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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 00:00
Réalisé par James Watkins, sorti le 8 octobre 2008

Avec Kelly Reilly, Michael Fassbender, Jack O'Connell, Finn Atkins, Thomas Turgoose, Bronson Webb, Thomas Gill, James Gandhi ...

"Jenny (Kelly Reilly) est maîtresse d'école. Son petit ami Steve (Michael Fassbender) et elle quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté d'eux. À bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Erreur fatale...  Qui ose dire quoi que ce soit aujourd'hui à une bande de jeunes qui se conduit mal ? Qu'arrive-t-il à ceux qui osent ?"



vis (excellent) :  




Le survival rural tendance "rape and revenge" (littéralement "viol et vengeance") était un genre très à la mode dans les années 1970 ; les plus fameux morceaux étant sans nul doute Délivrance, Les chiens de paille, I spit on your grave ou encore La dernière maison sur la gauche. À la frontière entre cinéma d'horreur et thriller psychologique,  la façon ultra radicale dont ces films montraient la violence à l'écran fut, déjà à l'époque, extrêmement controversée (certains les taxant même de voyeurisme gratuit et de complaisance malsaine). Avec le temps, ce sous-genre cinématographique transgressif et particulièrement osé tomba quelque peu en décrépitude. On aurait d'ailleurs pu penser à un moment que de tels films ne verraient plus jamais le jour ; même si quelques films assez radicaux avaient récemment laisser à penser le contraire comme Wolf Creek, le remake de La Colline a des yeux ou encore Frontières(s) (et bien que ceux-si s'apparentent davantage à du divertissement craspec et glauque qu'à une véritable terreur sociale comme peut l'être le film de James Watkins). Car loin d'être un vulgaire film de genre pour les amateurs de sensations fortes (en arguant "Par les producteurs de The Descent", les distributeurs induisent de fait rudement le public en erreur), Eden Lake se place plus volontiers dans la lignée de films comme Délivrance ou Les chiens de paille (le "viol" étant simplement ici substitué par une autre sorte d'humiliation : la torture). Dans un sens, c'est peut-être même le film le plus couillu que les britanniques nous aient proposé depuis Orange Mécanique de Stanley Kubrick. D'une violence rare et d'une radicalité extrême, le film de James Watkins a surtout le mérite de pousser la transgression dans ces derniers retranchements sans jamais tomber dans le voyeurisme de bas étage (et ce grâce à une mise en scène et un montage d'une grande maîtrise). Pourtant, les risques que prend le long-métrage sont loin d'être minimes : de jeunes ados se livreront à des actes de pure barbarie pendant que d'autres gosses crèveront dans d'horribles souffrances, alors que des adultes soi-disant responsables passeront progressivement du statut de bêtes traquées à celui de prédateurs impitoyables et avides de vengeance. So what ?

Mais en rendant directement hommage à Délivrance dès les premières minutes de son  film, Watkins inscrit d'emblée son film dans une réalité sociale qui l'éloigne irrémédiablement des teen horror movies habituels ; où la motivation des personnages est surtout prétexte à des effets récréatifs (en gros : faire flipper, ou sursauter, le spectateur) avant d'être génératrice d'une véritable réflexion de fond. Ce qui serait plutôt l'inverse ici. En effet, le traitement de la violence rapprocherait plutôt le film de Watkins de ceux de Boorman et Peckinpah comme je le soulignais un peu avant que des horreurs gratuites d'un Saw  (de ses suites surtout) ou d'un Hostel ; même si le réalisateur n'évite pas certaines séquences codifiées du genre un peu gratuites (le pieu métallique dans le pied par exemple) qui ne servent pas véritablement le film. Pourtant, malgré quelques petites faiblesses formelles, Eden Lake est un long-métrage particulièrement réjouissant qui ose beaucoup de choses. Pour en revenir au parallèle avec Délivrance, là où Jon Voight et ses acolytes partaient explorer une dernière fois les richesses naturelles d'une indomptable rivière condamnée à être inondée, Kelly Reilly et Michael Fassbender espèrent profiter des derniers instants d'un lac également contraint à être prochainement englouti par un gigantesque projet immobilier (quitte à égratigner un peu la nature à l'aide d'un 4x4 rutilant...). Revenir à l'état de nature et en profiter avant que la civilisation ne vienne tout anéantir. Un endroit reculé, paisible et réputé paradisiaque donc qui, comme dans tout bon film du genre, va progressivement se transformer en territoire de tous les cauchemars. Même si certains signes avant-coureurs nous indiquent insidiueusement que nos héros se dirigent inexorablement vers un piège mortel (l'arrière du panneau publicitaire intime franchement aux "bourgeois" de déguerpir – Fuck off Yuppies ! –  alors que le GPS lui-même sembler suggérer de "faire demi-tour").

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/67/10/18/18974546.jpg
"Prête pour une autre pinte de maltraitance ?"

Surtout, James Watkins n'épargne rien ni personne dans ce long-métrage qu'il adresse à un public devenu très exigeant avec le temps. En opposant notre couple à ce  groupe d'adolescents agressifs directement sorti d'une version hardcore du roman Sa Majesté des mouches de William Golding, le cinéaste nous propose une vision sans concession de notre réalité. Une réalité qui a depuis longtemps dépassé la fiction, et où pas une journée ne se passe sans qu'on entende parler d'agressions à l'arme blanche dans un lieu public, de personnes volontairement brûlés vifs ou encore d'autres poussées sur une rame de métro. Des horreurs du quotidien qui s'ajoutent à d'autres violences entretenus par la société contemporaine ; une société qui marginalise et ghettoïse certaines tranches d'individus dans une période pleine d'incertitudes où s'intensifient les angoisses contemporaines. Misère grandissante et exclusion des laissés-pour-compte, perte des liens sociaux et des valeurs morales,
chômage massif et avenir de plus en plus incertain. Une injustice manifeste ressentie par une génération en pleine dégénérescence sociale (et éduquée ici à coup de taloches dans la gueule), une jeunesse désemparée frappée de plein fouet par la violence (économique) de la société et qui entretient une jalousie galopante envers ceux qui possèdent, même honnêtement par le seul fruit de leur travail (ce qui leur semble justement inaccessible). Une incompréhension mutuelle surtout entre ceux qui ont et ceux aimeraient avoir. Jenny et Steve s'accordent d'ailleurs tout à fait lorsque la radio énonce l'inquiétante montée en puissance de cette délinquance exercée par des jeunes sans repères familiaux ou éducatifs tangibles. Et à la vue des évènements qui suivront, la séquence où le couple s'indigne devant la gifle donnée par une mère à son gosse turbulent  ("Prête pour une autre pinte de maltraitance ?") va rapidement prendre une teinte tristement ironique.

Face à ces enfants détachés de toute emprise adulte, nos tourtereaux auront bien du mal à concilier la bienveillance de leur idéaux pacifiques et la radicalité des actes barbares auxquels ils finiront par se livrer. Une ambiguïté d'où le long-métrage tire toute sa richesse et qui se matérialise tout d'abord avec le personnage de Steve que campe un impeccable Michael Fassbender (méconnaissable ici pour qui l'a vu dans 300). Anti-héros par excellence, Steve n'est pas franchement un modèle de charisme au début du film (et rappelle un peu le personnage de Tim Roth dans le remake américain de Funny Games ; une prouesse lorsque s'agissant de l'habituellement si magnétique acteur britannique). Il aurait même tendance à se faire sérieusement marcher dessus (comme lorsqu'il se fait piquer sa place de parking juste sous son nez), voire à être totalement transparent (il suffit d'observer la difficulté avec laquelle il essaie de commander un verre au bar de l'hôtel). Son intrusion atypique dans la maison au début (dont l'apparente absurdité disparaît lorsque le final se conclut) reflète bien l'ambiguïté de ce personnage à la témérité toute relative. Avec ces jeunes voyous, Steve commence donc par se laisser faire. Mais il finit par craquer, résolu à ne pas se faire gâcher plus longtemps le week-end romantique qu'il avait si ardemment désiré avec sa moitié par ces sales mioches insolents. Il aurait pu se taire et fuir (comme lui suggère à un moment Jenny lorsqu'elle évoque la possibilité d'aller ailleurs), mais se décide à agir ("On était là les premiers !"). Un élan de courage, un sursaut d'ego qui lui sera fatal. Et si le personnage n'apparait pas comme forcément sympathique à ce moment-là (même s'il ne mérite tout de même pas ce qui lui arrive), il devient franchement attachant à mesure que le film passe. En même temps, que pouvait-il faire d'autre ? Jusqu'à quel point peut on ignorer la provocation pour assurer sa tranquillité ? Jusqu'à quelle point peut-on contenir sa frustration ? Sa colère ? Sa haine ?

http://a69.g.akamai.net/n/69/10688/v1/img5.allocine.fr/acmedia/rsz/434/x/x/x/medias/nmedia/18/67/10/18/18974540.jpgJack O'Connell : Lame fatale

Blessé au plus haut point dans sa virilité, Steve agit comme pour prouver à Jenny, et aussi et surtout à lui-même, qu'il en a, que c'est un "vrai mec" qui ne veut plus se faire emmerder sans rien dire. Un problème de masculinité qui touche également Brett, le chef de bande, incarné par un Jack O'Connell hallucinant (LA révélation du film assurément). Un gamin bercé au rythme des beignes que lui a asséné un père alcoolique dominateur et violent dont il reproduit mécaniquement le modèle. Un modèle où les sentiments sont contenus, presque prohibés (on ne le verra s'émouvoir véritablement qu'une seule fois, lorsque "son seul ami" lui sera ôté), et où être un homme se prouve tout d'abord par la force de ses poings et son refus de passer pour un faible. Dès lors, les actes de chacun de ses deux mâles n'auront de cesse de se répercuter inlassablement avant que Jenny, interprétée par la toute mimi Kelly Reilly (dont tout le monde est tombé raide dingue depuis L'auberge espagnole), ne finisse par prendre ce rôle de "mec". Mais certainement pas à la façon d'une Sarah Connor (Terminator) ou d'une Ellen Ripley (Alien). La violence est ici montrée dans toute sa laideur, sa pire atrocité et sa répugnance (à ce sujet, la scène de la torture est un moment particulièrement éprouvant où la douleur est plus jamais palpable). Surtout, James Watkins a l'intelligence, toujours dans ce soucis d'authenticité et pour ne pas tomber dans le piège du divertissement sanguinolent, de ne pas faire de la vengeance un acte triomphal, où même exaltant. En effet, on est à des lieux de la jouissance ressenti lorsque Laurie Strode fait sa fête à Michael Myers dans Halloween ou lorsque Erin se débarrasse des dérangés de la famille Hewitt dans le remake de Massacre à la tronçonneuse, même si on comprend tout à fait la réaction de Jenny (aurions-nous vraiment ralenti à sa place ?). Le personnage que campe Kelly Reilly est à des lieues des stéréotypes habituelles du genre. Ce n'est ni la bimbo sexy à la Jennifer Love Hewitt (ce qui renforce incontestablement l'identification, même si l'actrice est tout à fait craquante), ni la battante vengeresse à la Sigourney Weaver (sa haine ne la soulage nullement de cette rage dont elle semble prisonnière). Cette femme est quand même une maîtresse d'école, une mère en devenir probablement, et les actes qu'elle commet sont absolument horribles (même si on la comprend tout à fait). Elle a d'ailleurs pleinement conscience de ce paradoxe émotionnel entre vengeance et culpabilité
qui la traverse (comme on le verra à mesure que la conclusion du film se rapproche).

Watkins s'attache ici particulièrement aux conséquences de nos actes. Des conséquences parfois surdimensionnées, mais qui ne peuvent jamais être ignorer. Eden Lake est pareil à une tragédie grecque, ses personnages ne peuvent échapper à leur inéluctable destinée. Contrairement à bon nombre de films du genre, le long-métrage ne se résume pas à une vaste boucherie, mais pose une véritable réflexion sur la violence des rapports humais et sur l'engrenage  tragique qu'engendre incompréhension mutuelle et haine réciproque. Mis en scène avec élégance et monté de façon particulièrement judicieuse, Eden Lake n'entre jamais dans le jeu de la violence gratuite. La caméra se détourne avec plus d'efficacité encore lorsque cela est nécessaire (l'horrible scène d'immolation en arrière plan n'est que plus horrible) et prend même des poses inattendues (comme lorsqu'elle prend une vue subjective, à la façon de Peckinpah dans Les chiens de paille, pour impliquer davantage le spectateur). Parfois, certains plans aériens viennent également renforcer la tension de certaines scènes, accentuant davantage encore la solitude de nos héros aussi dense que forêt dans laquelle ils cherchent désespérément à fuir cette horde enragée. Ajoutons à cela les effets sonores, très maîtrisés, qui renforcent efficacement les images sont jamais les faire tomber dans un grand guignol tout à fait inapproprié. D'un réalisme inouï, à la limite du supportable, le film de James Watkins nous entraîne de la quasi insouciance à la terreur pure en près d'une heure trente. La conclusion inattendue du film, d'une noirceur totale (bien qu'amené par le biais de ficelles scénaritisques un peu grossière), nous rappelle surtout que la monstruosité de ces adolescents n'est pas quelque chose d'innée. Ils ne sont que les fruits corrompus (les "victimes") par l'éducation lamentable qu'ils ont reçue. L'accroche du film "Attention aux enfants" prenant alors un double sens d'une extrême pertinence et donnant à la notion de "responsabilité" un caractère particulièrement intéressant. Au milieu de cette bêtise commune, de toute cette folie auto-destructrice, James Watkins génère un malaise certain chez le spectateur qui s'est forcément impliqué dans l'histoire, a choisi son camp et se retrouve face aux mêmes conséquences que les protagonistes de l'histoire. Et si Eden Lake possède effectivement quelques défaillances formelles, elles sont décidément bien peu de choses en comparaison des réflexions que soulève le film sur les failles de notre société contemporaine où l'humanité et le dialogue semblent s'amenuiser aussi vite que ne s'accroît la population et que ne se développent les moyens de communication. On n'est pas prêt d'oublier le voyage... et c'est tant mieux.


Pour voir d'autres chroniques de films : cliquez-ici

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commentaires

FabianleFIlm 04/11/2014 15:06


Ce n’est que cette année que j’ai
découvert Eden Lake et je trouve que ce thriller est plutôt réussi. Cependant, j’avoue ne pas avoir aimé la fin. Toutefois, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu dis et je pense que ta note
est correcte.

Sith 08/11/2008 02:05

Très bonne analyse :)

Anyone 05/11/2008 13:47

Bonjour Shin,Le forum me manque un peu quelque part mais je regrette la majorité de mes interventions d'où la suppression de mon compte.Justement ça n'était plus de la "saine animation" mais du cassage, à force d'être constamment au second degrè ou de jouer un rôle on finit par tomber dedans.De toute façon je suis toujours présente via vos blogs. :)Amicalement,Anyone

Shin 05/11/2008 18:38



Bonsoir Anyone,

Je pense que tu t'en fais un peu trop car tes remarques étaient plutôt bien prises sur le forum et je sais que tu manques déjà à pas mal de monde (et pas seulement à Vlad ou moi !
^__^).

Je ne pense pas que tes interventions étaient volontairement méchantes et les forumeurs le comprenaient bien. On commençait à te connaître à la longue et les nouveaux membres s'en accomodaient
assez vite. Ce n'était pas du "cassage gratuit" (c'est ça qui compte), mais plutôt une certaine forme d'ironie, qui reflétait une certaine facette de ta personnalité (j'en
abuse beaucoup moi-aussi d'ailleurs). D'autres membres se sont déjà bien plus désagréables que toi, même involontairement (et j'en fais partie).

Après, je respecte ton choix, mais sache que personne n'a souhaité ton départ et que tu seras toujours la bienvenue parmi nous.

Amicalement,

Shin.



Wilyrah 03/11/2008 03:07

Serais éventuentuellement intéressé, du fait de la présence de Kelly Reilly principalement.

Shin 04/11/2008 23:09



Bonsoir Wilyrah,

Kelly Reilly y est effectivement très bien et son rôle est très différent de ce à quoi elle nous a habitué jusque là. J'espère donc que le film te plaira si jamais tu te décides à le voir et que,
le cas échéant, tu viendras me dire ce que tu en as pensé...

Amicalement,

Shin.



Anyone 01/11/2008 07:16

Bonjour Shin,Tu as prononcé deux noms magiques qui désormais me donnent envie de voir ce film: Délivrance et Les Chiens de paille. :DExceptionnellement je n'ai pas lu ta critique en entier juste l'introduction, par peur de gâcher la surprise. :)En plus, il y a la présence de kelly Reilly, la seule chose que je sauve des Klapisch c'est son interprétation.Je compte le voir prochainement et je posterai un avis plus détaillé mais succinct. :)Amicalement,Anyone.

Shin 04/11/2008 23:07



Bonsoir Anyone,

J'aurai pensé que le fait de mentionner Orange mécanique t'aurait interpellé également... ^__^

Cela dit, Eden Lake est tout de même un peu différent des films que je cite. Disons qu'il s'en rapproche un peu dans la façon qu'à James Watkins de traiter son sujet. Enfin, je te laisse
découvrir ça par toi même.

J'espère en tout cas qu'il te plaira et que tu viendras me dire ce que tu en as pensé.

Amicalement,

Shin.

PS: Je voulais juste te dire que je suis triste d'avoir appris ton départ du forum. J'espère que tu y reviendras un jour car tu m'y manques déjà (j'aimais bien la saine animation que tu y
mettais). En attendant, ça sera toujours un immense plaisir de t'accueillir dans mon modeste chez moi...



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