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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Astérix aux Jeux Olympiques

Réalisé par Thomas Langmann & Frédéric Forestier, sorti le 30 Janvier 2008

Avec Clovis Cornillac, Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Alain Delon, Stéphane Rousseau, Vanessa Hessler, Jérôme Le Banner, José Garcia, Franck Dubosc, Alexandre Astier ...

"Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix  (Stéphane Rousseau) d'épouser la Princesse Irina (Vanessa Hessler), Astérix (Clovis Cornillac) et Obélix (Gérard Depardieu) devront affronter le machiavélique Brutus (Benoît Poelvoorde), fils de César (Alain Delon), au cours d'une Olympiade...."




Mon avis
:
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Traduit dans près de 100 pays et vendu à plus de 350 millions d'exemplaires dans le monde en moins d'un demi-siècle, Astérix est très certainement la bande dessinée française la plus lue au monde. Il n'est donc pas très surprenant que l'idée de l'adapter au cinéma ait très rapidement germé dans l'esprits des producteurs. C'est ainsi que dès 1967, Astérix le gaulois eut l'honneur d'une transposion cinématographique sous la forme d'un long-métrage d'animation réalisé par le studio belge Belvision. D'autres suivront comme Astérix et Cléopâtre, Les Douze Travaux d'Astérix ou encore Astérix et le coup du menhir. C'est Roger Carel  qui prêta sa voix à Astérix tandis que son ami un peu enveloppé fut doublé par le regretté Jacques Morel (qui nous a lui aussi quitté cette année). Si Obélix fut par la suite doublé par Pierre Tornade, puis par Jacques Frantz dans le dernier Astérix et les Vikings, le toujours fringant Roger Carel a toujours été au fidèle au plus célèbre des gaulois. ; tout comme Pierre Tchernia dans le rôle du narrateur. Entre temps, plusieurs films mettant en scène de véritables comédiens furent mis en chantier : Astérix & Obélix contre César de Claude Zidi en 1999, puis Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre d'Alain Chabat en 2002. Comme chacun le sait, ce furent d'immenses succès ; celui d'Alain Chabat pouvant même se targuer d'être le troisième film français au box-office français juste derrière Bienvenue chez les Ch'tis et La Grande Vadrouille. Pour ma part, j'avoue néanmoins ne pas avoir été complètement convaincu aussi bien par l'un que par l'autre.

Le premier, bien que divertissant et doté d'un casting bien senti, n'était pas spécialement mémorable. Loin de là. Quant au second, déjà bien plus drôle, il s'agissait davantage d'un show à la sauce Canal + (Alain Chabat et Les Nuls, Jamel Debbouze, Les Robin des Bois...) vaguement inspiré de la bande dessinée que d'une adaptation fidèle ; les personnages d'Astérix et Obélix ayant eux-mêmes été cantonnés à de simples rôles de faire-valoir à côté de ceux interprétés par Jamel Debbouze et Gérard Darmon. Toutefois, en conservant la force humoristique du second et en accentuant davantage encore la fidélité du premier, il était possible d'espérer un film tout à fait convaincant. C'est pourquoi, quand il fut question d'un troisième volet réalisé par Gérard Jugnot et réunissant toute la belle équipe du Splendid, je fus plus qu'enthousiasmé. Néanmoins, la mise en place de ce troisième volet fut compliquée par Albert Uderzo lui-même qui n'avait pas été du tout satisfait par le travail accompli par Alain Chabat sur Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre. Jugeant le film trop éloigné de la bande dessinée originelle et craignant que Gérard Jugnot fasse de même avec son hypothétique Astérix en Hispanie, le dessinateur n'autorisa pas le réalisateur de Monsieur Batignole
à monter son film. Ce qui eut pour conséquences un premier désastre, Les Bronzés 3 : Amis pour la vie où se retrouva l'équipe de Splendid au grand complet, et peut-être même un second puisque Uderzo permit malgré tout à Thomas Langmann de produire  – et de réaliser – son Astérix aux Jeux Olympiques.

Doté d'un budget colossal avoisinant les 100 millions d'euros si on prend en compte également les 20 millions dédiés au marketing (soit l'équivalent des deux précédents films réunis), Astérix aux Jeux Olympiques entrait d'ores et déjà dans la légende en devenant le film français le plus cher de l'histoire juste derrière Le Cinquième Élément de Luc Besson (tourné en anglais cela dit). L'autre élément fondamental de ce nouveau Astérix, c'est son casting titanesque où il semble plus rapide de chercher qui n'y figurent pas plutôt que de s'évertuer à en faire une liste un tant soit peu exhaustive. Après les plus 14,5 millions d'entrés d'Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre et les près de 10,5 millions d'entrées du film Les Bronzés 3 : Amis pour la vie justement (qui jouait aussi sur un casting sensationnel), Thomas Langmann était donc en droit d'espérer une affluence record. Mais, ce que n'avait pas prévu le fiston de Claude Berry, c'est le raz-de-marée provoqué par Bienvenue chez les Ch'tis (produit par son papa précisément) et l'avalanche de critiques négatives que lui réserva la presse au profit du film de Dany Boon justement. Du coup, Astérix aux Jeux Olympiques dépassa laborieusement les 6,7 millions ; un score
toutefois plus qu'honorable (pour info, d'immenses succès populaires comme Brice de Nice, Camping ou même La Môme n'ont pas été beaucoup plus loin que les 5 millions d'entrées), mais donc bien en deçà des espérances du producteur / réalisateur (surtout compte-tenu des sommes investies). D'ailleurs, et c'est peut-être le problème, Thomas Langmann n'aurait-il pas été plus avisé en laissant la réalisation à quelqu'un d'autre ?

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/64/37/61/18882997.jpgCésar est grand, mais il n'aura pas réussi à conquérir la Gaule... Avé les Ch'tis !

Certes, il n'était pas seul aux commandes puisque que Frédéric Forestier l'a assisté. M'enfin, n'ayant jamais fait ses armes que sur le décévant Les Parrains et le tout juste divertissant Le Boulet (co-réalisé par Alain Berbérian de surcroît), ça paraissait un peu lég'. Et ça se ressent à l'écran. Ce n'est pas que le mise en scène soit particulièrement mauvaise (la photographie saturée de jaune l'est en revanche), mais surtout qu'elle semble inexistante. C'est plan-plan, sans relief et sans surprise. C'est surtout assez chiant, surtout lorsque le montage omet de trancher certaines séquences longues, bien trop longues. En premier lieu, la course de chars, qui se veut un hommage au Ben-Hur de William Wyler (l'audace et le talent en moins), se traîne sans raison. Comme si les réalisateurs avaient voulu à tout prix en donner aux spectateurs pour leur argent. Du genre : "T'as vu, coco, on a mis le paquet !". C'est exactement la même chose que je reproche aux inutiles vingt dernières minutes d'un film de deux heures (qui aurait gagner à faire une demi-heure de moins). C'est long, assez soporifique, parfois amusant, mais pas franchement indispensable. Ils sont venus, ils sont tous là dans une sorte de publicité géante qui s'étale dans une absence totale de narration (avec juste une bande de sportifs devant faire semblant de s'amuser autour d'un ballon). Une façon de dire : "T'as vu, coco, on a mis le paquet !". Bis repetita.

Mais le véritable problème comme je l'évoquais, c'est vraiment le manque de relief de la mise en scène de Thomas Langmann (et de son compère) et l'absence totale de direction d'acteurs ; pour le coup complètement laissés en roue libre. Ainsi, Franck Dubosc fait du Dubosc, Élie Semoun fait du Semoun, Francis Lalanne fait du Lalanne, Alexandre Astier fait du Astier à la sauce Kaamelott et même Michael Schumacher fait du Schumacher pilote de F1... Et ne parlons même pas de Vanessa Hessler, complètement transparente (dommage, on aurait préféré sa robe ! ^__^), ou de Jérôme Le Banner qui semble avoir de sérieux problèmes de diction. Quant à Stéphane Rousseau, il fait ce qu'il peut pour ne pas être ridicule en gaulois tatoué et affublé d'un accent québécois à peine dissimulé (et il est loin d'être mauvais le bougre !), tandis que José Garcia relance furtivement l'intérêt du film à chacune de ses apparitions. Pour le reste, on voit à peine les habitants du village gaulois et pas beaucoup plus Gérard Dépardieu, pourtant toujours aussi impeccable dans le rôle d'Obélix. Du côté des bonnes surprises, notons l'effort de Clovis Cornillac qui essaie autant que possible de donner vie au personnage d'Astérix (jusque dans les mimiques) quand Christian Clavier se contentait simplement de jouer sur ses acquis. Benoît Poelvoorde n'est pas mal non plus dans le rôle de Brutus. Ce qui est une bonne chose puisque, comme l'annonçait judicieusement la bande-annonce, il ne s'agit pas ici d'Astérix aux Jeux Olympiques mais bien de Brutus aux Jeux Olympiques ! Sa présence éclipsant bien souvent celles de nos ancètres les gaulois...

Pour le reste, Alain Delon joue à fond la carte de l'auto-parodie en poussant encore plus loin le cabotinage que Robert De Niro dans Mafia Blues 2. Ce qui donne parfois des envies de suicide (ou de meurtre, c'est selon), notamment lors de ce long monologue composé de ses plus célèbres films et où sont assassinés en un instant Luchino Visconti, Jean-Pierre Melville ou encore Henri Verneuil (l'effet aura pu être sympa, je dis pas, mais c'est fait avec une telle lourdeur...). Même si, la plupart du temps, cette caricature d'Alain Delon demeure amusante et parvient, on ne sait pas trop comment, à donner quelque peu d'intérêt à l'entreprise. Enfin voilà, Astérix aux Jeux Olympiques n'est pas une franche réussite il est vrai, mais il n'est pas si pourri que cela (comprenez, c'est déjà moins de la daube que Les Bronzés 3). Le message est gentillet (le dopage, c'est pas bien), l'histoire peu passionnante (m'en souviens déjà plus), les dialoques sont insipides, les gags peu subtils et les effets-spéciaux plutôt réussis (l'effet cartoon est bien rendu). Le tout
n'est pas spécialement honteux et plaira probablement plutôt aux plus jeunes d'entre nous. Mais c'est juste aussi inutile que vain. On préférera effectivement toujours se tourner vers les bandes dessinées originales ou, à défaut, les films d'animation (seules adaptations à avoir su rendre véritablement hommage au support originel). Quant à Thomas Langmann, on espère qu'il laissera définitivement tomber la mise en scène pour se concentrer sur son vrai métier : la production. Supervisant les prochains films de la nouvelle garde française (comme Mesrine de Jean-François Richet et Vanikoro de Xavier Gens, ou encore les probables A.K.A. de Florent Emilio Siri et Lord of the Apes de Christophe Gans), le bonhomme a d'ores et déjà toute ma sympathie... Avé moi !


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pinksataniste 17/12/2008 20:39

En tout cas, merci de reconnaître au premier opus qu'il n'est pas au niveau de la nullité sidérante, ce qu'on lui reproche sans cesse et de façon évidemment particulièrement abusive !Ton article est excellent, même si tu accordes peut-être encore un peu trop de "qualités" à ces misérables JO. Personnellement, je trouve que les propos d'Alain Delon sont seulement insignifiants, je crois qu'on ne doit même pas laisser croire qu'ils aient un quelconque intérêt, une quelconque intelligence finalement, tant ils sont bidons... Article franchement très réussi -encore une fois, lui, en revanche !

Shin 21/12/2008 19:26



Bonsoir pinksataniste et merci de tes compliments !

Je n'ai pas l'impression d'accorder spécialement beaucoup de crédit à ce film, mais disons qu'il a été tellement critiqué que j'en attendais presque pire. En outre, j'ai trouvé que Cornillac
faisait un bien meilleur Astérix que Clavier. Ce qui explique en partie mon "indulgence".

Amicalement,

Shin.



broots 05/10/2008 15:09

ah oui, ok, j'ai tjs pas sauté le pas de le mater et, comment dire, là ça m'incite pas à me lancer :)

Shin 05/10/2008 16:14



Bonjour Broots,

En même temps, il y a certainement des films plus intéressants à voir... mais pas Les Bronzés 3 en tout cas ! ^__^

Amicalement,

Shin.



Gunter 04/10/2008 15:34

Un gros nanar ds le pur sens du terme: un râtage complet pour un film ahurissant de bêtise!

SysTooL 04/10/2008 15:05

Pas tellement apprécié les deux "premiers" fils d'Astérix signés Zidi (bof bof) et Chabat (bof)... et compte tenu de ce matraquage marketing, j'ai eu encore moins envie de voir celui-ci... je constate qu'il ne t'a pas enchanté... et puis bon, inviter Schumi et Le Banner, voilà, quoi...SysT

Shin 05/10/2008 16:12



Bonjour SysT,

Dans ces conditions, je crois que tu peux allègrement te passer de ce film...

Amicalement,

Shin.



Pierre 04/10/2008 14:14

Je n'ai pas du tout accroché. Dommage.A plus !