Vendredi 5 juillet 2013 5 05 /07 /Juil /2013 00:00
Massacre à la tronçonneuse Réalisé par Marcus Nispel, sorti le 21 janvier 2004
Titre original : The Texas Chainsaw Massacre


Avec Jessica Biel, Eric Balfour, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen, Mike Vogel, R. Lee Ermey, Andrew Bryniarski ...

"En 1973, lors d'une perquisition à la ferme de Thomas Hewitt (Andrew Bryniarski), ancien employé de l'abattoir de Travis County, au Texas, la police découvrait les restes de 33 êtres humains. Cette effroyable trouvaille mit en émoi la population locale. Arborant les grotesques masques de chair de ses victimes et brandissant une tronçonneuse, le tueur fut macabrement surnommé "Leatherface". Les autorités locales abattirent un homme portant un masque de cuir, mettant ainsi fin à l'affaire, mais au cours des années suivantes, plusieurs personnes accusèrent la police d'avoir bâclé l'enquête et d'avoir tué un innocent en toute connaissance de cause. Pour la première fois, la seule victime ayant survécu au massacre brise le silence et raconte ce qui est vraiment arrivé cette nuit-là, sur une route déserte du Texas, à cinq personnes (Jessica Biel, Eric Balfour, Jonathan Tucker, Erica Leerhsen, Mike Vogel) qui sans le savoir, roulaient vers leur pire cauchemar..."
   
Dernière mise à jour : le 05.07.2013   


   
Mon avis (coup de cœur) : 
   


   
Remake du cultissime film de Tobe Hooper sorti en 1974 (il y a déjà presque 40 ans), c'est peu dire que le Massacre à la tronçonneuse de Marcus Nispel était très attendu (surtout au tournant) par les fans de l'original. Et c'est vrai qu'il y avait de quoi émettre quelques doutes avec un cinéaste aussi peu subtil que Michael Bay à la production du projet ; même si le bonhomme semble avoir une certaine affinité avec le genre puisqu'il produira également ensuite les versions rebootées de Amityville (avec Ryan Reynolds), Hitcher (avec Sean Bean), Vendredi 13 (du même Nispel) ou encore le peu glorieux Les Griffes de la nuit (qui évacuera sciemment le second degré qui faisait tout le charme du classique de Wes Craven). Mais, revenons un peu sur le long-métrage original de Tobe Hooper. Face à un film aussi radical et dérangeant, les avis se divisent généralement assez nettement entre ceux qui le considèrent comme un pur chef-d'œuvre révolutionnaire et unique, et les autres qui ne comprennent toujours pas l'engouement autour de cette production surannée finalement pas si gore et au jeu d'acteurs plus qu'approximatif... Pour ma part, je me place un peu entre les deux.

D'un côté, j'admets volontiers le côté "culte" du film, véritable claque à l'époque, et modèle indiscutable d'une grande partie des productions horrifiques qui suivirent (et dont Rob Zombie semble à présent être le meilleur représentant). D'un autre côté, j'ai toujours trouvé que son Massacre à la tronçonneuse avait un sérieux problème de rythme, avec des scènes s'étirant inutilement (surtout la poursuite finale), et un second degré bancal un peu trop envahissant (au détriment de l'horreur justement ; ce qui fait que le résultat est par moment plus comique qu'autre chose). Plus généralement, je n'ai jamais eu de réelle affinité avec Tobe Hooper ; dont l'aura de cinéaste majeur m'a toujours paru un brin excessive. Car sa filmographie lorgne, au mieux, plus souvent du côté de la série B sympathique qu'autre chose (Le Crocodile de la mort, Massacre à la tronçonneuse 2) et son dernier (Mortuary) était quand même une daube sacrément infâme.  Qui plus est,  je soupçonne ce bon vieux Steven Spielberg d'avoir grandement contribué à la réussite de Poltergeist qui reste, à ce jour, plus belle réussite. Je précise toutefois n'avoir jamais vu Les Vampires de Salem dont on m'a dit beaucoup de bien.
Du coup, rien ne me destinait à aller voir ce remake. Certes, il cartonnait au box-office américain, mais cela ne prouvait nullement sa valeur ; ça se saurait depuis le temps... Mais alors, pourquoi ? Et bien, j'ai presque honte d'avouer que la petite "étincelle" qui a attisé ma curiosité – et m'a donc poussé à voir le film – est la présence de Jessica "perfect body" Biel (aux charmes de laquelle je succombe totalement depuis l'excellent Les Lois de l'attraction)... Quoi qu'il en soit, j'ai donc fini par aller le voir avec deux amis – un gars, une fille (non, aucun rapport avec la série avec Dujardin ^^) et j'ai carrément bien fait !  

Massacre à la tronçonneuse
Puis Dieu créa le jeans taille basse, le débardeur blanc moulant et il mit Jessica Biel dedans...
Et Dieu vit que cela était bon.     

Au niveau du scénario, il y a assez peu de surprises puisqu'il reprend les grandes lignes de celui écrit par Tobe Hooper ; même si quelques modifications ont été logiquement apportés pour rendre le récit plus "moderne" d'une part, et pour permettre aussi au nouveau cinéaste de se réapproprier l'œuvre (avec l'ajout d'une ignoble marâtre , d'un shérif pervers assez savoureux, et de quelques autres trouvailles du genre franchement appréciables). Ainsi, même si cela reste anecdotique, l'héroïne ne s'appelle donc plus "Sally" mais "Erin". De la même façon, la famille de cannibales dérangés ne se nomme plus "Sawyer", mais "Hewitt" (Jebediah Sawyer devenant par la même occasion Thomas Brown Hewitt ; même si un Jebediah apparait bien malgré tout dans ce remake). Plus notable, la séquence avec l'auto-stoppeur a été totalement remaniée (il s'agit maintenant d'une auto-stoppeuse), pensée comme une sorte d'abasourdissant prologue brutal, et permet d'annoncer assez nettement l'orientation bien plus rentre-dedans de cette nouvelle version. À l'écran, le travail opéré par Marcus Nispel est bluffant (la fameuse scène de l'auto-stop est visuellement très réussie) et donne un nouveau souffle inespéré à un mythe en perte totale de crédibilité avec ses suites s'acheminant petit à petit vers l'affligeant ; le quatrième volet – en fait déjà un remake fauché du film original – avec Matthew McConaughey (l'unique raison de s'infliger le visionnage ?), Renée Zellweger et un Leatherface en mode "vieux travelo de chez Michou" ayant effectivement atteint un degré de débilité assez incroyable.
 
Concernant l'ambiance générale du film, si Tobe Hooper jouait à l'époque la carte de la suggestion (faute de moyens surtout, le second volet qu'il réalisa ensuite étant sérieusement plus gore), Marcus Nispel – conscient que le public de ce genre de films prend un malsain plaisir à voir toujours plus de sang et de tripaille, et pourvu aussi de moyens plus importants (Michael Bay oblige) – a quant à lui misé sur la carte de l'esthétisme trash bien craspec et n'épargne rien au spectateur. Les scènes de meurtres sont dégoulinantes à souhait (sans verser non plus dans le grand-guignolesque ridicule d'un Hannibal...), plutôt réalistes (dans le rendu plus que dans le contexte) et terriblement saisissantes (l'attaque de la voiture débutant par un gros plan sur le "masque humain" de Leatherface étant un moment d'anthologie assez remarquable). Toutefois, si ce nouveau Massacre à la tronçonneuse est plastiquement frappant (la direction artistique de Scott Gallagher est superbe), l'humiliation sordide et la torture morale qui le caractérisent – notamment dans les passages impliquant l'excellent R. Lee Ermey – sont encore bien plus effrayantes que l'imagerie gore mise en place (le long-métrage de Marcus Nispel étant sur ce point tout à fait fidèle à l'essence du modèle réalisé par Tobe Hooper il y a près de quarante ans). L'esthétisme soignée du film doit aussi beaucoup à l'excellent travail de Daniel Pearl dont la photographie poisseuse se révèle tout aussi marquante, même si très différente, que celle qu'il livra (déjà) sur l'original de Tobe Hooper. 
Massacre à la tronçonneuse
« Oh attention chérie, ça va trancher ! »
.
Bien sûr, ce Massacre à la tronçonneuse prend lui aussi un peu de temps à se mettre en route, bien que la mise en place de l'intrigue (intéressante au demeurant) était indispensable pour rendre l'atmosphère plus oppressante encore (on apprécie au passage que l'indispensable John Laroquette ait de nouveau accepté d'assurer la narration). Mais, une fois le film lancé, c'est le déluge de cadavres. D'ailleurs, si on attend un peu avant de voir surgir Leatherface, les scènes où il intervient ensuite sont particulièrement spectaculaires et hautement jouissives (le métrage a d'ailleurs écopé d'une interdiction au moins de 16 ans lors de sa sortie en salles). Évidemment, si on recherche du "cérébral", ce n'est pas le bon film (bien que l'on puisse y voir quelques cervelles explosées...). Les fans de l'original trouveront également sans doute des choses à redire sur  les aspects psychologiques de ce remake, qui sont parfois délaissés au profit d'une redoutable terreur visuelle (ce qui est quand même largement compensé par une tension constante et une puissance horrifique remarquable). Moi-même, je trouve d'ailleurs un peu dommage que la mythique scène du "repas de famille"  n'ait pas été ici plus étoffée (un très léger bémol que viendra corriger la préquelle mis en chantier quelque temps après). En revanche, si on cherche un moyen pour se faire sursauter (ce qui fut mon cas à plusieurs reprises) devant des scènes bien sanguinolentes (plaisir sadique, j'en conviens), c'est tout à fait le film à conseiller ! L'efficacité dans le domaine du long-métrage est telle (il n'est d'ailleurs pas inutile de souligner la composition musicale énergique de Steve Jablonsky) que, personnellement, ses quelques imperfections ont été vite oubliées ; au point d'ailleurs que je le considère encore aujourd'hui comme l'un de mes films d'horreur favoris.
     
Niveau casting, on peut dire Jessica Biel court très très bien (et mieux encore que Marylin Burns ! ^^), que R. Lee Ermey est génialissime en shérif pervers (très proche du sergent Hartman qu'il interprétait dans Full Metal Jacket) et que l'imposant Andrew Bryniarski (Dolph Lundgren fut un temps envisagé) est carrément flippant dans le rôle du boucher (véritable masse cauchemardesque que rien ne semble pouvoir stopper) ! Pour le reste, les seconds rôles – de Terrence Evans à Marietta Marich, en passant par le jeune David Dorfman – ont été particulièrement bien castés et grimés (on les croirait presque débarquer du village de bouseux de Délivrance ; ils ont bien les tronches de l'emploi quoi). J'ai aussi grandement apprécié retrouver Eric Balfour et surtout Jonathan Tucker, tous deux très convaincants, que je trouve encore trop rares au cinéma, et dont j'apprécie toujours la présence. Pour le reste, même si Mike Vogel, Erica Leerhsen ou encore Lauren German sont un peu moins mis en avant, j'ai trouvé qu'ils faisaient correctement le job et qu'ils parvenaient tout de même à générer une réelle empathie. Autant de bons points qui concourent à la réussite de ce remake. 
En abordant son sujet d'une façon assez différente de Tobe Hooper (davantage dans la suggestion et la folie ambiante), mais toute aussi efficace pour provoquer l'épouvante et le dégoût du spectateur, ce Massacre à la tronçonneuse nouveau se révèle donc excellente une surprise (en dépit de quelques légers défauts facilement pardonnable tant le plaisir procuré par ce film est immense). Et si les fanatiques de l'original risquent de crier au scandale (comme à chaque fois qu'un remake est produit ; même si c'est souvent justifié), ceux que Tobe Hooper avait laissé de marbre, voire ennuyés, pourraient bien éprouver un un réel plaisir sadique devant cette nouvelle relecture explicitement gore, plus agressive, et d'une efficacité démente !       
    
    
Films de Marcus Nispel chroniqués ici : Massacre à la tronçonneuse ; Vendredi 13


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Par Shin - Publié dans : Longs-métrages - Communauté : Cinehorreur
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