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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Assaut sur le Central 13

Réalisé par Jean-François Richet, sorti le 5 mars 2005
Titre original : Assault on Precinct 13


Avec Ethan Hawke, Laurence Fishburne, Drea DeMatteo, Maria Bello, Brian Dennehy, John Leguizamo, Ja Rule, Gabriel Byrne  ...

"Une nuit de réveillon, l'un des membres les plus dangereux de la mafia, Marion Bishop (Laurence Fishburne), est temporairement incarcéré dans un bâtiment gardé par une équipe de police placée sous le commandement du sergent Jake Roenick (Ethan Hawke). Alors que le monde entier fait la fête, flics et malfrats vont devoir s'unir pour avoir une chance de survivre à l'assaut mortel venu du dehors. Face aux moyens démesurés des attaquants, un seul objectif : tenir jusqu'à l'aube..."




Mon avis
:
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Pour être honnête, je ne connaissais absolument pas Jean-François Richet avant ce film. J'avais vaguement entendu parler de Ma 6-T va crack-er et De l'amour, mais ils ne m'avaient pas tenté plus que ça. Depuis, le français s'est fait un nom et son diptyque sur Mesrine avec Vincent Cassel dans le rôle titre est plus qu'attendu (le premier volet sort d'ailleurs ce mois-ci). Mais avant de s'intéresser à cet ennemi public numéro 1,
Jean-François Richet s'était déjà mis en tête de relever un défi particulièrement périlleux en réalisant le remake du ô combien mythique Assaut de John Carpenter (la première claque cinématographique d'un des plus grands maîtres du fantastique cela dit en passant). C'est dire s'il était attendu au tournant par les fans. Surtout que, entre temps, Florent Emilio Siri, un autre français, avait déjà brillamment remis au goût du jour le film de Carpenter grâce son très efficace Nid de guêpes. Et ce, même si le film n'était pas un remake officiel, mais une simple relecture officieuse (bien que tout à fait réussie). Et alors que ce dernier préparait Otage avec Bruce Willis et Kevin Pollack, Jean-François Richet s'apprétait donc à diriger Ethan Hawke et Laurence Fishburne dans cette nouvelle version d'Assault on Precinct 13 (littéralement "Assaut sur le Central 13" ; pour une fois que le titre français respecte l'original...). Une nouvelle version pas tellement nécessaire donc, mais qui pouvait s'avérer particulièrement jouissive si une mise en scène inspirée permettait à son aspect subversif d'être remis au goût du jour.

Justement, alors qu'on pouvait craindre le pire, la première séquence rassure. L'ouverture du film, en plus d'être plutôt percutante (et de proposer un prologue intéressant à l'histoire), est réalisée avec beaucoup d'allure (bien que le montage soit parfois un peu trop haché à mon goût). Ethan Hawke campe le personnage de Napoléon avec toute la folie nécessaire ; et le plan qui commence derrière son dos et s'achève face au mirroir est d'une beauté imparable. Et puis malheureusement, le soufflet retombe aussi sec. Car si Jean-François Richet calme globalement l'aspect épileptique de sa mise en scène, les scènes d'action seront toujours filmées de façon aussi approximative et surdécoupée
; cassant du coup toute l'efficacité de celles-ci. Néanmoins, quand le cinéaste abandonne un peu cette réalisation "jump cut" à la Michael Bay, il parvient à nous surprendre (tout comme celui à qui on doit Transformers d'ailleurs) grâce à de belles fulgurances graphiques (à l'instar de cette exécution à bout portant aussi inattendue que radicale). Et c'est d'ailleurs bien ce qui fâche le plus, car on sent bien que Jean-François Richet dispose d'un savoir-faire certain pour créer une ambiance. On dirait juste que son ambition a été bridée par le studio. Au style épurée et expérimental du huis clos de Carpenter se substitue ainsi une photographie soignée d'une belle densité métallique qui (si on excepte donc cet effarant montage des scènes d'action) a le bon goût d'éviter les effets visuels appuyés, mais (à l'instar de Francis Lawrence avec son Je suis en Légende) si l'emballage est globalement satisfaisant, ce n'est pas du tout le cas du contenu.

Cherchant visiblement à rendre crédible aujourd'hui le postulat du film de Carpenter (l'intrigue ne se déroulant plus dans les années 1970 et les progrès de la technologie ayant été quelque peu fulgurants), Richet lui ajoute un élément climatique tout droit emprunté un autre classique du maître (The Thing) et censé expliquer cet improbable isolement du Central 13. Sauf que, là où Carpenter brouillait les pistes en jouant brillamment sur le côté "fantastique" de son huis-clos, Richet élude totalement cet aspect au profit d'une intrigue qui vire au film d'action rationnel. On est alors plus proche d'un S.W.A.T. malhabile (déjà que le film n'était pas spécialement mémorable...) que d'un soi-disant remake d'
Assaut. Et, du coup, on a "légèrement" plus de mal à croire que personne ne remarque cette attaque, et encore plus à comprendre pourquoi les assaillants ne détruisent pas purement et simplement le Central. Avec toutes les ressources techniques et financières dont ils semblent disposer, et étant donné qu'ils ne font visiblement pas dans la dentelle, cette assaut minable, arme au poing, est décidément très peu crédible ; alors que cette économie de moyens tombait  presque sous le sens dans le film de Carpenter (où les assaillants n'étaient que d'anonymes membres d'un gang de rue).

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/35/51/20/18823785.jpgLe viel homme et l'amer... (pardon)

D'ailleurs, et c'est peut-être l'idée la plus maladroite du film de Richet, le fait d'avoir donner un "visage" à cette horde sauvage désamorce complètement la tension d'Assaut sur le Central 13.
Ainsi, à l'invisible menace omniprésente et impalpable du film de Carpenter succède ici une poignée flics ripoux sur lesquels Richet s'attardent trop et dont les motivations longuement expliquées par ce dernier sont assez ridicules (surtout au regard de ces abracadabrantesques représailles). Malheureusement donc, cette quête de réalisme (peu convaincante qui plus est) d'Assaut sur le Central 13 se fait au détriment de l'efficacité et de l'angoisse. Alors que la force de Carpenter était justement de parvenir à cet équilibre grâce à son atmosphère oppressante et à cette incompréhension mystérieuse de l'assaut, un assaut aux frontière du fantatisque en somme (ce qu'avait parfaitement su retranscrire Nid de guêpes qui plus est). Du coup, le suspense en pâtit grandement et le film de Richet s'apparente alors davantage à un thriller manquant d'amplitude et aux enjeux assez limités de fait (en gros : deviner qui sera le prochain à y passer et attendre patiemment que la prévisible conclusion arrive). C'est peu. Surtout que, en plus d'être attendu, le résultat est bien trop conventionnel pour surprendre (l'intrigue se devine jusqu'au moindre rebondissement et les traîtrises se détectent quasi instantanément).

Le film a donc bien du mal à convaincre. D'autant plus que, hormis Ethan Hawke,
Brian Dennehy et Laurence "la classe" Fishburne qui font ce qu'ils peuvent pour donner corps à des personnages sans épaisseur et enfermés dans leurs stéréotypes, l'interprétation se révèle assez calamiteuse. John Lequizamo atteint des sommets de ridicule que seul le minable Ja Rule (qui a approximativement autant de charisme qu'une moule farcie) parvient à dépasser. De son côté, Gabriel Byrne se contente juste d'être parfaitement transparent. Quant au personnage incarné par Drea DeMatteo (une sorte de nympho sur le retour prêt à suc sauter sur le moindre mâle), il donne des envies de meurtre à toute personne connaissant la subtilité et la sensualité naturelle de l'authentique, qui n'avait pas besoin de se vautrer dans le vulgaire racoleur et que campait la splendide et envoûtante Laurie Zimmer. Pour arranger le tout, le doublage de la jolie Maria Bello est absolument catastrophique. Et puis bien sûr, l'absence de l'imparable bande originale hypnotique composée par Carpenter ne joue pas non plus en faveur du film de Richet (dont je n'ai d'ailleurs aucun souvenir musical...). Sans parler de ce final pathétique dans les bois qui, en plus d'être inutile et particulièrement laborieux, affligera forcément l'amateur de l'original dans sa tentative malencontreuse d'ouvrir la porte à une éventuelle franchise.

Pour conclure,
Assaut sur le Central 13 est esthétiquement soigné, mais manque cruellement de folie transgressive et d'aura mystèrieuse pour être vraiment satisfaisant. Le film n'est pas plus honteux que les autres du genre. C'est juste qu'il semble vain, presque caduc ; à l'inverse justement du "remake" alternatif de Florent Emilio Siri qui était nettement plus convaincant. Mais, gageons que Jean-François Richet se rattrappe très prochainement avec son biopic sur Mesrine, car je reste persuadé que le garçon est doué (c'est déjà un très bon plasticien). En attendant, ceux qui ne savent pas quoi faire de leur samedi soir prochain peuvent toujours tenter de louer le film. Car bien que très en deça de ce qu'on pouvait espérer (ce qui est franchement dommage), Assaut sur le Central 13 reste quand même un honnête divertissement. Surtout quand on ne connaît pas l'original de Carpenter...


Films de Jean-François Richet chroniqués ici : Assaut sur le Central 13 ; Mesrine : L'instinct de mort


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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RobbyMovies 20/10/2008 13:52

Merci Shin.

Shin 31/10/2008 12:28



De rien ! -__^



Gally 19/10/2008 12:07

Hello Shin , vui j'ai vu " Nid de Guêpes " , j'aime bien ce film mais je préfére quand même Assaut sur le Central 13 et ce pour une raison majeure : Laurence Fishburne ;)sinon les deux films se ressemblent énormément en effet , Nid de Guêpes est peut être plus pêchu par moments ? Bon we  ^^

Shin 19/10/2008 13:51



Salut Gally,

Effectivement, Laurence Fishburne est impeccable dans le film de Richet. En revanche, je préfère tout de même Nid de guêpes qui est effectivement bien plus pêchu comme tu le soulignes.
Même si le film de Carpenter reste évidemment supérieur...

Amicalement,

Shin.



RobbyMovies 18/10/2008 20:27

Bonsoir,La référence climatique à The Thing est "officielle" ou c'est une conclusion personnelle ? Ayant vu le film, je suis un peu dubitatif...Robby

Shin 19/10/2008 13:47



Bonjour Robby,

La référence climatique à The Thing est juste une impression que j'ai eu en voyant le film de Richet. Après, peut-être suis-je le seul à avoir pensé ça...

Amicalement,

Shin.



Anyone 18/10/2008 19:56

Bonsoir Shin,Je ne connais ce film que de nom et adorant Assaut de Carpenter, je vais éviter de le voir. ^^Amicalement,
Anyone.

Shin 19/10/2008 13:49



Bonjour Anyone,

Dans ce cas, je pense que tu peux aisément t'en passer. Surtout que, au pire, Nid de guêpes de Siri vaut largement plus le coup je trouve.

Amicalement,

Shin.



Gally 18/10/2008 18:04

Je l'ai vu y'a pas longtemps ce film et je l'ai adoré ( bon ok j'ai pas vu l'original mais cela ne saurait tarder  !) , Ethan Hawke et Monsieur Laurence Fishburne sont excellents , l'idée est simple mais efficace , Byrne est glacial a souhait , la secrétaire est saoulante mais vêtue de maniére affriolante , les boulettes pleuvent ..Un bon chti film a garder au chaud pour les longues soirées d'hiver a venir  ... 

Shin 18/10/2008 19:41



Bonsoir Gally,

Je pense que Assaut sur le Central 13 peut s'avérer effectivement distrayant quand on ne connait pas l'original de Carpenter (que je te conseille vivement !). Cela dit, je préfère
tout de même Nid de guêpe, bien plus efficace je trouve ! L'as-tu vu ?

Amicalement,

Shin.