Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Taking lives, destins violés

 

Takin lives : destins violésRéalisé par D.J. Caruso, sorti le  28 avril 2004
Titre original : Taking lives

Avec Angelina Jolie, Ethan Hawke, Tchéky Karyo, Olivier Martinez, Jean-Hugues Anglade, Kiefer Sutherland, Gena Rowlands, Paul Dano, Justin Chatwin, Marie-Josée Croze...

"Illeana Scott (Angelina Jolie), profiler du FBI, sonde les esprits meurtriers. Sa méthode, basée sur l'instinct, lui permet de retrouver et de capturer les criminels recherchés les plus dangereux. À Montréal, une équipe de détectives fait appel à ses services pour tenter de pénétrer l'esprit aiguisé d'un serial killer. Après de longues et méticuleuses observations, elle émet une théorie : ce tueur-caméléon serait un "violeur de vies", usurpant les destins et l'identité de ses victimes. Mais l'agent Scott se retrouve mise à l'écart par la police locale qui voit d'un mauvais oeil ses méthodes de travail peu orthodoxes et ses dons hors du commun. Et lorsqu'elle s'engage dans une relation amoureuse complexe, la spécialiste commence à douter de ses capacités. Seule dans une ville hostile où elle ne peut faire confiance à personne, Illeana Scott se voit embarquer dans un voyage terrifiant..."




Mon avis (pas mal)




Inspiré très librement d'un roman de Michael Pye (si librement d'ailleurs que le personnage d'Illeana Scott – héroïne du film, excusez du peu a même été expressément inventé pour les besoins de cette adaptation cinématographique), Taking Lives, destins violés a failli dans un premier temps choir dans les mains Tony Scott (à qui on doit de sfilms aussi respectables que Les Prédateurs, Top GunTrue Romance, Spy Game : jeu d'espions ou encore Man on fire) ;  Jennifer Lopez (U-Turn : ici commence l'enfer, Hors d'atteinte, The Cell) devant alors tenir le rôle principal. Comme vous l'aurez aisément deviné, le projet ayant finalement périclité, on ne sera jamais ce qu'aura pu donné le film tant de telles conditions. Quoi qu'il en soit, c'est donc à Angelina Jolie qu'est en définitive revenue l'honneur d'endosser le premier rôle dans ce long-métrage signé D.J Caruso (lequel s'était auparavant exercé sur l'excellente série policière The Shield avant d'enchaîner avec deux thrillers mettant en scène Shia LeBeouf, Paranoïak et L'Œil du mal).

Bien que rôdé aux mécanismes régissant les thrillers policiers, D.J. Caruso n'est à l'évidence pas un réalisateur de la trempe d'un David Fincher (Se7en), d'un Bryan Singer (Usual Suspects) ou encore d'un Jonathan Demme (Le Silence des agneaux).
Il ne parviendra donc jamais ici à surpasser (ni même égaler ces illustres modèles). Il n'empêche que le bonhomme s'en tire plus que bien et nous offre un "serial killer movie" d'assez bonne facture. Taking Lives, destins violés débute d'ailleurs avec brio ; sa scène d'ouverture sèche et brutale étant d'une redoutable efficacité (disons qu'elle met rapidement dans l'ambiance !). Dès son introduction donc, le réalisateur nous montre son savoir-faire pour mettre en place une atmosphère et chorégraphier les scènes chocs. On appréciera donc l'esthétique général du film qu'une photographie très soignée vient souligner (les vues de Montréal sont vraiment très agréables) et l'énergie insufflée à la mise en scène (ce qui ne surprend pas de la part d'un réalisateur ayant fait ses armes sur The Shield). Pour autant, D.J. Caruso ne cède jamais à la surenchère visuelle et prend surtout le temps de dérouler son intrigue sans esbrouffe ; celui-ci préférant visiblement développer les caractères de ses personnages que d'enchaîner les scènes d'action (un héritage télévisuel à ne pas en douter).

Taking lives : destins violésQuand Kiefer Sutherland a débarqué au Québec, ça a jeté un froid...

Et il est vrai qu'avec un concept aussi intéressant un tueur en série v(i)olant les identités de ses victimes il y avait largement matière à aboutir à un thriller de très haut niveau. Malheureusement, le film se perd un peu en invraisemblances et en fausses pistes alors même que l'identité du tueur se devine aisément –  donnant ainsi l'impression de tenter de retarder artificiellement le dévoilement d'une solution qui ne se cachait de toute façon pas vraiment. Néanmoins, même si le suspense en pâtit inévitablement, Taking Lives, destins violés reste agréable à suivre ; notamment grâce à la force de ses deux personnages principaux. Très loin de la femme d'action à la Lara Croft : Tomb Raider, Angelina Jolie nous démontre surtout, qu'en plus d'être très sexy (ses amateurs devraient d'ailleurs y trouver leur compte lors de quelques échanges torrides...), ses talents de comédienne ne sont pas une chimère (ce que l'on soupçonnait déjà à l'époque d'Une vie volée et qu'est d'ailleurs venu confirmer L'Échange plus récemment). Face à une Angelina tout à fait crédible en agent du FBI (son personnage rappelle d'ailleurs un peu celui qu'elle incarnait dans Bone Collector) et forcément jolie comme tout (fallait bien que je la sorte à un moment ou un autre ! ^__^), c'est toutefois Ethan Hawke qui est surtout au cœur de l'intérêt du film tant il incarne admirablement la complexité de son rôle et lui apporte une subtilité de jeu appréciable.

Autour de ces deux grosses têtes d'affiche gravitent aussi trois frenchies (Thécky Karyo, Olivier Martinez, Jean-Hugues Anglade) qui, sans être totalement mauvais, ont déjà été nettement plus inspirés. À leur décharge, il faut bien avouer que leurs rôles respectifs manquent un peu d'épaisseur (le film se centrant principalement sur la relation Angelina Jolie / Ethan Hawke) et, à l'image des autres personnages secondaire, donnent un peu l'impression d'avoir été bâclés (à l'instar de celui interprété un pourtant toujours aussi formidable Kiefer Sutherland qui est amené sans subtilité avant d'être délaissé tout aussi rapidement). De surcroît, il convient de noter le caractère particulièrement désastreux du doublage français qui, en plus d'avoir un rendu assez catastrophique (alors même que trois acteurs se doublent eux-même...), fait surtout perdre quelques subtilités notables du scénario (
qui joue justement parfois sur l'incompréhension linguistique entre l'héroïne anglophone et les trois inspecteurs francophones). On pourra également reprocher au film une conclusion un brin poussive (presque grotesque) qui vient encore minorer la qualité d'un film pourtant pas si mal. Malgré ces défauts évidents, Taking Lives, destins violés reste pourtant un divertissement plus que correct qui, à défaut de devenir un classique du genre, fait quand même passer un très agréable moment.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Vlad 15/01/2010 20:28


Jack Bauer dans un de tes billets, je ne m'en cache pas ca m'as emu aux larmes :) Blague à part, tout comme toi j'ai passé un bon moment devant ce film malgré ses défauts (comme la scène finale ^^
). Je me le referais bien à l'occasion d'ailleurs :P

Vlad