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LA SHINÉMATHÈQUE

LA SHINÉMATHÈQUE

« La connaissance s'accroît en la partageant. »

Coco Chanel & Igor Stravinsky

Coco Chanel & Igor StravinskyRéalisé par Jan Kounen, sorti le 30 décembre 2009

Avec Anna Mouglalis, Mads Mikkelsen, Elena Morozova, Natacha Lindinger, Grigori Manoukov, Rasha Bukvic, Nicolas Vaude, Anatole Taubman ...

"Paris, 1913, Coco Chanel (Anna Mouglalis) est toute dévouée à son travail et vit une grande histoire d'amour avec le fortuné Boy Capel (Anatole Taubman). Au Théâtre des Champs-Élysées, Igor Stravinsky (Mads Mikkelsen) présente le Sacre du Printemps. Coco est subjuguée. Mais l'œuvre, jugée anticonformiste, est conspuée par une salle au bord de l'émeute. Sept ans plus tard, Coco, couronnée de succès, est dévastée par la mort de Boy. Igor, réfugié à Paris suite à la révolution russe, fait alors sa connaissance. La rencontre est électrique. Coco propose à Igor de l'héberger dans sa villa à Garches, pour qu'il puisse travailler. Igor s'y installe, avec ses enfants et sa femme (Elena Morozova). Commence alors une liaison passionnée entre les deux créateurs......"




Mon avis
(excellent) :



Ces temps-ci, Coco Chanel est plus que jamais un sujet à la mode. Après avoir fait l'objet d'une télésuite en deux parties signée Christian Duguay (Coco Chanel avec Barbora Bobulova et Shirley MacLaine dans le double rôle titre), puis d'un film réalisé par Anne Fontaine (Coco avant Chanel avec Audrey Tautou), la célébre couturière est encore une fois mise à l'honneur d'un nouveau long-métrage : Coco Chanel & Igor Stravinsky. Adapté d'un roman de Chris Greenhalgh – plus sobrement intitulé Coco & Igor et qui s'intéresse surtout à la liaison supposément passionnée entre la styliste française et le compositeur russe (très peu de preuves matérielles, ou même de témoignages, étant à même d'en attester l'exacte véracité) ce film pourrait presque se voir comme un prolongement de celui réalisé par Anne Fontaine la même année. Car si Coco avant Chanel s'échinait effectivement à raconter la jeunesse d'une Coco passionnée jusqu'à la création des premières boutiques portant son nom et la tragique disparition de son amant Boy Capel, cette sorte de Coco après Chanel nous présente donc a contrario une Coco impavide au firmament de sa gloire artistique et commerciale, mais dont le cœur semble s'être resserré depuis que l'amour de sa vie est mort. Un temps confié à William Friedkin (réalisateur, entre autres, des mythiques French Connection, L'Exorciste ou encore La Chasse : Cruising), le projet Coco Chanel & Igor Stravinsky présupposait déjà (je n'ai pas lu le livre) une approche du mythe suffisamment inédite et originale pour intéresser un cinéaste de sa trempe (lui qui avait justement signé un "faux biopic" sur Shaquille O'Neal, Blue Chips, pour le moins surprenant). Finalement éjecté du projet après s'être embrouillé avec les producteurs (le sale caractère du réalisateur de Police fédérale Los Angeles étant presque aussi réputé que ses talents artistiques), William Friedkin laisse alors sa place au non moins intéressant Jan Kounen. 


Bien qu'il n'ait évidemment pas encore pu se forger  une carrière comparable à celle de son illustre confrère américain, de son premier court-métrage Gisèle Kérosène jusqu'à ce film le Français a pourtant su imposer son style à travers une filmographie aussi audacieuse que diversifiée ; allant de la folie totale de Vibroboy à l'ultra-violence de Dodermann, des expérimentations esthétiques de Blueberry, l'expérience secrète à la volubilité insolente de 99 francs, tout en passant par la case documentaire avec les ésotériques D'autres monde et Darshan : l'étreinte qu'il a respectivement dédié au chamanisme et à l'hindouisme. Artiste ambitieux qui n'a que faire des conventions et n'hésite jamais à imposer son point de vue quitte à perdre une partie de son public (ce qui fut notamment mon cas avec son adaptation de la bande-dessinée de Jean-Michel Charlier et Jean Giraud), Jan Kounen reste avant tout un cinéaste résolument éclectique et dont l'intégrité artistique (à défaut de toujours convaincre) force drôlement le respect. Sur la forme comme sur le fond, Coco Chanel & Igor Stravinsky n'a d'ailleurs rien du biopic classique et attendu, Jan Jounen parvenant majestueusement de fait à se démarquer de ces "concurrents". Laissant libre cours à l'ambition démesurée et à l'imagination fertile du réalisateur, cette histoire hautement fictionnelle, et en partie réinventée (puisque, donc, aucun document ou presque ne relate véritablement cette liaison), lui offre surtout la possibilité de développer, outre les affres de la passion amoureuse et de l'impossibilité d'aimer (thèmes qui auraient d'ailleurs très bien pu faire l'objet d'un film n'ayant pas Coco Chanel et Igor Stravinsky pour protagonistes), une véritable réflexion sur la création artistique et ses tourments (cette étude donnant alors tout son sens à la présence de ces deux génies créatifs au cœur du récit). Il d'ailleurs amusant de noter à quel point le cheminement artistique de Igor Stravinsky est proche de celui de Coco Chanel et combien il est pertinent de mettre leurs deux trajectoires en parallèle..


Coco Chanel & Igor Stravinsky
  Igor entonnant un petit air de Fréhel : «Je prends de la Coco, ça trouble mon cerveau...»


Son esprit aventureux et résolument anti-conventionnel, tout comme son approche novatrice et pour le moins avant-gardiste de l'art, ont pareillement suscité nombre de critiques et infortunes au départ, avant que son génie artistique ne soit reconnu à sa juste valeur et que celui-ci accède enfin à une légitime reconnaissance publique. Pour cette raison, et peut-être aussi parce qu'elle décèle en lui la même inébranlable passion qui édicte son art, Coco Chanel semble ainsi être l'une des seules à apprécier la représentation inaugurale de ce Sacre du Printemps qui se tient au Théâtre des Champs-Élysées en ce 29 mai 1913 ; dans une salle emplie d'un public parisien  proprement scandalisé par cette œuvre par trop téméraire et anti-conformiste pour ces petits bourgeois rigides et saintes-nitouches. Qui mieux que "Mademoiselle" – elle-même artiste à contre-courant longtemps incomprise des masses, mais qui s'apprête alors à ouvrir une deuxième boutique à Deauville – peut en effet appréhender l'univers intime de Stravinsky et comprendre son art ? Alors même qu'ils ne se sont jamais rencontrés physiquement, et quand bien même le compositeur est en train de vivre l'un des moments plus chaotiques et difficiles de son existence, ses deux êtres semblent effectivement être, à ce moment précis du film, en parfaite osmose artistique. Pour qui connaît un peu la carrière de Jan Kounen, il est alors presque impossible de ne pas faire ici un étrange parallèle entre l'histoire qu'il met en scène et ses expériences passées. En ouvrant Coco Chanel & Igor Stravinsky par un énigmatique générique kaléidoscopique évoquant fortement les hallucinations finales de son Blueberry, l'expérience secrète, puis en décidant d'immerger brutalement son public au plus profond de cette représentation frénétique du Sacre du Printemps (aux cérémonies païennes évoquant par ailleurs fortement les rites chamaniques si chers au cinéaste, et déjà présents dans le film précédemment cité), où les huées d'une foule déchaînée se mêlent aux notes d'une musique tonitruante tandis que les images s'enchaînent majestueusement dans un délirant bordel maîtrisé (plongeant par la même  le spectateur au cœur tourbillon sensitif assez déstabilisant et déconcertant), le réalisateur fait preuve d'une introspection aussi remarquable qu'audacieuse.


En effet, et comme je le mentionnais déjà un peu avant, Jan Kounen s'était déjà risqué à perdre une partie de ses spectateurs en rompant trop radicalement avec les attentes du public lorsqu'il amena justement Blueberry, l'expérience secrète vers une déroutante expérimentation suprasensorielle (à l'instar de ce que connaît Igor Stravinsky à ce moment précis du film). Cette fois-ci encore, en entamant son film avec cette grande scène emblématique, il n'hésite pas une fois encore à ébranler son public, à l'oppresser et peut-être même à s'en aliéner de nouveau une partie – jouant avec ses sens et ses émotions de façon pour le moins atypique – pour mieux l'impliquer dans son récit et lui rendre immédiatement palpable la confusion de sentiments qui agita la salle ce soir-là (avec une volonté exutoire latente qui n'est évidemment pas à négliger). De fait, l'extrême virulence de ces réactions externes permettront à Stravinsky de progresser intérieurement par la suite ; douleur, malaise, incompréhension et souffrance étant alors les maîtres mots l'amenant à une redoutable remise en question créatrice (le cas du compositeur faisant bien entendu ici écho à celui du réalisateur). Après cette ouverture pour le moins spectaculaire et déchaînée, il est d'ailleurs intéressant de constater aussi que Coco Chanel et Igor Stravinsky s'enferme ensuite dans une forme de huis clos plus intime et désœuvré ; comme pour figurer l'aliénation totale de Stravinsky pour sa musique, une passion qui le dévore autant qu'elle le nourrit (alors même que Chanel embrasse, puis embrase son art et son être). À l'impétuosité d'une foule intransigeante va alors succéder l'exaltation d'une passion charnelle tout aussi fondamentale ; où comment l'artiste parvient à se nourrir d'une œuvre qu'il a lui-même créée et comment cette même œuvre parvient à se nourrir de sa propre vie. Ainsi, tout comme le Sacre du Printemps nécessite que celle qui fut glorifiée soit sacrifiée, Igor Stravinsky va en quelque sorte choisir de sacrifier sa propre femme pour permettre le couronnement de son art.

 

Coco Chanel & Igor Stravinsky
Un dîner presque parfait : des poupées rousses à l'auberge des pas molles ! (parfois, j'ai honte... ^__^)


Drame douloureux et virtuose, Coco Chanel & Igor Stravinsky décrit alors comment la fulgurante passion que lui inspire la couturière va enfin permettre au compositeur après qu'il ait sacrifié son bien-être conjugal – de vivre son art intensément. Si Chanel est immédiatement fascinée par la musique de Stravinsky, celui-ci n'en est pas moins captivé par ses talents (même si, fier comme Artaban, il prétend être le seul véritable artiste). Ces deux âmes perdues vont n'auront d'ailleurs de cesse de se chercher durant tout le film affectivement, mais aussi artistiquement (impérieuse, elle veut qu'il lui apprenne à jouer sur son piano ; vaniteux, il profite de ses absences pour  visiter sa "chambre") –  sans jamais vraiment parvenir à retrouver l'osmose sensitive qui les "unissait" bien avant que, en définitive, ils ne se découvrent intimement (à la première du Sacre du Printemps, Chanel ne connaît de Stravinsky que ses compositions mais elle est déjà subjuguée, et lui-même ne sait rien d'elle en-dehors de ses créations mais il succombera dès le premier regard ; ce passage est d'ailleurs mise en scène avec une exquise volupté et beaucoup de grâce). Mais pour celle qui ne se remettra jamais complètement de la perte de son bel amour, Boy Capel (et dont la mort est de surcroît très récente), et pour celui qui reste lié à la mère de ses enfants, et qu'il a dû sincèrement aimé (bien avant qu'elle ne tombe gravement malade), leur histoire d'amour ne pouvait être autrement que compliquée, contrariée et fugace ; à plus forte raison s'agissant d'êtres possédant un génie créatif aussi exacerbé que leur ego. Un amour total de l'art, de l'esthétisme artistique qui se manifeste logiquement à l'écran par une économie de dialogues (a contrario d'un Coco avant Chanel, infiniment plus bavard ; ou même du volubile 99 Francs si l'on veut piocher dans la filmographie de Jan Kounen), des personnages torturés et une intrigue ramassée, comme si rien n'avait plus d'importance que le soin apporté à la mise en scène de ce pur objet cinématographique (dont l'ambition artistique n'est clairement pas comparable au style nettement plus convenu de ses "concurrents télévisuels" ; le film d'Anne Fontaine inclus). Plus que jamais, Jan Kounen fait du cinéma ; n'en déplaise à ses détracteurs.


Riche de textures et de couleurs, de musiques et de sonorités, Coco Chanel & Igor Stravinsky est une expérience élégante et sensuelle qui met en exergue la confrontation de modes d'expression artistique : l'art des matières, l'esthétisme envahissant de Chanel d'une part (des robes soigneusement recréées par Karl Lagerfeld à cette villa Bel Respiro de Garches reconstituée avec le plus grand soin, véritables extensions de son personnage) ; l'art des sons, la musique omniprésente de Stravinsky d'autre part (les compositions de Stravinsky imprègnent totalement le film et sonnent  comme un prolongement de son être)Véritable œuvre d'arts (le "s" est volontaire)Coco Chanel & Igor Stravinsky se distingue surtout par la beauté de ses cadres (semblables à des toiles de maître que viennent mettre en valeur la très belle photographie de David Ungaro et des décors d'un grand raffinement), l'inventivité de sa mise en scène (avec ses plans séquences aériens et ses travelling planants qui paraissent suspendre le temps), mais aussi la joliesse de la bande originale de Gabriel Yared  qui accompagne à merveille les errances des personnages en nous faisant partager un bout de leur intimité (ayant déjà eu l'occasion d'accompagner de sa musique des films comme 37°2 le matinL'Amant, Le Patient anglais ou Retour à Cold Mountain le compositeur d'origine libanaise possédait à bien des égards tout le talent nécessaire pour enrober cette passion d'un délicat voile de sensualité)En parfait esthète, Jan Kounen en profite également pour explorer d'autres sens comme le toucher (lors des échanges amoureux, à la fois gracieux et charnels, entre la couturière et le compositeur) ou l'odorat (comme en témoigne le soin minutieux accordé à la création du Chanel N°5). Pour le coup, si je comprends tout à fait que Coco Chanel & Igor Stravinsky puisse déplaire (dialogues sporadiques, rythme lent, effets esthétisants), j'ai quand même plus de mal à concevoir que certains lui aient reprocher son soi-disant "manque d'audace" tant j'ai au contraire trouvé que le cinéaste s'évertuer plutôt à multiplier trouvailles esthétiques et scéniques pour sublimer son film. Afin de convoquer tous les sens, disons pour conclure que c'est probablement une affaire de goût

 

Coco Chanel & Igor Stravinsky
Coco fume toute sorte de cigarettes : des blondes et des brunes, mais elle préfère les russes...


Le casting – bien que l'intrigue ne concerne vraiment que trois personnages m'a beaucoup plu également. À commencer par cette magnifique découverte que fut Elena Morozova ! Incarnant Catherine Stravinsky avec une très belle intensité, elle possède tout ce qu'il faut de fragilité et de quiétude pour  permettre à la femme du compositeur d'inspirer un profond attachement (notamment lorsqu'elle tente naïvement de combattre l'univers envahissant de la couturière en redecorant la chambre qu'ils occcupent), et même une sorte de respect par l'incroyable abnégation dont elle fait preuve (gravement malade en plus d'être bafouée par un mari infidèle, elle accepte pourtant de se sacrifier par amour afin que l'art de celui-ci, qu'elle chérit plus que tout, puisse continuer à s'exprimer). Dans le rôle d'Igor Stravinsky, Jan Kounen n'envisageait personne d'autre que le danois Mads Mikkelsen (vu localement dans la trilogie Pusher, Les Bouchers verts ou Adam's apples avant d'être propulsé à l'international par le succès de Casino Royale où il affichait déjà une présence tout bonnement ahurissante). Ayant dû s'acclimater au russe et au français pour les besoins du film, l'acteur fétiche de Nicolas Winding Refn impressionne effectivement par ses prouesses linguistiques et la qualité de son interprétation tout en sobriété, mais dotée également d'une belle sensibilité. Clairement, Mads Mikkelsen est juste l'un des acteurs les plus passionnants de sa génération, et il est acquis je manquerai pas de suivre sa carrière à l'avenir. Pour finir, on ne peut évidemment pas manquer d'évoquer celle qui irradie totalement le film de son intimidante beauté, la sublime Anna Mouglalis ! Si les amateurs de la maison Chanel la connaissent déjà (elle avait été choisie par Karl Lagerfeld il y a quelques années pour devenir l'ambassadrice officielle de la marque), ce n'est pourtant pas elle qui avait été d'abord sélectionnée pour le rôle, alors attribué à Marina Hands avant que celle-ci ne se désiste. Et pourtant, lorsqu'on la voit à l'écran, sa présence sonne comme une évidence. Avec sa voix rauque, sa froideur désinvolte et ses gestes maniérés, l'actrice incarne en effet à la perfection la créatrice de mode ; mélange étonnant de passion incandescente et de froideur solitaire. La relation que Chanel entretient avec Stravinsky est à son image, telle un volcan qui se glace, une banquise qui prend feu. Elle électrise, irrite et exalte les sens en même temps. Sensations contradictoires et sentiments contrariés se mélangent  alors jusqu'à se confondre ; une confusion illustrant parfaitement ce que les personnages ressentent.

 

Car il faut le rappeler, Coco Chanel & Igor Stravinsky est avant tout une œuvre résolument sensorielle avec des plans d'un très grand raffinement et des choix esthétiques éloquents, d'où se dégage une émotion pudique mêlée à une sensualité décomplexée. On apprendra d'ailleurs finalement bien peu de la vie de la couturière française et du compositeur russe, si ce n'est aux travers de fragments d'existence évoquant avec quelle intransigeance et passion ils s'adonnent à leurs arts respectifs. Le long-métrage de Jan Kounen n'a effectivement rien de la biographie filmée conventionnelle. Loin de toute accumulation rigoureuse de dates, d'anecdotes et de longs discours, le cinéaste a choisi de ne s'intéresser qu'à une tranche de vie aux images infiniment plus fortes que les mots ; ou comment Igor Stravinsky va puiser dans sa passion destructrice pour Coco Chanel (faisant totalement voler en éclat sa vie familiale) pour aboutir à une véritable renaissance artistique (transfigurant à jamais le musicien, comme le suppose la mélancolique et très belle scène finale ; le destin a voulu que les deux génies décèdent la même année). En pénétrant le processus créatif dans ce qu'il a de plus intime, source de plaisir autant que de souffrance, le réalisateur de Blueberry, l'expérience secrète ne parvient peut-être pas à pleinement raviver le mythe de Coco (certains pourront légitimement trouver l'ensemble froid et austère), mais il réussit pourtant parfaitement à en capter l'essence et à en saisir l'esprit. Alors que tant d'autres faiseurs du cinéma français se contentent trop souvent de faire du "théâtre filmé" en se reposant uniquement sur la qualité affichée de leurs scénarios (voire la notoriété supposée de leurs comédiens), Jan Kounen ose des partis pris ambitieux, qui plairont ou pas (mais qui illustrent une fois encore sa profonde intégrité artistique), et prend le risque de faire du "beau cinéma" (avec un véritable point de vue et un regard). Alors même si son film n'est pas parfait (on pourra sans doute le trouver ennuyeux, ou à défaut un peu longuet) et certes un brin exigeant (il faut aimer à supporter longs silences et non-dits, notamment dans la néanmoins fascinante dernière séquence quasi mutique), parce qu'il ne se contente pas de proposer au public ce qu'il attend, mais tente bien au contraire de le porter vers d'autres horizons inconnus, Coco Chanel & Igor Stravinsky est de ces films que l'on a  bougrement envie de défendre !


 

Films de Jan Kounen chroniqués ici : Blueberry, l'expérience secrète ; Coco Chanel & Igor Stravinsky


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