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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole

20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symboleRéalisé par Yukihiko Tsutsumi, sorti le 7 juillet 2010 (DTV)
Titre original : 20-Seiki Shonen : Saishû-Shô – Bokura No Hata
                            
Avec Toshiaki Karasawa, Etsushi Toyokawa, Takako Tokiwa, Airi Taira, Hidehiko Ishizuka, Kuranosuke Sasaki, Hiroyuki Miyasako, Katsuhisa Namase ...

"2017. Ami est devenu Président du Monde et dirige l'humanité toute entière. Après qu'un virus meurtrier ait ravagé Tokyo, la ville est isolée du reste du monde par des fortifications et une surveillance étroite. Jusqu'au jour où Ami déclare que l'humanité est menacée par des extra-terrestres. Seuls ceux qui croient en lui seront sauvés..."                




Mon avis
 
(bien) :
  


 
 
Après un premier film un peu longuet qui se contentait de reproduire paresseusement trame et cases du manga à succès de Naoki Urasawa, et une suite moins fidèle à l'histoire originale qui ne parvenait à convaincre ni par ses digressions scénaristiques douteuses ni par le jeu poussif de ses acteurs,  20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole vient donc clore cette adaptation cinématographique en demi-teinte d'une œuvre dense et complexe qu'elle n'a, jusque là, jamais réussi à sublimer. Les défauts inhérents aux deux précédents longs-métrages sont d'ailleurs toujours aussi présents. À commencer par son casting qui  – bien que toujours aussi ressemblant physiquement avec les personnages imaginés par le créateur de Monster  – n'en demeure pas moins toujours aussi peu convaincant. Une fois encore, le surjeu perpétuel des acteurs gâche une grande partie des scènes ; notamment lorsqu'il s'agit de jouer sur la corde sensible. À ce titre, la séquence lacrymale finale reste un exemple de ratage émotionnel : on devrait être ému, mais on finit par rire jaune (sans mauvais jeu de mots ; si, si, promis !).

 

 En ce qui concerne la réalisation de ce troisième film, Yukihiko Tsutsumi use des mêmes effets cheap – mise en scène insignifiante, découpage plan-plan, rythme apatique – donnant une fois encore l'impression d'être devant une production télévisuelle de seconde zone ; d'autant que la photographie du métrage est toujours aussi fadasse. Néanmoins, l'essentiel de l'histoire se déroulant dans futur apocalyptique post-contamination mondiale (comme le laissait présager les dernières images du précédent métrage), le côté épuré des décors nuit moins à l'immersion du spectateur. Bien au contraire. Plus sombre, moins loufoque, plus réaliste, 20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole est ainsi moins parasité par les ruptures de tons caractéristiques du cinéma japonais de genre. Le ton est plus sérieux et certains passages s'avèrent même particulièrement perturbants ; notamment lors des scènes de massacre, dont la brutalité évocatrice est aussi surprenante que bienvenue. Bien que tout aussi peu palpitant sur la forme que les autres opus de l'adaptation cinématographique de l'œuvre de Naoki Urasawa (soyons honnête), ce troisième film n'en demeure pas moins nettement plus intéressant sur le fond.    
       
20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole
                "Peu importe où, quand, comment... quelqu'un doit payer !" 
 
En effet, le plus grand atout de ce 20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole est incontestablement la qualité de son scénario. Si Yukihiko Tsutsumi ne parvient pas non plus à faire des miracles durant ces 2h20 censées résumer les huit derniers tomes restants du manga, ses choix narratifs semblent tout de même bien plus pertinents. De judicieuses coupes permettent ainsi de resserrer les différentes intrigues autour de certains personnages forts (quitte à en supprimer d'autres) de façon nettement plus satisfaisante que durant la décalque maladroite du premier film et les tatônnements scénaristiques hasardeux du second. Le réalisateur cherche manifestement aussi à raccrocher les wagons entre l'univers original de Naoki Urasawa et celui qu'il a mis en place. 20th Century Boys – Chapitre 3 : reprenons notre symbole n'échappe ainsi pas à la succession de flashbacks nombreux (mais pas forcément inutiles) qui permettent de remettre les évènements passés dans leur contexte du moment et de surtout mieux comprendre leurs implications dans la résolution finale de cette histoire complexe. Si les libertés narratives du cinéaste japonais pourront toujours exaspérés les lecteurs du manga, la conclusion qu'il propose devrait toutefois satisfaire le plus grand monde monde ; des néophytes de l'œuvre originale aux aficionados frustrés par le final ô combien nébuleux imaginé par Naoki Urasawa.

 

À la différence du dénouemment proposé par celui-ci, celui du troisième film de Yukihiko Tsutsumi répond donc clairement à toutes les interrogations laissées en suspens ; y compris une fois la dernière page du manga original tournée. Le cinéaste et ses scénaristes ont ainsi imaginé une conclusion "additionnelle" de près d'une dizaine de minutes soit la durée du générique final – qui parvient à enrichir l'œuvre de Naoki Urasawa sans la dénaturer et donne enfin un vrai visage à l'énigmatique Ami. Grâce à ce troisième chapitre, l'adaptation cinématographique du manga culte 20th Century Boys trouve enfin un sens et une pertinence. Bien que toujours aussi pauvre tant sur le plan cinématographique à proprement parlé, elle offre néanmoins une clé de lecture aussi inattendue que bienvenue de l'univers complexe d'un manga dans lequel, une fois le générique terminé, on pourra se replonger avec un plaisir renouvelé. Rien que pour ça, le pari de Yukihiko Tsutsumi n'était donc pas totalement vain, et semble même partiellement gagné.
 
 
Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici 

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