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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Mutants Chronicles

The Mutants ChroniclesRéalisé par Simon Hunter, sorti le 21 août 2012 (DTV)
Titre original : The Mutants Chronicles

Avec Thomas Jane, Ron Perlman, John Malkovich, Devon Aoki, Sean Pertwee, Anna Walton, Shauna Macdonald, Benno Fürmann...

"En l'an 2707, les ressources naturelles de la Terre sont quasiment épuisées et quatre mégacorporations, Bauhaus, Capitol, Imperial et Mishima, luttent pour celles qui restent. Au cours d'une bataille entre Bauhaus et Capitol, une machine venue de l'espace qui transforme les humains en mutants sanguinaires et qui avait été scellée des millénaires auparavant par la Confrérie est réactivée. En quelques semaines, la Terre succombe sous les assauts des mutants et doit être évacuée pour les colonies spatiales. Un groupe de soldats venant des quatre corporations et mené par un représentant de la Confrérie se voit confier la mission de détruire la machine..."

 



Mon avis
(nul) :
 
 

 

 

Sur le papier, Mutants Chronicles avait l'air plutôt prometteur. Car, même si le steampunk n'a pas toujours donné de brillantes réussites du septième art (on se souvient – ou pas – des discutables Wild Wild West de Barry Sonnenfeld et La Ligue des gentlemen extraordinaires de Stephen Norrington), c'est un genre que j'ai toujours trouvé intéressant et dont l'univers science-fictionnel rétro-futuriste m'a toujours passionné (je garde d'ailleurs un excellent souvenir de ma découverte du merveilleux La Cité des enfants perdus de Caro & Jeunet, du mésestimé Capitaine Sky et le monde de demain de Kerry Conran ou encore de l'attachant Rocketeer de Joe Johnston, pour ne citer que ceux-là). C'est donc avec une certaine confiance que j'abordais ce projet atypique mélant SF, film de guerre, invasion de zombies, univers post-apocalyptique et casting des plus prometteurs. En effet, outre l'immense John Malkovich invité de marque du film qu'il semble inutile de présenter, on peut noter la présence d'acteurs habitués du genre tels que Thomas Jane (The Punisher, The Mist ), Shauna Macdonald (The Descent, Saw 3D), Sean Pertwee (Dog Soldiers, Equilibrium), Anna Walton (la Princesse Nuela du formidable Hellboy 2 : Les Légions d'or maudites), ou encore l'incontournable Ron Perlman (Alien, la résurrection, Blade 2, Hellboy...).

 

Adaptation d'un jeu de rôle à succès, Mutants Chronicles aura toutefois connu une gestation pour le moins longue et douloureuse, signe pour le moins avant-coureur du désastre à venir... Ce projet fut donc tout d'abord proposé à l'un des maîtres du fantastique, John Carpenter (New York 1997, The Thing, Vampires). Mais, celui-ci n'étant pas intéressé, les producteurs se rabattirent vers des réalisateurs moins prestigieux comme Stephen Norrington qui, après un très bon premier Blade, semble avoir complètement disparu de la galaxie cinématographique depuis le naufrage La Ligue des gentlemen extraordinaires (en même temps, à sa place...), voire même vers réalisateurs franchement douteux à l'instar de Roger Christian responsable du "mémorable" navet Battlefield Earth : Terre, champ de bataille, jusqu'à ce que le film finisse par atterrir dans les mains peu expérimentées d'un illustre inconnu nommé Simon Hunter. À l'évidence, le jeune réalisateur n'étant pas du tout l'homme de la situation, le résultat va s'avérer catastrophique à tous les points de vue.

   

The Mutants Chronicles
Fuyez, pauvre fous !

 

Selon plusieurs sources (notamment IMDB), Mutants Chronicles aurait coûté dans les 25 millions de dollars. Okéééé... Dire que cela ne se remarque pas à l'écran tiendrait du doux euphémisme. Fond bleus hideux, incrustations numériques pourraves, effets visuels épouvantables, arrières-plans dénués d'horizon, décors d'une pauvreté abyssale, maquillages à la limite (rapidement franchie) du ridicule... Mutants Chronicles atteint un degré de calamité esthétique rarement vu dans une production de ce niveau ; soit celui (hypothétique) d'un Pitch Black au budget équivalent (23 millions). Aïe... Lueur de génie passagère permettant de jouer les "cache-misères" ou simple incompétence supplémentaire (supposition qui me semble bizarrement plus plausible), la photographie du film conjugue avec le même manque de talent amateurisme technique et rendu dégueulasse. C'est bien simple, la plupart du temps, on n'y voit que dalle. Si ce n'est une immonde bouillie visuelle aux couleurs fades où, ici ou là, on distingue vaguement quelques éclaboussures de sang pixélisé. Je ne pensais pas qu'il était possible de faire plus irregardable que The Spirit ou Alien vs. Predator : Requiem, mais en fait si, c'était bien possible. Quant à la réalisation, entre cadrage épileptique, montage à la truelle, chorégraphies ringardes et CGI totalement non-maîtrisée, c'est carrément la fête du slip. Le film fait encore plus faux et carton-pâte que la pire des productions Asylum (le second degré en moins) ; et ça se voit.

 

Pour ne rien arranger, Mutants Chronicles ne se rattrape pas davantage avec son scénario écrit par le pourtant non-manchot Philip Eisner, à l'œuvre sur le seul vrai bon film de Paul W.S. Anderson : Event Horizon. Bien que simpliste (la présentation de cet univers a priori complexe est expédiée en moins de cinq minutes chrono), le scénario est d'ailleurs tellement bordélique qu'on ne comprend finalement pas grand chose ; l'embrouillamini religieux millénariste et les pitoyables dialogues même pas dignes d'un téléfilm de la TNT (la VF n'aide pas, cela dit) n'arrangeant évidemment rien à l'affaire. Les mutants du film se ressemblent tous sans aucune diversité et leur traitement est encore plus pauvre que dans la version ciné de Je suis une Légende. Malgré l'abondance de généreuses scènes gore (quasi toutes moches), le long-métrage de Simon Hunter ne passionne guère. Complètement consterné par cet immense foirage, le spectateur comprendra donc rapidement que le budget (relativement) important de Mutants Chronicles a surtout servi à payer le salaire des acteurs. Certes, comme je l'évoquais plus haut, le casting a de la gueule. Mais, entre John Malkovich qui cachetonne même pas cinq minutes, Thomas Jane en Kurt Russell du pauvre et Ron Perlman en total miscast dans son rôle de prêtre tout droit sorti d'un clip d'Enigma, on a quand même un peu honte pour eux.

 

Aussi moche que chiant malgré un casting et un sujet prometteur Mutants Chronicles ne s'avère même pas amusant pris comme un nanar. Et lorsque, au bout d'une bonne quarantaine de minutes d'ennui, j'ai fini par en arriver à regretter l'infâme Ghosts of Mars, tout s'est alors éclairé. En effet, c'est à ce moment très précis que j'ai compris qu'on était vraiment en train de me prendre pour un con. Alors du coup, j'ai préféré arrêter les frais.


 

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Estelle 12/01/2013 11:59


Ah ah ah ! Amusante à lire cette
critique, j'aime bien quand tu massacres un film, c'est drôle surtout quand je suis d'accord avec toi ! 


C'est vraiment bête parce que comme tu le soulignais, avec un réalisateur plus expérimenté et ambitieux, ce film aurait pu être un beau bébé.

Shin 26/03/2013 17:58



Sur le papier, ce film avait vraiment tout ce qu'il faut pour me plaire. C'est d'autant plus frustrant (et énervant) d'en arriver à un résultat aussi pathétique. On ne peut que se moquer, ce
n'est pas possible autrement. Ce film est vraiment trop pourri !!