielberg d'avoir grandement contribué à la réussite de Poltergeist (son meilleur film)... Je précise n'avoir jamais vu Les Vampires de Salem dont on
m'a dit beaucoup de bien. Du coup, rien ne me destinait à aller voir ce remake. Certes, il cartonnait au box-office
américain, mais cela ne prouvait nullement sa valeur ; ça se saurait depuis le temps... Mais alors, pourquoi ? Et bien, j'ai presque honte d'avouer que la petite "étincelle" qui a
attiser ma curiosité, et m'a donc pousser à aller voir le film, est la présence de miss Jessica Biel (aux charmes de laquelle je succombe depuis l'excellent Les lois de
l'attraction)... Quoi qu'il en soit, j'ai fini par aller le voir avec deux amis, un gars, une fille (aucun rapport avec la série de France 2...
^__^), et j'ai indéniablement eu raison ! En gros, le scénario reprend dans les grandes lignes celui de Tobe Hooper, même si quelques modifications ont été apportés pour rendre le
récit plus "moderne". Ainsi, même si cela reste anecdotique, l'héröine ne s'appelle donc plus "Sally" mais "Erin". Le résultat est bluffant et donne un
nouveau souffle inespéré à ce mythe en perte de crédibilité avec ses suites s'acheminant petit à petit vers l'affligeant ; le quatrième volet - en fait un remake fauché - avec Matthew
McConaughey, Renée Zellweger et un Leatherface travelo atteignant un degré de débilité improbable.
Dans ce film, Jessica Biel réinvente complètement la notion de "sexy" avec ce marcel blanc moulant...
Ainsi, si Tobe Hooper jouait la carte de la suggestion (faute de moyens surtout, le second volet qu'il réalisa ensuite étant sérieusement plus gore), Marcus Nispel, conscient que le
public de ce genre de film prend un malsain plaisir à voir du sang et des tripes (et pourvu de moyens plus importants, Michael Bay oblige), a quant à lui misé sur la carte de
l'esthétisme trash et n'épargne rien au spectateur. Les scènes de meurtres sont dégoulinantes à souhait (sans verser non plus dans le grand-guignolesque ridicule d'un
Hannibal...), plutôt réalistes (dans le rendu plus que dans le contexte) et terriblement saisissantes (l'attaque de la voiture débutant par un gros plan sur
le "masque humain" de Leatherface étant un moment d'anthologie remarquable). Pourtant, l'humiliation et la torture morale les caractérisant, notamment dans les scènes avec l'excellent R.
Lee Ermey, sont encore bien plus effrayantes que l'imagerie gore mise en place.Bien sûr, le film prend le temps à se
mettre en route, même si la mise en place de l'intrigue, intéressante au demeurant, était indispensable pour rendre l'atmosphère plus oppressante encore. Mais, une fois le film lancé,
c'est le déluge de cadavres. Au passage, si on attend un peu avant de voir Leatherface, les scènes où il intervient ensuite sont particulièrement spectaculaires et jouissives. Évidemment, si on
recherche du "cérébral", ce n'est pas le bon film (bien qu'on puisse y voir quelques cervelles explosées...^^). Et les aspects psychologiques de l'original sont parfois
délaissés au profit d'une redoutable terreur visuelle (ce qui est quand même largement compensé par une tension constante et une puissance horrifique remarquable). Je trouve cependant
dommage que la scène du "repas" de la famille Hewitt n'ait pas été plus étoffée dans le remake (un très léger bémol donc heureusement corrigé avec la préquelle mis en chantier
quelque temps après). En revanche, si on cherche un moyen pour se faire sursauter (ce fut mon cas à plusieurs reprises) devant des scènes bien sanguinolantes (plaisir sadique,
j'en conviens), c'est tout à fait le film à conseiller !
Niveau casting, Jessica Biel court très très bien (et mieux encore que Marylin Burns...^__^), R. Lee Ermey est génialissime en shérif pervers très proche du sergent Hartman qu'il
interprêtait dans Full Metal Jacket et l'imposant Andrew Bryniarski est carrément flippant dans le rôle du boucher ! Pour le reste, les seconds rôles ont été particulièrement
bien castés et grimés (ils ont bien les tronches de l'emploi quoi), et puis Eric Balfour et surtout Jonathan Tucker sont très convaincants également. Mais surtout, en abordant une autre façon efficace de provoquer l'épouvante et le dégoût du spectateur, ce remake se révèle donc
excellente une surprise (rapidement devenu d'ailleurs mon film d'horreur de chevet, en dépit de quelques légers défauts que je pardonne bien volontiers tant le plaisir que'ai à revoir
ce film est immense). Et si les fanatiques de l'original risquent de crier au scandale, comme à chaque fois qu'un remake est produit (même si c'est souvent justifié), ceux que
Tobe Hooper avait laisser de marbre, voire ennuyés (ce qui fut donc mon cas), risquent bien d'éprouver un plaisir coupable (ou pas d'ailleurs) devant cette nouvelle relecture
explicitement gore d'une efficacité démente !
Par Shin
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Publié dans : Longs-métrages
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