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19 novembre 2008 3 19 /11 /novembre /2008 00:00

Réalisé par John Moore, sorti le 12 novembre 2008

Avec Mark Wahlberg, Mila Kunis, Beau Bridges, Chris O'Donnell, Ludacris, Amaury Nolasco, Kate Burton, Olga Kurylenko, Nelly Furtado ...

"Max Payne (Mark Wahlberg) est un flic déterminé à retrouver ceux qui ont brutalement assassiné ses proches. Obsédé par sa quête de vengeance, il laisse son enquête l'entrainer dans un voyage cauchemardesque dans les bas-fonds de l'underground new-yorkais. Tandis que le mystère s'épaissit, Max va devoir affronter de puissants ennemis mais aussi ses propres démons..."




Mon avis
(nul) :
  




Cela fait bien longtemps qu'on a abandonné – ne serait-ce que de caresser – l'espoir d'obtenir un jour une adaptation vidéoludique digne de ce nom. De Blood Rayne à Alone in the Dark, en passant par Wing Commander et Street Fighter (sans parler des infâmes Double Dragon, House of the Dead ou encore Super Mario Bros), le genre a effectivement connu un certain nombre d'horreurs d'une médiocrité hallucinante qui ont flingué sans vergogne des franchises pleine de promesses. Et ce ne sont pas les quelques nanars sympathiques (DooM, Mortal Kombat, DOA : Dead Or Alive) et autres films moyennement convaincants réalisés dernièrement (Resident Evil, Silent Hill, Lara Croft : Tomb Raider) qui pouvaient véritablement changer la donne. On en viendrait presque à souhaiter que les producteurs abandonnent définitivement l'idée d'adapter un jeu vidéo sur grand écran. Toutefois, et même si j'avoue connaître assez mal le support original, les quelques parties de Max Payne que j'avais fait dans ma prime jeunesse m'avaient globalement laissé l'impression d'un jeu vidéo au potentiel cinématographique évident. Je savourais déjà la folie matrixienne agrémentée de gunfights jouissifs à la John Woo (Hard Boiled rules ! ^__^) que cela pouvait donner ! Et qu'importe si le rôle principal n'a pas été confié à l'acteur qui semblait le plus logique (Eric Mabius, un quasi sosie vivant de cet avatar virtuel), Mark Wahlberg m'avait suffisamment convaincu dans les récents Braquage à l'italienne, Les infiltrés et La nuit nous appartient pour que je demeure relativement confiant. De plus, si les précédentes réalisations de John Moore ne m'ont jusqu'à présent pas laissé un souvenir impérissable (En territoire ennemi, 666 La Malédiction ; je n'ai pas encore vu son remake du Vol du Phoenix), je dois bien avouer que la bande-annonce avait réussi à susciter mon intérêt (ce à quoi la puissante chanson d'accompagnement "If I was your Vampire" de Marilyn Manson n'était pas étrangère). Cela laissait présager un polar urbain sombre assez jouissif et une atmosphère graphique plutôt intéressante. Malheureusement, il n'en est rien.

Premier constat– si j'en crois les fans du jeu-vidéo – le film en trahit complètement l'esprit (les compositions originales n'ont même pas été reprises). John Moore réussit ainsi l'exploit extraordinaire de foirer totalement une adaptation a priori inratable (étant donné la richesse mythologique du jeu et son côté résolument cinématographique). Le script, aussi pourrave que ultra-attendu, aligne les dialogues sans saveur au kilomètre et les situations archi-convenues. Pire, cette
libre adaptation foireuse se veut aussi sérieusement ambitieuse qu'un The Crow quand elle devrait probablement se contenter d'être un divertissement bourrin purement jouissif façon Wanted. Évidemment, elle n'atteindra jamais l'ampleur du film d'Alex Proyas, ni même le fun de celui de Timur Bekmambetov. Le moindre ressort scénaristique se devine d'ailleurs plusieurs minutes à l'avance (quand les révélations elles-même ne sont tout simplement pas grotesques ou risibles, voire les deux). Non content d'être d'une banalité déconcertante et prévisible au possible, le film de John Moore se démarque surtout par son absence total d'enjeu (les personnages n'ayant aucun charisme, même si le manteau en cuir de Mark Wahlberg pète la classe) et sa propension phénoménale à collectionner les incohérences mythiques. Déjà, on constate que le ruban adhésif jaune utilisé par la police pour délimiter les scènes de crime, ce n'est pas la gnognotte ! Trois ans après les faits, celui qui scelle la chambre dans laquelle la famille de Max se fait dessouder, est dans un état irréprochable et ne demande même qu'à resservir ! Les ravages du temps qui passe sont d'ailleurs aussi impénétrables que ceux du temps qu'il fait visiblement. Habilement concocté à base de déchirures de journaux usagés, la neige du film parvient effectivement à recouvrir entièrement un flingue abaissé à la verticale une demi-seconde avant. Tout ceci étant bien entendu filmé à l'aide d'un ralenti absolument inutile durant l'exécution sommaire la plus minable qu'il m'ait été donné de voir au cinoche, mais qui n'est pourtant rien comparé à LA scène involontairement comique du film.

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/86/49/18961128.jpgScène issue d'un travail préparatoire et visiblement coupée au montage...


Amenée avec l'élégance d'un taureau en rute
, celle-ci montre un tireur mentalement (et oculairement) déficient louper Max Payne à plusieurs reprises avec son fusil à viseur télescopique pendant que ce dernier effectue un salto arrière pourrave au ralenti pour le tuer d'une seule balle tirée complètement à l'aveuglette. Un moment d'anthologie involontairement désopilant où on s'attendrait presque à voir surgir le réalisateur avec une pancarte indiquant "voici THE moment du film". Tout ceci s'effectuant sous le regard d'une salle hilare (pas sûr que c'était l'effet recherché) devant ce grand moment de solitude artistique. Car franchement, hormis montrer des cartouches filant au ralenti (en nettement moins spectaculaire que dans Matrix), on se demande vraiment où John Moore voulait bien en venir. D'ailleurs, pour un film adapté d'un shoot'em up, Max Payne est étonnamment pauvre en scènes d'action. L'intrigue se traîne laborieusement durant la majeure partie du film et quand l'action arrive enfin (au bout d'une heure quand même, j'ai regardé ma montre !), on en viendrait presque à regretter les dialogues à mourir d'ennui. En effet, cette fameuse séquence d'action finit d'achever les remparts de notre infinie tolérance (déjà bien mise à mal pourtant). Se prenant pour Jack Bauer, Max Payne pose gentiment quelques questions un bureaucrate (en le tabassant à mort donc) avant que l'équipe de sécurité ne débarque. Sauf que, au lieu de trois ou quatre vigiles en costard, c'est carrément une escouade du SWAT qui débarque avec leurs sulfateuses et élimine froidement devant tout le monde (seulement une cinquantaine de témoins, pas grand chose quoi) l'homme travaillant ici (juste le chef du service, rien d'important donc) que Max Payne vient d'interroger. Vient ensuite une mémorable averse de balles assénée par notre équipe de bras cassés préférée (qui parvient tant bien que mal à toujours foirer sa cible), durant une fusillade toujours perpétuée sous l'œil attentif de nos chers témoins. Quelque chose me dit qu'il va en falloir des effaceurs de mémoire à la Men In Black (d'ailleurs, si quelqu'un pouvait m'en envoyer un pour effacer ce film de la mienne...) !

Stylisée à outrance, la réalisation est de surcroît aussi molle qu'un documentaire animalier  (on n'est pas chez Sam Peckinpah ou John Woo, c'est claaaaair...). Et tous les vains effets de mise en scène tentés tombent de toute façon systématiquement à plat étant donné l'auto-censure excessive dont le long-métrage fait preuve. Voulant à tout prix éviter l'interdiction tant redoutée qui le priverait du public de jeunes ados auquel le film s'adresse visiblement, John Moore use d'une violence suggérée discutable (par rapport au support original archi-violent, tout du moins) d'où pas même une goutte de sang ne transparaît à l'écran (la mort du nourrisson étant elle-même présentée avec une pudeur consternante). En revanche, les nanas sont belles. Olga Kurylenko en tête (faudra d'ailleurs qu'on m'explique un jour pourquoi, de Hitman à James Bond en passant par Max Payne, personne ne veut se la taper !?). Son personnage n'ayant vraiment pas froid aux yeux, se balader en nuisette rouge durant une nuit d'hiver glacée sous la neige à moins 10° n'est nullement un problème. Qu'importe la pneumonie après tout,  tant qu'elle reste sexy ! Et puis le personnage d'Amaury "Sucre" Nolasco fait pareil de toute façon (la nuisette en moins). Il faut bien avouer malgré tout que la belle française d'origine ukrainienne parvient à captiver l'attention  pendant les quelques rares minutes où elle apparait (du public masculin tout de moins) ; bien que son rôle soit tout aussi inintéressant que les autres. Accumulant vedettes de séries télé à côté de la plaque (Mila "That'70s Show" Kunis,  Amaury "Prison Break" Nolasco, Kate "Grey's Anatomy" Burton), seconds couteaux has been sur le retour (Chris O'Donnell ex-Robin bouffi, Beau Bridges qui nous habitué à mieux) et chanteurs de R'n'B à deux balles (Ludacris aussi "prometteur" que Ja-Rule dans Assaut sur le Central 13, Nelly Furtado transparente mais donnant de belles gifles), le casting peine vraiment à convaincre. Au milieu de ce naufrage, Mark Wahlberg tente de ne pas sombrer... en vain.


http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/66/86/49/18995899.jpg
"Yo, les mecs ! Mon nom et Ludacris, je suis directeur-adjoint de la police de New-York et je ne déconne pas !"

Monolithique comme jamais, Marky Mark livre l'une des pires prestations de sa carrière. La faute surtout à un script paresseux et totalement décousu. Là encore, j'aimerai bien qu'on m'explique pourquoi il se shoote au nuke (quoi, vous ne connaissez pas Robocop 2 !?), pardon, à la surpuissante drogue Valkyrie (en fait du curaçao mis en tube) une fois qu'il est tranquillement en sécurité sur le quai plutôt que lorsqu'il galérait  à fond dans la flotte gelée... Bah, de toute façon, le scénario ne s'embarrasse pas d'une quelconque cohérence et se contente plutôt de ficelles scénaristiques hénaurmes. Exemple pris au hasard. Max va chez le tatoueur pour se faire faire un tatouage. Il regarde le catalogue du bonhomme et... "Tiens ! C'est justement le tatouage ailé que je cherchais ! Celui que les victimes de la drogue bleu portent !". Max au tatoueur (excusez les libertés que je prends avec le texte original) : "Que savez-vous à propos de ce tatouage ailé ?". Le tatoueur à Max : "Ça représente des Valkyries. J'ai justement sous le coude une encyclopédie sur le sujet
que j'ai emprunté à la bibliothèque du coin...". Et tandis que Sucre (Amaury Nolasco) fait les gros yeux pour prouver (en vain également) qu'il n'y a pas que Robert Kneppler (T-Bag) qui sait jouer les psychopathes, le réalisateur fait dans le décoratif. Pillant chez Frank Miller et Robert Rodriguez (Sin City) ou encore Alex Proyas (The Crow), l'atmosphère générale du film fait surtout penser à Constantine. Certains plans avec les êtres ailés sont assez soignés, mais l'ensemble manque d'âme et n'apporte vraiment mieux de plus que le film de Francis Lawrence. Ce qui fait, qu'au final, il ne reste pas grand chose (rien ?) à sauver de ce naufrage qui fait passer le Hitman de Xavier Gens pour un chef-d'œuvre en comparaison. Les plus téméraires pourront néanmoins rester jusqu'à la fin du générique fait sur fond de coups de feu (plus nombreux ici que pendant tout le reste du film) et voir Max boire une bière (si ce n'est pas la classe, ça !). Pour les autres, mieux vaut en rester là, abréger cette "douleur maximum" au plus vite (jamais un titre de film n'a été aussi approprié), boire un bon verre pour oublier et se mater un petit À tout épreuve (qui n'attends pas le générique pour balancer des gunfights explosifs, lui)...


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

nico1980 08/12/2008 13:23

tres bon film plien d'action .

Shin 13/12/2008 10:12



Bonjour Nico,

C'est bien la première fois que j'entends (enfin, que je lis) quelqu'un dire du bien de ce film. Et bizarrement, j'ai contrairement trouvé à toi que ce film était ultra-mou et que
l'action y était inexistante...  Après, c'est toujours sympa de confronter des avis différents.

Amicalement,

Shin.



Sith 27/11/2008 20:28

J'avoue avoir aussi été bluffé par le teaser avec en fond l'instrumental de M.Manson. Je l'ai loupé et apparemment, c'est décevant... j'essaierai de le voir en DVD alors ;)

Shin 29/11/2008 12:17



Bonjour Sith,





Si tu veux mon avis, ne te fie pas à ce trailer mensonger et évite de perdre ton temps ! ^__^





Amicalement,





Shin.



SysTooL 25/11/2008 21:28

Hey mais que se passe-t-il? (hey mais qu'est-ce qui se passe, comme dirait Légitimus)

On dirait que chacun y va de son petit navet... on dirait un concours de celui qui fera le plus mauvais film... Whalberg mériterait-il la palme 2008? On dirait!SysTooL

Shin 29/11/2008 12:15



Bonjour SysTooL,





N'oublions pas quand même Nicolas Cage qui lui partage la palme cette année avec son "mémorable" Bankgok Dangerous ! ^__^





Amicalement,





Shin.



dilbert 24/11/2008 14:25

Je n'aurai pas dit mieux. Ou pire, va savoir.
Même si d'un point de vue graphique, le film rend bien hommage au jeu. Mais après voilà, comme tu as pu le dire, la réalisation est bien trop mou, le jeu d'acteur est... peut-on réellement parler de jeu ? Et puis, rhaââ, quel dommage qu'il n'est pas mis les magnifiques musiques du jeu.

En ce qui concerne, le rendu des adaptations de jeux vidéos, pour moi il n'y a que Silent Hill qui s'en sorte bien, voire même très bien. En même temps, tu me diras, j'ai jamais joué au jeu.

Shin 25/11/2008 18:15



Bonsoir Dilbert,





D'un point de vue purement graphique, Silent Hill est effectivement une belle réussite. Dommage que la dernière partie soit moins intéressante (même si la fin m'a bien plu).





Amicalement,





Shin.



tinalakiller 23/11/2008 19:22

un film bien nul mais avec une critique vraiment marrante !!
 

Shin 23/11/2008 20:04



Salut Tina,

L'avantage des gros navets, c'est qu'on peut se "lâcher" sur la chronique... et ça défoule bien !







Amicalement,







Shin.



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