Je vous souhaite à tous la bienvenue sur mon humble chez moi. J'espère que le voyage vous plaira et vous donnera envie de revenir et, pourquoi pas, de participer. Qu'il s'agisse de cinéma, de
musique, d'actualité, d'humour ou de plein d'autres petites choses de la vie, je serai toujours ravi de lire vos avis ; qu'ils soient positifs... ou négatifs ! Le leitmotiv de ce blog se résume
en une phrase simple :
Réalisé parNeil Marshall, sorti le 2 avril 2008 Avec Rhona Mitra, Adrian
Lester, Craig Conway,Lee-Anne Liebenberg,David O'Hara,Alexander Siddig,Bob Hoskins,Malcolm
McDowell...
"Un terrible virus annihile 90 % des habitants
en Écosse. Pour endiguer l'épidémie, le gouvernement anglais construit un mur infranchissable. L'Écosse est désormais un no man's land barbare et violent où les survivants sont coupés du
monde. Lorsqu'une trentaine d'années plus tard, le même virus réapparaît au cœur de Londres, un commando de choc part en mission suicide rechercher un éventuel vaccin dans une Écosse
contrôlée par des gangs rivaux..."
Mon avis:
Neil Marshall est un véritable passionné du cinéma de genre, gavé aux classiques de George Miller,John Carpenterou encore George A. Romero. Il l'avait déjà prouvé avec le bancal, mais foncièrement sympathique, Dog Soldiers(qui remettait le mythe du
loup-garou au goût du jour), avant d'enfoncer le clou avec The Descent(un réjouissant survival horrifique à l'ancienne se démarquant par son approche claustro). Assez
logiquement donc, le cinéaste s'attaque aujourd'hui au film post-apocalyptique, autre emblème indissociable de ce cinéma de genre qu'il affectionne tant.
Avec sa mise en images radicale et craspec de l'effroyable virus ravageant l'Écosse, suivi de son confinement en quarantaine, on peut dire que le film de Neil Marshall débute sur les chapeaux
de roues ; négociant ce qui s'apparente alors à un savoureux mélange entre renouveau du genre chiadé et hommage généreux aux précurseurs. Un sens de rythme certain, zéro temps mort, une
photographie léchée et une violence spectaculaire qui ne lésine pas sur les démembrements sanglants et autres explosions d'hémoglobine (les effets visuels sont vraiment
sensationnels). Du pur fun, quoi. À la croisée des chemins entre 28 jours plus tard de Danny Boyle (et sa séquelle réalisée par Juan Carlos Fresnadillo), Land of the Dead de George A. Romero et même Resident Evil : Apocalypse d'Alexander Witt dans ce qu'il
a de mieux (à savoir la séquence de mise en quarantaine de la population par l'armée), Doomsday nous embarque dès les premières minutes dans son ambiance de fin de monde très
"28 ans plus tard" (c'est d'ailleurs pratiquement le cas dans le film puisque l'intrigue prend place une trentaine d'années après). Neil Marshall assume ses références et
les revendique même (un personnage porte le nom de Carpenter, un autre celui de Miller). Démarche ô combien louable (combien se contentent-ils de piller honteusement sans assumer
?), mais qui n'excuse pourtant pas tout.
Passée cette mise en bouche particulièrement alléchante, le film commence en
effet à appuyer un peu trop lourdement sur ses modèles. Ainsi découvre-t-on à l'occasion d'une prise d'assaut musclée façon Piège en haute mer(oui, oui le fim avec le yakayo
Steven Seagal, mais en plus trash), ce qui est censé être l'attraction principale du film. À savoir, Rhona Mitra. Coutumière du film daubesque (le Beowulf avec Christophe
Lambert, l'horrible remake de Get Carter ou encore les insignifiants Skin Walkers et Le Nombre 23, c'était elle), la belle n'avait pour l'instant réussi à marquer
les esprits que grâce à sa plastique avantageuse (faisant le mannequin pour le compte de la franchise Tomb Raider ou incarnant la voisine sexy de Kevin Bacon dans Hollow Man
de l'ami Paulo). Ici, elle tente tant bien que mal de donner vie à un clone féminin du motherfucker le plus cool du cinéma : Snake Plissken (icône post-nuke créée par John
Carpenter dans New York 1997). Alors forcément, notre anti-héroïne balance des répliques badass, porte un débardeur noir moulant, est accro aux clopes (plus encore
que Napoléon dans Assaut, autre film de Carpenter) et se révèle accessoirement borgne, ou presque ;
le cinéaste ayant cru bon l'affubler d'un improbable œil bionique télécommandé. What the fuck ?
Rhona à un quidam du coin : « J'ai habité près de chez vous ! »
Rudement bien gaulée, mais aussi inexpressive que la sculpturale Natasha
Henstridge (la mutante du film éponyme de Roger Donaldson ; on a les références qu'on peut), Rhona Mitra est quand même loin d'avoir le charisme d'une Sigourney "Ellen
Ripley" Weaver ou d'une Linda "Sarah Connor" Hamilton (remarquez qu'elle n'est pas pire que Milla Jovovich). Eden Sinclair (son personnage donc)reste néanmoins tout aussi marginale, anarchiste et rebelle que l'anti-héros de John
Carpenter. Elle va donc devoir exécuter le sale boulot de politicards véreux en passant de l'autre côté de la barrière (n'y voyez ici aucune allusion graveleuse).
Comme dans le film de Carpenter, le gouvernement est composé d’une belle brochette d’enflures. Comme dans le film de Carpenter, ceux qui "indisposent" la société ont été lâchement
parqués derrière un mur. Comme dans le film de Carpenter, on va confier à "l’homme" (Neil Marshall ayant quand même eu le bon goût d’asexuer le personnage et d’éviter les
romances hasardeuses) de la dernière chance (accessoirement formé par l’armée et riche d’un sombre passé) une mission suicide dont personne ne veut. Et comme dans le film de
Carpenter, il va y avoir le son of a bitch anarchiste (et passablement psychopathe) de service qui va l’emmerder jusqu’au bout et tenter de l’utiliser pour s’échapper de
cette "prison" improvisée. Sauf que dans le film de Carpenter, c’était l’ultra charismatique Isaac Hayes(paix à son
âme) qui prêtait ses traits au Duke. Alors qu’ici, c’est le nettement moins charismatique Craig Conway qui campe le risible Sol. Une sorte de tarlouze sado-maso à crête blonde qui se
balade avec un sosie foireux de la "Crampe" comme clébard (les fans de Pulp Fiction peuvent pleurer) et dirige une bande de néo-punk cannibales au
look volontairement calqué sur les barbares de Mad Max 2(le fameux film de George Miller) et les guerries de Ghost of Mars(toujours de Carpenter,
et où jouait justement Natasha Henstridge dis donc).Bien qu'en fait, le résultat m'a plutôt fait pensé à un mix improbable entre les voyous punks du Retour des morts-vivants de Dan
O'Bannon et les déviants grand-guignolesques des productions Trauma (tendance Atomic College : Class of the Nuke'em High). Enfin, passons.
Il n'empêche que, si on rajoute la présentation
holographique fluo de la zone sécurisée façon New York 1997, ça commence à faire un peu beaucoup pour n'y voir là qu'un simple hommage. En effet, plus le film avance et plus
l'impression de pompage paresseux grandit.Après John
Carpenter (dont la filmographie a déjà été très largement "exploitée") et George Miller (jusqu'à la course poursuite finale presque calqué à la virgule près sur celle de Mad
Max 2), Neil Marshall poursuit son aventureà
travers une évolution complètement stupide de l'histoirequi emprunte beaucoup à John Boorman. Comme je le soulignais à l'instant, lesdifférents clins d’œils plus (New-York 1997, Mad Max 2) ou moins(Los Angeles 2013, Ghosts of Mars, Aliens,The Craziesou encore le jeu-vidéo Halo)appuyés dont s'embarrassait Doomsday n'étaient pas toujours formidablement gérés
(l'improbable french-cancan exécuté par des
écossais obèses a d'ailleurs bien failli m'achever !).Maiscet espèce de
revirement historique est de loin ce qui m'a le plus gêné dans le film. On devine bien la tentative désespérée de Neil Marshall d’accommoder le post-nuke à la sauce britanico-médiavale
(l'idée est-elle d'ailleurs si mauvaise ou simplement mal exploitée ?), mais la sauce a difficilement bien du mal à prendre et en vient même à complètemement gâcher l'idée de départ
je trouve. Ce qui fait que, au lieu d'assister à une sorte de relecture moderne d'Excalibur, on a quand même davantage l'impression d'être devant un ersatz de King Rising(In the name of the king : A Dungeon Siege tale) ; le nanar avec Jason Statham, Ron Perlman, Burt Reynolds ou encore Kristanna Loken (une autre bombasse peu
expressive). Et ça, ce n'est vraiment pas une référence.
Lee-Anne la guerrière : Tout feu, tout flamme !
Bon d'accord, ce n'est quand même pas aussi naze que le film d'Uwe
Boll–le combat délirant avec ce gigantesque chevalier surréaliste,(évoquant à la fois le Krogan de Highlander et le Chevalier
Noir de Sacré Graal) est plutôt délirant – mais le résultat est loin d'être folichon. Malcolm MacDowell (qui apporte malgré tout un peu de crédit au film, à l'instar du sous-exploité Bob Hopkins) a
d'ailleurs franchement l’air de se demander ce qu’il fout dans les fripes de ce monarque improvisé qui s'échine à relancer l'Inquisition en l'an 2035. On cherche aussi. Clairement pour moi, le réalisateur a poussé le mélange des
genres et des époques un peu trop loin. Imaginez une seconde que l'univers deRoboCoprencontre celui de Kaamelott... Et bien, ce n'est franchement pas top
!
À tout ces défauts, à ces références trop lourdement appuyées, à cette
évolution peu emballante de l'intrigue, s'ajoute un casting globalement trop lisse. Surtout en ce qui concerne les seconds couteaux (pourtant si essentiels dans ce type
d'histoire). Que ce soit dans l'équipe d'intervention de Rhona Mitra, chez les sbires de Craig Conway ou au sein de l'antre de Malcolm McDowell, peu auront effectivement réussi à me
marquer. Les membres du gouvernement (Alexander Siddig, David O'Hara, Bob Hoskins) s'en sortent certes un peu mieux. Mais, ils bien trop en retrait pour combler le manque. Ah si !
Il faut tout de même que je cite l'étonnante Lee-Anne Liebenberg qui, avec son costume improbable à la Xena la guerrière et ses tatouages façon Absolom 2002, m'a laissé une
très bonne impression (j'aimerai découvrir d'autres films avec elle). Je l'ai d'ailleurs trouvé nettement plus charismatique que la monolithique Rhona Mitra (ce qui est presque
un comble). Doomsday accuse enfin et surtout de facilités scénaristiques et d'incohérences douteuses qui finissent de gâcher ce grand barnum.Faut quand mêmeavouerquel'attaque des
deux blindés par une poignée de mecs armés de flèches et de bâtons, totalement calquée sur celle de L'Armée des morts, a bien du mal à passer.
Pire, commentgober une seule seconde à ce repère caché
que personne n’avait déniché jusque là et qui–comme par hasard–contient
une bagnole flambant neuve et des téléphones high-tech à faire baver James Bond (et en parfait état de marche après près de 30 ans de stockages dans un container, qui plus est !)
?Dans ce catalogue de références mal assorties, cette
fâcheuse tendance du réalisateur à bâcler les détails est vraiment regrettable.
D'autant qu'il y avait un bon potentiel (c'est
certain).La volonté de Neil Marshall de
priviligier au maximum les cascades en temps réel aux effets numériques approximatifs est tout à fait respectable (autant que pouvait l’être celle de Paul W. S. Anderson pour sa
Course à la mort). Le début est également très prenant et les effets visuels impeccables. Et
puis,il y a aussi cette bande originale jouant à fond
la carte du kitsch (où se croisent même plusieurs groupes mythiques des eighties comme Siouxsie & the Banshees ou Frankie goes to Hollywood) pour relever le
niveau.Mais, compartivement aux faiblesses
qu'accumulent le film, ça reste vraiment trop peu pour rendre l’ensemble crédible. Même la morale finalefait sourire(les plus barbares ne sont pas toujours ceux qu’on croit, arf arf). Vraiment trop bordélique, trop invraisemblable, trop bancal,
Doomsday s’apparente à une immense déception
vis-à-vis d'un cinéaste quinous avait franchement
habitué à mieux (Dog Soldiers et surtout The Descent). Même l'ultra efficace course poursuite finale (bien qu'un peu trop proche de son modèle Mad Max 2) n'y change rien. Doomsday
ne convainc jamais totalement. J'aurais pourtant tellement aimé me laisser embarquer dans cette folie cinématographique... Tant pis, ça sera pour la prochaine fois. Promis
?
En attendant, petite question ludiquo-débile : L'explosion ultra-réaliste du lapin, info ou intox ? ^__^
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Brêves de comptoir