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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 23:00
On entend souvent les spectateurs déplorer le relative manque d'imagination dont font preuve les distributeurs français lorsqu'il s'agit de traduire les titres de films étrangers. À y regarder de plus près, il semble tout de même bien difficile de donner tout à fait tort à nos joyeux râleurs et – à défaut de s'en plaindre on pourrait même s'amuser à un petit récapitulatif des exemples les plus frappants...


The Westerner
Lorsque je songe au manque d'imagination des traductions, les premiers titres qui me viennent à l'esprit proviennent essentiellement des westerns. Comme chacun le sait, lceux-ci sont remplis de cowboys et autres hors-la-loi  qui aiment arpenter les longues étendues (désertiques) du grant ouest et s'affronter durant d'intenses duels au soleil (et  bien souvent dans le désert).

Ni une, ni deux – et afin que le public comprenne bien que le film qu'on lui propose est bien un western à l'exotisme dépaysant...
voilà t'y pas que le "désert" va être servi jusqu'à plus soif (c'est vrai quoi, il est un peu con le public aussi, les chapeaux et les chevaux sur les affiches risquent de ne pas suffir...).

Ainsi
The Westerner (1940) de William Wyler devient Le Cavalier du désert. The Tin StarTrès vite, cette méthode va se généraliser et un grand nombre de westerns ne seront pas plus privés de "désert". Viendront donc ensuite Three Godfathers (1948) de John Ford où les trois parrains céderont alors leur place devant Le Fils du désert, Colorado Territory (1949) de Raoul Walsh où ça sera carrément au territoire du Colorado de s'incliner face à la La Fille du désert ; Hondo (1953) de John Farrow qui aura le droit à la  petite précision qui change tout Hondo, l'homme du désert ; The Searchers (1956) de John Ford où les chercheurs auront alors moins d'importance que La Prisonnière du désert ; ou encore The Tin Star (1957) d'Anthony Mann, qui fut parfois intitulé du correct L'Étoile de fer, mais qui reste surtout connu sous l'appelation Du sang dans le désert.

The Four Feathers
Avec le temps, le "désert" ne servira plus seulement à caractériser les westerns, mais sera aussi employé pour figurer plus généralement l'aspect exotique du climat dans lequel se déroule le film. En France, les Three Kings (1999) de David O. Russell garderont certes leur couronne en traversant l'Atlantique mais deviendront toutefois Les Rois du désert. De la même manière, les marginaux de The Forsaken (2001) de J.S. Cardone seront à leur tour transformés pour devenir Les Vampires du désert ; tandis que The Four Feathers (2003) de Shekhar Kapur avec le défunt Heath Ledger perdront leur plumage en devenant les Frères du désert. Dernier exemple notable (je ne vais quand même pas tous les faire ! ^__^), Home of the Brave (2007) de Irwin Winkler où, non-contents de faire l'objet d'un expéditif direct-to-DVD par chez nous (malgré un casting où se côtoient Samuel L. Jackson, Jessica Biel ou encore Curtis "50 Cent" Jackson), les braves en questions feront leur retour sous le titre Les Soldats du désert.

The SearchersHome of the Brave


Fools rush inDans le même genre, il existe une expression toute faite dont les distributeurs français ont pu se gargariser jusqu'à l'overdose pour attirer le chaland dans les salles : le so romantic "coup de foudre". Si son utilisation semble plus récente, elle a toutefois concerné un nombre important de comédies romantiques sorties ses dernières années.

Si le
Fools rush in (1997) d'Andy Tennant, devenu entretemps un  Coup de foudre et conséquences entre Matthew Perry et Salma Hayek, est le premier exemple qui me vienne en tête ; le plus emblématique de cette tendance me semble être Nothing Hill (1999) de Roger Michell, plus connu chez nous sous le nom de Coup de foudre à Nothing Hill.

Bride & Prejudice
Suite à son formidable succès, les français pensent alors avoir trouvés le filon et on voit donc débarquer d'autres déclinaisons romantiques telles que les téléfilms (même le petit écran s'y met !) Forever Lulu (2000) de John Kaye, devenu Coup de foudre pour toujours ; ou encore It had to be you (2000) de Steven Feder, changé en Coup de foudre au Plaza. Sur le grand écran, dans le fameux conte romantique Maid in Manhattan (2003) de Wayne Wang entre Jennifer Lopez et Ralph Fiennes, il n'est plus question  non plus d'une femme de chambre dans la grosse pomme, mais bien d'un Coup de foudre à Manhattan. Plus discutable encore est l'idée de renommer Bride and Prejudice (2004) de Gurinder Chadha avec la sublime Aishwarya Rai en Coup de foudre à Bollywood (zappant ainsi du même coup toute référence au roman Pride and Prejudice de Jane Austen dont le film est en fait une très libre adaptation). Dernièrement, la très bonne comédie romantique Dan in real life (2007) de Peter Hedges aura également fait les frais d'une traduction malheureuse éclipsant toute la subtilité du titre original en devenant Coup de foudre à Rhode Island.

Nothing HillDan in real life


Room for one moreAprès l'amour, place à la "famille" qui inspira également bon nombre de traductions françaises. Au siècle dernier, on eut notamment le droit à Charmante famille pour le Danger-Love at Work (1937) d'Otto Preminger ; Cette sacrée famille ! pour le Room for one more (1951) de Norman Taurog ; ou encore Portrait craché d'une famille modèle pour le Parenthood (1989) de Ron Howard.

Là encore, la tendance s'accéléra largement à l'orée du XXIe siècle avec des titres comme Famille à louer à la place du Surviving Christmas (2002) de Mike Mitchell ;  Secrets de famille en remplacement du Keeping mum (2005) de Niall Johnson ; Une histoire de famille en remplacement du Then she found me (2005) de Helen Hunt ; ou encore Une famille 2 en 1 qui prit la place de Yours, mine et ours (2006) de Raja Gosnell.

Yours, mine & yours
La méthode fut également employée pour des films non-anglophones et c'est ainsi que le Linha de Passe (2008) de Walter Salles et Daniela Thomas devint Une famille brésilienne. Dans les derniers en date, on peut également citer Four Christmases (2008) de Seth Gordon changé en Tout... sauf en famille. Et même les animaux eurent le droit à cet "honneur" lorsque The Meerkats (2008) de James Honeyborne fut miraculeusement rebaptisé La Famille Suricate !

La télévision aimant décidemment bien suivre les différentes modes, bon nombre de séries furent également loger à la même enseigne. Parmi les plus fameuses, on peut citer Step by Step (Notre belle famille),  Get Real (La Famille Green), My wife and kids (Ma famille d'abord), George Lopez (Une famille du tonnerre), Still standing (Une famille presque parfaite) ou encore Hope & Faith (La Star de la famille).

Linha de PasseFour christmases


To be continued...


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Published by Shin - dans Artistes
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commentaires

cybellah 31/05/2009 15:11

excellente analyse, et très instructive!!!!!

Shin 06/06/2009 01:44



Bonsoir Cybellah,

Je te remercie de ce petit message de soutien car je n'ai pas l'impression que ce sujet passionne vraiment. C'est un peu dommage car je prévoyais de le décliner sur plusieurs billets...

Amicalement,

Shin.



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